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Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle : corrigé des exercices de français 2de

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Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle : corrigé de français 2de, illustration Français PDF
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Voici le corrigé théâtre 2de des douze exercices : vocabulaire, analyses de scènes, formes de comique, scène absurde, et exemples de notes de mise en scène et de scènes rédigées, avec leurs critères de réussite.

Corrigé théâtre 2de, exercice par exercice

Corrigé de l’exercice 1 : le vocabulaire du théâtre

  1. Réplique : ce qu’un personnage dit en une fois, entre deux interventions des autres.
  2. Tirade : longue réplique ininterrompue adressée à un autre personnage.
  3. Monologue : discours d’un personnage seul en scène (Harpagon dans L’Avare, IV, 7).
  4. Aparté : réplique que le personnage prononce pour lui-même ou pour le public, que les autres personnages présents sont censés ne pas entendre.
  5. Didascalie : indication de l’auteur sur les gestes, le ton, le décor (« Il se prend lui-même le bras »).
  6. Stichomythie : échange de répliques très brèves, de la longueur d’un vers ou moins (Rodrigue et le comte).
  7. Double énonciation : chaque réplique s’adresse à la fois à un personnage et au public.

Corrigé de l’exercice 2 : classer les pièces

  1. Phèdre : XVIIe siècle, Racine, tragédie.
  2. Le Mariage de Figaro : XVIIIe siècle, Beaumarchais, comédie.
  3. Hernani : XIXe siècle, Hugo, drame romantique.
  4. La Cantatrice chauve : XXe siècle, Ionesco, théâtre de l’absurde.
  5. Tartuffe : XVIIe siècle, Molière, comédie.
  6. Le Cid : XVIIe siècle, Corneille, tragi-comédie à l’origine, rebaptisée tragédie par Corneille en 1648.
  7. En attendant Godot : XXe siècle, Beckett, théâtre de l’absurde.

Corrigé de l’exercice 3 : la stichomythie du Cid

  1. Deux alexandrins, partagés en cinq répliques : « À moi, Comte, deux mots. / Parle. / Ôte-moi d’un doute. » puis « Connais-tu bien don Diègue ? / Oui. / Parlons bas ; écoute. ». La troisième réplique, celle de Rodrigue, passe d’un vers à l’autre.
  2. Rodrigue mène l’échange : il ouvre, questionne et conclut, avec les impératifs « Ôte-moi », « Parlons », « écoute » ; le comte n’emploie que « Parle », pour lui céder la parole.
  3. Le comte, sûr de lui et méprisant, ne daigne pas parler longuement à ce jeune homme : ses monosyllabes expriment l’arrogance.
  4. Le rythme haché crée une tension croissante ; le spectateur sent que l’affrontement est imminent.
  5. Rodrigue, qui vient défier le comte, baisse la voix : il veut que le défi reste entre eux, mais ce calme rend la menace plus inquiétante.

Corrigé de l’exercice 4 : le monologue d’Harpagon

  1. Les points d’exclamation et d’interrogation dominent : ils traduisent la panique, l’indignation et le désarroi.
  2. « on m’a coupé la gorge », « je suis assassiné » : Harpagon parle d’un vol d’argent comme d’un meurtre. Le décalage est comique et montre que l’argent est sa vie même.
  3. La première indique l’entrée et l’état du personnage (il crie, il est sans chapeau, signe de désordre) ; la seconde crée le geste comique final.
  4. Comique de gestes (il se saisit lui-même) et comique de caractère (l’avarice poussée jusqu’à la folie) ; on peut ajouter le comique de mots avec la série de questions contradictoires (« Où courir ? Où ne pas courir ? »).
  5. Il se soupçonne lui-même : il est si égaré qu’il ne distingue plus son propre bras de celui du voleur.
  6. Seul en scène, Harpagon semble se parler ; en réalité, ses paroles sont destinées au public, qui comprend son égarement et en rit. Dans la suite de la scène, il interpelle même directement les spectateurs.

Corrigé de l’exercice 5 : la critique de Beaumarchais

  1. Figaro, un valet, s’adresse (dans son monologue de l’acte V) au comte, son maître, absent. La situation est audacieuse car un domestique conteste la légitimité d’un grand seigneur.
  2. C’est une question rhétorique : la réponse est « rien ».
  3. Naître n’est pas un effort : l’expression est ironique, elle feint de présenter la naissance comme un mérite pour mieux montrer qu’elle n’en est pas un.
  4. Les privilèges de la noblesse, fondés sur la naissance et non sur le travail ou le talent.

Corrigé de l’exercice 6 : identifier le comique

  1. Comique de mots (répétition), qui sert aussi un comique de caractère.
  2. Comique de situation.
  3. Comique de gestes.
  4. Comique de mots et de mœurs (satire des médecins).
  5. Comique de situation (un quiproquo).
  6. Comique de mœurs.

Corrigé de l’exercice 7 : comparer les genres

Tragédie classique Comédie classique Drame romantique
Personnages rois, princes, héros bourgeois, valets, gens ordinaires personnages de toutes conditions, souvent héros marginaux
Dénouement malheureux, souvent la mort heureux, souvent un mariage généralement tragique
Forme cinq actes, alexandrins, trois unités un, trois ou cinq actes, prose ou vers liberté de temps et de lieu, vers ou prose
But susciter terreur et pitié plaire et corriger les mœurs par le rire représenter la vie entière, mêler grotesque et sublime

Corrigé de l’exercice 8 : une scène absurde

  1. « Mardi, c’était jeudi » (contradiction), « il pleuvra jeudi, puisque c’est mardi » (fausse logique), « Nous avons une horloge » (réponse sans rapport).
  2. Non, ils parlent avec un naturel parfait : ce calme face à l’illogisme rend la scène à la fois drôle et inquiétante.
  3. Elle commence et se termine par la même réplique, « Il pleut » : rien n’a avancé, le dialogue tourne en rond.
  4. Ouvrir une horloge comme un parapluie est un geste impossible : l’absurde passe des mots aux objets.
  5. Le langage ne sert plus à communiquer : les mots s’enchaînent mécaniquement, comme des formules vides, et les personnages ne se comprennent pas vraiment.

Corrigé de l’exercice 9 : mettre en scène

Exemple de notes. Harpagon surgit côté jardin en courant, sans chapeau, la perruque de travers, vêtu d’un vieil habit noir trop grand qui souligne son avarice. Plein feu blanc et cru, comme une alarme. Il traverse tout le plateau jusqu’au côté cour en criant, revient, tourne sur lui-même pendant la série « Où courir ? Où ne pas courir ? ». Sur « N’est-il point là ? N’est-il point ici ? », il fouille sous la table placée au centre, puis descend à l’avant-scène. Sur « Qui est-ce ? », la lumière se resserre en douche sur lui. Il tend brusquement la main droite et saisit son bras gauche avec violence ; un temps de silence ; il regarde sa main, puis le public, et dit « Ah ! c’est moi » d’une voix soudain toute petite. Les spectateurs doivent rire, mais sentir aussi la solitude d’un homme rendu fou par l’argent.

Critères de réussite : vocabulaire de la scène (jardin, cour, lointain, avant-scène) ; entrée conforme à la didascalie ; choix justifiés de costume et de lumière ; déplacements liés au texte ; interprétation du geste final.

Corrigé de l’exercice 10 : du récit à la scène

Exemple de transposition.

Une cuisine, tard le soir. LA MÈRE est assise, les bras croisés. LUCAS entre sans bruit.

LA MÈRE. — Tu rentres bien tard. D’où viens-tu ?

LUCAS, rougissant. — J’étais chez Inès. On a révisé.

LA MÈRE, avec un sourire. — Révisé ? Comme c’est curieux…

LUCAS. — Pourquoi curieux ?

LA MÈRE. — Parce qu’Inès est passée ici il y a une heure. Elle te cherchait.

LUCAS, à part. — Je suis perdu.

Exemple rédigé pour ce corrigé

Le narrateur disparaît : ce qu’il disait passe dans les didascalies (lieu, gestes, rougeur) ou dans les répliques. Les paroles rapportées au discours indirect deviennent du discours direct.

Corrigé de l’exercice 11 : écrire une scène de comédie

Exemple d’extrait.

LE PROFESSEUR. — Thomas, ton exposé sur les volcans ?

THOMAS, se levant lentement. — Les volcans… Oui. Ils sont… très chauds.

LE PROFESSEUR. — C’est tout ?

THOMAS, à part. — Gagner du temps, gagner du temps… (Haut.) Ils sont chauds… à l’intérieur. Et dehors aussi, parfois.

LE PROFESSEUR. — Et ta clé USB ?

THOMAS, fouillant ses poches et en sortant une banane. — La voici.

LE PROFESSEUR. — C’est une banane.

THOMAS. — Le fichier est dedans. C’est une banane… numérique.

Exemple rédigé pour ce corrigé

Critères de réussite : 12 à 16 répliques ; au moins un aparté signalé ; deux formes de comique (ici comique de mots avec les réponses vides, comique de gestes et de situation avec la banane) ; didascalies de gestes et de ton ; un dénouement inattendu (par exemple, le professeur avoue qu’il a lui-même oublié de préparer le cours).

Corrigé de l’exercice 12 : préparer une dissertation

  1. Le sujet oppose la lecture (le texte) et la représentation (le spectacle). Enjeu : le théâtre existe-t-il pleinement sans la scène ?
  2. I. Le théâtre est fait pour être vu. A. Le texte est incomplet : didascalies, gestes et voix appellent la scène. B. Le comique et l’émotion naissent de la présence des corps et du public. II. Mais le théâtre peut aussi être lu. A. Le texte est une œuvre littéraire à part entière (beauté de l’alexandrin racinien). B. Certaines pièces sont écrites pour la lecture. III. Lecture et représentation se complètent. A. Le lecteur fait une mise en scène imaginaire. B. Chaque mise en scène est une lecture du texte qui en révèle de nouveaux sens.
  3. I.A : la didascalie finale du monologue d’Harpagon ; I.B : le comique de gestes de Molière ; II.A : les vers de Phèdre ; II.B : Lorenzaccio, « spectacle dans un fauteuil » ; III.A : l’exercice de notes de mise en scène ; III.B : les mises en scène modernes de Molière.

Comment utiliser ce corrigé

Commence par vérifier le vocabulaire de l’exercice 1 : c’est la base de toute analyse théâtrale, et chaque terme mal défini fera défaut à l’écrit comme à l’oral. Pour les analyses de scènes, contrôle que tu as toujours pensé à la représentation : gestes, voix, effet sur le public. Pour tes scènes écrites, lis-les à voix haute, si possible à deux : un dialogue de théâtre se vérifie à l’oreille. Enfin, garde l’exemple de plan de dissertation comme modèle de progression, mais cherche tes propres exemples dans les pièces que tu as lues ou vues.

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