Les énoncés sont sur la fiche Visions poétiques du monde : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé poésie moderne 3ème des douze exercices. Chaque réponse est justifiée ; pour les productions écrites, tu trouveras un exemple et des critères de réussite pour évaluer ton propre poème.
Corrigé poésie moderne 3ème : réponses détaillées
Corrigé de l’exercice 1 : vrai ou faux
- Faux: le vers libre a une longueur variable ; c’est l’alexandrin qui compte douze syllabes.
- Vrai: il s’écrit en paragraphes.
- Vrai: il l’a supprimée au moment de la publication, en 1913.
- Vrai.
- Faux: Ponge s’intéresse aux objets ordinaires (cageot, huître, bougie).
- Vrai: les surréalistes rapprochent des réalités éloignées.
Corrigé de l’exercice 2 : reconnaître la forme
Texte A: vers réguliers. Ce sont des alexandrins (douze syllabes), avec des rimes croisées : ville / tranquille, quais / remorqués.
Texte B: vers libres. Les vers ont des longueurs très différentes (« avale » ne compte que deux syllabes), sans rime ni ponctuation ; le vers d’un seul mot met en valeur l’action du métro.
Texte C: poème en prose. Il n’y a pas de retour à la ligne, mais le texte est poétique par ses images (comparaison des pavés avec des écailles, métaphore de la ville-poisson).
Corrigé de l’exercice 3 : compter les syllabes
- Vers 1 : Sous / le / pont / Mi / ra / beau / cou / le / la / Sei(ne) = 10 syllabes (décasyllabe). Le e de « coule » se prononce car il est suivi d’une consonne.
- Vers 2 : Et / nos / a / mours = 4 syllabes.
- Vers 3 : Faut / il / qu’il / m’en / sou / vien(ne) = 6 syllabes.
- Vers 4 : La / joie / ve / nait / tou / jours / a / près / la / pei(ne) = 10 syllabes.
Les vers 2 et 3 réunis donnent 4 + 6 = 10 syllabes : Apollinaire a coupé un décasyllabe en deux. Il conserve la mesure traditionnelle tout en modernisant la mise en page.
Corrigé de l’exercice 4 : analyser « Le Pont Mirabeau »
- Il n’y a aucune ponctuation. Le texte coule sans interruption, comme l’eau de la Seine et comme le temps ; le lecteur choisit lui-même les pauses.
- Les « amours » et la « joie » sont emportés avec l’eau : la Seine qui coule symbolise le temps qui fait disparaître l’amour.
- Le verbe « venait » est à l’imparfait : le bonheur appartient au passé, l’amour est terminé.
- « Les jours s’en vont » (le temps qui passe, le mouvement) s’oppose à « je demeure » (le poète qui reste, l’immobilité).
- La mélancolie, la nostalgie d’un amour perdu.
Corrigé de l’exercice 5 : la modernité de « Zone »
- Le poète s’adresse à lui-même : le tutoiement montre un dialogue intérieur.
- Passé : « monde ancien », « antiquité grecque et romaine », « anciennes », « Bergère », « troupeau ». Modernité : « tour Eiffel », « ponts », « automobiles ».
- La tour Eiffel devient une bergère, les ponts de Paris un troupeau de moutons qui « bêle » : la ville moderne est décrite avec les images de la poésie pastorale. Le poète réunit l’ancien et le nouveau.
- Les automobiles sont alors l’invention la plus récente ; dire qu’elles « ont l’air d’être anciennes » montre que le poète est tellement lassé qu’il trouve même la nouveauté déjà vieille.
- Ce sont des vers libres : longueurs inégales (le vers 2 est très long), pas de ponctuation, rimes non systématiques.
Corrigé de l’exercice 6 : identifier les images
- Comparaison (outil « comme ») : la terre et une orange, deux objets ronds ; l’image surprend car l’orange n’est pas bleue.
- Métaphore : la tour Eiffel et une bergère, la ville et la campagne.
- Comparaison : le poète et un roi d’un pays pluvieux, image de l’ennui et de la tristesse (le spleen).
- Personnification : le vent agit comme un être humain (il « fouille », il « siffle »).
- Métaphore (« ces girafes de fer ») prolongée par le verbe « broutent » : les grues, hautes et au long cou, sont transformées en animaux qui mangent le ciel.
Corrigé de l’exercice 7 : un objet à la manière de Ponge
- Un trombone (attache de bureau). Forme : « un fil de fer », « plié deux fois sur lui-même ».
- « qui a fait des études », « pour apprendre à tenir », « par politesse » : l’objet reçoit des qualités humaines, ce qui le rend sympathique et souligne sa discrétion.
- Avec la pince et l’agrafeuse : ces comparaisons précisent son usage par différence (il retient sans serrer ni percer).
- Le texte se termine par la destruction de l’objet déplié, « sans métier », « inutile » : le regard devient mélancolique et montre la fragilité des choses ordinaires.
- Comme Ponge, le texte observe un objet banal avec précision, décrit sa forme, son usage et son destin, et le rend neuf par les mots.
Corrigé de l’exercice 8 : le vocabulaire de la poésie
- alexandrin
- strophe
- assonance
- enjambement
- refrain
- calligramme
À ne pas confondre : l’assonance répète un son voyelle, l’allitération un son consonne.
Corrigé de l’exercice 9 : de la prose au vers libre
Proposition:
Chaque matin
à sept heures
le boulanger du coin lève son rideau de fer
et la rue
encore endormie
respire soudain
l’odeur chaude du pain
Proposition de corrigé
Explications : les deux vers courts du début imitent la régularité de l’habitude ; le vers long du boulanger mime le geste du rideau qui se lève ; « encore endormie » isolé crée une pause, comme un temps de sommeil ; le dernier vers met en valeur la sensation, l’odeur du pain, qui réveille la rue.
Corrigé de l’exercice 10 : lire un calligramme
- Un parapluie : les mots de l’arc forment la toile, ceux de la colonne verticale forment le manche, et les derniers mots dessinent la poignée recourbée.
- Arc : « sous mon parapluie de soie le monde entier se tait et la ville au loin s’efface ». Manche : « la pluie peut bien tomber je suis à l’abri ». Le bord de la toile est formé par le mot « pluie » répété cinq fois, comme des gouttes qui ruissellent.
- Le dessin représente l’abri dont parle le texte : le lecteur voit et lit à la fois la protection contre la pluie. Les traits obliques figurent les gouttes.
- Un sentiment de sécurité et de calme : sous son parapluie, le poète se sent protégé du monde extérieur (« je suis à l’abri »), comme dans une bulle de silence.
Corrigé de l’exercice 11 : écrire un poème en prose
Exemple: « L’éponge est un petit pavé jaune percé de mille fenêtres. Sèche, elle est raide et légère comme un morceau de pain rassis ; mouillée, elle devient molle, gonflée, presque vivante. Elle boit tout ce qu’on lui offre, l’eau claire comme l’eau sale, sans jamais choisir. Son destin est de nettoyer les autres en se salissant elle-même, puis de finir, grise et déchirée, au fond d’une poubelle. Dans son nom on entend l’ongle qui gratte et le son mou du “ponge” qui s’écrase : le mot lui-même semble spongieux. »
Critères de réussite: texte en prose, sans retour à la ligne ; description précise de la forme et de la matière ; évocation de l’usage et du destin ; au moins deux images ; remarque finale sur le mot ; regard neuf sur un objet banal.
Corrigé de l’exercice 12 : écrire en vers libres
Exemple:
Ma ville au réveil
bâille par toutes ses fenêtres
Ma ville au réveil
secoue ses trottoirs comme un chien mouillé
Les bus tirent leurs longues chaînes de lumière
les cafés ouvrent un œil
Ma ville au réveil
est une ruche
où chacun cherche sa case
Et moi
au milieu
j’attends que le soleil me trouve
Exemple de production
Critères de réussite: 12 à 16 vers de longueurs variées ; une anaphore (« Ma ville au réveil ») ; au moins deux images (comparaison avec un chien mouillé, métaphore de la ruche, personnification de la ville qui bâille) ; un vers très court qui met en valeur un mot (« Et moi ») ; une progression du réveil collectif vers le regard personnel du poète.
Comment utiliser ce corrigé
Vérifie d’abord les exercices 1, 2, 3 et 8, qui portent sur les connaissances de base ; si tu as fait des erreurs de comptage de syllabes, revois la règle du e muet. Pour les analyses (exercices 4 à 7 et 10), assure-toi que chacune de tes réponses cite le poème et explique l’effet produit. Pour les écrits, lis ton poème à voix haute : c’est l’oreille qui dit si un retour à la ligne est réussi.
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