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Voici le corrigé brevet français 2017 centres étrangers (groupe 1), série générale, session du 20 juin 2017. Il suit l’ordre du sujet : questions sur le texte de Flaubert et sur la publicité Chanel, réécriture, dictée, puis les deux sujets de rédaction avec une production modèle chacun. Le sujet officiel est noté sur 50 points, qui comptent pour l’épreuve de français de 100 points du brevet.
Corrigé des questions et de la réécriture
Corrigé de la question 1 (2 points)
Non, Emma n’est jamais allée à Paris : elle ne le connaît que par ses rêves et ses lectures. (1 point)
Justification (1 point) : la question « Comment était-ce, Paris ? » montre qu’elle ne sait pas à quoi il ressemble ; elle doit s’acheter « un plan de Paris » et ne parcourt la ville que « du bout de son doigt, sur la carte » ; elle « dévorait » les journaux de mode et lisait Balzac et George Sand pour s’y informer. Le chapeau introductif précise d’ailleurs qu’elle « rêve » de cette vie. Il suffit d’un argument précis tiré du texte pour obtenir le second point.
Erreur fréquente : répondre « oui » parce qu’Emma « connaît » les modes et les adresses ; ce savoir vient seulement de la presse.
Corrigé de la question 2 (3 points)
a) La bonne réponse est de la fascination. (1 point)
b) Deux éléments au moins, expliqués (2 points, 1 point par élément pertinent) :
- le nom de Paris est « démesuré » et Emma se le répète « pour se faire plaisir » : elle est éblouie par ce seul mot ;
- la comparaison « il sonnait à ses oreilles comme un bourdon de cathédrale » et la métaphore « il flamboyait à ses yeux » traduisent un effet puissant sur ses sens ;
- « Paris, plus vaste que l’Océan, miroitait […] dans une atmosphère vermeille » : la ville est grandie, idéalisée et colorée ;
- le verbe « dévorait » montre une avidité à tout savoir sur la ville.
Remarque : la curiosité est présente (elle s’informe), mais elle reste un moyen ; le sentiment dominant est l’admiration éblouie. La crainte est absente du texte.
Corrigé de la question 3 (2 points)
Le quotidien d’Emma est monotone et ennuyeux, celui d’une femme de province mariée à un homme qui ne la comble pas. Le chapeau du texte parle de « sa vie monotone ». (1 point)
Elle vit dans un cadre banal (les « pots de pommade », les repas à table avec Charles) et cherche à s’en échapper : elle passe son temps à lire, à étudier un plan, à suivre les journaux de mode. Pendant les repas, elle « apportait son livre » et « tournait les feuillets, pendant que Charles mangeait en lui parlant » : son mari lui parle, mais elle ne l’écoute pas. Son vrai quotidien est donc une évasion par la lecture et le rêve. (1 point)
Corrigé de la question 4 (3 points)
a) Un mot de la même famille : miroir (ou miroiter, miroitement, miroitant). (0,5 point)
b) Un synonyme : brillait, scintillait, étincelait, reluisait ou chatoyait. (0,5 point)
c) Le verbe « miroiter » signifie renvoyer des reflets changeants et brillants, comme un miroir. Flaubert montre que Paris apparaît à Emma comme une image éclatante et lointaine, qui scintille de promesses. (1 point)
Il suggère aussi une illusion : un reflet n’est pas la réalité, et l’on dit « faire miroiter » une promesse trompeuse. Le narrateur laisse entendre que cette ville idéale n’existe que dans l’imagination d’Emma, qui sera déçue par la réalité. (1 point)
Corrigé de la question 5 (2 points)
Emma rêve d’une vie mondaine, luxueuse et passionnée, bien différente de la sienne. (1 point)
Elle imagine deux mondes : celui des ambassadeurs, fait de luxe (« parquets luisants », « salons lambrissés de miroirs », « tapis de velours à crépines d’or »), de secrets et d’élégance, et celui des gens de lettres et des actrices, qui soupent après minuit à la « clarté des bougies », « prodigues comme des rois » et « pleins d’ambitions idéales ». Elle rêve donc d’une existence exceptionnelle, libre, faite de fêtes, d’idéal et d’émotions, « entre ciel et terre, dans les orages, quelque chose de sublime ». (1 point)
Corrigé de la question 6 (2 points)
Flaubert dénonce, avec ironie, plusieurs travers (un travers bien expliqué et appuyé sur le texte vaut 1 point ; deux valent 2 points) :
- le goût du luxe et des apparences : robes à queue, tapis d’or, dépenses de « rois » ;
- l’hypocrisie sociale : « des angoisses dissimulées sous des sourires » ;
- la vision simpliste et illusoire du monde : Emma ne voit que « deux ou trois » tableaux qui « représentaient à eux seuls l’humanité complète » ;
- l’influence de la presse mondaine et des romans qui font rêver : elle « dévorait, sans en rien passer » les comptes rendus de soirées ;
- le bovarysme : l’insatisfaction d’une femme qui préfère ses rêves à la réalité et néglige son mari.
Corrigé de la question 7 (2 points)
Réponse argumentée attendue : oui, cette critique reste d’actualité (1 point pour la position, 1 point pour les exemples).
Exemples possibles : les magazines « people » et les réseaux sociaux présentent des vies de luxe et de fêtes que chacun envie ; la publicité (comme celle de Chanel) fait rêver à l’aide d’images retouchées ; la télé-réalité et les influenceurs montrent des vies « parfaites » où l’on cache les difficultés derrière des sourires ; beaucoup de jeunes se comparent à ces images et se sentent insatisfaits, comme Emma. On peut nuancer : rêver et s’évader grâce à la lecture ou au cinéma n’a rien de grave si l’on garde l’esprit critique.
Corrigé de la question 8 (1 point)
La femme tient La Joconde du bout des doigts, à bout de bras, la tête en bas, comme un simple sac à main, tandis que son autre bras est levé, sans doute pour héler un taxi. Cette désinvolture est amusante et provocante : le chef-d’œuvre de Léonard de Vinci, symbole de l’art, est réduit à un accessoire de mode. Cela suggère que l’élégance et la marque Chanel comptent plus que le tableau le plus célèbre du monde, ou que la femme est sûre d’elle au point de traiter l’art avec légèreté. Une remarque bien justifiée sur la position, sur l’humour ou sur la déférence perdue suffit pour le point.
Corrigé de la question 9 (3 points)
L’image véhicule celle d’une Française élégante, moderne, indépendante et sûre d’elle, symbole du chic parisien et de la mode. (1 point)
Dans la publicité, la femme est mince, en tailleur noir et lunettes de soleil, elle marche d’un pas décidé dans les rues de Paris, ce qui évoque l’autonomie et le dynamisme. Elle domine l’art lui-même, ce qui lui donne un air d’audace. Dans le texte, Emma rêve de la même chose : les « modes nouvelles », les bons tailleurs, les « robes à queue » et la vie de la capitale. La publicité réalise ainsi le rêve d’Emma. (1 point)
Un regard critique est apprécié : cette image reste celle d’une femme définie par la mode, le luxe et l’apparence, et la publicité entretient, comme les journaux d’Emma, un rêve de consommation que Flaubert critiquait déjà. (1 point)
Corrigé de la réécriture (5 points)
Texte attendu : « J’étudiai, dans Eugène Sue, des descriptions d’ameublements ; je lus Balzac et George Sand, y cherchant des assouvissements imaginaires pour mes convoitises personnelles. À table même, j’apportais mon livre, […] tournais les feuillets, pendant que Charles mangeait en me parlant. »
Barème indicatif : « J’étudiai », « je lus » et « me » valent 1 point chacun ; « mes », « j’apportais », « mon » et « tournais » valent 0,5 point chacun, soit 5 points au total.
- « Elle étudia » devient « J’étudiai » : passé simple, 1re personne du singulier des verbes en -er, terminaison -ai, avec élision (j’).
- « elle lut » devient « je lus » : lire au passé simple fait « lus » à la 1re personne, sans accent ni -t.
- « cherchant » : le participe présent est invariable et ne change pas.
- « ses convoitises » devient « mes convoitises » : le possessif change avec la personne.
- « elle apportait son livre » devient « j’apportais mon livre » : imparfait en -ais à la 1re personne ; « son » devient « mon ».
- « tournait » devient « tournais » : même verbe coordonné, même terminaison (le sujet « je » n’est pas répété).
- « en lui parlant » devient « en me parlant » : le pronom complément change.
- « mangeait » reste inchangé : le sujet est Charles.
Erreurs fréquentes : écrire « j’étudia », « je lu », oublier de changer « ses » ou « lui », ou mettre « tournait » sans le « s ».
Corrigé de la dictée (5 points)
Texte de la dictée
Le surveillant lit d’abord le texte lentement en entier, puis le dicte en précisant la ponctuation, puis le relit sans la préciser. Le mot « Bérénice » est écrit au tableau, ainsi que l’auteur et le titre à la fin : Louis Aragon, Aurélien, 1945.
Brusquement la ville s’ouvrait sur une perspective, et Bérénice sortait de cet univers qui l’effrayait et l’attirait […]. Que c’est beau, Paris ! Là même où les voies sont droites, et pures, que de tournants… Nulle part à la campagne, le paysage ne change si vite ; nulle part, même dans les Alpes ou sur les bords de la mer ; il n’y a de si forts aliments pour le rêve d’une jeune femme désœuvrée, et ravie de l’être, et libre, libre de penser à sa guise, sans se surveiller, sans craindre de trahir sur son visage le fond de son cœur, de laisser échapper une phrase qu’elle regretterait parce qu’elle aurait fait du mal à quelqu’un…
Louis Aragon, Aurélien (1945)
Version dictée avec la ponctuation à dire entre crochets (le signe […] marque une coupure du texte d’origine et ne se dicte pas) : « Brusquement la ville s’ouvrait sur une perspective [virgule] et Bérénice sortait de cet univers qui l’effrayait et l’attirait [point]. Que c’est beau, Paris [point d’exclamation] ! Là même où les voies sont droites [virgule] et pures [virgule] que de tournants [points de suspension] Nulle part à la campagne [virgule] le paysage ne change si vite [point-virgule] ; nulle part [virgule] même dans les Alpes ou sur les bords de la mer [point-virgule] ; il n’y a de si forts aliments pour le rêve d’une jeune femme désœuvrée [virgule] et ravie de l’être [virgule] et libre [virgule] libre de penser à sa guise [virgule] sans se surveiller [virgule] sans craindre de trahir sur son visage le fond de son cœur [virgule] de laisser échapper une phrase qu’elle regretterait parce qu’elle aurait fait du mal à quelqu’un [points de suspension] »
Barème et pièges d’orthographe
Le sujet ne détaille pas le barème : on peut retirer 0,5 point par erreur (1 point pour une erreur grave sur un mot-clé), sans descendre sous 0, et ne pas compter deux fois la même faute. Voici les difficultés :
- s’ouvrait, sortait, effrayait, attirait : verbes à l’imparfait, 3e personne du singulier, terminaison -ait ; « l’ » est un pronom complément qui reprend « cet univers ».
- perspective, Bérénice, désœuvrée : accent aigu sur Bérénice, ligature « œ » dans « désœuvrée » et « cœur » ; « Brusquement » (adverbe en -ment formé sur « brusque »).
- Là même où : « Là » avec accent grave, « où » avec accent grave (lieu).
- droites, pures : adjectifs accordés au féminin pluriel avec « voies ».
- Nulle part : « nulle » s’accorde au féminin ; « Alpes » prend une majuscule et un -s.
- il n’y a de si forts aliments : « n’y a » (verbe avoir) ; « forts » s’accorde avec « aliments ».
- désœuvrée, ravie, libre : adjectifs au féminin singulier car ils qualifient « une jeune femme » ; « ravie de l’être » : « ravie » prend un -e.
- à sa guise : « guise » s’écrit avec un -s et un -e.
- qu’elle regretterait, aurait fait : conditionnel présent (-rait) et conditionnel passé (« aurait » + participe passé « fait » invariable) ; « quelqu’un » s’écrit en un mot avec une apostrophe.
- surveiller, craindre, trahir, laisser échapper : infinitifs (après « sans », « de »), à ne pas confondre avec des participes en -é.
Corrigé du travail d’écriture (20 points)
Sujet 1 : invention, l’article invitant à découvrir un lieu
Analyse du sujet. Il faut écrire un article de journaliste à visée informative et incitative (« inviter à découvrir ») sur un lieu réel de son choix. Deux contraintes de contenu : des atouts géographiques (relief, paysage, climat, faune, flore) et des atouts culturels (histoire, patrimoine, traditions, gastronomie, écrivains). L’article n’est pas signé ; il doit comporter un titre accrocheur, un chapeau, des paragraphes et une conclusion qui donne envie de partir. Longueur : deux pages au moins (une cinquantaine de lignes).
Plan conseillé : titre et chapeau ; accroche ; partie géographique ; partie culturelle ; conseils pratiques ; phrase finale d’invitation.
Critères : respect de la consigne (lieu précis, deux types d’atouts, non-signature), ton journalistique et incitatif (présent, impératif, 2e personne du pluriel), richesse du vocabulaire et des informations exactes, organisation en paragraphes, correction de la langue.
Production modèle.
La baie de Somme, un horizon qui change toutes les six heures
À environ deux heures et demie de Paris, l’une des plus belles baies de la côte picarde vous attend. Entre mer et terre, elle offre des paysages mouvants, une nature préservée et une histoire qui a nourri la littérature.
Imaginez un décor qui disparaît puis revient : à marée basse, la mer s’éloigne à plusieurs kilomètres et laisse place à d’immenses étendues de sable et de vase ; quelques heures plus tard, elle revient en un rien de temps et recouvre tout. Voilà la baie de Somme, un endroit où l’on apprend à lire l’heure sur l’horizon plutôt que sur sa montre.
Ce paysage unique est d’abord un cadeau géographique. L’estuaire du fleuve Somme forme une vaste baie plate, bordée de dunes, de prés salés et de falaises de galets. Les prés salés, que l’on appelle ici les mollières, se couvrent de plantes capables de résister au sel et nourrissent les agneaux de pré-salé, dont la viande est très appréciée. La baie est aussi l’un des meilleurs sites d’observation de la faune d’Europe du Nord. Au Parc du Marquenterre, vous pourrez guetter les spatules blanches, les avocettes et les oies sauvages qui s’y arrêtent lors de leurs migrations. Sur les bancs de sable, une colonie de phoques veaux-marins et de phoques gris se prélasse au soleil, et l’on peut les observer de loin, en silence, lors d’une sortie accompagnée par un guide.
Cette nature fragile demande de la prudence. La marée y monte plus vite qu’un homme ne marche : ne vous aventurez jamais seul sur le sable, et consultez toujours l’horaire des marées. Faites-vous plutôt accompagner par un guide, qui vous apprendra à marcher dans la baie, à reconnaître les oiseaux et à cueillir la salicorne, une plante au goût salé que l’on déguste en salade.
La baie est aussi un territoire riche d’histoire. À Saint-Valery-sur-Somme, ville fortifiée au pied de la baie, Guillaume le Conquérant a rassemblé sa flotte avant de partir conquérir l’Angleterre en 1066. Un peu plus loin, Le Crotoy a vu Jeanne d’Arc emprisonnée en 1430, puis a abrité Jules Verne, qui y a écrit une partie de ses romans, comme Vingt mille lieues sous les mers, face à l’horizon changeant. Peintres et écrivains sont, depuis, venus y chercher la lumière et le silence.
Pour avancer à votre rythme, montez à bord du petit train à vapeur de la baie de Somme, qui relie Le Crotoy, Saint-Valery et Cayeux-sur-Mer à travers les marais en sifflant et en crachant sa fumée. Promenez-vous le long des quais de Saint-Valery, entre les maisons de pêcheurs et les étals de coquillages. Goûtez les crevettes grises, les moules de bouchot et les gaufres, accompagnées d’une bière brassée dans la région. Si vous venez en été, les fêtes maritimes et les marchés rythment les journées avec leurs chants de marins et leurs odeurs de mer.
Alors, ne cherchez plus où partir pour changer d’air : prenez vos bottes, un coupe-vent et vos jumelles, et laissez-vous surprendre par cette baie où chaque sortie est différente. Vous la quitterez avec du sable dans les chaussures et l’envie d’y revenir.
Sujet 2 : réflexion, la fascination pour la vie des célébrités
Analyse du sujet. La citation de Flaubert (« des robes à queue, de grands mystères, des angoisses dissimulées sous des sourires ») évoque la vie mondaine : le luxe, le secret et les apparences. La question porte sur les raisons (« pourquoi ») de la fascination, et « toujours autant » invite à montrer une continuité entre l’époque d’Emma et la nôtre. Il faut un développement argumenté et organisé appuyé sur la littérature (Flaubert), la culture (cinéma, musique, histoire) et l’expérience.
Plan conseillé : I. Les célébrités font rêver (luxe, réussite, évasion). II. Elles nous fascinent par leurs secrets (curiosité pour l’envers du décor, médias, réseaux sociaux). III. Cette fascination a ses dangers (illusion, comparaison, déception) : conclusion nuancée.
Critères : introduction (amorce, problématique, annonce du plan), arguments illustrés d’exemples précis, connecteurs logiques, conclusion, correction de la langue, longueur suffisante.
Production modèle.
Dans Madame Bovary, Emma, lassée de sa vie de province, s’imagine un monde de « robes à queue » et de « grands mystères » où les actrices et les ambassadeurs vivent « entre ciel et terre ». Plus d’un siècle et demi plus tard, les magazines, les réseaux sociaux et la télévision multiplient les images de chanteurs, d’acteurs et de sportifs. Pourquoi la vie des stars et des personnes célèbres fascine-t-elle toujours autant ? Nous verrons d’abord que ces vies font rêver, puis que le mystère entretient notre curiosité, avant de nous demander si cette fascination n’est pas aussi trompeuse.
D’abord, les célébrités incarnent des rêves que la vie quotidienne ne permet pas. Elles apparaissent riches, admirées, libres de voyager, de s’habiller comme elles le souhaitent et de vivre des aventures. Emma, enfermée dans un quotidien monotone, trouve dans ces images un moyen de s’évader. C’est encore vrai aujourd’hui : quand on regarde le tapis rouge du festival de Cannes ou les photographies d’un footballeur célèbre, on se projette dans un monde plus brillant que le sien. La réussite des stars, qui viennent parfois de milieux modestes, nourrit aussi l’espoir que chacun peut changer de vie grâce à son talent. Il suffit de penser à des chanteurs ou à des sportifs devenus des modèles pour toute une génération.
Ensuite, ce qui attire, c’est le mystère qui entoure ces existences. Flaubert parle d’« angoisses dissimulées sous des sourires » : on devine que derrière l’éclat se cache une part secrète, et l’on veut la connaître. La curiosité est naturelle : savoir ce que les stars mangent, où elles habitent, qui elles aiment, c’est avoir l’impression de les connaître, comme si elles faisaient partie de la famille. Les magazines et les réseaux sociaux entretiennent cette proximité en montrant des coulisses, des confidences et des vidéos du quotidien. Les personnes célèbres deviennent alors des personnages de roman dont on suit les épisodes. De tout temps, la cour du roi Louis XIV à Versailles a fait l’objet de la même curiosité : les courtisans et le peuple guettaient chaque détail de la vie du souverain.
Cependant, cette fascination peut devenir dangereuse. Les images sont choisies et retouchées : elles montrent la réussite, rarement les doutes, la solitude ou les pressions que subissent les stars. Plusieurs d’entre elles, comme Marilyn Monroe, ont souffert de leur célébrité. En se comparant à ces vies idéales, on risque d’être insatisfait de la sienne, comme Emma, dont les rêves la conduisent à la déception et au malheur. La fascination est aussi une affaire de commerce : les marques utilisent les célébrités pour nous donner envie d’acheter, comme la publicité qui associe le luxe à un mannequin élégant.
En conclusion, les stars fascinent parce qu’elles nous font rêver, parce qu’elles gardent leur part de mystère et parce que les médias les rendent proches de nous. Cette fascination n’est pas condamnable, à condition de garder un regard critique et de se rappeler que derrière l’éclat des projecteurs, il y a des personnes comme les autres, avec leurs angoisses. Le roman de Flaubert nous le rappelle : rêver est utile, mais se perdre dans le rêve peut coûter cher.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Questions sur le texte, l’image et les deux documents (questions 1 à 9) | 20 |
| Réécriture | 5 |
| Dictée | 5 |
| Travail d’écriture | 20 |
| Total (barème du sujet) | 50 |
Échelle indicative sur 50 points : moins de 25, des bases à consolider ; de 25 à 34, un niveau correct à fiabiliser ; de 35 à 42, un bon niveau ; 43 et plus, un très bon niveau, avec une rédaction maîtrisée et peu d’erreurs.
Conseil 1 : améliorer les questions, la réécriture et la dictée. Si vous perdez des points sur la justification par le texte, l’interprétation d’un verbe ou le commentaire d’une image, relisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et entraînez-vous avec les exercices sur les questions de compréhension et de grammaire. Pour la réécriture (changement de personne, passé simple) et la dictée, travaillez le cours sur la dictée et la réécriture et les exercices sur la dictée et la réécriture.
Conseil 2 : réussir la rédaction. Pour l’article, revoyez le cours sur le sujet d’imagination ; pour la réflexion, le cours sur le sujet de réflexion et les exercices sur le sujet de réflexion. Pour d’autres entraînements, consultez les exercices sur l’épreuve de français du brevet.
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