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Ce corrigé brevet français 2019 septembre (série générale, session de remplacement du 16 septembre 2019, 100 points) propose des réponses rédigées, un barème détaillé, la dictée complète et deux productions modèles pour la rédaction. Ces réponses ne sont pas les seules possibles : toute réponse juste et justifiée par le poème de Maupassant est acceptée.
Partie 1 : grammaire et compétences linguistiques (18 points)
Corrigé de la question 1 (4 points)
a) Le verbe « était couverte » est à la voix passive : son sujet est « l’herbe verte » (1 point). Pour le trouver, on pose la question « qu’est-ce qui était couvert ? ».
b) Le complément d’agent, qui désigne celui qui fait l’action, est « de gouttes de rosée » (1 point). Il est introduit par la préposition « de ».
c) À la voix active, le complément d’agent devient le sujet et le sujet devient complément d’objet direct : « Des gouttes de rosée couvraient encore l’herbe verte. » (2 points : 1 point pour le nouveau sujet, 1 point pour le verbe « couvraient » à l’imparfait, comme « était couverte »). On accepte « de la rosée » ou « Des gouttes de rosée couvraient l’herbe verte » (sans « encore »). Erreur fréquente : changer le temps du verbe (« couvrirent », « ont couvert ») ou oublier de faire l’accord du verbe avec le nouveau sujet, qui est au pluriel.
Corrigé de la question 2 (3 points)
a) « Me raillait-il ? » est une phrase de type interrogatif (1 point) : elle pose une question, signalée par le point d’interrogation et par l’inversion du sujet (« raillait-il »). Le poète ne reçoit pas de réponse : c’est une question qu’il se pose à lui-même.
b) « Combien j’aimais sa voix ! » est une phrase de forme exclamative (1 point), construite avec l’adverbe exclamatif « combien » et le point d’exclamation. Elle sert à exprimer avec force un sentiment : l’admiration et l’amour du jeune garçon pour la voix de la jeune fille (1 point). Erreur fréquente : confondre le type (déclaratif ici) et la forme (exclamative).
Corrigé de la question 3 (1 point)
Dans « Je ne sais plus pourquoi », le présent est un présent d’énonciation : il correspond au moment où le poète adulte écrit et exprime son état d’esprit actuel (1 point). Il tranche avec les verbes à l’imparfait et au passé simple qui racontent la scène passée, et montre que le poète a oublié la cause de la dispute de ses parents. Erreur fréquente : répondre « présent de vérité générale » ou « présent de narration ».
Corrigé de la question 4 (10 points)
Voici la réécriture attendue : « Cachés dans un buisson, quelques merles moqueurs sifflaient. » (ou « dans des buissons ») et « De jeunes ormes tombés barraient toute la route. » (ou « Des jeunes ormes »).
Barème : 5 points par phrase. Phrase 1 : « Cachés » au masculin pluriel (1 point), « quelques » (1 point), « merles » (1 point), « moqueurs » (1 point), « sifflaient » à l’imparfait pluriel (1 point). Phrase 2 : « De jeunes » (1 point), « ormes » (1 point), « tombés » (1 point), « barraient » (1 point), « toute la route » inchangé (1 point).
Pièges : le participe « caché » est ici épithète détachée, il s’accorde avec le nom « merle » ; « un jeune orme » devient « de jeunes ormes » (devant un adjectif pluriel placé avant le nom, « des » devient « de » dans la langue soignée, mais « des jeunes ormes » est accepté) ; le complément « toute la route » reste au singulier car la route est unique.
Partie 2 : compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Corrigé de la question 5 (4 points)
Le titre « Promenade à seize ans » associe deux idées, qu’il faut justifier chacune par un élément du texte (2 points chacune).
« Promenade » : le poème raconte une balade dans la nature avec une jeune fille. Ils marchent ensemble (« Elle cueillait des fleurs, et marchait près de moi »), montent une pente, puis rentrent à travers le bois (« Il fallut revenir et traverser le bois »).
« Seize ans » : l’âge du narrateur est celui de l’adolescence, des premiers émois amoureux. Le poème le montre timide et ému (« Émus de nous sentir côte à côte, et timides ») et parle de « jeunes cœurs ». La promenade est donc aussi un moment d’éveil de l’amour.
Autres éléments acceptés : « la belle enfant » (âge de la jeune fille), « Pour moi je ne vis rien, sinon qu’elle était belle » (le trouble amoureux).
Corrigé de la question 6 (5 points)
Dans les trois premiers vers, la nature est présentée comme joyeuse, lumineuse et vivante, dans un décor de printemps ou d’été.
Les couleurs et la fraîcheur (2 points) : « le ciel bleu », « l’herbe verte » couverte de « gouttes de rosée » font apparaître une matinée claire et fraîche.
La personnification (2 points) : « La terre souriait au ciel bleu » et « Tout chantait par le monde » donnent à la nature des gestes humains. La terre et le ciel semblent heureux et en harmonie.
L’accord avec les sentiments du poète (1 point) : la comparaison « ainsi que dans mon cœur » montre que la joie de la nature répond à la joie intérieure du jeune garçon. Le paysage reflète ses émotions.
Corrigé de la question 7 (6 points)
Il faut donner trois éléments (2 points chacun : l’idée et la citation). Voici trois réponses possibles.
1. Il se montre humble et soumis à la jeune fille : il s’assoit « à ses pieds » (vers 9-10), dans une position qui évoque l’adoration. Il est comme un chevalier devant sa dame.
2. Il est prévenant et galant : il accourt (« J’accourus ») pour retenir l’arbre tombé : « je le tins en l’air comme une voûte », afin qu’elle puisse passer sans effort. Il veut la protéger et se montre fort et serviable.
3. Il la regarde avec admiration, comme une reine : elle a « le front couronné du dôme verdoyant » et il l’appelle « la belle enfant ». La verdure devient une couronne, ce qui l’élève au rang de souveraine.
Remarque : on peut aussi relever sa passivité (il suit la jeune fille, il ne parle pas) ou son attention discrète (« marchait près de moi »). Chaque élément doit être appuyé par une citation courte.
Corrigé de la question 8 (7 points)
Paragraphe modèle : À partir du vers 21, tout change entre les deux adolescents. D’abord, les marques de personne : jusque-là, le narrateur disait « je » et la jeune fille « elle », alors que désormais ils sont réunis par le pronom « nous » et le déterminant « nos » (« Nous regardions nos pieds », « nos jeunes cœurs »). Ensuite, les temps verbaux changent : le passé simple (« gravis », « accourus », « passa ») racontait des actions ponctuelles, tandis que l’imparfait (« regardions », « étaient », « levait », « semblait ») décrit un état qui dure et des gestes répétés (« Parfois »). L’attitude des personnages se modifie aussi : après l’action et la parole (« Elle dit », « elle chanta »), ils deviennent timides, baissent les yeux et se taisent, puis échangent des regards. L’atmosphère, enfin, est plus calme et plus intime : « Les champs autour de nous étaient silencieux », les pensées se disent « tout bas ». Ces changements traduisent l’évolution d’une simple compagnie vers une complicité amoureuse : sans un mot, les deux jeunes gens se comprennent et sentent naître l’amour.
Barème : 1 point pour les marques de personne, 1 point pour les temps verbaux, 1 point pour l’attitude, 1 point pour l’atmosphère, 1 point pour l’évolution (rapprochement, naissance de l’amour partagé), 2 points pour la construction du paragraphe et la qualité de la rédaction. Erreur fréquente : énumérer les changements sans expliquer l’évolution qu’ils traduisent.
Corrigé de la question 9 (4 points)
Le poète adulte se met à distance du jeune homme de seize ans à travers plusieurs passages. Il faut en relever deux (1 point chacun) et expliquer le regard porté (2 points).
Passage 1 : « Nos parents querellaient, car ils étaient en guerre / Du matin jusqu’au soir, je ne sais plus pourquoi » (vers 6-7). Le présent d’énonciation « je ne sais plus » rappelle que l’auteur écrit longtemps après et que la dispute, si importante alors, lui paraît sans importance.
Passage 2 : « Alors il me semblait (je me trompe peut-être) » (vers 25). La parenthèse montre que l’adulte doute de ses souvenirs et corrige son interprétation. Autres passages acceptés : « Me raillait-il ? Moi, je n’y songeais guère » (vers 5) et « Pour moi je ne vis rien, sinon qu’elle était belle » (vers 14), où l’on sent un sourire attendri.
Regard du poète : c’est un regard tendre, nostalgique et un peu amusé. L’adulte se souvient avec émotion de sa première émotion amoureuse, sans se moquer du jeune homme naïf et timide. Il garde de cette scène un souvenir doux, mais il sait aussi que la mémoire est incertaine et que cette époque est révolue.
Corrigé de la question 10 (6 points)
La photographie de Doisneau montre, dans le métro, une jeune femme au premier plan et un jeune homme assis derrière elle. Elle regarde vers le bas et tient un petit bouquet de muguet, alors que lui l’observe. Plusieurs rapprochements sont possibles (il faut en développer deux ou trois, en citant le poème, pour obtenir 6 points).
Les fleurs : le brin de muguet rappelle les fleurs que cueille la jeune fille dans le poème (« Elle cueillait des fleurs »). Dans les deux cas, les fleurs symbolisent le printemps, la fraîcheur et l’amour naissant.
La timidité et le silence : la jeune femme baisse les yeux et les deux personnages ne se parlent pas, comme les adolescents du poème : « Nous regardions nos pieds » et « sans me parler ». L’émotion passe par les regards, pas par les mots.
Le regard admiratif : le jeune homme observe la jeune femme comme le narrateur regarde la jeune fille (« elle était belle »). Les deux scènes montrent un premier trouble amoureux.
L’atmosphère du souvenir : le noir et blanc et le décor ancien donnent à l’image un aspect nostalgique, comme le poème qui revient sur un moment passé. Différences possibles : la photographie se passe en ville, dans le métro, alors que le poème se déroule dans la nature, et les personnages sont plus âgés que des adolescents de seize ans.
Partie 3 : dictée (10 points)
Texte de la dictée
Avant de commencer, on écrit au tableau : Christiane, Paul, puis Guy de Maupassant, Mont-Oriol, 1887.
Lorsque le soleil fut près de disparaître [virgule] le ciel s’étant mis à flamboyer [virgule] le lac tout à coup eut l’air d’une cuve de feu [point-virgule] puis [virgule] après le soleil couché [virgule] l’horizon étant devenu rouge comme un brasier qui va s’éteindre [virgule] le lac eut l’air d’une cuve de sang [point]. Et soudain [virgule] sur la crête de la colline [virgule] la lune presque pleine se leva [virgule] toute pâle dans le firmament encore clair [point].
En passant dans l’allée [virgule] sous les arbres [virgule] où des taches de clarté tombaient comme une pluie dans l’herbe à travers les feuilles [virgule] Christiane [virgule] qui venait l’avant-dernière [virgule] suivie de Paul [virgule] entendit soudain une voix haletante qui lui disait [virgule] presque dans l’oreille [deux-points] [ouvrez les guillemets] Je vous aime [point d’exclamation] [fermez les guillemets] [point].
Guy de Maupassant, Mont-Oriol, 1887
Barème indicatif : on retire 1 point pour une erreur grammaticale (accord, terminaison, conjugaison), 0,5 point pour une erreur lexicale (orthographe d’un mot), 0,5 point pour quatre erreurs d’accents et 0,5 point pour un mot oublié. La ponctuation n’est pas évaluée. Une erreur répétée sur le même mot n’est comptée qu’une fois.
Pièges d’orthographe :
- fut : passé simple du verbe être, sans accent circonflexe (« fût » serait un subjonctif) ; disparaître garde son accent circonflexe devant le t ;
- le ciel s’étant mis à flamboyer : le participe « mis » s’accorde avec le pronom « s’ » qui remplace « le ciel » (masculin singulier) ;
- tout à coup : locution adverbiale invariable ; eut l’air : passé simple d’avoir, sans accent ;
- l’horizon étant devenu : « devenu » s’accorde avec « horizon » (masculin singulier) ; brasier s’écrit avec un seul s ; s’éteindre prend un accent aigu ;
- le soleil couché : participe passé employé avec « soleil », masculin singulier ;
- la crête : accent circonflexe sur le e ; pleine : féminin, accord avec « lune » ; toute pâle : « tout » est un adverbe devant un adjectif féminin commençant par une consonne, donc on écrit « toute » ; accent circonflexe sur « pâle » ; firmament avec un t final ;
- tombaient : imparfait, accord avec « taches » (pluriel), terminaison -aient ; l’herbe avec un h muet ;
- l’avant-dernière : trait d’union, féminin car il s’agit de Christiane ; suivie : participe passé accordé avec « Christiane » (féminin singulier) ;
- entendit : passé simple, 3e personne, en -it ; haletante : un seul l, adjectif accordé avec « voix » ; disait : imparfait, accord avec « qui », qui représente « voix » (singulier) ;
- presque, soudain et à travers : attention à l’orthographe de ces mots d’usage.
Partie 4 : rédaction (40 points)
Sujet d’imagination : analyse du sujet et critères
Ce que demande le sujet : reprendre la scène du poème du point de vue de la jeune fille, devenue adulte. Le texte doit être en prose, à la première personne, avec des souvenirs rédigés au passé (passé simple et imparfait) et quelques réflexions au présent. Il faut surtout dire les sensations (le toucher des fleurs, la rosée, les odeurs, les sons) et les émotions (trouble, plaisir, gêne, tendresse).
Plan conseillé : (1) le début de la promenade et la nature, avec la dispute des parents ; (2) la jeune fille chante, le garçon s’assoit à ses pieds, elle le devine ému ; (3) l’orme tombé et le passage sous l’arbre ; (4) le silence, les regards et le trouble ; (5) une chute au présent, depuis l’âge adulte.
Critères : respect de la consigne (point de vue, première personne, prose) ; fidélité aux faits du poème ; richesse des sensations et des émotions ; temps verbaux justes ; écriture soignée et correcte. Longueur attendue : environ deux pages.
Production modèle (sujet d’imagination)
Je me souviens très bien de cette matinée. Il y a longtemps de cela, mais il me suffit de fermer les yeux pour sentir à nouveau l’odeur de l’herbe mouillée. J’avais seize ans. Nos parents se disputaient depuis des semaines, pour une affaire que je n’ai jamais comprise, et je trouvais agréable de m’échapper de la maison pour marcher dans la campagne avec ce garçon, le fils des voisins.
Ce jour-là, le ciel était d’un bleu lumineux et la rosée mouillait mes chaussures. Je cueillais des fleurs sans trop y penser, simplement pour occuper mes mains. Lui marchait à mon côté, sans rien dire. Je sentais sa présence dans mon dos comme une chaleur. Un merle sifflait dans un buisson, et je me demandais si le garçon l’avait remarqué. Il ne semblait penser à rien, ou alors à quelque chose qu’il n’osait pas dire.
Nous arrivâmes sur une pente couverte de mousse. Il s’assit à mes pieds, comme s’il me rendait hommage, et ce geste me fit sourire en même temps qu’il me troubla. Pour cacher mon émotion, je lui montrai la colline rousse qui fuyait vers l’horizon. Il n’avait pas l’air de la regarder. Je compris qu’il me regardait, moi. Mon cœur se mit à battre plus vite. Je me mis à chanter pour me donner une contenance ; ma voix tremblait un peu, mais je crois qu’il l’écoutait avec ravissement.
Sur le chemin du retour, un jeune orme barrait la route. Il se précipita, le saisit à deux mains et le maintint en l’air pour me laisser passer. Je passai sous cette voûte de feuilles en souriant, le visage tout rouge. Je sentais les branches frôler mes cheveux, comme une couronne que le garçon m’offrait. À ce moment précis, je me sentis une reine, et en même temps une enfant fort intimidée.
Ensuite, nous n’échangeâmes plus un mot. Nous marchions côte à côte, les yeux baissés sur nos pieds et sur l’herbe humide. Les champs étaient silencieux. De temps en temps, je levais les yeux vers lui, et lui aussi vers moi. Nos regards se croisaient, puis s’enfuyaient. Il me semblait que nous nous disions tout, dans ce silence, bien plus que les mots n’auraient su le faire.
Aujourd’hui encore, quand je repense à cette promenade, je ressens le même mélange de joie et de timidité. Nous nous sommes perdus de vue, et je ne sais plus ce qu’il est devenu. Pourtant, je garde au fond de moi cette matinée comme un trésor : c’est là que j’ai su, pour la première fois, ce que c’était qu’être aimée.
Sujet de réflexion : analyse du sujet et critères
Ce que demande le sujet : répondre à la question « Avouer ses sentiments est-il toujours facile ? » dans un développement argumenté, avec des exemples tirés de l’expérience personnelle, des connaissances et de la culture littéraire et cinématographique. Il faut nuancer : l’aveu est souvent difficile, mais pas toujours.
Plan conseillé : (1) avouer ses sentiments est souvent difficile (peur du rejet, timidité, pudeur) ; (2) mais ce n’est pas toujours le cas, car certaines circonstances et la confiance rendent l’aveu naturel ; (3) et dire ses sentiments est souvent nécessaire, malgré la difficulté.
Critères : thèse nuancée ; au moins deux arguments illustrés par des exemples précis ; introduction avec reformulation de la question, conclusion avec réponse claire ; connecteurs logiques ; langue correcte. Longueur attendue : environ deux pages.
Production modèle (sujet de réflexion)
Dire à quelqu’un qu’on l’aime, qu’on l’admire ou qu’on lui est reconnaissant est un geste qui semble simple, et pourtant beaucoup d’entre nous hésitent, se taisent ou cherchent des détours. Faut-il en conclure qu’avouer ses sentiments est toujours difficile ? Nous verrons que cet aveu est souvent compliqué par la peur et la pudeur, mais que dans certaines circonstances il peut être naturel, et qu’il reste malgré tout nécessaire.
Tout d’abord, avouer ses sentiments est souvent difficile parce qu’on craint le rejet. En se confiant, on se rend vulnérable : on ne maîtrise plus la réaction de l’autre, qui peut se moquer ou ne pas répondre. Le poème de Maupassant le montre : les deux adolescents laissent leurs regards dire « ce que nous n’osions pas » et n’avouent rien avec des mots. La timidité ajoute à cette peur, surtout à l’adolescence, quand les émotions sont nouvelles. Dans Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand, Cyrano aime Roxane en secret pendant des années, car il se croit trop laid pour être aimé ; c’est son complexe qui l’empêche de parler. Dans Le Rouge et le Noir, Stendhal décrit aussi un Julien Sorel qui se force à saisir la main de Mme de Rênal, comme s’il s’agissait d’un devoir difficile.
Cependant, avouer ses sentiments n’est pas toujours aussi difficile. Quand on est sûr d’être aimé en retour, ou quand une relation s’est construite sur la confiance, l’aveu devient naturel, presque évident. Dans mon entourage, il m’est arrivé de dire sans peine à un ami que je tenais à lui, parce que je savais qu’il me comprendrait. De plus, les sentiments ne sont pas seulement amoureux : remercier un professeur ou dire à un parent qu’on l’aime demande peu de courage dans une famille où l’on s’exprime librement. Les formes d’expression peuvent aussi faciliter l’aveu : une lettre, un poème ou un cadeau permettent de dire ce que la voix n’arrive pas à dire. Rostand lui-même fait dire à Cyrano ses plus beaux mots dans l’obscurité du balcon, sous le nom d’un autre.
Enfin, même lorsqu’il est difficile, l’aveu est le plus souvent nécessaire. Ne rien dire peut faire perdre une amitié, un amour ou une occasion de se réconcilier. Dans La Princesse de Clèves, de Madame de La Fayette, l’aveu de la princesse à son mari, qu’elle fait pour se protéger de sa passion, a des conséquences dramatiques, mais il montre un courage rare. Parler, c’est aussi se libérer d’un poids : la plupart des gens qui ont osé se confier affirment qu’ils se sentent soulagés, même si la réponse n’est pas celle qu’ils espéraient.
En conclusion, avouer ses sentiments n’est pas toujours facile, car la peur du rejet, la timidité et la pudeur nous retiennent, comme le montrent le poème de Maupassant et le personnage de Cyrano. Mais ce n’est pas une règle absolue : la confiance, un cadre bienveillant et des moyens détournés comme l’écriture rendent l’aveu plus aisé. Et, qu’il soit facile ou non, il vaut souvent mieux le faire que le regretter plus tard.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Grammaire et compétences linguistiques (questions 1 à 4) | 18 |
| Compréhension et interprétation (questions 5 à 10) | 32 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative : 0 à 39 points, insuffisant ; 40 à 59, fragile ; 60 à 79, satisfaisant ; 80 à 100, très bon à excellent. Cette échelle est donnée à titre indicatif : le diplôme est calculé avec toutes les matières.
Conseil 1 : mieux répondre aux questions. Rédigez des réponses complètes, avec un procédé nommé et une citation courte. Travaillez la méthode avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec les exercices corrigés.
Conseil 2 : gagner des points d’orthographe et de rédaction. Relisez toujours la dictée en vérifiant les accords et les terminaisons ; révisez avec le cours sur la dictée et la réécriture et faites les exercices de dictée et de réécriture. Pour la rédaction, appuyez-vous sur le cours sur le sujet d’imagination et le cours sur le sujet de réflexion.
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