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Brevet de français 2022 : Asie-Pacifique – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Asie-Pacifique : brevet de français 2022, illustration Français PDF
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Gratuit. Ce sujet de brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.

Voici le sujet du brevet français 2022 Asie-Pacifique, épreuve de français de la série générale passée le 20 juin 2022. L’épreuve dure 3 heures au total (1 h 10 pour les questions, 20 minutes pour la dictée, 1 h 30 pour la rédaction) et elle est notée sur 100 points. Pour réviser, relisez le cours sur l’épreuve de français du brevet, sur les questions de compréhension et de grammaire et sur le sujet d’imagination.

Partie 1 : Grammaire et compétences linguistiques, compréhension et compétences d’interprétation (50 points)

Durée conseillée : 1 h 10. L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite. Le candidat rend sa copie et veille à conserver ce sujet en support pour l’épreuve de rédaction.

A. Texte littéraire

Le cardinal de Richelieu a découvert que la Reine de France, Anne d’Autriche, était sensible aux charmes d’un admirateur secret : le Duc de Buckingham. Pour la piéger, il fait envoyer une fausse lettre dans laquelle la Reine invite le Duc à un rendez-vous. Buckingham a appris qu’il s’agissait d’un piège, mais il décide de se rendre tout de même à cette invitation pour rencontrer celle qu’il aime.

En ce moment, une porte cachée dans la tapisserie s’ouvrit et une femme apparut. Buckingham vit cette apparition dans la glace ; il jeta un cri, c’était la reine !

Anne d’Autriche avait alors vingt-six ou vingt-sept ans, c’est-à-dire qu’elle se trouvait dans tout l’éclat de sa beauté.

Sa démarche était celle d’une reine ou d’une déesse ; ses yeux qui jetaient des reflets d’émeraude, étaient parfaitement beaux, et tout à la fois pleins de douceur et de majesté.

Sa bouche était petite et vermeille, et quoique sa lèvre inférieure, comme celle des princes de la maison d’Autriche, avançât légèrement sur l’autre, elle était éminemment1 gracieuse dans le sourire, mais aussi profondément dédaigneuse dans le mépris.

Sa peau était citée pour sa douceur et son velouté, sa main et ses bras étaient d’une beauté surprenante, et tous les poètes du temps les chantaient comme incomparables.

Enfin ses cheveux, qui, de blonds qu’ils étaient dans sa jeunesse, étaient devenus châtains, et qu’elle portait frisés très clair et avec beaucoup de poudre, encadraient admirablement son visage, auquel le censeur2 le plus rigide n’eût pu souhaiter qu’un peu moins de rouge, et le statuaire3 le plus exigeant qu’un peu plus de finesse dans le nez.

Buckingham resta un instant ébloui ; jamais Anne d’Autriche ne lui était apparue aussi belle, au milieu des bals, des fêtes, des carrousels4, qu’elle lui apparut en ce moment, vêtue d’une simple robe de satin blanc et accompagnée de doña Estefania, la seule de ses femmes espagnoles qui n’eût pas été chassée par la jalousie du roi et par les persécutions de Richelieu.

Anne d’Autriche fit deux pas en avant ; Buckingham se précipita à ses genoux, et avant que la reine eût pu l’en empêcher, il baisa le bas de sa robe.

« Duc, vous savez déjà que ce n’est pas moi qui vous ai fait écrire.

– Oh ! Oui, Madame, oui, Votre Majesté, s’écria le duc ; je sais que j’ai été un fou, un insensé de croire que la neige s’animerait, que le marbre s’échaufferait ; mais, que voulez-vous, quand on aime, on croit facilement à l’amour ; d’ailleurs je n’ai pas tout perdu à ce voyage, puisque je vous vois.

– Oui, répondit Anne, mais vous savez pourquoi et comment je vous vois, Milord. Je vous vois par pitié pour vous-même ; je vous vois parce qu’insensible à toutes mes peines, vous vous êtes obstiné à rester dans une ville, où, en restant, vous courez risque de la vie et me faites courir risque de mon honneur ; je vous vois pour vous dire que tout nous sépare, les profondeurs de la mer, l’inimitié des royaumes, la sainteté des serments. Il est sacrilège de lutter contre tant de choses, Milord. Je vous vois enfin pour vous dire qu’il ne faut plus nous voir. »

Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, chapitre XII (1843)

Notes : 1. Éminemment : extrêmement. 2. Censeur : personne chargée de veiller à ce que le comportement des autres respecte la morale publique. 3. Statuaire : sculpteur qui réalise des statues. 4. Carrousel : spectacle équestre.

Repères pour les lignes citées dans les questions (numérotation du sujet imprimé, à partir de « En ce moment ») : ligne 1 « En ce moment, une porte cachée… » ; ligne 5 « Sa démarche était celle d’une reine… » ; ligne 8 « …elle était éminemment » ; ligne 15 « …un peu plus de finesse dans le nez » ; ligne 16 « Buckingham resta un instant ébloui… » ; ligne 20 « …persécutions de Richelieu » ; lignes 24-25 « Oh ! Oui, Madame… la neige s’animerait, que le marbre s’échaufferait » ; ligne 28 « Oui, répondit Anne… ».

B. Image

Document : photogramme extrait du film La Reine Christine, Rouben Mamoulian (1933).

Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

A. Texte

1. Lignes 1-2 (3 points)

a. Relevez les trois termes qui désignent Anne d’Autriche. Que remarquez-vous ? (2 points)

b. Pourquoi pensez-vous que Buckingham jette un cri lorsqu’il la voit ? (1 point)

2. Lignes 5 à 15 (6 points)

a. En vous appuyant sur le texte, montrez que la description d’Anne d’Autriche met en avant la dimension exceptionnelle du personnage et de sa beauté. (4 points)

b. Montrez que quelques réserves apparaissent cependant dans ce portrait. (2 points)

3. Lignes 16 à 20 (5 points)

a. À quelles occasions le Duc a-t-il déjà rencontré la Reine et en quoi cela explique-t-il qu’il soit surpris ici par ce qu’il voit ? (3 points)

b. Que nous apprend alors ce passage sur ce que ressent le Duc à l’égard d’Anne d’Autriche ? Vous vous appuierez sur le texte pour justifier votre réponse. (2 points)

4. « Je sais que j’ai été un fou, un insensé de croire que la neige s’animerait, que le marbre s’échaufferait » (lignes 24-25) (6 points)

a. Que désignent les mots « neige » et « marbre » ici ? Expliquez leur emploi et identifiez la figure de style utilisée. (3 points)

b. Lignes 24 à 27 : que nous dévoile alors la réplique du Duc sur son état d’esprit ? Justifiez votre analyse par des éléments précis du texte. (3 points)

5. La distance et les sentiments de la Reine (4 points)

En vous appuyant sur le texte et plus particulièrement sur la ligne 28, montrez que, malgré la distance qu’elle met entre eux deux, la Reine a en réalité des sentiments pour le Duc. (4 points)

B. Image

6. Le sentiment mis en scène (4 points)

En vous appuyant sur la position du personnage, les éléments de décor et les effets de lumière, vous vous demanderez quel sentiment est mis en scène. (4 points)

7. Image et texte (4 points)

Qu’est-ce qui rapproche ce personnage de celui d’Anne d’Autriche dans le texte de Dumas ? Appuyez-vous sur des éléments du texte et de l’image pour répondre à cette question. (4 points)

Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

8. La formation d’un mot (2 points)

Expliquez la formation du mot « éminemment » (ligne 8). Donnez sa nature. (2 points)

9. Un pronom personnel (2 points)

« […] jamais Anne d’Autriche ne lui était apparue aussi belle, au milieu des bals, des fêtes, des carrousels […]. »

a. Récrivez la phrase en remplaçant « lui » par ce à quoi il renvoie. (1 point)

b. Quelle est la classe grammaticale (nature) de « lui » ? (1 point)

10. Les propositions (4 points)

« […] ses yeux qui jetaient des reflets d’émeraude, étaient parfaitement beaux »

a. Relevez les verbes conjugués puis délimitez les propositions de cette partie de phrase. (2 points)

b. Quelle proposition pouvez-vous supprimer ? Donnez sa nature. (2 points)

11. Réécriture (10 points)

Récrivez ce passage en remplaçant « Buckingham » par « Buckingham et son ami » et « Anne d’Autriche » par « les reines ».

Buckingham resta un instant ébloui ; jamais Anne d’Autriche ne lui était apparue aussi belle, au milieu des bals, des fêtes, des carrousels, qu’elle lui apparut en ce moment, vêtue […] de satin blanc […].

Dictée (10 points)

Durée : 20 minutes. L’examinateur dicte le texte ; le texte figure dans le corrigé. Le candidat compose sur la même copie que la première partie de l’épreuve, et l’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite. Le mot « émaillé » est écrit au tableau, avec l’indication : Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires.

Rédaction (40 points)

Durée : 1 h 30. L’utilisation du dictionnaire est autorisée, celle de la calculatrice est interdite. Les candidats conservent le corpus de la première partie de l’épreuve. Afin de respecter l’anonymat de votre copie, vous ne devez pas signer votre composition, citer votre nom, celui d’un camarade ou celui de votre établissement. Vous traiterez au choix le sujet d’imagination ou le sujet de réflexion. Pour vous préparer, relisez le cours sur le sujet d’imagination ou le cours sur le sujet de réflexion.

Sujet d’imagination

À la manière d’Alexandre Dumas, imaginez le portrait du Duc fait par la Reine au moment où elle entre dans la pièce. Dans un premier temps, vous le décrirez physiquement, puis vous préciserez les sentiments suscités chez la Reine à la vue de Buckingham.

Sujet de réflexion

La Reine apparaît comme une déesse aux yeux de Buckingham : peut-on rester objectif et raisonnable quand on est amoureux ? Vous répondrez à cette question par un développement argumenté en vous appuyant sur les œuvres étudiées en classe, vos lectures et votre culture personnelles.

Corrigé du brevet de français 2022 (Asie-Pacifique)

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