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Voici le corrigé brevet français 2023 centres étrangers (groupe 1), session du 14 juin 2023 : l’épreuve est notée sur 100 points et porte sur un poème en prose de Philippe Jaccottet, extrait de Et néanmoins, accompagné d’un tableau de Claude Monet. Chaque réponse est justifiée par le texte, avec le barème indicatif, les réponses acceptables et les erreurs fréquentes. Les deux sujets de rédaction ont chacun une production modèle.
Compréhension et compétences d’interprétation (29 points)
Corrigé de la question 1 (1 point)
Celui qui parle est le poète lui-même : le narrateur dit « je » (« je vois soudain ») et se confond avec l’auteur, qui raconte une scène vécue dans son jardin. Le thème est l’observation d’un rouge-gorge, de sa couleur et de la fragilité de l’instant : une rencontre minuscule avec la nature, qui fait naître une émotion.
Barème : 0,5 point pour le locuteur, 0,5 point pour le thème. Erreur fréquente : répondre « le rouge-gorge » ou « un enfant ».
Corrigé de la question 2 (3 points)
Le poète accomplit trois actions successives :
1. il travaille au jardin : « Travaillant au jardin » ;
2. il voit puis observe le rouge-gorge, dont il cherche à décrire la couleur : « je vois soudain, à deux pas, un rouge-gorge », « Comment montrer la couleur de sa gorge ? » ;
3. il écoute les bruits du jardin : « vous parvient aux oreilles, par intermittence, le bruit discret ». On peut aussi accepter, en dernier, « nous vaquons à nos besognes », qui montre qu’il reprend son travail aux côtés de l’oiseau.
Barème : 1 point par action, dans l’ordre. Erreur fréquente : citer le seul verbe « vois » en omettant l’écoute, ou donner des actions de l’oiseau.
Corrigé de la question 3 (5 points)
a) Six relevés possibles : « rose », « pourpre », « rouge sang », « rouge brique », « rouge », « feu apprivoisé », « reflet de feu », « couleur de la terre », « couleur de ciel au couchant », « braise ». Six relevés exacts suffisent. Barème : 0,5 point par relevé. N’acceptez pas « couleurs » seul quand il est employé de façon abstraite, ni « plumage ».
b) C’est le rouge qui se distingue. Il est nommé de nombreuses fois et sous des nuances variées (rouge sang, rouge brique, feu, braise, couchant), car il est la couleur de la gorge de l’oiseau, qui tranche sur son plumage « couleur de la terre ». Le poète cherche le mot juste pour cette couleur : elle est le cœur de la scène. Barème : 1 point pour la couleur, 1 point pour l’explication.
Corrigé de la question 4 (3 points)
Une reprise nominale désigne à nouveau l’oiseau avec un autre groupe nominal, qui apporte un point de vue.
– « minuscule piéton » met en avant sa petitesse et sa fragilité : il marche sur le sol, sans défense, et devient une « victime toute désignée des chats ».
– « une braise qui sautillerait » met en avant sa vivacité et sa couleur vive : il saute par petits bonds, et sa gorge rougeoie comme une braise.
– « messager sans vrai message » met en avant sa présence mystérieuse et sa discrétion : il semble vouloir parler au poète (« on dirait qu’il veut vous parler »), mais il n’a rien à dire. Il est un simple lien entre l’homme et la nature.
Barème : 1 point par caractéristique correcte et expliquée.
Corrigé de la question 5 (5 points)
a) La figure soulignée est une énumération : quatre adjectifs introduits par « de », séparés par des virgules (« de brûlant, de cruel, de guerrier ou de triomphant »). On accepte aussi « accumulation ». 1 point.
b) Dans cette énumération, le rouge a des connotations de violence et de domination : « brûlant » évoque la douleur ou la passion, « cruel » et « guerrier » la guerre et le sang, « triomphant » la victoire et la puissance. 2 points : 1 point par idée juste, éventuellement appuyée sur un mot.
c) Non : le poète associe à l’oiseau une couleur douce et rassurante. Il parle de « feu apprivoisé », c’est-à-dire d’un feu qui ne brûle pas, et d’une couleur « amicale ». On peut aussi citer « reflet de feu », « braise » ou « couleur de ciel au couchant ». 2 points : 1 point pour « non », 1 point pour la justification appuyée sur le texte.
Corrigé de la question 6 (6 points)
La réponse doit être rédigée, organisée en trois parties (un sentiment par paragraphe), et appuyée sur les trois outils demandés. Les trois sentiments attendus sont la tendresse, l’émerveillement et l’inquiétude. D’autres réponses cohérentes sont acceptées, par exemple la sérénité ou la complicité.
Réponse modèle : « Dans cette scène, le poète éprouve d’abord de la tendresse pour le rouge-gorge. Il le désigne par des mots affectueux et petits, comme « minuscule piéton » ou « petit porte-drapeau », et il parle d’une couleur « amicale ». Le rythme des phrases, long et lent, avec ses nombreuses incises, traduit son attention attendrie. Il ressent ensuite de l’émerveillement devant la beauté de l’oiseau. Le champ lexical des couleurs et les métaphores (« une braise qui sautillerait », « feu apprivoisé ») montrent qu’il est fasciné par « l’étrangeté insondable des couleurs ». Les sensations visuelles puis auditives (« le bruit discret », « la rumeur du vent ») prolongent cet instant de contemplation. Enfin, il éprouve de l’inquiétude, car l’oiseau est fragile : il le nomme « victime toute désignée des chats » et termine par la phrase courte et dramatique « si rôde un chat », qui laisse planer une menace. L’adjectif « imprudent », appliqué à l’oiseau, fait ressentir ce danger. »
Barème : 2 points par sentiment (1 point pour le sentiment nommé, 1 point pour la justification par une figure de style, un champ lexical ou le rythme). Erreur fréquente : énumérer trois sentiments sans aucun appui sur le texte.
Corrigé de la question 7 (6 points)
Le tableau de Monet illustre le poème sur plusieurs points, que l’on peut organiser en trois idées.
1. Un même cadre. Comme le texte, le tableau se déroule dans un jardin : une pelouse, un massif et un arbre en fleurs au centre, des grands arbres sombres au fond. On retrouve les « hauts platanes » et la nature paisible du poème.
2. Une présence discrète et fragile. La dame en blanc, tenant une ombrelle, est petite et de dos, à gauche de la toile, presque perdue dans le paysage. Elle fait penser au « minuscule » oiseau et au « presque rien » du poème. Elle regarde le jardin, comme le poète observe le rouge-gorge : c’est une figure de contemplation.
3. Un instant saisi par la lumière et les couleurs. Monet peint par touches rapides et saisit l’instant, en jouant sur les contrastes entre la robe blanche, l’arbre fleuri clair et le fond sombre des feuillages. Les ombres allongées sur l’herbe laissent penser à une lumière rasante, proche du « ciel au couchant ». Cette attention aux jeux de lumière rejoint celle du poète pour les nuances du rouge.
Barème : 2 points par idée développée avec un élément précis de l’image. Les mises en relation justes mais moins complètes sont valorisées au prorata. Erreur fréquente : décrire le tableau sans le relier au poème.
Compétences linguistiques et grammaticales (21 points)
Corrigé de la question 8 (4,5 points)
Composition. « Insondable » est composé de trois éléments : le préfixe in- (qui exprime la négation), le radical sond(er) et le suffixe -able (qui exprime la possibilité). 1,5 point, 0,5 point par élément.
a) « Insondable » signifie qu’on ne peut pas sonder, c’est-à-dire dont on ne peut pas atteindre le fond ou comprendre le sens : mystérieux, impénétrable. L’étrangeté des couleurs est profonde et inexplicable. 1 point.
b) Le nom « étrangeté » a deux expansions : « insondable » est un adjectif qualificatif (épithète) ; « des couleurs » est un groupe nominal prépositionnel, complément du nom, introduit par la préposition « de » (« des » = de + les). 2 points : 1 point par nature.
Corrigé de la question 9 (3 points)
a) « un rouge-gorge » est complément d’objet direct (COD) du verbe « vois ». 1 point.
b) Deux manipulations parmi les suivantes (1 point chacune) :
– la pronominalisation : « je le vois » (le pronom « le » remplace le groupe, sans préposition) ;
– la question : « je vois quoi ? un rouge-gorge » ;
– la mise en relief : « c’est un rouge-gorge que je vois » ;
– le passage au passif : « un rouge-gorge est vu par moi » (le COD devient sujet).
Erreur fréquente : proposer le déplacement ou la suppression, qui ne conviennent pas pour un COD. Il est impossible de dire « je vois soudain, à deux pas » avec le même sens.
Corrigé de la question 10 (3 points)
a) La proposition principale est : « L’oiseau porte dans son plumage cette sorte de couleur de feu apprivoisé, couleur de ciel au couchant ». Il faut la recopier en entier, sans les subordonnées. 1 point.
b) Les deux propositions subordonnées sont : « qui est couleur de la terre » (qui complète « plumage ») et « sur laquelle il aime tant à marcher » (qui complète « la terre »). 1 point. On accepte aussi la première avec la seconde incluse (« qui est couleur de la terre sur laquelle il aime tant à marcher »), à condition de relever la seconde.
c) Ce sont deux propositions subordonnées relatives, introduites par les pronoms relatifs « qui » et « laquelle ». 1 point.
Remarque : le texte original de Jaccottet contient le mot « foulard » (« cette sorte de foulard couleur de feu »). Il ne change rien à l’analyse.
Corrigé de la question 11 (2,5 points)
a) Verbes au conditionnel présent dans le texte : « dirait » (lignes 1 et 6), « évoquerait » (ligne 5), « sautillerait » (ligne 10), « pèserait » (ligne 11). Trois relevés exacts suffisent : 0,5 point par relevé. Le terme « évoquait » (ligne 4) est à l’imparfait.
b) Dans ces phrases, le conditionnel a une valeur d’hypothèse et d’approximation : le poète ne décrit pas la réalité de façon certaine, il propose des images possibles pour dire l’oiseau (« une braise qui sautillerait »). Il exprime ainsi sa prudence et son hésitation à trouver les mots justes. 1 point.
Corrigé de la question 12 (8 points)
Passage réécrit : « c’est la rumeur des vents invisibles, les bruits de l’invisible. À l’abri desquels les rouges-gorges et moi vaquons à nos besognes. Eux, les porte-lanternes, les imprudents, si rôde un chat. »
Explications des modifications :
– « vent » devient « vents » et son adjectif s’accorde : « invisibles » ;
– « bruit » devient « bruits » avec l’article « les » ; « l’invisible » reste inchangé, car c’est un adjectif employé comme nom, qui ne dépend pas du mot « bruit » ;
– « duquel » devient « desquels », car le pronom relatif s’accorde avec son antécédent pluriel ;
– « le rouge-gorge » devient « les rouges-gorges » : dans ce nom composé d’un adjectif et d’un nom, les deux éléments prennent la marque du pluriel ;
– le verbe « vaquons » ne change pas, car le sujet « les rouges-gorges et moi » reste à la première personne du pluriel ;
– « Lui » devient « Eux » ; « le porte-lanterne » devient « les porte-lanternes » et « l’imprudent » devient « les imprudents ».
Le groupe « c’est la rumeur » reste au singulier, car « rumeur » n’est pas concerné par la consigne. On accepte aussi « ce sont » avec les deux compléments pluriels, s’il est cohérent. Barème : 1 point par modification correcte (vents, invisibles, bruits, desquels, rouges-gorges, Eux, porte-lanternes, imprudents), sans pénalité pour « porte-lanterne » invariable.
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
Le merle avait commencé à chanter [point]. Quelque chose lui importait et plus rien d’autre [virgule] à ce moment-là [virgule] n’existait que le devoir impérieux de donner à entendre [point]. Saluait-il la fin de l’hiver [point d’interrogation] ? Chantait-il sa joie d’exister [virgule] de se sentir revivre [point d’interrogation] ? Adressait-il une louange au cosmos [point d’interrogation] ? Les scientifiques ne pourraient sans doute pas l’énoncer de cette manière [point]. Mais ils pourraient affirmer que toutes les forces cosmiques d’un printemps naissant ont offert au merle les premières conditions de sa métamorphose [point]. Car il s’agit bien d’une métamorphose [point]. Ce merle chante maintenant à tue-tête [virgule] juché au plus haut et au plus visible qu’il ait pu trouver [point].
D’après Vinciane Desprêt, Habiter en oiseau, 2019
Barème indicatif : la dictée est notée sur 10 points. On retire 0,5 point par erreur d’orthographe (grammaticale ou lexicale), une même erreur n’étant comptée qu’une fois. Le mot « tue-tête » est écrit au tableau et ne doit pas être compté faux.
Pièges d’orthographe à connaître :
– avait commencé : participe passé en « -é » après l’auxiliaire « avoir », et non l’infinitif « commencer » ;
– Quelque chose : « quelque » est invariable ici et s’écrit en un seul mot, sans « s » ni « que » séparé ;
– à ce moment-là : « là » prend un accent grave (adverbe de lieu ou de temps), à ne pas confondre avec « la » ou « l’a » ;
– Saluait-il, Chantait-il, Adressait-il : imparfait en « -ait », avec un trait d’union devant « il » ; se sentir : pronom « se » (et non « ce ») devant un verbe ;
– Les scientifiques ne pourraient : conditionnel présent avec « -aient » accordé au sujet pluriel ; l’énoncer : infinitif en « -er » après le verbe « pourraient » ;
– de cette manière : « cette » est un déterminant démonstratif féminin, à distinguer de « cet » ou « sept » ; Mais (conjonction) est à distinguer de « mes » et « mets » ;
– toutes les forces cosmiques : accords au féminin pluriel avec « forces » ; ont offert : « ont » auxiliaire (et non « on ») ;
– les premières conditions : adjectif au féminin pluriel ; il s’agit : verbe « s’agir », toujours à la forme impersonnelle ;
– Ce merle chante : verbe au singulier, accordé au sujet « merle » ; juché : participe passé accordé avec « merle » (masculin singulier) ;
– qu’il ait pu trouver : subjonctif passé, « ait » (verbe avoir) avec « pu » ; trouver à l’infinitif après « pu ».
Rédaction (40 points)
Critères d’évaluation : le respect du sujet, la construction (un texte organisé en paragraphes), la richesse du vocabulaire, la correction de la langue (orthographe, syntaxe, ponctuation), la cohérence du temps de la narration, et le soin de l’écriture. Une copie hors sujet ne peut pas obtenir la moyenne.
Sujet d’imagination : un moment qui « n’est presque rien »
Analyse du sujet. Il faut écrire un récit court qui raconte une rencontre inattendue et émouvante, avec un narrateur (à la première personne, comme le poète) qui exprime des sensations et des sentiments. Le sujet insiste sur les éléments descriptifs : il faut décrire le lieu, l’être ou l’objet rencontré, et mobiliser plusieurs sens.
Plan. 1. Une situation initiale calme, avec un lieu et un moment précis. 2. La rencontre inattendue, décrite avec précision (vue, ouïe, toucher). 3. L’émotion du narrateur et la brièveté de l’instant, avec une chute qui garde la trace de ce « presque rien ».
Production modèle.
Ce jour-là, à la fin de l’automne, je rentrais du marché par le petit chemin qui longe l’étang. Le ciel était gris perle, l’air sentait la terre mouillée et la fumée de bois, et mes pas faisaient craquer les feuilles mortes. Je ne pensais à rien, sinon à la tasse de thé chaud qui m’attendait.
Soudain, un léger mouvement dans les roseaux m’arrêta. À quelques mètres de moi, sur une pierre plate, un martin-pêcheur était posé. Je n’en avais jamais vu d’aussi près. Son dos brillait d’un bleu électrique, presque irréel dans cette lumière pâle, et son ventre orangé flamboyait comme une petite lanterne. Il était minuscule, à peine plus gros qu’un poing d’enfant, et pourtant il semblait occuper tout l’espace du paysage. Je retins mon souffle. Je n’entendais plus que le clapotis de l’eau et, très loin, le sifflement d’un train.
Je restais immobile, le cœur battant, de peur de le faire fuir. Mes doigts s’engourdissaient autour de l’anse de mon cabas, mais je n’osais pas bouger. L’oiseau tourna la tête vers moi, me fixa de son œil noir et brillant, comme s’il m’avait toujours attendu. Une joie étrange, douce et un peu triste, m’envahit : j’étais le témoin d’un secret que personne d’autre ne connaîtrait.
Puis, d’un éclair bleu, il plongea et disparut. Il ne resta qu’un cercle sur l’eau, qui s’élargit lentement avant de s’effacer. Je demeurai un long moment sur le chemin, à regarder la surface redevenue lisse. Il ne s’était presque rien passé, et pourtant, ce soir-là, en versant le thé dans ma tasse, je sentis que je gardais au fond de moi un peu de ce bleu.
Sujet de réflexion : œuvres qui défendent une cause ou qui mettent en lumière un « presque rien »
Analyse du sujet. La question demande de comparer deux types d’œuvres : celles qui défendent une cause (œuvres engagées) et celles qui mettent en lumière un « presque rien » (un détail, un instant, une chose simple). Il faut dire lesquelles vous touchent le plus et pourquoi, en s’appuyant sur des exemples précis issus de votre culture personnelle et des œuvres étudiées. Un point de vue nuancé est valorisé.
Plan. I. Les œuvres engagées touchent par leur force et leur utilité (Hugo, Picasso). II. Mais celles qui révèlent un « presque rien » touchent plus intimement (Jaccottet, Monet, Prévert). III. Les deux peuvent se rejoindre : un détail émouvant peut servir une cause.
Production modèle.
Certaines œuvres nous bouleversent parce qu’elles dénoncent une injustice, d’autres parce qu’elles nous font regarder une chose minuscule que nous ne voyions plus. Nous pouvons donc nous demander si une œuvre nous touche plus lorsqu’elle défend une cause ou lorsqu’elle met en lumière un « presque rien ». Je montrerai que les œuvres engagées frappent par leur force, mais que celles qui célèbrent le « presque rien » nous touchent plus profondément, même si les deux peuvent se rejoindre.
D’abord, les œuvres qui défendent une cause nous marquent par leur puissance. Dans Les Misérables, Victor Hugo dénonce la misère et la dureté de la justice à travers le destin de Jean Valjean, et le lecteur ressent une colère juste. De même, Guernica de Picasso crie l’horreur de la guerre : les corps déformés et les couleurs absentes disent la violence mieux que n’importe quel discours. Ces œuvres nous réveillent et nous donnent envie d’agir.
Cependant, ce sont souvent les œuvres consacrées à un « presque rien » qui me touchent le plus. Jaccottet, en décrivant un simple rouge-gorge dans un jardin, nous fait sentir la beauté fragile du monde, et cette émotion reste longtemps après la lecture. Dans Dame en blanc au jardin, Monet ne raconte aucun événement : il peint une silhouette, une pelouse et la lumière, et pourtant on éprouve une paix intense. Ces œuvres ne nous disent pas quoi penser : elles nous apprennent à regarder, et cette émotion, plus intime, nous appartient vraiment.
Enfin, les deux approches ne s’opposent pas toujours. Un détail minuscule peut servir une cause : dans Le Journal d’Anne Frank, ce sont les petits gestes du quotidien, un marronnier aperçu par la fenêtre, qui rendent la guerre insupportable. Le « presque rien » devient alors une manière d’aimer ce qui est menacé.
En conclusion, les œuvres engagées nous éclairent et nous mobilisent, mais celles qui mettent en lumière un « presque rien » touchent davantage ma sensibilité, car elles nous ouvrent les yeux sur ce qui nous entoure. Les plus belles œuvres sont sans doute celles qui font les deux à la fois.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 7) | 29 |
| Compétences linguistiques et grammaticales (questions 8 à 12) | 21 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative : moins de 50 points, des bases à consolider ; de 50 à 69 points, un niveau correct à fiabiliser ; de 70 à 84 points, un bon niveau ; 85 points et plus, un très bon niveau, avec une rédaction maîtrisée et peu d’erreurs.
Conseil 1 : améliorer les questions. Si vous perdez des points sur les figures de style, les sentiments ou l’analyse de l’image, relisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et entraînez-vous avec les exercices sur les questions de compréhension et de grammaire. Pour la dictée et la réécriture, travaillez le cours sur la dictée et la réécriture.
Conseil 2 : réussir la rédaction. Pour le récit, revoyez le cours sur le sujet d’imagination ; pour la réflexion, le cours sur le sujet de réflexion et les exercices sur le sujet de réflexion. Pour d’autres entraînements, consultez les exercices sur l’épreuve de français du brevet.
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