Gratuit. Ce sujet de brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.
Voici le sujet du brevet français 2024 France métropolitaine, série générale, session du 1er juillet 2024. L’épreuve dure 3 heures au total (1 h 10 pour les questions, 20 minutes pour la dictée, 1 h 30 pour la rédaction) et compte 100 points : elle porte sur un extrait de La Chambre des officiers de Marc Dugain et sur une affiche de Georges Conrad.
Pour t’entraîner avant de composer, révise la méthode avec le cours sur l’épreuve de français du brevet, puis celui sur les questions de compréhension et de grammaire.
Partie 1 : Grammaire et compétences linguistiques, compréhension et compétences d’interprétation (50 points, 1 h 10)
Le candidat rend sa copie et veille à conserver ce sujet en support pour l’épreuve de rédaction. L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite.
A. Texte littéraire
Adrien Fournier, le narrateur, et ses deux amis, Penanster et Weil, sont trois officiers gravement blessés au visage durant la Première Guerre mondiale. Ils sont soignés à l’hôpital du Val-de-Grâce. Un jour, ils y aperçoivent Marguerite, elle aussi victime d’une terrible blessure. Ils attendent depuis longtemps une occasion de lui parler.
Repères de lignes : le texte compte 30 lignes ; la ligne 1 commence par « Nos blessures », la ligne 4 par « – Nous formons », la ligne 7 par « Pour toute réponse », la ligne 14 par « Lui seul avait une bouche intacte », la ligne 23 par « Vers la fin de 1915 » et la ligne 28 par « la situation devint insupportable ».
Nos blessures ne pouvaient qu’effrayer cette femme qui se réfléchissait1 en nous, miroirs de son infortune, mais lorsque, après des jours d’attente et de guet, elle sortit et se trouva devant Penanster, elle ne se déroba2 point.
– Nous formons, lui expliqua-t-il, un club d’officiers qui compte à ce jour trois membres actifs et volontiers bienfaiteurs. Nous nous sommes aperçus qu’il y manquait une femme. Voulez-vous en faire partie ?
Pour toute réponse, elle nous adressa un sourire chaleureux, le sourire immaculé3 d’une bouche totalement épargnée, comme ses yeux et son front. Elle était comme un parterre de roses saccagé par le milieu. Elle avait été touchée au nez et aux pommettes et la déflagration lui avait également crevé les tympans car, comme Penanster poursuivait la conversation, elle continua de sourire, du sourire de ceux qui vivent dans un monde à part.
Penanster comprit alors qu’elle était sourde et ne pouvait que lire sur les lèvres. Lui seul avait une bouche intacte, où les mots prenaient forme. Je compris aussitôt que ni Weil ni moi ne pourrions jamais nous entretenir avec elle, les mouvements de nos lèvres étaient devenus sans signification car le son des mots reconstitués tels que nous les formions ne parviendrait jamais à son oreille.
Dans le langage qui commençait à s’instituer entre elle et Penanster, notre ami s’étonna de sa présence parmi nous. D’une voix à la douceur tiède qui faisait paraître encore plus injuste sa blessure, elle nous conta alors son histoire. Ébahis, appuyés les uns sur les autres, nous l’écoutions, intimidés par cette grande femme au charisme inaltéré.
Vers la fin de 1915, on manquait d’infirmières. Marguerite s’était portée volontaire. Elle était à cette époque aussi belle qu’inutile. Son père était un orfèvre fortuné, et elle ne manquait pas de prétendants, tous réformés ou embusqués4. Elle rêvait de s’éprendre d’un homme courageux. Elle fut affectée5 d’abord dans un hôpital de l’arrière, où sa beauté créa un tel trouble chez les convalescents6 aussi bien que chez les médecins que la situation devint insupportable. Sans imaginer probablement ce que serait la réalité, elle persuada un officier auquel elle s’était refusée de l’envoyer dans une antenne de secours à l’avant7.
Marc Dugain, La Chambre des officiers, 1999
Notes : 1. Se réfléchissait : se reflétait. 2. Elle ne se déroba point : elle ne partit pas, elle resta. 3. Immaculé : sans défauts. 4. Embusqués : qui ont bénéficié d’un poste qui n’était pas au front, donc d’un poste moins dangereux. 5. Elle fut affectée : elle fut envoyée comme infirmière. 6. Convalescents : soldats malades ou blessés qui sont en train de guérir. 7. À l’avant : au niveau de la zone de combat.
B. Image
Document : Les Gueules cassées, Georges Conrad, affiche de l’Union des blessés de la face, lithographie. L’affiche, sous le titre « Les Gueules cassées » et la mention « Union des blessés de la face », montre un soldat à la tête entièrement bandée, appuyé sur une infirmière coiffée d’un voile blanc orné d’une croix rouge, devant un ciel chargé de fumée.
I. Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Question 1 (2 points)
1. Qui sont les différents personnages de ce texte ?
Question 2 (2 points)
2. Qu’ont-ils en commun ? Deux éléments de réponse sont attendus.
Question 3 (4 points)
3. Lignes 7 à 22 : peut-on dire dans ce passage que tous les personnages arrivent à communiquer facilement ensemble ? Justifiez votre réponse en citant des passages précis du texte.
Question 4 (5 points)
4. Lignes 23 à 30 : pour quelles raisons Marguerite souhaitait-elle s’engager comme infirmière de guerre ? Deux éléments de réponse justifiés par des citations du texte sont attendus.
Question 5 (7 points)
5. a) « Elle était comme un parterre de roses saccagé par le milieu. » (lignes 8 à 9) Quelle figure de style pouvez-vous identifier dans cette phrase ? Pourquoi est-elle particulièrement adaptée pour décrire le visage de Marguerite ? Un élément de réponse et une citation sont attendus. (3 points)
b) Complétez ce portrait physique de Marguerite par son portrait moral en identifiant deux traits de caractère du personnage. Vous justifierez chaque trait de caractère en vous appuyant sur le texte. (4 points)
Question 6 (6 points)
6. Quelles réflexions sur la Grande Guerre peut inspirer l’expérience des personnages ? Deux éléments de réponse, chacun justifié par des citations du texte, sont attendus.
Question 7 (6 points)
7. Image : cette affiche vous paraît-elle être une bonne illustration du texte ? Vous développerez votre réponse en vous appuyant sur deux arguments. Chaque argument doit être justifié en vous référant au texte et à l’image.
II. Grammaire et compétences linguistiques (18 points)
Question 8 (2 points)
8. « Nous formons, lui expliqua-t-il, un club d’officiers qui compte à ce jour trois membres actifs et volontiers bienfaiteurs. » (lignes 4 à 5). Relevez les expansions du nom « club » et indiquez la classe grammaticale de chacune d’elles.
Question 9 (3 points)
9. « Je compris aussitôt que ni Weil ni moi ne pourrions jamais nous entretenir avec elle » (lignes 14 à 15).
a) Recopiez cette phrase puis mettez la proposition subordonnée entre crochets et entourez le mot subordonnant. (1 point)
b) Précisez la fonction grammaticale de cette proposition subordonnée et mentionnez au moins une manipulation que vous avez utilisée pour trouver la réponse. (2 points)
Question 10 (3 points)
10. « la situation devint insupportable » (ligne 28). Le mot « insupportable » est souligné dans le sujet.
a) Identifiez et nommez les trois éléments qui composent le mot souligné. (1,5 point)
b) Expliquez le sens de ce mot puis trouvez-en un synonyme. (1,5 point)
Question 11 (10 points)
11. Réécrivez le passage suivant en remplaçant « Marguerite » par « Elles ». (10 points)
Marguerite s’était portée volontaire. Elle était à cette époque aussi belle qu’inutile. Son père était un orfèvre fortuné, et elle ne manquait pas de prétendants, tous réformés ou embusqués. Elle rêvait de s’éprendre d’un homme courageux.
Partie 2 : Dictée (10 points, 20 minutes)
Dictée (10 points) : l’examinateur dicte le texte ; le texte figure dans le corrigé. Le candidat compose sur la même copie que la partie 1, écrit une ligne sur deux, et l’examinateur inscrit au tableau le nom « Penanster ». Le texte est tiré de Marc Dugain, La Chambre des officiers (1999). L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite.
Partie 3 : Rédaction (40 points, 1 h 30)
Les candidats composent sur une copie distincte. L’usage du dictionnaire est autorisé, celui de la calculatrice est interdit. Vous traiterez, à votre choix, l’un des deux sujets suivants. Pour te préparer, relis la méthode du sujet d’imagination et celle du sujet de réflexion.
Sujet d’imagination
Imaginez la suite du récit de Marguerite (lignes 23 à 30), du point de vue de la jeune femme, en utilisant la première personne et en terminant par l’accident qui a causé ses blessures. Vous mêlerez narration et description.
Vous commencerez ainsi : « Me voilà désormais sur le front. Je ne ressentais pas la peur, je n’en avais pas le temps. »
Sujet de réflexion
Adrien et ses deux amis écoutent Marguerite raconter son histoire. Que peuvent apporter les récits de vie, réels ou fictifs, à celles et ceux qui les découvrent ?
Vous présenterez votre réflexion dans un développement argumenté et organisé. Vous illustrerez votre propos à l’aide d’exemples issus de vos lectures et de votre culture artistique personnelle (cinéma, peinture, bande dessinée…).
Afin de respecter l’anonymat de votre copie, vous ne devez pas signer votre composition, citer votre nom, celui d’un camarade ou celui de votre établissement.

À imprimer
Retrouve ce sujet de brevet dans un PDF propre, prêt pour la classe ou la maison.
Télécharger le PDF

