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Corrigé du brevet de français 2024 : France – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

France : corrigé du brevet 2024, illustration Français PDF
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Ce corrigé brevet français 2024 France métropolitaine accompagne le sujet de la session du 1er juillet 2024 : épreuve de 100 points consacrée à Marc Dugain et à l’affiche Les Gueules cassées de Georges Conrad. Chaque réponse est justifiée par le texte, accompagnée de son barème, des réponses acceptables et des erreurs fréquentes. La dictée et une production modèle pour chaque sujet de rédaction suivent.

I. Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

Corrigé de la question 1 (2 points)

Les personnages du texte sont quatre : Adrien Fournier, le narrateur (« Je »), ses deux amis, Penanster et Weil, et Marguerite, la jeune femme qu’ils rencontrent. On peut ajouter, pour être complet, les personnages seulement évoqués dans le récit de Marguerite : son père l’orfèvre, ses prétendants, les médecins, les convalescents et l’officier qu’elle persuade.

Barème : 0,5 point par personnage principal correctement nommé (Adrien, Penanster, Weil, Marguerite). Il faut citer les quatre pour avoir les 2 points. Erreur fréquente : oublier le narrateur, qui est un personnage à part entière même s’il parle à la première personne.

Corrigé de la question 2 (2 points)

Les quatre personnages ont deux points communs. Premièrement, ils sont tous des blessés de guerre, « gravement blessés au visage » pour les trois officiers, et Marguerite a été « touchée au nez et aux pommettes ». Deuxièmement, ils sont tous soignés dans le même hôpital, le Val-de-Grâce, comme l’indique le chapeau introductif. On accepte aussi : ils forment un « club » et se retrouvent par la souffrance.

Barème : 1 point par élément. Erreur fréquente : répondre « ils sont soldats » pour Marguerite, qui est infirmière volontaire, ou « ils sont amis », car Marguerite vient seulement de rencontrer les trois hommes.

Corrigé de la question 3 (4 points)

Non, tous les personnages ne communiquent pas facilement : Marguerite est sourde, et seul Penanster peut s’adresser à elle.

1. La blessure de Marguerite lui interdit d’entendre : « elle était sourde et ne pouvait que lire sur les lèvres » (l. 13). Il lui faut voir des lèvres qui articulent clairement.

2. Seul Penanster y parvient : « Lui seul avait une bouche intacte, où les mots prenaient forme » (l. 14). Un « langage » particulier se crée entre eux deux : « le langage qui commençait à s’instituer entre elle et Penanster » (l. 18).

3. Adrien et Weil sont exclus de l’échange à cause de leurs propres blessures au visage : « ni Weil ni moi ne pourrions jamais nous entretenir avec elle » (l. 14-15). La communication est donc possible mais difficile, et réservée à un seul des quatre personnages.

Barème : 1 point pour la réponse « non » nuancée, 1 point pour chacune des trois justifications citées et expliquées. Erreur fréquente : répondre « oui » parce que Marguerite « conte son histoire » (l. 20), sans voir qu’elle ne le fait qu’avec Penanster comme intermédiaire.

Corrigé de la question 4 (5 points)

Deux raisons principales peuvent être retenues, chacune appuyée sur le texte.

1. Elle voulait se rendre utile. Le contexte est celui d’un manque de personnel : « on manquait d’infirmières » (l. 23). Marguerite sentait la vanité de sa vie d’avant : « aussi belle qu’inutile » (l. 24). Devenir infirmière lui donnait un rôle réel.

2. Elle cherchait un idéal de courage, et l’amour d’un homme brave : « Elle rêvait de s’éprendre d’un homme courageux » (l. 25-26). Ses prétendants, « réformés ou embusqués », ne correspondaient pas à ce rêve.

Autre raison acceptée : fuir le trouble que sa beauté causait à l’arrière, où « la situation devint insupportable » (l. 27-28), ce qui la pousse à demander l’avant.

Barème : 2,5 points par raison (1 point pour l’idée, 1,5 point pour la citation exacte et son explication). Deux raisons suffisent. Erreur fréquente : donner la raison de son affectation à l’avant (elle a persuadé un officier) au lieu de la raison de son engagement.

Corrigé de la question 5 (7 points)

a) (3 points). La phrase contient une comparaison, repérable à l’outil « comme » : le visage de Marguerite est comparé à « un parterre de roses saccagé par le milieu ». Cette image convient parfaitement : les roses rappellent la beauté, la fraîcheur et la délicatesse d’un visage intact, tandis que « saccagé par le milieu » dit la destruction du centre du visage (le nez et les pommettes), alors que le front, les yeux et la bouche sont « épargnés ». Un massif de fleurs est à la fois magnifique et très fragile, comme le visage de la jeune femme.

Barème de a) : 1 point pour la figure (comparaison), 1 point pour l’explication, 1 point pour la citation. Erreur fréquente : parler de métaphore, alors que l’outil « comme » est présent.

b) (4 points). Deux traits de caractère, parmi plusieurs possibles :

1. Le courage et la détermination : elle « ne se déroba point » (l. 3) devant Penanster ; elle « persuada un officier » de l’envoyer à l’avant, et elle s’est portée volontaire pour une mission dangereuse.

2. La dignité, la force de caractère : Les trois officiers sont « intimidés par cette grande femme au charisme inaltéré » (l. 21-22) malgré sa blessure. On accepte aussi la douceur (« une voix à la douceur tiède », l. 19), la gentillesse et l’ouverture (« un sourire chaleureux », l. 7), ou encore l’idéalisme et l’audace (elle s’est « refusée » à l’officier, puis le persuade).

Barème de b) : 2 points par trait (1 point pour le trait nommé, 1 point pour la justification tirée du texte).

Corrigé de la question 6 (6 points)

Deux réflexions peuvent être proposées, chacune avec ses citations.

1. La guerre détruit les corps et les vies. Elle laisse des blessures irréversibles, y compris chez ceux qui ne sont pas des combattants : « la déflagration lui avait également crevé les tympans » (l. 9-10) et son visage est « saccagé ». Les mutilés restent marqués à vie : « nos blessures ne pouvaient qu’effrayer » (l. 1), et ils vivent « dans un monde à part » (l. 11-12).

2. La guerre fait naître une fraternité entre ceux qui souffrent. Les blessés se regroupent en « un club » (l. 4), s’entraident (« appuyés les uns sur les autres », l. 20), et accueillent Marguerite parmi eux. La souffrance partagée crée des liens que l’épreuve rend plus forts.

Autre réflexion acceptée : on ne mesure pas l’horreur de la guerre avant de la vivre : « Sans imaginer probablement ce que serait la réalité » (l. 28-29) ; les jeunes gens partent avec des idées naïves ou héroïques. On peut aussi relever l’opposition entre ceux qui combattent et les « embusqués » (l. 25) qui restent à l’abri.

Barème : 3 points par réflexion (1 point pour l’idée, 1 point pour la ou les citations, 1 point pour l’explication qui relie le texte à la Grande Guerre). Erreur fréquente : raconter le texte au lieu d’en tirer une réflexion générale.

Corrigé de la question 7 (6 points)

La question est ouverte : on peut répondre oui, non ou en partie, à condition de donner deux arguments solides, appuyés à la fois sur le texte et sur l’image. Une réponse nuancée est la plus convaincante.

Arguments en faveur de l’illustration : (1) le thème est le même : les « gueules cassées » sont les soldats blessés au visage, comme Adrien, Penanster et Weil ; le soldat de l’affiche a le visage entièrement bandé, ce qui renvoie aux « blessures » du texte ; (2) l’infirmière, coiffée du voile blanc à croix rouge, soutient le soldat : elle rappelle Marguerite, infirmière volontaire, et l’entraide de « Ébahis, appuyés les uns sur les autres » (l. 20) ; (3) le fond enfumé évoque le front et les combats auxquels le texte renvoie (« l’avant », l. 29-30).

Arguments contre : (1) dans le texte, c’est Marguerite, l’infirmière, qui est blessée, alors que sur l’affiche l’infirmière est intacte et le blessé est un homme ; (2) l’affiche cache le visage sous les bandages et reste sobre, alors que le texte décrit précisément la blessure (« touchée au nez et aux pommettes ») ; (3) l’affiche, destinée à récolter des dons, a un ton pathétique et idéalisant, alors que le texte garde une certaine pudeur et insiste sur la communication difficile (la surdité).

Barème : 3 points par argument (1 point pour l’argument, 1 point pour la référence au texte, 1 point pour la référence à l’image). Erreur fréquente : décrire l’image sans jamais la relier au texte.

II. Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

Corrigé de la question 8 (2 points)

Le nom « club » a deux expansions : (1) « d’officiers » : c’est un groupe nominal prépositionnel (nom précédé de la préposition « de »), complément du nom ; (2) « qui compte à ce jour trois membres actifs et volontiers bienfaiteurs » : c’est une proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif « qui », complément du nom « club ».

Barème : 1 point par expansion avec sa classe grammaticale exacte. Erreur fréquente : relever le déterminant « un », qui n’est pas une expansion du nom, ou nommer « d’officiers » un « adjectif ».

Corrigé de la question 9 (3 points)

a) (1 point). Je compris aussitôt [que ni Weil ni moi ne pourrions jamais nous entretenir avec elle]. Le mot subordonnant à entourer est « que », conjonction de subordination ; la subordonnée se met entre crochets de « que » jusqu’à « elle ».

b) (2 points). La proposition est une proposition subordonnée conjonctive complétive, complément d’objet direct (COD) du verbe « compris ». Manipulations possibles : la pronominalisation (« Je compris cela » ou « Je le compris ») ; la question (« Qu’ai-je compris ? » : que ni Weil ni moi ne pourrions…) ; la proposition ne peut ni être supprimée ni être déplacée sans que la phrase devienne incomplète.

Barème : 1 point pour les crochets exacts et le mot « que », 1 point pour la fonction (COD du verbe compris), 1 point pour la manipulation. Erreur fréquente : écrire « complément circonstanciel » ou « sujet », ou entourer « ni ».

Corrigé de la question 10 (3 points)

a) (1,5 point). Le mot « insupportable » se décompose en trois éléments : le préfixe « in- » (qui exprime la négation, le contraire) ; le radical « support- » (du verbe « supporter ») ; le suffixe « -able » (qui exprime la possibilité). 0,5 point par élément.

b) (1,5 point). Est « insupportable » ce qu’on ne peut pas supporter, ce qui est trop pénible à endurer. Ici, la situation de Marguerite devient intolérable à cause du trouble que provoque sa beauté. Synonymes acceptés : intolérable, insoutenable, invivable. Barème : 1 point pour le sens, 0,5 point pour le synonyme.

Erreur fréquente : dire que « in- » est un radical, ou confondre « -able » et « -ble ».

Corrigé de la question 11 (10 points)

Le passage réécrit avec « Elles » sujet doit mettre au pluriel féminin tout ce qui s’accorde :

Elles s’étaient portées volontaires. Elles étaient à cette époque aussi belles qu’inutiles. Leur père était un orfèvre fortuné, et elles ne manquaient pas de prétendants, tous réformés ou embusqués. Elles rêvaient de s’éprendre d’un homme courageux.

Barème (1 point par modification correcte, 10 au total) : (1) « Elles » en début de phrase 1 ; (2) « s’étaient » ; (3) « portées » ; (4) « volontaires » ; (5) « étaient » ; (6) « belles » ; (7) « inutiles » ; (8) « Leur père » (un seul père pour les deux sœurs, d’où le singulier de « père ») ; (9) « elles ne manquaient » ; (10) « Elles rêvaient ». Les mots « tous réformés ou embusqués » restent inchangés, car ils s’accordent avec « prétendants » ; « un homme courageux » ne change pas non plus.

Pièges : le participe passé « portées » s’accorde avec le sujet car le verbe est pronominal avec l’auxiliaire « être » ; « Leur » reste au singulier car il porte sur un seul père ; « de s’éprendre » reste à l’infinitif.

Partie 2 : Dictée (10 points)

Texte de la dictée

Marguerite devint naturellement le centre de nos préoccupations [point]. Pour lui parler [virgule], nous nous adressions d’abord à Penanster [virgule], qui lui répétait nos propos par une lente décomposition des syllabes [point]. Comme souvent chez ceux qui sont atteints de surdité [virgule], elle redoutait de parler trop fort [virgule], et nous ne nous lassions pas de cette voix douce qui contrastait singulièrement avec nos grognements [point]. Elle s’intégra très rapidement à notre clan [virgule], même si nos rencontres quotidiennes étaient toujours de courte durée [point] [à la ligne]

Elle n’avait pas informé de son état les membres de sa famille [point]. Elle ne leur écrivait pas [point]. Ils finirent par retrouver sa trace [virgule], mais elle refusa de se montrer [point]. Penanster fut dépêché au-devant d’eux pour leur signifier le refus de Marguerite de les recevoir [point].

Marc Dugain, La Chambre des officiers, 1999

Barème indicatif : on part de 10 points et on retire 1 point par erreur grave (accord, terminaison verbale, mot mal orthographié) et 0,5 point par erreur légère (accent, trait d’union, ponctuation oubliée), sans descendre sous 0. La dictée doit être relue pendant les cinq dernières minutes.

Pièges d’orthographe à connaître

1. Les accords du sujet avec le verbe : « Pour lui parler, nous nous adressions » ; « nous ne nous lassions pas » (imparfait, terminaison -ions après le sujet « nous ») ; « ceux qui sont atteints » (le verbe s’accorde avec « ceux »).

2. Le passé simple : « devint » (3e personne du singulier, comme « venir »), « elle s’intégra » (verbe en -er : terminaison -a), « ils finirent » (3e personne du pluriel, -irent), « elle refusa ».

3. Les participes passés : « elle n’avait pas informé » reste invariable, car le COD (« les membres de sa famille ») est placé après ; « Penanster fut dépêché » s’accorde avec le sujet masculin singulier ; « atteints » s’accorde avec « ceux » (masculin pluriel).

4. Les mots difficiles : « préoccupations » (deux c et un seul p), « décomposition », « surdité », « singulièrement » (l’adverbe vient de « singulière », pas de « singulier »), « grognements » (g-r-o-gn), « quotidiennes » (féminin pluriel, deux n), « au-devant » (avec trait d’union).

5. Les homophones : « même si » (adverbe + conjonction), « leur » invariable devant un verbe (« elle ne leur écrivait pas »), « mais » (conjonction de coordination) et non « mes ».

Partie 3 : Rédaction (40 points)

Sujet d’imagination : analyse, plan et critères

Analyse du sujet. Il faut écrire à la première personne, du point de vue de Marguerite, la suite de son récit (à partir de son arrivée à l’avant), et terminer par l’accident qui l’a blessée au visage. Le récit doit mêler narration et description : actions et événements, mais aussi lieux, ambiance, sensations. Le début imposé (« Me voilà désormais sur le front… ») doit être recopié tel quel. Le temps de base est le passé, avec l’imparfait pour les descriptions et le passé composé ou le passé simple pour les actions, à condition de rester cohérent.

Plan conseillé. (1) Le quotidien à l’antenne de secours (lieu, soins, premières impressions) ; (2) l’évolution de Marguerite (la vanité qui disparaît, l’utilité enfin trouvée) ; (3) le jour de l’accident (montée de la tension, explosion, perte du son, visage touché) ; (4) la dernière phrase, en rapport avec le début ou avec la blessure.

Critères : respect de la consigne (première personne, début imposé, accident final, narration et description) ; cohérence avec le texte (1915, Marguerite infirmière, surdité, blessure au nez et aux pommettes, yeux et front épargnés) ; richesse de l’écriture (sensations, comparaisons, vocabulaire de la guerre) ; correction de la langue (orthographe, syntaxe, ponctuation, temps).

Sujet d’imagination : production modèle

Me voilà désormais sur le front. Je ne ressentais pas la peur, je n’en avais pas le temps. À peine descendue de la carriole, on m’avait tendu un tablier gris et une bassine, puis l’on m’avait conduite dans une grange éventrée où s’alignaient, sur la paille, une vingtaine de blessés. L’odeur m’a saisie à la gorge : un mélange de sang, d’éther et de terre mouillée. Les murs tremblaient au rythme sourd du canon, et chaque grondement faisait osciller la lampe à pétrole accrochée à une poutre.

Les premiers jours, je n’ai fait que courir. Je lavais les plaies, je changeais les pansements, je tenais des mains qui se crispaient sur les miennes. Un jeune sergent, le visage gris de poussière, m’a demandé d’une voix cassée si j’étais un ange. J’ai souri, mais mes doigts tremblaient. Moi qui n’avais été jusque-là qu’une jolie fille dont on admirait le sourire, j’apprenais que mes mains pouvaient soulager. Cette découverte me remplissait d’une joie presque coupable : pour la première fois, j’étais utile. Le soir, malgré la fatigue qui me brûlait les yeux, je m’endormais sans un regret pour l’hôpital de l’arrière, ni pour l’officier qui m’avait tant poursuivie de ses regards.

Puis il y a eu ce matin-là. Le ciel était bas, couleur de plomb, et la route qui menait au village n’était plus qu’un ruban de boue creusé d’ornières. Un brancardier est arrivé en courant : un convoi de blessés approchait, pris sous le feu. Nous sommes sorties, une autre infirmière et moi, avec deux civières. Je revois encore les arbres noircis qui bordaient le chemin, tout décharnés, et la fumée blanche qui montait d’un champ voisin. Un soldat, étendu dans le fossé, levait vers moi un bras tremblant. Je me suis penchée sur lui pour le soulever.

J’ai entendu un sifflement, très aigu, qui déchirait l’air, puis plus rien. Une lumière blanche a éclaté devant mes yeux, et le souffle m’a projetée en arrière comme une poupée de chiffon. Ma bouche était pleine de terre. J’ai voulu crier : aucun son n’est venu. Le silence m’enveloppait, épais, absolu. J’ai porté la main à mon visage et je n’y ai pas retrouvé mon nez ; mes doigts se sont retirés couverts d’un liquide chaud et poisseux. Au-dessus de moi, le ciel tournait doucement, et je me suis dit, avec une étrange sérénité, que je venais de perdre mon visage, mais pas encore ma vie.

Sujet de réflexion : analyse, plan et critères

Analyse du sujet. La question porte sur l’apport des récits de vie, c’est-à-dire des histoires de vies, réelles (autobiographies, témoignages, journaux, biographies) ou fictives (romans, films, bandes dessinées), pour ceux qui les découvrent (lecteurs, spectateurs). Il faut un développement argumenté, organisé en paragraphes, avec des exemples tirés de lectures et de la culture artistique : la citation d’au moins deux exemples précis, venant de domaines différents, est attendue. Dans le texte, les trois officiers « écoutent » Marguerite, ce qui rappelle que raconter sa vie est aussi un acte de partage.

Plan conseillé. (1) Les récits de vie font découvrir d’autres existences et d’autres époques ; (2) ils nous aident à nous comprendre et à nous sentir moins seuls ; (3) ils transmettent une mémoire et font naître l’empathie ; (4) nuance : ils ne remplacent pas l’expérience, et un récit reste un point de vue. Conclusion avec ouverture.

Critères : introduction (amener, poser la question, annoncer le plan), paragraphes organisés avec connecteurs, exemples précis et correctement cités (auteur, titre), avis personnel nuancé, conclusion, langue soignée.

Sujet de réflexion : production modèle

Dans le texte de Marc Dugain, Adrien et ses amis, « ébahis », écoutent Marguerite leur raconter son histoire, et ce récit les rapproche d’elle. Raconter une vie, qu’elle soit réelle ou inventée, est un geste qui ne laisse personne indifférent. Que peuvent donc apporter les récits de vie à celles et ceux qui les découvrent ? Nous verrons d’abord qu’ils font découvrir d’autres existences, puis qu’ils nous aident à mieux nous comprendre, enfin qu’ils transmettent une mémoire, tout en ayant leurs limites.

Tout d’abord, les récits de vie nous ouvrent à des existences très éloignées de la nôtre. Grâce au Journal d’Anne Frank, un lecteur d’aujourd’hui partage le quotidien d’une adolescente cachée à Amsterdam pendant la Seconde Guerre mondiale : il connaît ses peurs, ses espoirs, ses disputes avec sa mère. De même, dans la bande dessinée Persépolis, Marjane Satrapi raconte son enfance en Iran pendant la révolution, ce qu’aucun manuel ne peut montrer avec autant de vie. Un récit transforme ainsi des événements lointains en expérience vécue.

Ensuite, ces histoires nous aident à nous comprendre nous-mêmes. En suivant le destin de Jean Valjean dans Les Misérables de Victor Hugo, le lecteur s’interroge sur la justice, le pardon et la seconde chance. Il se reconnaît dans les doutes d’un personnage qui n’a pourtant rien de commun avec lui, et se sent moins seul face à ses propres questions. Le cinéma produit le même effet : au cours du film La vie est belle, de Roberto Benigni, le spectateur découvre comment un père protège son fils de l’horreur d’un camp en lui faisant croire à un jeu, et il s’interroge sur ce qu’il ferait à sa place.

Enfin, les récits de vie transmettent une mémoire et développent l’empathie. Dans Maus, Art Spiegelman rapporte ce que son père a vécu à Auschwitz, et le lecteur ne peut plus voir ces événements comme de simples dates d’un cours d’histoire. Comme les trois officiers qui, en écoutant Marguerite, comprennent mieux ce qu’elle a traversé, nous apprenons à respecter ceux qui ont souffert et à ne pas les juger. Raconter sa vie devient alors un moyen d’être reconnu.

Cependant, ces récits ont des limites. Un récit de vie reste toujours un point de vue : l’auteur choisit ce qu’il dit et ce qu’il tait, et un roman, par définition, invente. Il ne remplace pas non plus l’expérience personnelle : lire une guerre n’est pas la vivre. Mais ces limites invitent à lire avec esprit critique, ce qui est déjà un apport précieux.

En conclusion, les récits de vie, réels ou fictifs, élargissent notre regard, nous éclairent sur nous-mêmes et préservent la mémoire des hommes. Comme Marguerite, qui en racontant son histoire rompt son isolement et trouve des amis, chacun peut, en lisant ou en écrivant, se sentir relié aux autres.

Barème et conseils

Partie Questions Points
Compréhension et interprétation 1 à 7 32
Grammaire et compétences linguistiques 8 à 11 18
Dictée Texte de Marc Dugain 10
Rédaction Un sujet au choix 40
Total 100

Échelle indicative : de 90 à 100 points, excellent travail ; de 70 à 89, très bonne maîtrise ; de 50 à 69, bon niveau avec quelques lacunes ; de 30 à 49, des bases à consolider ; en dessous de 30, reprendre les notions une à une. Pour passer d’un total sur 100 à une note sur 20, divise par 5.

Conseil 1 : améliorer les questions de compréhension et la grammaire. Entraîne-toi à citer précisément, à nommer chaque procédé et à expliquer son effet : revoir le cours, puis faire les exercices.

Conseil 2 : gagner des points sur la dictée et la réécriture. Relis ta dictée en cherchant d’abord les accords sujet-verbe et les participes passés : revoir le cours, puis s’entraîner avec les exercices.

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