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Corrigé du brevet de français 2016 : Amérique du Nord – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Amérique du Nord : corrigé du brevet 2016, illustration Français PDF
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Voici le corrigé brevet français 2016 Amérique du Nord, session du 8 juin 2016 : une épreuve de 40 points (ramenée à 100 points dans le calcul du brevet), avec les réponses détaillées aux sept questions, la réécriture, le texte de la dictée et deux productions modèles pour la rédaction. Ces réponses sont rédigées pour vous aider à comprendre la méthode : plusieurs formulations sont acceptées, à condition d’être justifiées par le texte.

Partie 1 : Questions sur le texte de Mona Ozouf (15 points)

Corrigé de la question 1 (1,5 points)

Le temps verbal dominant est le présent de l’indicatif : « Elle est le plus souvent debout », « elle se tient », « Son souci constant est la dignité », « Elle est la reine de la maison ». (0,5 point pour le présent, cité ou illustré.)

Ce présent est d’abord un présent d’habitude : il dit les gestes répétés chaque jour (« ajoutant ou ôtant », « tournant », « raclant »). C’est aussi un présent de portrait, qui arrête le temps comme sur une image. Pour le lecteur, l’effet est double : la grand-mère paraît vivante et présente sous ses yeux, et en même temps intemporelle, fixée dans le souvenir de la narratrice, qui la revoit toujours ainsi. (1 point pour l’effet.)

Erreur fréquente : répondre « le passé » à cause du récit de souvenirs ; seul « Je l’ai dessinée » est au passé composé, et « Je ne la verrai » est au futur.

Corrigé de la question 2 (2,5 points)

Dans les six premières lignes, la narratrice garde l’image d’une femme droite, digne et infatigable.

Description physique (1 point) : elle se tient « aussi droite que l’arthrose le lui permet » : malgré l’âge et la douleur, elle garde la tête haute. Elle est « enveloppée dans d’immuables jupes noires » (le deuil, la tenue de toujours) et « jamais sans sa coiffe », signe de son appartenance à la Bretagne et de son sens de la tenue.

Activité (1 point) : elle est « debout, entre l’évier et le fourneau », « la louche du café à la main ». Les participes présents (« ajoutant ou ôtant », « tournant », « raclant ») montrent une femme sans cesse occupée, qui nourrit les siens et ses clients avec des gestes précis et familiers.

Conclusion (0,5 point) : la narratrice garde d’elle l’image d’une femme forte, courageuse et dévouée, centre de la maison. Il faut citer le texte : sans citation, on perd la moitié des points.

Corrigé de la question 3 (1,5 points)

Cette description fait penser à la peinture (ou au dessin). Plusieurs éléments le prouvent :

  • le vocabulaire de l’image : « Je l’ai si souvent dessinée que l’image est nette » ;
  • la lumière, comme dans un tableau : « baignée dans la lumière d’ouest qui vient de la fenêtre » ;
  • le contraste du noir des « jupes noires » avec la clarté de la fenêtre, et la pose figée du personnage.

On songe aux scènes d’intérieur de la peinture ancienne, comme La Laitière de Vermeer, avec une femme au travail dans une cuisine éclairée par une fenêtre. La photographie ou la sculpture (« figure tutélaire ») sont aussi acceptées si elles sont justifiées. Barème : 0,5 point pour le domaine, 1 point pour la citation expliquée.

Corrigé de la question 4 (2 points)

a) (1 point) Pour la grand-mère, la dignité est le respect de soi et de l’honneur : toujours se tenir correctement, être irréprochable aux yeux des autres et ne jamais faire ni penser ce qui pourrait causer de la honte. Le texte le dit : sa « règle morale essentielle est de ne jamais se mettre dans une situation telle qu’on puisse en avoir honte ». Cette dignité se voit dans la coiffe attachée dès le matin : être surprise « en cheveux » serait une honte.

b) (1 point) L’antonyme est le mot « honte » (« quelle honte », « avec la honte »). Le contraire de la dignité est bien la honte, ce que la grand-mère redoute le plus.

Corrigé de la question 5 (2,5 points)

a) (1,5 point) Le mot « immuable » se décompose en trois éléments :

  • le préfixe im- (forme de in- devant m), qui marque la négation ;
  • le radical mu(er), du latin mutare, « changer » (comme dans muter, mutation) ;
  • le suffixe -able, qui exprime la possibilité.

Le mot signifie donc « qui ne peut pas changer », « qui reste toujours identique ». (0,5 point par élément, 1 point au minimum pour le sens bien formulé si la décomposition est incomplète.)

b) (1 point) Cet adjectif relie les deux portraits. Sur le plan physique, la grand-mère porte toujours les mêmes jupes noires et la même coiffe, attachée chaque matin de la même façon. Sur le plan moral, ses valeurs ne changent jamais : même dignité, même sens de l’honneur, même courage face au malheur. Son apparence est le reflet de son caractère : elle est stable, ferme et inébranlable, une sorte de roc pour sa petite-fille.

Corrigé de la question 6 (2 points)

Pour la fillette, qui vient de perdre son père, la grand-mère représente la protection et la sécurité. Le texte le dit : elle est la « figure tutélaire », « l’image même de la sécurité », face à « la peur » et au « monde glaçant ». (1 point)

Les figures de style des trois dernières lignes (l. 19 à 21) sont notamment :

  • l’énumération de verbes sans conjonction (asyndète) : « qui nourrit, soigne, console, rassure », qui accumule ses gestes de protection, avec une gradation vers le réconfort moral ;
  • la métaphore « figure tutélaire », qui fait de la grand-mère une sorte de divinité protectrice ;
  • la métaphore « monde glaçant », qui s’oppose à la chaleur de la cuisine ;
  • l’antithèse entre « sécurité » et « peur ».

Deux figures bien nommées et expliquées suffisent pour obtenir 1 point. Ne pas confondre la métaphore (sans outil de comparaison) avec la comparaison (« aussi droite que »).

Corrigé de la question 7 (3 points)

Dans cet extrait de 1935, la grand-mère incarne une conception traditionnelle de la femme, dont le rôle essentiel est le foyer et la transmission des valeurs morales.

Un rôle domestique et nourricier (1 point) : elle est toujours dans la cuisine, devant les fourneaux, elle prépare les repas, accueille les visiteurs (« Du café vous aurez ? »). Elle « nourrit, soigne, console, rassure » : la femme prend soin des autres.

Une gardienne de l’honneur (1 point) : pour elle, « l’honneur des femmes est d’adoucir la vie avec des gestes simples ». La femme est responsable de la dignité de la maison et de la morale (la honte à éviter), et son apparence (jupes noires, coiffe) compte beaucoup.

Une autorité limitée à la sphère privée (1 point) : elle est « la reine de la maison, pleinement consciente de sa souveraineté ». Son pouvoir est réel, mais il s’arrête aux murs de sa maison ; face au malheur, elle ne peut guère opposer que sa dignité et ses gestes simples, avec une certaine résignation. On peut nuancer : cette femme, veuve, tient seule une auberge ; elle travaille et elle fait vivre sa famille, ce qui est déjà une forme d’indépendance.

Réécriture (4 points)

Corrigé de la réécriture (4 points)

Passage réécrit avec « elles » :

« Je les ai si souvent dessinées que l’image est nette : elles se tiennent aussi droites que l’arthrose le leur permet, enveloppées dans d’immuables jupes noires et jamais sans leur coiffe (ou leurs coiffes). Les attacher est leur premier geste du matin, bien avant l’éveil de la maisonnée… »

Barème indicatif : « Je les ai dessinées » : pronom et accord du participe, 1 point ; « elles se tiennent droites » : verbe au pluriel et accord de l’adjectif, 1 point ; « le leur permet » et « enveloppées » : 1 point ; « leur coiffe » ou « leurs coiffes », « Les attacher » et « leur premier geste » : 1 point.

Points de vigilance : « l’arthrose » et « l’image » restent au singulier (le pluriel « les arthroses » ou « les images » n’est pas sanctionné) ; « jupes noires » est déjà au pluriel ; « se tiennent » prend -ent (et non « se tient ») ; le pronom « leur » de « le leur permet » ne prend jamais de -s.

Dictée (6 points)

Texte de la dictée

Le texte est lu par l’examinateur, en disant la ponctuation (indiquée entre crochets ici). Durée : 30 minutes.

Quand on a de la chance [virgule] on assiste à de vraies séparations [virgule] je veux dire qu’on sent bien que cela va durer longtemps ou que cela va paraître très long [ouvrez la parenthèse] ce qui revient au même [fermez la parenthèse] [virgule] alors là l’émotion est très dense [virgule] c’est comme si l’air s’épaississait [virgule] comme s’ils étaient seuls [virgule] sans personne autour [point]. C’est pareil pour les trains à l’arrivée [virgule] je m’installe au début du quai [virgule] j’observe les gens qui attendent [virgule] leur visage tendu [virgule] impatient [virgule] leurs yeux qui cherchent [virgule] et soudain ce sourire à leurs lèvres [virgule] leur bras levé [virgule] leur main qui s’agite [virgule] alors ils s’avancent [virgule] ils s’étreignent [virgule] c’est ce que je préfère [virgule] entre tout [virgule] ces effusions [point].

Delphine de Vigan, No et moi

Barème indicatif : 6 points au départ, moins 0,5 point par erreur d’orthographe (grammaticale ou lexicale), les erreurs de ponctuation étant comptées avec indulgence ; une même erreur répétée n’est comptée qu’une fois ; à partir de 12 erreurs, la note est 0.

Pièges d’orthographe à connaître :

  • « vraies séparations » : vraies prend -s, accord avec le nom féminin pluriel ; « assiste à » prend l’accent grave sur la préposition.
  • « qu’on sent », « cela va durer longtemps » : longtemps finit par un -s, à rapprocher de « longue ».
  • « paraître » garde l’accent circonflexe sur le i.
  • « s’épaississait » : imparfait, –ait à la fin, deux fois le double s : « épaississait » ; « comme s’ils étaient » : –aient avec le sujet « ils ».
  • « les gens qui attendent » : le verbe attendent s’accorde avec le sujet « qui », qui représente « les gens » ; de même « leurs yeux qui cherchent ».
  • « leur visage tendu, impatient » : adjectifs et participe au masculin singulier, accordés avec visage ; « leur bras levé » : levé s’accorde avec « bras » (masculin singulier), et non avec « leur ».
  • « leurs lèvres », « leurs yeux » : leurs prend -s devant un nom pluriel, mais « leur bras », « leur main » restent au singulier.
  • « ils s’avancent », « ils s’étreignent » : verbes pronominaux au présent, terminaison –ent.
  • « c’est ce que je préfère » : accent aigu puis accent grave (préfère) ; « effusions » prend deux f.

Partie 2 : Rédaction (15 points)

Sujet 1 : décrire une personne de la famille qui vous a marqué(e)

Analyse du sujet : il faut écrire un récit (et non un simple portrait) qui décrit une personne de la famille et qui montre son influence sur le narrateur. Le « je » est attendu, comme dans le texte de Mona Ozouf, avec souvenirs, scènes et sentiments.

Plan conseillé : 1. portrait physique et moral de la personne, avec des gestes habituels ; 2. une ou deux scènes précises qui illustrent son caractère ; 3. ce que cette personne m’a appris et ce qu’elle représente encore aujourd’hui.

Critères : respect du sujet (portrait et influence) ; cohérence et précision du récit ; richesse du vocabulaire et des procédés d’écriture (comparaisons, énumérations) ; orthographe et ponctuation ; longueur (environ 300 mots, ou deux pages en écrivant une ligne sur deux).

Production modèle :

Mon grand-père Lucien occupait toujours la même place, au bout de la table de la cuisine, devant la fenêtre qui donnait sur le potager. Grand et sec, les mains tachées de terre même le dimanche, il portait une veste de velours usée et une casquette qu’il ne retirait que pour embrasser ma grand-mère. Quand j’étais petit, je passais mes étés chez lui, et je le suivais partout comme son ombre.

Je me souviens surtout d’un matin d’août. J’avais cassé, en jouant au ballon, un plant de tomates qu’il soignait depuis le printemps. Je me suis caché derrière la remise, le cœur battant, certain qu’il allait crier. Il est venu me chercher sans un mot. Il s’est accroupi près du plant brisé, puis il m’a tendu un tuteur et de la ficelle. « Une plante, ça se redresse si on s’en occupe », a-t-il dit simplement. Nous avons passé l’heure suivante à la rattacher, côte à côte, dans le silence des abeilles. Aucun reproche, mais une leçon que je n’ai jamais oubliée.

Cet homme peu bavard m’a appris la patience, le goût du travail bien fait et le courage d’avouer ses erreurs. Il ne donnait pas de grands discours : il montrait l’exemple, avec ses gestes lents et sûrs. Aujourd’hui encore, lorsque je me sens découragé devant un devoir difficile ou une dispute avec un ami, j’entends sa voix tranquille : « Ça se redresse. » Il n’est plus là pour s’asseoir à sa place devant la fenêtre, mais je reste à la fois son petit-fils et son élève, et je crois que c’est lui que je cherche à imiter chaque fois que j’essaie de bien faire.

Sujet 2 : l’évolution de la condition féminine

Analyse du sujet : il faut écrire un développement organisé et argumenté : comparer la situation des femmes en 1935, époque de la grand-mère (rôle domestique, droits limités), avec celle d’aujourd’hui, et nuancer en indiquant ce qui reste à faire. La question « en quoi » demande des arguments et des exemples précis.

Plan conseillé : 1. les progrès : droit de vote (1944), accès à l’instruction et aux métiers, indépendance financière, contraception et maîtrise de la vie familiale ; 2. les limites : inégalités de salaires, répartition des tâches domestiques, violences et stéréotypes ; 3. conclusion personnelle : l’évolution est réelle, mais le combat n’est pas terminé.

Critères : introduction et conclusion, paragraphes avec arguments et exemples, connecteurs logiques, registre soutenu, orthographe, longueur d’environ 300 mots.

Production modèle :

Dans le texte de Mona Ozouf, la grand-mère règne sur sa cuisine, mais son pouvoir s’arrête aux murs de sa maison. Depuis 1935, la condition féminine a-t-elle vraiment changé ? Si les progrès sont considérables, l’égalité n’est pas encore complète.

Tout d’abord, les femmes ont conquis des droits que la grand-mère n’avait pas. En France, elles ont obtenu le droit de vote en 1944 et peuvent désormais, sans l’autorisation d’un mari, ouvrir un compte en banque ou exercer un métier. Elles étudient autant que les garçons, et même davantage dans l’enseignement supérieur : médecins, ingénieures, magistrates ou chefs d’entreprise, elles occupent des places autrefois réservées aux hommes. La contraception et le droit à l’avortement leur permettent aussi de choisir le moment d’avoir des enfants, alors que la maternité s’imposait autrefois comme un destin.

Cependant, ces progrès ne doivent pas faire oublier les inégalités qui subsistent. À diplôme égal, les femmes gagnent souvent moins que les hommes, et elles accèdent plus rarement aux postes de direction. Dans les familles, elles consacrent encore plus de temps aux tâches ménagères et aux enfants, comme la grand-mère devant son fourneau. Enfin, les violences conjugales et le harcèlement montrent que le respect dû aux femmes n’est pas toujours acquis.

En somme, les femmes d’aujourd’hui jouissent d’une liberté que la grand-mère de la narratrice n’aurait pas imaginée : elles votent, travaillent et décident de leur vie. Mais l’égalité réelle suppose encore un changement des mentalités, qui demande l’engagement des filles comme des garçons.

Barème et conseils

Partie Points
Questions sur le texte (questions 1 à 7) 15
Réécriture 4
Dictée 6
Rédaction 15
Total 40

Échelle indicative : de 32 à 40 points, très bonne maîtrise ; de 24 à 31, bon niveau ; de 16 à 23, résultat correct mais à consolider ; moins de 16, à retravailler méthodiquement (le total sur 40 est ensuite ramené à 100 points dans le calcul du brevet).

Conseil 1 : les questions, la réécriture et la dictée. Lisez bien chaque consigne et justifiez toute réponse par une citation courte. Entraînez-vous avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et les exercices correspondants. Pour la dictée et la réécriture, révisez le cours sur la dictée et la réécriture et ses exercices.

Conseil 2 : la rédaction. Choisissez le sujet que vous pouvez construire en quelques minutes de brouillon, et gardez 10 minutes pour la relecture. Pour l’imagination, révisez le cours sur le sujet d’imagination et ses exercices ; pour la réflexion, le cours sur le sujet de réflexion et les exercices sur le texte argumentatif.

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