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Corrigé du brevet de français 2017 : France – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

France : corrigé du brevet 2017, illustration Français PDF
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Voici le corrigé brevet français 2017 France, rédigé question par question pour l’épreuve de la série générale du 30 juin 2017 (100 points pour l’ensemble de l’épreuve). Les trois parties du sujet reproduit sont corrigées : questions et réécriture sur le texte de Giono et l’image de Stora (25 points), dictée (5 points) et travail d’écriture (20 points). Chaque réponse s’appuie sur le texte et chaque barème est détaillé.

I. Comprendre, analyser et interpréter (25 points)

Corrigé de la question 1 (2 points)

L’adjectif « dépaysé » désigne l’état de quelqu’un qui se sent étranger, hors de son milieu habituel, déstabilisé. Giono, qui vit à la campagne, se retrouve dans un monde dont il n’a pas les repères. Le premier paragraphe le montre de deux façons.

D’abord, le corps souffre du changement de décor : « la dureté du trottoir » remplace la terre souple des chemins. Ensuite, il doit adopter une manière de marcher qui n’est pas la sienne : « le balancement des hanches qu’il faut avoir pour éviter ceux qui vous frôlent ». Enfin, il ne trouve jamais « d’espaces libres » : la foule est partout la même (« la même gêne, les mêmes gens »).

Barème : 1 point pour le sens de « dépaysé » (étranger, hors de son milieu, désorienté) ; 1 point pour une justification appuyée sur au moins un élément du paragraphe (trottoir dur, gestes imposés, foule sans espace). Une simple paraphrase sans explication du mot ne donne qu’un demi-point.

Corrigé de la question 2 (4 points)

a) Un entassement est une accumulation désordonnée d’éléments serrés les uns contre les autres, sans organisation. Le synonyme se trouve à la ligne 11 : « conglomérat » (1 point : 0,5 pour le sens, 0,5 pour le synonyme).

b) La phrase « Elle est un conglomérat de mille soucis, de peines, de joies, de fatigues, de désirs extrêmement personnels » est construite sur une énumération (on accepte « accumulation »). Les compléments du nom sont juxtaposés et séparés par des virgules ; le nombre « mille » ajoute une hyperbole qui souligne la quantité (1 point).

c) Le narrateur voit la foule comme une masse désordonnée et sans unité : ce n’est pas « un corps organisé », mais une juxtaposition de milliers de vies individuelles qui n’ont rien en commun et qui se gênent. Elle est anonyme et hostile (« ce qui vient d’elle à moi n’est pas sympathique »), car elle empêche toute vraie rencontre. L’énumération montre l’accumulation de sentiments personnels qui s’entassent sans se rejoindre (2 points : 1 pour l’idée de masse sans lien, 1 pour la relation avec les deux réponses précédentes).

Erreur fréquente : ne pas relier la réponse c aux réponses a et b, ou affirmer que la foule est « joyeuse » parce que le texte cite des « joies ».

Corrigé de la question 3 (4 points)

a) Trois remarques au moins (0,5 point chacune, 2 points au maximum) :

• Disposition : chaque question occupe une ligne et forme un paragraphe à elle seule ; l’aspect rappelle un poème en versets ou une litanie.

• Les phrases sont des interrogations (questions rhétoriques), toutes construites sur la même structure : anaphore de « Qui saurait ».

• Les phrases sont courtes et rythmées (sauf la deuxième, plus longue, qui détaille les plantes) ; le rythme est rapide et martelé.

• Le passage est une énumération de savoir-faire essentiels et concrets : faire du feu, trier les plantes, tisser, tanner, écorcher.

• La dernière question, « Qui saurait vivre ? », est la plus brève et la plus générale : elle résume et clôt la série comme une chute.

b) Le narrateur cherche à faire réfléchir le lecteur et à lui faire prendre conscience de sa dépendance à la ville : les citadins sont incapables de survivre seuls, car ils ont perdu les gestes de base (se nourrir, se vêtir, se chauffer). Les questions rhétoriques appellent une réponse évidente (« presque personne ») ; leur répétition martèle cette idée, crée une pression sur le lecteur et prépare la critique finale. L’effet est à la fois critique et provocateur (2 points : 1 pour l’effet de prise de conscience, 1 pour l’explication appuyée sur les procédés).

Corrigé de la question 4 (2 points)

Le narrateur est déconcerté parce que les citadins accomplissent avec une grande aisance des gestes qui lui semblent dérisoires : « prendre l’autobus et le métro », « arrêter un taxi, traverser une rue, commander un garçon de café ». Ces savoir-faire ne sont pas ceux de la vraie vie évoquée juste avant. Il est effrayé parce qu’il comprend que ces gens ne savent faire que cela : leur « savoir vivre » se réduit à des habitudes de la ville, et ils seraient perdus sans elle. Ils sont à l’aise dans un monde artificiel, au point d’en perdre le lien avec la nature et avec l’essentiel.

Barème : 1 point pour le constat (gestes urbains faits avec aisance), 1 point pour l’explication de la déconvenue ou de la peur (contraste avec les gestes essentiels). Le sens ironique de « le mot désigne enfin la chose » peut être valorisé.

Corrigé de la question 5 (4 points)

Réponse attendue : une réponse rédigée, avec au moins deux idées illustrées par le texte (4 points : 2 pour les idées, 1 pour les exemples, 1 pour la construction et la langue).

Pour Giono, les vraies richesses ne sont pas matérielles. Ce sont d’abord les savoir-faire essentiels qui permettent de vivre par soi-même : trouver sa nourriture, faire du feu, fabriquer ses vêtements. Cette autonomie donne une vraie liberté, que n’ont pas les citadins dépendants du métro ou du taxi. Ce sont ensuite le lien avec la nature (plantes, saisons, espace libre) et la qualité des relations humaines : l’amitié, qui n’existe qu’avec « des parties » de la foule, un par un, loin de la cohue. Enfin, la simplicité de la vie à la campagne est une richesse qui s’oppose à l’agitation de la ville.

Réponse modèle : « Giono pense que la richesse véritable consiste à savoir vivre, c’est-à-dire à maîtriser les gestes qui permettent de survivre : faire du feu, reconnaître les plantes, tisser, tanner. Ces compétences rendent l’homme libre et indépendant, alors que le citadin ne sait qu’utiliser des services. L’écrivain met aussi en valeur la rencontre vraie avec un ami, possible seulement loin de la foule. Les vraies richesses sont donc la nature, l’autonomie et l’amitié, non l’argent ni le confort de la ville. »

Corrigé de la question 6 (2 points)

La question demande un ressenti personnel justifié par ce que l’on voit. Réponse possible : en regardant le lavis de Stora, on ressent un malaise, une impression d’étouffement et de vertige. Vu d’en haut, on voit des centaines de petits personnages, tous pareils, sans visage, qui marchent dans des allées étroites séparées par des parois sombres. L’espace paraît saturé, répétitif et sans issue ; la gamme de gris, de noir et de blanc rend l’ambiance froide. On peut aussi ressentir de la fascination devant ce mouvement collectif.

Barème : 1 point pour le sentiment exprimé, 1 point pour sa justification par un élément précis de l’image (foule, vue en plongée, allées, couleurs). Tout ressenti argumenté est accepté ; un ressenti sans appui sur l’image ne donne qu’un demi-point.

Corrigé de la question 7 (2 points)

Oui, l’œuvre peut illustrer la perception de Giono. Les personnages sont anonymes (sans visage, tous semblables) comme la « foule » dont le narrateur dit qu’elle est « une anonyme création ». Ils sont serrés dans l’espace comme dans un « entassement », et personne ne regarde personne : on retrouve l’absence d’amitié collective. Les silhouettes qui se suivent évoquent les « gens toujours à dépasser » (l. 7-8), et l’absence de vide rappelle qu’on ne trouve jamais « d’espaces libres ».

On peut nuancer : les allées de Stora sont régulières et ordonnées, alors que Giono décrit un désordre (« pas un corps organisé »). La nuance est valorisée si elle est justifiée. Barème : 1 point pour la réponse argumentée, 1 point pour les liens précis avec le texte.

Corrigé de la réécriture (5 points)

Texte attendu : « Nous connaissions un petit restaurant où nous prenions notre repas du soir. Nous allions à pied. Nous nous sentions tout dépaysés par la dureté du trottoir et le balancement des hanches qu’il fallait avoir pour éviter ceux qui vous frôlaient. »

Barème (5 points) : 3 points pour les six verbes à l’imparfait (0,5 point chacun : connaissions, prenions, allions, sentions, fallait, frôlaient) ; 1 point pour le passage à « nous » (nous nous sentions, notre repas) ; 1 point pour l’accord de dépaysés (pluriel, avec un sujet « nous »). Le pronom « vous » (« ceux qui vous frôlaient ») est un pronom général : le garder est correct, et « nous frôlaient » est aussi accepté. Pièges : écrire « connaissons » (présent), oublier « mon » devenu « notre », ne pas accorder « dépaysés ».

II. Dictée (5 points)

Texte de la dictée

De temps en temps [virgule] je m’arrête [virgule] je tourne la tête et je regarde vers le bas de la rue où Paris s’entasse [deux-points] des foyers éclatants et des taches de ténèbres piquetées de points d’or [point]. Des flammes blanches ou rouges flambent d’en bas comme d’une vallée nocturne où s’est arrêtée la caravane des nomades [point]. Et le bruit [deux-points] bruit de fleuve ou de foule [point]. Mais les flammes sont fausses et froides comme celles de l’enfer [point]. En bas [virgule] dans un de ces parages sombres est ma rue du Dragon [virgule] mon hôtel du Dragon [point]. Quel ordre sournois [virgule] le soir déjà lointain de ma première arrivée [virgule] m’a fait mystérieusement choisir cette rue [virgule] cet hôtel au nom dévorant et enflammé [point d’interrogation]

Il me serait facile [virgule] d’ici [virgule] d’imaginer le monstre aux écailles de feu [point]

Jean Giono, Les Vraies Richesses (1936)

Barème indicatif (5 points) : on retire 0,5 point par erreur d’orthographe grammaticale ou lexicale, et 1 point pour une erreur grave, sans descendre sous 0. Les erreurs de ponctuation ne sont pas pénalisées autant que les erreurs d’orthographe, mais une ponctuation oubliée compte comme une demi-erreur.

Pièges d’orthographe à connaître :

• piquetées s’accorde au féminin pluriel, avec « taches » (ou « ténèbres », de même forme) ; éclatants s’accorde avec « foyers » ;

• s’est arrêtée : participe passé d’un verbe pronominal accordé avec le sujet « la caravane », féminin singulier ;

• flambent : verbe à la troisième personne du pluriel, sujet « flammes » ; sont fausses et froides : adjectifs accordés avec « flammes » ;

• ténèbres (accent grave), parages, sournois, mystérieusement (adverbe en -ment à partir de « mystérieuse »), écailles, dévorant, enflammé ;

• m’a fait : ne pas écrire « m’as fait » ; serait (conditionnel, -ait) ; d’ici et d’en bas avec apostrophe ;

• Dragon prend une majuscule dans « rue du Dragon » et « hôtel du Dragon » (noms propres de lieux) ; nomades prend un s (« des nomades ») ; enfer sans majuscule ici.

III. Travail d’écriture (20 points)

Sujet A : pensez-vous que la ville soit un lieu hostile ?

Analyse du sujet. Il s’agit d’une réflexion argumentée : on doit se positionner par rapport à l’idée de Giono (la ville est hostile) en s’appuyant sur des exemples tirés des lectures et du vécu. Un plan dialectique (oui, mais non) est idéal.

Plan. I. La ville peut être hostile (foule, anonymat, bruit, vitesse, pauvreté). II. Mais elle offre aussi des richesses (rencontres, culture, solidarité, services). Conclusion : la ville est ce que chacun en fait.

Critères. Une thèse claire, deux ou trois arguments illustrés par un exemple précis (littéraire ou personnel), des connecteurs logiques, 300 mots environ, orthographe et syntaxe soignées.

Production modèle :

Dans Les Vraies Richesses, Jean Giono décrit la ville comme un lieu hostile, où l’on se sent perdu au milieu d’une foule anonyme. Faut-il être d’accord avec lui ? Je pense que la ville peut effectivement être pénible, mais qu’elle reste un lieu de richesses.

Il est vrai, d’abord, que la ville met parfois mal à l’aise. Les rues sont bruyantes, les transports sont bondés, et chacun marche vite sans regarder les autres. Dans « À une passante », Baudelaire écrit que « la rue assourdissante autour de [lui] hurlait » : la ville étourdit et sépare. Personnellement, lorsque je prends le métro à l’heure de pointe, je me sens serré, pressé, et personne ne me regarde. Dans les romans de Zola, comme L’Assommoir, la ville est aussi un lieu de pauvreté où l’on peut sombrer. On comprend donc que Giono, venu de la campagne, la trouve inhospitalière.

Cependant, la ville n’est pas uniquement hostile. Elle offre des possibilités que la campagne ne peut pas toujours donner : on y trouve des musées, des bibliothèques, des cinémas et des écoles variées. Elle permet aussi des rencontres, car on y croise des gens très différents, et c’est dans les grandes villes que se créent des associations et des élans de solidarité. Lorsque j’ai visité une grande ville avec ma classe, un passant nous a accompagnés pour retrouver notre chemin : la gentillesse existe aussi dans la foule. Enfin, la ville est un lieu de liberté, où chacun peut vivre comme il l’entend sans être observé par tout le monde.

En conclusion, la ville est un lieu à double visage. Elle peut sembler dure à celui qui n’en a pas l’habitude, mais elle offre des richesses culturelles et humaines. Plutôt qu’hostile, je dirais qu’elle est exigeante : il faut apprendre à l’habiter pour en profiter.

Sujet B : récit d’une arrivée dépaysante dans une ville

Analyse du sujet. Il faut écrire un récit à la première personne, ancré dans un moment précis (l’arrivée), avec des descriptions de lieux et l’expression des impressions et des émotions. Le texte ne doit pas être signé.

Plan. 1. L’arrivée et la première impression ; 2. la découverte des lieux (bruit, foule, bâtiments) ; 3. l’évolution des émotions (inquiétude, puis curiosité ou apaisement).

Critères. Récit cohérent au passé (passé simple et imparfait), descriptions précises avec les cinq sens, vocabulaire des émotions, comparaisons, 300 mots environ, pas de signature.

Production modèle :

Le train s’arrêta dans un long grincement et les portes s’ouvrirent sur le quai de la gare. J’avais quitté mon village la veille pour rejoindre ma tante dans une grande ville que je ne connaissais pas. À peine descendue, je me sentis minuscule. Le plafond de verre s’élevait très haut au-dessus de ma tête, et une foule pressée coulait vers les escaliers sans se soucier de moi. Un haut-parleur annonçait des départs que je ne comprenais pas, et le vacarme me donnait le vertige.

Je serrai ma valise contre moi et je suivis le flot jusqu’à la sortie. Dehors, la lumière m’éblouit. Des voitures klaxonnaient dans tous les sens, des bus soufflaient devant les arrêts, et des immeubles gris, si hauts que je devais renverser la tête, se serraient les uns contre les autres. Chez moi, on voyait le ciel de partout ; ici, il n’était plus qu’une bande étroite entre les toits. Des odeurs de pain chaud, de gaz d’échappement et de friture se mélangeaient, et mon cœur battait vite.

Je me sentis soudain très seule. Personne ne me regardait : chacun avançait, le téléphone à la main, les écouteurs sur les oreilles. Je cherchai le plan que ma tante m’avait dessiné, mais les rues se ressemblaient toutes. Un instant, j’eus envie de pleurer et de remonter dans le train.

C’est alors qu’une vieille dame, voyant mon air perdu, m’indiqua la bonne rue d’un grand sourire. Je la remerciai, un peu rassurée. Peu à peu, je remarquai les balcons fleuris, les vitrines colorées, un musicien qui jouait du violon au coin d’un carrefour. Mon angoisse s’apaisa et laissa place à la curiosité. Quand j’aperçus enfin ma tante qui m’attendait en bas de son immeuble, je compris que ce monde bruyant, déroutant, avait aussi quelque chose de fascinant, et que j’avais très envie de le découvrir.

Barème et conseils

Partie Points
Questions 1 à 5 sur le texte 16
Questions 6 et 7 sur le texte et l’image 4
Réécriture 5
Dictée 5
Travail d’écriture 20
Total des parties corrigées ici 50

Échelle indicative sur les parties corrigées : au-dessus de 40 points sur 50, très bon travail ; entre 30 et 40, bon niveau ; entre 25 et 30, niveau moyen à consolider ; en dessous de 25, il faut retravailler méthodiquement. Si vous avez perdu des points sur les questions, relisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire puis entraînez-vous avec les exercices de compréhension et de grammaire. Si la dictée ou la réécriture vous ont coûté des points, travaillez la dictée et la réécriture avec les exercices de dictée et de réécriture. Pour le travail d’écriture, voyez le sujet de réflexion et le sujet d’imagination.

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