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Voici le corrigé brevet français 2019 Amérique du Nord (série générale, 4 juin 2019), noté sur 100 points : 50 points pour les questions, 10 points pour la dictée et 40 points pour la rédaction. Les réponses sont justifiées par le poème de Victor Hugo et par le tableau de Norman Rockwell ; plusieurs formulations sont acceptées dès qu’elles sont exactes et appuyées sur le texte.
Grammaire et compétences linguistiques (20 points)
Corrigé de la question 1 (4 points)
a) (2 points) Les trois verbes sont conjugués à l’impératif présent, à la deuxième personne du pluriel : « prenez » (verbe prendre), « objectez » (verbe objecter) et « Écoutez » (verbe écouter). Il faut donner le mode ET le temps : 1 point pour le mode, 1 point pour le temps.
b) (2 points) L’impératif sert à exprimer un conseil, un ordre ou une mise en garde. Le poète s’adresse directement aux « jeunes gens » pour les avertir (« prenez garde »), leur interdire d’objecter (« ne m’objectez pas ») et retenir leur attention (« Écoutez bien ceci »). Le mode installe un ton de leçon, de morale. Erreur fréquente : écrire que l’impératif exprime « une action qui se passe maintenant ».
Corrigé de la question 2 (2 points)
Les trois premières phrases sont : « Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites. » ; « Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes. » ; « Tout, la haine et le deuil ! ». Les déterminants sont : aux (article défini contracté, pour « à les »), un (article indéfini, dans « d’un mot »), la et le (articles définis, dans « la haine » et « le deuil »).
Barème : 0,5 point par déterminant ; « aux » est accepté seul ou analysé en « à + les ». Pièges : « Tout » est ici un pronom indéfini, pas un déterminant ; « vous » est un pronom personnel ; « Jeunes » est un adjectif.
Corrigé de la question 3 (10 points)
Réécriture attendue :
« Ils vous échappent, ils fuient, rien ne les arrêtera.
Ils suivent le quai, franchissent la place, et cætera,
Passent l’eau sans bateau dans la saison des crues,
Et vont, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez l’individu dont vous avez parlé. »
Barème : 10 éléments à 1 point. Trois pronoms sujets « ils » (« Ils vous échappent », « ils fuient », « Ils suivent ») ; six verbes accordés à la troisième personne du pluriel : « échappent », « fuient », « suivent », « franchissent », « passent », « vont » ; et le pronom COD « l’ » qui devient « les » (« rien ne les arrêtera »), parce qu’il reprend désormais plusieurs mots.
Pièges : « Passent » et « Et vont » n’ont pas de pronom écrit devant eux : le sujet est sous-entendu, mais il faut tout de même accorder les verbes. « arrêtera » ne change pas, car son sujet est « rien ». La dernière ligne reste identique, car « vous avez parlé » ne dépend pas de « il ». Attention à « fuient » (et non « fuyent ») et à « échappent », terminaisons en -ent non prononcées.
Corrigé de la question 4 (4 points)
a) (2 points) « que » est une conjonction de subordination.
b) (2 points) Il introduit la proposition subordonnée « vos amis sont sûrs » ; cette proposition complète le verbe « objectez » : c’est une subordonnée complétive (COD). Le mot « que » ne reprend aucun nom placé avant lui et n’a aucune fonction dans la subordonnée (« vos amis » est le sujet de « sont ») : ce n’est donc pas un pronom relatif. Il ne s’agit pas non plus d’un adverbe de négation ou d’exclamation.
Barème : 1 point pour chaque argument valable (introduit une subordonnée, absence d’antécédent / pas de fonction).
Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)
Corrigé de la question 5 (4 points)
Selon le poème, un seul mot désagréable, même prononcé en secret, finit toujours par être répété à la personne visée et provoque de graves conséquences : « Tout, la haine et le deuil ! » (vers 3). Le mot « court » jusqu’à la victime, « droit chez l’individu dont vous avez parlé » (vers 23), et le poème s’achève sur la conséquence ultime : « Vous avez un ennemi mortel » (vers 28).
Barème : 2 points pour l’explication des conséquences (la parole est rapportée, on se fait un ennemi) et 2 points pour les deux éléments du texte cités (1 point chacun). Autres relevés acceptés : « Il vous échappe » (vers 19), « Et c’est fait » (vers 28), « Tout peut sortir d’un mot » (vers 2).
Corrigé de la question 6 (4 points)
Les « jeunes gens » peuvent croire s’être protégés de plusieurs façons : ils ne parlent qu’à des amis dont ils sont sûrs (« vos amis sont sûrs », vers 4) ; ils parlent bas (« vous parlez bas », vers 4) ; ils sont en « tête-à-tête » et « portes closes », « sans un témoin qui souffle » (vers 5-6) ; ils confient le secret « à l’oreille au plus mystérieux / De vos amis de cœur » (vers 7-8) ; ils vont jusqu’à murmurer seuls « dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre » (vers 10).
Barème : 2 points par précaution expliquée et appuyée sur une citation (au moins deux). Erreur fréquente : citer sans expliquer en quoi il s’agit d’une précaution (la discrétion, l’isolement, la confiance).
Corrigé de la question 7 (6 points)
a) (2 points) Le pronom « il » renvoie au mot désagréable prononcé par le locuteur (« Un mot désagréable », vers 11 ; « Ce mot », vers 12).
b) (2 points) La figure de style est une personnification (on accepte « métaphore filée » si elle est justifiée) : le mot est présenté comme un être humain qui « marche », « a deux pieds, un bâton à la main, de bons souliers ferrés, un passeport en règle », qui « monte l’escalier, ouvre la porte » et qui parle (« Me voilà ! »).
c) (2 points) Cette personnification rend le mot vivant et autonome : une fois prononcé, il échappe à son auteur et agit comme un messager déterminé, rapide et insaisissable (« rien ne l’arrêtera »). Elle donne au récit un ton imagé, plein d’humour, mais aussi inquiétant, et fait sentir au lecteur que la parole est dangereuse.
Corrigé de la question 8 (5 points)
a) (2 points) Le vers 13 contient une allitération en [s] (« disiez si bas », « sourd », « sombre ») ; on accepte aussi la remarque sur la répétition du son [z] ou du son [u] (« vous », « sourd »).
b) (3 points) Ce sifflement imite le chuchotement : le lecteur entend presque les mots murmurés. Le poète fait ainsi sentir la discrétion et le secret du moment, le caractère « sourd et sombre » du lieu, et rend plus frappante l’ironie qui suit : malgré ces précautions, le mot sera quand même entendu et rapporté. 1 point pour l’idée de murmure, 2 points pour l’explication complète.
Corrigé de la question 9 (5 points)
Le conseil (2 points) : le poète demande aux jeunes gens de réfléchir avant de parler, de se méfier de leurs paroles, surtout quand elles blessent autrui, car on ne peut pas contrôler ce qui est dit : même un secret murmuré finit par se savoir.
Le passage choisi (3 points) : la réponse est personnelle, mais elle doit être justifiée par le texte. Exemple : le dernier vers, « Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel. », illustre le conseil avec le plus de force : les phrases courtes, le ton sec et définitif, le présent de constat disent qu’il est déjà trop tard et que la seule conséquence est une haine irréparable. On peut aussi choisir les vers 15 à 19 (« Tenez, il est dehors ! ») pour la rapidité de la fuite du mot.
Barème : 2 points pour le conseil, 1 point pour le passage cité, 2 points pour l’explication.
Corrigé de la question 10 (6 points)
a) (2 points) Dans le tableau, la même personne apparaît à deux reprises : d’abord comme celle qui colporte une rumeur (elle parle à l’oreille ou au téléphone), puis comme celle dont on parle, montrée du doigt. Le peintre montre ainsi que le bavard devient à son tour la cible des commérages : la rumeur circule en chaîne et revient à son point de départ.
b) (4 points) Dans le poème, le mot prononcé tout bas « sort de l’ombre », rejoint la personne visée et se retourne contre celui qui l’a dit : « Vous avez un ennemi mortel ». Chez Rockwell, les commérages passent de bouche en bouche et celui qui répand la rumeur en est lui-même victime, comme le prouve la double représentation de chaque visage. Dans les deux cas, la parole échappe à celui qui la prononce et lui revient comme un boomerang. Une différence peut être relevée : le poème insiste sur la menace (haine, deuil, ennemi mortel), le tableau a une dimension plus humoristique.
Barème : 2 points pour le poème, 2 points pour le tableau, en rendant la comparaison explicite.
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
Victor Hugo, Les Misérables (1862). On écrit au tableau « la Croix-de-Colbas ». Les mots entre crochets sont dits par l’examinateur et ne s’écrivent pas.
L’homme baissa la tête, ramassa le sac qu’il avait déposé à terre, et s’en alla [point]. [à la ligne] Il prit la grande rue [point]. Il marchait devant lui au hasard, rasant de près les maisons comme un homme humilié et triste [point]. Il ne se retourna pas une seule fois [point]. S’il s’était retourné, il aurait vu l’aubergiste de la Croix-de-Colbas sur le seuil de sa porte, entouré de tous les voyageurs de son auberge et de tous les passants de la rue, parlant vivement et le désignant du doigt [point-virgule] ; et, aux regards de défiance et d’effroi du groupe, il aurait deviné qu’avant peu son arrivée serait l’événement de toute la ville [point]. [à la ligne] Il ne vit rien de tout cela [point]. Les gens accablés ne regardent pas derrière eux [point]. Ils ne savent que trop que le mauvais sort les suit [point].
Barème (indicatif). On part de 10 points. On retire 1 point par erreur d’orthographe grammaticale (accord, terminaison verbale, participe passé) et 0,5 point par erreur d’orthographe lexicale ou de ponctuation. Une même erreur répétée ne compte qu’une fois. Le score ne descend pas sous 0.
Pièges d’orthographe.
- baissa, ramassa, alla, prit, vit : passé simple à la troisième personne du singulier ; « prit » et « vit » ne prennent pas de « e » final. Pour « s’en alla », on écrit bien « s’en » (pronom + préposition).
- qu’il avait déposé : le participe passé avec « avoir » s’accorde avec le COD placé avant, ici « que » qui reprend « le sac » (masculin singulier) : « déposé », sans « e ».
- à terre : avec l’accent grave sur la préposition « à ».
- au hasard : « hasard » s’écrit avec un « h » et un « d » final muet.
- rasant, parlant, désignant : participes présents invariables, en -ant.
- humilié et triste : adjectifs au masculin singulier, accordés avec « un homme ».
- S’il s’était retourné : plus-que-parfait du verbe pronominal « se retourner » ; le participe s’accorde avec le sujet « il » (masculin singulier), donc « retourné ». Attention à « s’il » (si + il) et à « s’était » (pronom réfléchi + était).
- il aurait vu, il aurait deviné : conditionnel passé ; « aurait » à la troisième personne du singulier se termine par -t.
- aubergiste (sans accent, un seul « r »), seuil (finale en « -euil »).
- entouré : participe passé employé comme adjectif, accordé avec « l’aubergiste » (masculin singulier). tous les voyageurs, tous les passants : « tous » prend un « s » (déterminant pluriel), « passants » est un nom pluriel.
- défiance, effroi : « défiance » s’écrit avec « ance » (famille de « se défier ») ; « effroi » prend deux « f ».
- avant peu, serait (conditionnel présent, terminaison « -ait »), l’événement (deux accents aigus).
- Les gens accablés : « gens » est masculin pluriel, donc l’adjectif « accablés » prend « -és ». ne regardent pas : « regardent » avec la terminaison -ent (sujet « Les gens »).
- Ils ne savent que trop que le mauvais sort les suit : « savent » (-ent), « suit » (-t, du verbe suivre au présent). Le « les » est un pronom COD, il ne prend pas de « s » ajouté.
- Croix-de-Colbas : nom propre écrit au tableau ; il faut le recopier avec trois traits d’union.
Cette session ne comporte pas de réécriture de la dictée : la réécriture grammaticale se trouve dans la question 3.
Rédaction (40 points)
Le candidat choisit un seul des deux sujets. Voici, pour chacun, une analyse, un plan, les critères et une production modèle.
Sujet d’imagination : analyse et production modèle
Analyse du sujet. Il s’agit d’un récit comique qui doit mêler récit et dialogue et caractériser plusieurs habitants du quartier. Le fil conducteur est la rumeur : on s’interroge sur la fortune soudaine d’un voisin, les explications extravagantes se multiplient, puis « la vérité éclate », ce qui doit produire la chute. Le lien avec le poème de Hugo est clair : une parole qui se répète déforme la réalité.
Plan. 1) La situation initiale : le voisin et son nouveau signe de richesse. 2) Les conversations, de plus en plus folles, entre des personnages bien distincts. 3) L’arrivée du voisin ou la révélation de la vérité, avec une chute drôle. Temps : récit au passé simple et à l’imparfait, dialogues au présent ou au futur.
Critères. Respect de la consigne (rumeurs, conversations, vérité), personnages caractérisés (manières de parler, tics), alternance récit et dialogue correctement ponctués, comique (exagération, quiproquo, chute), qualité de la langue, longueur d’environ deux pages.
Production modèle
Il avait suffi d’une matinée pour que tout le quartier de la rue des Tilleuls en perde le sommeil. M. Bonnet, l’employé de mairie du numéro 12, que l’on voyait depuis vingt ans arriver en autobus avec son vieux cartable, venait de se garer devant chez lui au volant d’une voiture rouge étincelante, et il avait, de plus, fait repeindre ses volets en doré.
Dès dix heures, Mme Lefort, la boulangère, toujours la première informée, déclara sur le trottoir, en agitant sa baguette comme un sceptre :
– C’est évident : il a gagné au loto ! Un million, je vous dis, peut-être deux !
– Au loto ? ricana M. Vasseur, le retraité du second, qui se croyait plus fin que tout le monde. Vous n’y êtes pas, chère madame. Moi, je l’ai vu l’autre soir sortir de chez lui à minuit, avec un grand sac. Cet homme est un cambrioleur de haut vol, ou alors un espion.
– Un espion ? s’étrangla la petite Zoé, onze ans, qui lisait ses bandes dessinées sur le muret. Alors c’est un agent secret qui travaille pour le président !
À midi, la rumeur avait fait le tour du quartier et s’était enrichie. Chez le coiffeur, on murmurait que M. Bonnet avait découvert un trésor de pirates dans sa cave ; chez le marchand de journaux, qu’il avait hérité d’un oncle sultan ; à l’école, qu’il était le père secret d’une vedette de cinéma. Mme Lefort, qui ne voulait rien laisser perdre, vendit même ce jour-là trois baguettes « en l’honneur du milliardaire ».
Le soir, une délégation de huit habitants, bien décidés à connaître la vérité, alla sonner à la porte dorée. M. Bonnet ouvrit, en pantoufles, un torchon à la main.
– Mes chers voisins, bégaya-t-il, que me vaut cet honneur ?
– Nous venons vous féliciter, dit M. Vasseur d’un air entendu, et vous demander, bien sûr, comment vous avez fait.
– Fait quoi ? demanda M. Bonnet, ahuri.
– Fortune ! chuchota Mme Lefort. La voiture ! Les volets en or !
M. Bonnet éclata de rire, et il rit si longtemps qu’il dut s’asseoir sur sa marche.
– La voiture, mais c’est celle de mon beau-frère, qui me la prête pendant qu’il est en voyage ! Quant aux volets, c’était la dernière boîte de peinture du magasin, elle était en promotion ! Mon trésor, voyez-vous, c’est ce torchon : j’allais faire la vaisselle.
Il y eut un grand silence. Zoé, déçue, referma sa bande dessinée. Mme Lefort, rouge comme une tomate, murmura qu’elle avait toujours dit que cet homme était bien trop modeste. Et M. Vasseur, qui n’aimait pas avoir tort, s’éclipsa en marmonnant qu’un espion aussi bon n’avait certainement pas besoin d’être riche.
Le lendemain, pourtant, les mêmes voisins se demandaient déjà avec passion pourquoi la boulangère avait soudain fermé boutique et acheté, en plein jour, un billet pour le tour du monde.
Sujet de réflexion : analyse et production modèle
Analyse du sujet. La citation du poème (« Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites ») ouvre une question à trois branches : faut-il redouter, rechercher ou même désirer le pouvoir de la parole ? On peut défendre une seule thèse ou, mieux, nuancer. Le sujet demande de s’appuyer sur trois sources : l’expérience personnelle, les textes étudiés en classe et la culture personnelle.
Plan. 1) Le pouvoir de la parole est redoutable : rumeur, mensonge, insulte (Hugo, Rockwell). 2) Il est aussi à rechercher : convaincre, défendre, apaiser (plaidoyers, discours d’Hugo, théâtre). 3) Il est même désirable : donner la parole, c’est partager, créer (poésie, conte, liberté d’expression), à condition d’en user avec responsabilité.
Critères. Introduction qui reformule le sujet et annonce le plan ; parties construites (idée, explication, exemple) ; au moins deux exemples issus de lectures ou d’une expérience ; connecteurs logiques ; conclusion nuancée ; langue soignée. Pour s’entraîner : le cours sur le texte argumentatif et les exercices sur le sujet de réflexion.
Production modèle
« Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites » : par ce conseil, Victor Hugo rappelle qu’un mot, une fois lâché, ne nous appartient plus. Mais la parole n’est pas seulement un danger : c’est aussi l’outil de toutes les relations humaines. Faut-il donc redouter, rechercher ou même désirer son pouvoir ? Nous verrons d’abord que la parole peut faire du mal, puis qu’elle est un moyen d’agir, et enfin qu’elle peut être un plaisir et un bien précieux.
D’abord, la parole est redoutable parce qu’elle échappe à celui qui la prononce. Dans le poème de Hugo, le « mot désagréable », murmuré dans une cave, rejoint la personne visée et crée « un ennemi mortel ». Le tableau de Norman Rockwell, où les commérages passent de bouche en bouche, montre la même chose : une rumeur grossit en circulant. Dans la vie, chacun connaît cette expérience : une moquerie lancée en classe ou un message envoyé sur un réseau social peut être répété, déformé, et blesser longtemps. La parole peut donc détruire une réputation, et il faut la redouter.
Pourtant, ce pouvoir est aussi quelque chose à rechercher, car il permet d’agir. Grâce aux mots, on peut convaincre, défendre une cause, apaiser un conflit. Au théâtre, les personnages de Molière ou de Racine se battent à coups de discours ; dans l’histoire, les plaidoyers contre l’injustice, comme ceux de Hugo contre la peine de mort, ont fait changer les lois. Même dans la vie quotidienne, un mot d’excuse ou d’encouragement peut réparer une amitié ou donner confiance à un camarade. Savoir parler est ainsi une force qu’il est utile de cultiver.
Enfin, on peut désirer la parole pour elle-même, parce qu’elle est au cœur de la liberté et de la création. Pouvoir dire ce que l’on pense est un droit que certains peuples ont dû conquérir, et chaque poème ou chaque conte raconté à voix haute nous rappelle que les mots donnent du plaisir et rassemblent. Mais ce désir doit s’accompagner de responsabilité : parler librement, ce n’est pas parler sans réfléchir.
En conclusion, le pouvoir de la parole mérite à la fois de la crainte, de la recherche et du désir : il faut redouter ses excès, rechercher ses bienfaits et désirer la liberté de s’exprimer. Le conseil de Hugo n’invite pas au silence, mais à la prudence : bien parler, c’est parler en pesant ses mots.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Grammaire et compétences linguistiques (questions 1 à 4) | 20 |
| Compréhension et interprétation (questions 5 à 10) | 30 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative : de 80 à 100 points, très bonne maîtrise ; de 60 à 79, bon niveau ; de 40 à 59, résultat correct mais à consolider ; moins de 40, à retravailler méthodiquement (une note de 50 sur 100 correspond à 10 sur 20).
Conseil 1 : les questions et la grammaire. Lisez bien chaque consigne et justifiez toute réponse par une citation courte. Entraînez-vous avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et les exercices correspondants. Pour la dictée, révisez le cours sur la dictée et la réécriture et les exercices sur le participe passé des verbes pronominaux.
Conseil 2 : la rédaction. Choisissez le sujet que vous pouvez construire en quelques minutes de brouillon, et gardez 10 minutes pour la relecture. Pour l’imagination, révisez le cours sur le sujet d’imagination et ses exercices ; pour la réflexion, le cours sur le sujet de réflexion et les exercices sur le texte argumentatif.
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