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Voici le corrigé brevet français 2021 Amérique du Nord, rédigé question par question pour l’épreuve de la série générale du 3 juin 2021, notée sur 100 points (32 points de compréhension, 18 points de grammaire, 10 points de dictée, 40 points de rédaction). Les réponses sont justifiées par le poème d’Aragon, « X… Français », et par l’image du Visage inconnu ; chaque barème est détaillé.
I. Compréhension et compétences d’interprétation
Corrigé de la question 1 (3,5 points)
a) (1,5 point) La première strophe repose sur une anaphore : l’expression « Un nom » est répétée au début des vers 1, 2, 3 et 4 (et elle revient encore aux vers 5, 7 et 8). Ce procédé de répétition en début de vers donne au quatrain son rythme et son unité. On peut accepter « répétition » (1 point) ; le terme exact d’anaphore vaut 1,5 point. On peut aussi relever les comparaisons introduites par « comme » (« comme le sang banal d’une coupure », « comme un verre d’eau pure »).
b) (2 points) Par cette répétition, Aragon veut insister sur le nom lui-même, qui reste à l’état de nom commun, sans personne précise derrière lui. Le nom est présenté comme simple, ordinaire, sans éclat : il pourrait être celui de n’importe qui. Le lecteur comprend que le héros évoqué est anonyme et qu’il ressemble à tout le monde. Les comparaisons (le sang d’une coupure, l’eau pure) ajoutent l’idée d’une chose quotidienne, familière et vitale. 1 point pour l’idée de banalité ou d’anonymat, 1 point pour l’explication (le héros peut être n’importe qui).
Erreur fréquente : parler seulement de « rythme » ou de « musique » sans dire ce que l’auteur veut faire comprendre.
Corrigé de la question 2 (4 points)
a) (2 points, 1 point par élément) Deux éléments au choix parmi les trois premières strophes :
- « Un nom trop simple pour qu’on s’en soit souvenu » (vers 2) ;
- « Un nom dit sans penser » (vers 3) ;
- « Un nom tout fait qu’on peut donner aux inconnus » (vers 4) ;
- « Un nom qui ne ferait se retourner personne » (vers 7) ;
- « Un nom comme on en lit […] sur les actes civils » (vers 9-10), c’est-à-dire un nom que l’on rencontre partout.
b) (2 points) Aragon insiste sur cette banalité parce que l’homme fusillé est un homme ordinaire, dont on ne connaît même pas le nom : il est l’un des innombrables Français anonymes qui ont résisté. En le montrant tout simple, le poète fait comprendre que n’importe qui peut devenir un héros. La banalité prépare aussi le contraste avec l’héroïsme (« Sans savoir que ce serait celui d’un héros ») et avec le caractère « sacré » du nom (vers 18). Le nom s’adresse enfin à tous les lecteurs, qui peuvent s’y reconnaître. 1 point pour l’idée d’homme ordinaire ou anonyme, 1 point pour le but (universalité, contraste avec l’héroïsme, hommage à tous).
Corrigé de la question 3 (6,5 points)
a) (2 points) Le pronom « il » (vers 13) désigne l’homme fusillé, celui dont on ne connaît que le nom banal évoqué depuis le début du poème : le premier fusillé de l’Occupation à Paris, auquel le poète rend hommage. Une réponse seulement « le personnage » ou « le nom » vaut 1 point ; il faut préciser qu’il s’agit de l’homme exécuté.
b) (1,5 point, 0,5 point par groupe) Dans la quatrième strophe (vers 13 à 16), le personnage est désigné par trois groupes de mots :
- « un enfant » (vers 13) ;
- « Celui qui regarda dans l’aube ses bourreaux » (vers 14) ;
- « un héros » (vers 16).
c) (3 points, 1 point par étape) Ces trois groupes retracent trois moments de la vie du personnage :
- l’enfance : il a été un enfant « comme nous tous », donc semblable à chacun de nous ;
- la mort : au petit matin (« dans l’aube »), il a affronté ses bourreaux, c’est-à-dire le peloton d’exécution, sans trembler ;
- l’entrée dans la mémoire collective : après sa mort, il devient « un héros », et les femmes balbutient son nom en hommage.
On passe ainsi de la vie la plus simple à la mort courageuse, puis à la gloire posthume.
Corrigé de la question 4 (4 points)
L’adjectif « sacré » appartient au vocabulaire du religieux : est sacré ce qui doit être respecté, vénéré, et que l’on ne peut pas profaner. Le nom banal est devenu sacré parce que l’homme est mort pour avoir refusé de trahir (il est mort en héros, au service de ses camarades et de son pays), et parce que le peuple lui rend un véritable culte. Deux passages justifient la réponse (1 point par passage cité, 1 point par explication) :
- « Sur l’asphalte on a mis des fleurs sous les affiches » (vers 19) : les gens déposent spontanément des fleurs à l’endroit où l’homme est mort, geste de deuil et de reconnaissance, comme on le fait pour un martyr ;
- « Et les dames en noir y priaient à genoux » (vers 20) : le noir est la couleur du deuil, la prière et la position à genoux évoquent une dévotion quasi religieuse ;
- on peut aussi citer « celui qui regarda dans l’aube ses bourreaux » (vers 14), qui souligne son courage devant la mort, ou « Et les femmes aussi ce nom balbutièrent » (vers 15), qui montre l’émotion populaire.
Erreur fréquente : citer deux passages sans expliquer le lien avec l’idée de respect religieux.
Corrigé de la question 5 (6 points)
La réponse attendue comporte deux courts paragraphes (3 points chacun) qui reprennent les éléments des questions précédentes. Voici une réponse modèle.
Le titre « X… Français » montre que le personnage est un homme anonyme, qui pourrait être n’importe quel Français. Son nom est banal, « trop simple pour qu’on s’en soit souvenu », et le poète insiste sur cette banalité par l’anaphore de « Un nom ». Il fut « un enfant comme nous tous » : ce héros est donc un homme ordinaire, comme chacun de nous, qui n’avait rien d’exceptionnel avant son acte.
Pourtant, il est qualifié de « héros » parce qu’il a eu le courage d’affronter la mort : il a regardé « dans l’aube ses bourreaux », sans dénoncer ses camarades. Son sacrifice explique l’hommage que lui rend le peuple : on dépose des fleurs « sur l’asphalte » et « les dames en noir » prient à genoux. Son nom, banal, est devenu « sacré » : c’est l’acte de courage, et non le prestige du nom, qui fait le héros.
Barème : 1 point par paragraphe distinct, 2 points pour les éléments de la banalité et de l’anonymat (titre, anaphore, « enfant comme nous tous »), 2 points pour les éléments de l’héroïsme (mort, courage, hommage « sacré »), 1 point pour la qualité de la rédaction et des citations.
Corrigé de la question 6 (8 points)
a) (3 points) Le flou du visage vise à susciter l’anonymat et l’universalité : on ne peut pas reconnaître une personne précise, donc ce visage peut être celui de n’importe quel homme ou de n’importe quelle femme. Il crée aussi une impression de mystère et d’effacement, comme un souvenir qui s’estompe avec le temps. Il pousse enfin le spectateur à s’interroger, à se rapprocher de ces visages, et suscite l’émotion et le respect devant tous les morts dont l’identité est perdue. Le flou résulte de la superposition de dizaines de milliers de visages : il est le signe que la guerre a touché tout le monde. (1 point par idée, trois idées au maximum.)
b) (5 points) Plusieurs liens sont possibles. Chaque lien justifié par un élément du poème et un élément de l’image vaut 2 points ; 1 point pour la qualité de l’expression.
- L’anonymat. Le visage « inconnu » de l’image correspond au « nom » sans visage du poème : « Un nom tout fait qu’on peut donner aux inconnus » (vers 4) et le titre « X… ». Dans les deux cas, on ne sait pas qui est la personne.
- L’universalité. Le visage est fabriqué à partir de milliers de photographies d’hommes et de femmes de tous les pays ; le poème dit que le nom est celui que l’on donne à n’importe qui (« comme nous tous », vers 13). Le héros représente tout un peuple.
- L’hommage à un combattant ordinaire. L’image rend hommage au soldat inconnu de 14-18, le poème à un fusillé inconnu de 1940-1941 : les deux œuvres veulent entretenir la mémoire de ceux qui sont morts pour la patrie sans que l’on retienne leur nom (« Est aujourd’hui sacré », vers 18).
- Un mode de représentation différent. Le poème insiste sur un nom, l’image sur un visage, mais tous deux restent volontairement indéfinis ; l’un joue sur la répétition, l’autre sur le flou.
II. Grammaire et compétences linguistiques
Corrigé de la question 7 (2 points)
a) (1 point, 0,5 point par expansion) Les deux expansions du nom « nom » sont les propositions « qui fait échoppe » et « dont le prénom saigne ».
b) (1 point) Ce sont deux propositions subordonnées relatives, introduites respectivement par le pronom relatif « qui » et par le pronom relatif « dont », qui reprennent l’antécédent « nom » et le complètent. Elles sont coordonnées par « et ». Le barème accepte « subordonnées relatives » ; une réponse « pronoms relatifs » pour les mots introducteurs vaut 0,5 point.
Erreur fréquente : répondre « adjectifs » ou « groupes nominaux ». Ces expansions contiennent un verbe conjugué (« fait », « saigne »), ce sont donc des propositions.
Corrigé de la question 8 (4 points)
a) (3 points, 1 point par verbe correctement relevé et identifié) Dans la cinquième strophe :
- « est » (vers 18) : présent de l’indicatif (verbe être, 3e personne du singulier) ;
- « a mis » (vers 19) : passé composé de l’indicatif (verbe mettre, 3e personne du singulier, avec « on ») ;
- « priaient » (vers 20) : imparfait de l’indicatif (verbe prier, 3e personne du pluriel).
b) (1 point) L’imparfait « priaient » a ici une valeur de durée : il présente une action qui se déroule dans le temps, en train de se faire dans le passé. On accepte aussi la valeur d’habitude ou de répétition (les dames venaient prier à genoux, jour après jour) ou d’arrière-plan descriptif (le décor de l’hommage, par rapport à l’action ponctuelle du passé composé « a mis »).
Corrigé de la question 9 (2 points)
a) (1 point) Le mot « inconnus » est formé du préfixe négatif « in- » (qui signifie « non »), du radical « connu » (participe passé du verbe connaître, employé comme adjectif) et de la marque « -s » du pluriel. C’est un mot dérivé par préfixation.
b) (1 point) Il signifie « que l’on ne connaît pas », « dont on ignore l’identité » : ce sont des personnes anonymes, étrangères. Ici, le mot est employé comme nom : « les inconnus » sont les gens dont on ne sait rien.
Corrigé de la question 10 (10 points)
Voici la strophe réécrite, avec les formes attendues :
Car ils furent des enfants comme nous tous hier
Ceux qui regardèrent dans l’aube leurs bourreaux
Et les femmes aussi ces noms balbutièrent
Sans savoir que ce seraient ceux de héros
Barème (1 point par modification correcte) :
- « il fut » devient « ils furent » (1 point) ;
- « un enfant » devient « des enfants » (1 point) : l’attribut s’accorde en nombre avec le sujet ;
- « Celui qui » devient « Ceux qui » (1 point) ;
- « regarda » devient « regardèrent » (1 point) : le verbe s’accorde avec « ceux », reprise par le pronom relatif « qui » ;
- « ses bourreaux » devient « leurs bourreaux » (1 point) ;
- « ce nom » devient « ces noms » (1 point) ;
- « balbutièrent » reste inchangé (1 point) : son sujet est « les femmes » ;
- « serait » devient « seraient » (1 point) : le verbe s’accorde avec l’attribut pluriel « ceux » (« ce serait ceux » est également toléré) ;
- « celui » devient « ceux » (1 point) ;
- « d’un héros » devient « de héros » (1 point).
Pièges : oublier de changer « ses » en « leurs », laisser « regarda » au singulier, modifier à tort « balbutièrent », et écrire « d’héros » (le h de « héros » est aspiré : il n’y a pas d’élision).
III. Dictée
Texte de la dictée (10 points)
Le texte est de Roger Frison-Roche, Les Montagnards de la nuit (1968). Le surveillant inscrit au tableau les mots « Laurent », « Marceau » et « hors-la-loi ». Voici le texte complet, avec la ponctuation à dire entre crochets.
Il fallait maintenant agir [point]. Les maquisards extériorisaient leur joie [virgule], couraient en brassant la neige jusqu’aux points de chute [point]. Certains riaient [virgule], d’autres pleuraient [virgule], mais ils avaient tout oublié [virgule], les longues heures d’attente dans le froid [virgule], le danger latent pouvant venir d’en bas [point-virgule] ce soir ils se sentaient des hommes libres et leur condition de hors-la-loi leur paraissait magnifique [point]. [Tiret] Vous rêvez [virgule], Laurent [virgule], fit Marceau [point]. L’officier restait figé [virgule], tout droit dans la neige [virgule], et son regard se perdait dans le ciel comme s’il s’attendait à voir revenir l’avion [point]. L’émotion crispait ses traits [point].
[Tiret] Oui [virgule], je rêve [point]. Je rêve au pilote qui rejoint la France libre [point].
Roger Frison-Roche, Les Montagnards de la nuit, 1968.
Barème : la dictée est notée sur 10 points. À titre indicatif, on retire 0,5 point par erreur d’orthographe grammaticale ou lexicale (accord, terminaison verbale, mot mal orthographié) et on compte la ponctuation et les accents avec indulgence ; la note ne descend pas sous 0. Les mots « Laurent », « Marceau » et « hors-la-loi » étant écrits au tableau, les fautes sur ces mots sont comptées.
Les pièges à connaître :
- Les imparfaits en -aient : « extériorisaient », « couraient », « riaient », « pleuraient », « se sentaient », « s’attendait », « crispait ». Le sujet, au pluriel ou au singulier, décide de la terminaison.
- « extériorisaient » : mot long à décomposer (extérieur + -iser).
- « maquisards » : nom en -ard, avec le pluriel en -s.
- « brassant » : participe présent, invariable ; de même « pouvant », qui s’écrit avec un -t (comme « pouvoir »).
- « jusqu’aux points de chute » : « jusque » s’élide devant « aux » ; « points » est un nom pluriel.
- « ils avaient tout oublié » : « tout », pronom complément placé avant le verbe, ne provoque pas d’accord ; le participe reste oublié.
- « latent » : adjectif accordé au masculin singulier avec « danger ». Ne pas écrire « latant ».
- « d’en bas » : apostrophe et espace.
- « leur » : possessif devant un nom (« leur joie », « leur condition ») ou pronom invariable (« leur paraissait »), jamais de -s dans les deux cas ici.
- « hors-la-loi » : nom composé avec deux traits d’union, invariable ; « magnifique » avec gn.
- « figé » : participe passé employé comme adjectif, accordé avec « l’officier » ; « fit » : passé simple de faire, 3e personne du singulier.
- « tout droit » : « tout » est un adverbe invariable.
- « comme s’il s’attendait » : « s’il » élidé et imparfait après « comme si ».
- « rejoint » : présent de l’indicatif, 3e personne, avec le -t final (rejoindre).
IV. Rédaction
Corrigé du sujet d’imagination (40 points)
Analyse du sujet. Il faut écrire une lettre : la forme épistolaire impose le lieu et la date, une formule d’appel, la première personne du singulier, le tutoiement et la signature « Gabrielle ». Le texte comporte trois consignes obligatoires : un portrait physique et moral du frère, l’expression des sentiments de la sœur (tristesse, fierté, colère, manque) et l’insistance sur l’héroïsme. Le cadre est celui du poème : l’asphalte, les fleurs et les affiches, la ville occupée.
Plan. 1) Ouverture : adresse au frère, geste de déposer la lettre parmi les fleurs. 2) Portrait physique et moral : souvenirs d’enfance, qualités. 3) Les circonstances de sa mort et son courage. 4) Les sentiments de Gabrielle, l’avenir et le serment de se souvenir.
Critères. Respect de la forme de la lettre et du cadre historique ; présence des trois éléments demandés ; richesse des sentiments ; qualité de la langue (accords, temps, vocabulaire du portrait) ; expression variée et ponctuation soignée. La longueur attendue est d’environ une à deux pages (au moins 300 mots).
Production modèle :
Paris, décembre 1940
Mon cher frère,
Je dépose cette lettre parmi les fleurs que des inconnus ont posées sur l’asphalte, là où tu es tombé. Je ne sais pas si les affiches des occupants osent encore te regarder, mais moi, je viens te parler comme autrefois, quand nous nous racontions tout dans le grenier de notre maison.
Je te revois si bien. Tu étais grand et mince, avec des cheveux bruns toujours en bataille et des yeux clairs qui riaient avant la bouche. Tes mains, abîmées par le travail à l’atelier, savaient pourtant être douces quand tu relevais un enfant tombé dans la rue. Tu n’as jamais été un homme qui se met en avant : tu étais simple, modeste, fidèle en amitié, incapable de mentir ou de trahir. Tu partageais ton pain, même quand il en restait peu, et tu avais ce don de rassurer les autres d’un seul sourire.
Le jour de ton arrestation, on t’a demandé de dénoncer tes camarades. Tu aurais pu sauver ta vie en prononçant quelques noms. Tu as refusé. Tu as regardé tes bourreaux droit dans les yeux, à l’aube, sans trembler, comme on me l’a raconté. Voilà ce qu’est un héros : non pas un homme sans peur, mais un homme qui reste fidèle à ses valeurs au moment où tout lui commande de céder. Je suis fière de toi, plus fière que je ne saurais le dire.
Pourtant, mon frère, comme tu me manques ! Maman ne prononce plus ton prénom sans pleurer, et la maison est devenue trop silencieuse. J’éprouve de la colère contre ceux qui t’ont pris, mais aussi une immense tendresse pour toi, et la certitude que tu n’as pas donné ta vie pour rien. Regarde : des femmes viennent prier, des inconnus s’arrêtent et se découvrent. Ton nom, qu’ils ne connaissent même pas, est devenu sacré.
Je te promets de ne jamais t’oublier, et de raconter à ceux qui viendront après nous qui tu as été. Dors en paix, mon héros.
Ta sœur qui t’aime,
Gabrielle
Pourquoi cette lettre est efficace : les conventions épistolaires sont respectées, le portrait physique (taille, cheveux, yeux, mains) et le portrait moral (modestie, fidélité, générosité) sont clairement séparés, les sentiments sont variés (fierté, chagrin, colère, tendresse) et l’héroïsme est démontré par un fait précis, le refus de dénoncer ses camarades.
Corrigé du sujet de réflexion (40 points)
Analyse du sujet. Il faut répondre à une question fermée (« est-il à la portée de tous ? ») par un texte argumentatif organisé, avec des exemples tirés de la culture personnelle (lectures, histoire, actualité). Les mots-clés sont « comportement héroïque » et « à la portée de tous » : il faut définir l’héroïsme (courage, don de soi, mépris du danger pour autrui) et discuter son accessibilité. La réponse est attendue nuancée.
Plan. 1) Oui : l’héroïsme n’est pas réservé à une élite, comme le montre le héros anonyme d’Aragon. 2) Mais il demande des qualités et des circonstances qui ne sont pas toujours réunies : tous ne sont pas capables d’agir au moment décisif. 3) Synthèse : la possibilité est universelle, la réalisation dépend du choix de chacun, y compris dans les gestes quotidiens.
Critères. Thèse claire, plan visible, connecteurs logiques, au moins deux exemples précis et variés, conclusion, qualité de la langue. Longueur attendue : au moins 300 mots environ.
Production modèle :
Dans son poème « X… Français », Aragon rend hommage à un homme ordinaire, devenu héros en refusant de dénoncer ses camarades. Cette figure nous invite à nous demander si un comportement héroïque est à la portée de tous. Nous verrons d’abord que l’héroïsme peut être le fait de n’importe qui, avant d’en montrer les limites.
D’abord, un héros n’est pas forcément un être exceptionnel. L’homme du poème est « un enfant comme nous tous », au nom « banal » : rien ne le distingue des autres jusqu’au moment où il doit choisir. De même, Rosa Parks était une couturière sans pouvoir quand, le 1er décembre 1955, à Montgomery, elle a refusé de céder sa place dans un autobus à un passager blanc. Son geste simple, courageux et pacifique a lancé un mouvement contre la ségrégation. Pendant la guerre, des familles ordinaires ont caché des enfants juifs au péril de leur vie : on les appelle les Justes. Enfin, durant l’épidémie de Covid-19, de nombreux soignants ont continué à travailler malgré le risque. Ainsi, le courage peut surgir chez chacun, quel que soit son milieu.
Cependant, l’héroïsme ne s’improvise pas toujours. Il exige de vaincre sa peur, de supporter des conséquences parfois dramatiques et d’agir au moment précis où il le faut. Tout le monde n’a pas la force de refuser un ordre injuste ou d’affronter la mort, et il serait faux de reprocher à quelqu’un d’avoir eu peur. De plus, il faut parfois des circonstances particulières (une guerre, un accident, une injustice) pour que l’occasion se présente.
Il me semble donc que chacun porte en soi la possibilité d’un acte héroïque, mais que tous ne la réalisent pas. L’héroïsme se prépare aussi par de petits gestes quotidiens : défendre un camarade harcelé, dire la vérité, aider un inconnu. Ce sont des « héroïsmes de tous les jours » qui préparent à agir quand l’épreuve survient.
En conclusion, un comportement héroïque est à la portée de tous dans son principe, puisque des gens ordinaires l’ont prouvé, mais il reste un choix difficile qui demande du courage et de la lucidité. Comme le dit Aragon, le héros peut porter un nom que personne ne remarque.
Pourquoi ce devoir est efficace : la question est reformulée, le plan annoncé est suivi, chaque idée est illustrée (le poème, Rosa Parks, les Justes, les soignants) et la conclusion tranche avec nuance.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Compréhension et interprétation (questions 1 à 6) | 32 |
| Grammaire et compétences linguistiques (questions 7 à 10) | 18 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative : de 80 à 100 points, très bonne maîtrise ; de 60 à 79, bon niveau ; de 40 à 59, résultat correct mais à consolider ; moins de 40, à retravailler méthodiquement (une note de 50 sur 100 correspond à 10 sur 20).
Conseil 1 : les questions, la grammaire et la dictée. Relisez toujours la consigne et justifiez chaque réponse par une citation courte. Entraînez-vous avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et les exercices correspondants. Pour la dictée et la réécriture, travaillez le cours sur la dictée et la réécriture et ses exercices.
Conseil 2 : la rédaction. Choisissez le sujet que vous pouvez construire en quelques minutes de brouillon, et gardez 10 minutes pour la relecture. Pour l’imagination, révisez le cours sur le sujet d’imagination et ses exercices ; pour la réflexion, le cours sur le sujet de réflexion et les exercices sur le texte argumentatif.
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