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Le sujet est sur la page Brevet de français 2025 : Antilles-Guyane (septembre). Traiter le sujet d’abord, puis comparer avec ce corrigé.
Voici le corrigé du brevet français 2025 Antilles-Guyane septembre, série générale, session de remplacement du 8 septembre 2025 : une correction rédigée, détaillée et notée sur 100 points. Pour tirer profit de ce corrigé brevet français 2025 Antilles-Guyane septembre, traitez d’abord le sujet seul, puis comparez votre travail avec les réponses ci-dessous.
Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Corrigé de la question 1 (4 points)
Phrase à recopier (1 point) : b) « L’auteur explique que l’émerveillement est nécessaire à la création littéraire. »
Justification (3 points). Au début du texte, Mabanckou affirme que la vocation dépend de la capacité de l’écrivain à préserver sa « naïveté » et à rester « sans cesse médusé, émerveillé ». Il ajoute que le pouvoir de « l’enchantement » est « substantiel pour la création artistique » : sans émerveillement, il n’y a pas de création. On expliquait aussi pourquoi les deux autres phrases sont fausses : (a) l’auteur n’écrit pas de conte, il évoque les contes qu’il a entendus ; (c) il fait exactement l’inverse de ce que dit la phrase, puisqu’il demande de rejeter « les frontières imposées par la raison ou la logique ».
Erreur fréquente : recopier la bonne phrase sans la justifier par une citation, ou justifier seulement en reformulant la phrase elle-même.
Corrigé de la question 2 (4 points)
Deux éléments suffisaient, chacun avec son explication (2 points par élément : 1 pour l’idée, 1 pour l’explication ou la citation).
- L’écrivain doit croire lui-même à ce qu’il raconte : « Le lecteur croira ce que l’écrivain croit ». Si l’auteur est sincère et convaincu, le lecteur adhère à l’histoire ; sinon il « doutera ».
- L’histoire doit être cohérente et soignée, sans ficelles grossières : le lecteur rejette ce qui est « cousu avec de gros fils », c’est-à-dire maladroit et artificiel, car la maladresse « détruit » l’illusion.
- Le lecteur doit pouvoir s’identifier à « des personnages dans lesquels il se reconnaîtra » et à qui il peut confier « ses propres obsessions ».
Deux de ces trois éléments (ou la nécessité de persuader qu’il s’agit d’« une autre version de l’existence », ligne 11) étaient acceptés.
Corrigé de la question 3 (5 points)
a) (1 point). Le genre littéraire est le conte (on acceptait « la légende » ou « les récits oraux », le texte parlant de « contes », de « récits » et de « légendes »).
b) (4 points : 2 par élément). Le conte a formé l’écrivain de deux manières au moins :
- il a éveillé sa vocation : « ces contes, ces récits qui ont nourri mon orientation vers l’écriture » ;
- il lui a donné l’envie de créer à son tour et d’y mettre sa touche personnelle : « Je rêvais d’inventer d’autres légendes, de varier les personnages, de refuser le dénouement » ; il ne veut plus être « un simple auditeur » mais ajouter « une bonne dose d’exagération ».
On acceptait aussi : il lui a appris à croire sans réserve à l’imaginaire (« je n’ai jamais mis en cause un seul instant toutes ces histoires »).
Corrigé de la question 4 (4 points)
Figure de style (1 point) : l’hyperbole, c’est-à-dire l’exagération. Les créatures sont décrites de façon outrancière : « êtres macrocéphales », « grenouilles géantes », « bébés potelés qui marchaient dès leur naissance » et parlent « immédiatement ». On acceptait aussi l’énumération (accumulation de créatures reliées par « de… de… ou de ») ou l’accumulation, si les effets étaient justes.
Deux effets (1,5 point chacun) :
- elle crée un univers merveilleux, fascinant qui frappe l’imagination de l’enfant et justifie sa « stupéfaction » ;
- elle donne un ton amusant, plein d’humour et de fantaisie (les grenouilles « amusaient les bambins »), et elle illustre l’« exagération » que l’auteur dit aimer, sa « marque de fabrique ».
Autres effets acceptés : donner l’impression d’une richesse sans limite des légendes ; rendre ces êtres plus puissants que les humains (admiration).
Corrigé de la question 5 (3 points)
Il fallait donner deux caractéristiques (1,5 point chacune, ou 1 point pour la caractéristique et 0,5 point pour l’exemple) :
- des corps hors du commun, difformes ou démesurés : têtes énormes (« macrocéphales »), grenouilles « géantes », créatures « nanties d’une seule patte » ;
- des pouvoirs extraordinaires : une seule patte mais qui « avançaient plus vite que les humains », bébés qui marchent et parlent dès la naissance et vont chasser seuls.
On acceptait aussi : des êtres fantastiques, surnaturels, qui défient les lois de la nature ; ou, selon la ligne 28, « aux pouvoirs démesurés ».
Corrigé de la question 6 (6 points)
Le « cercle magique » est le monde de la fiction, l’espace de l’imagination (« du côté de la fiction »). Deux éléments, développés et cités (3 points chacun : 1 pour l’idée, 1 pour l’explication, 1 pour la citation) :
- un lieu où tout est possible : « tout paraît possible, sans exceptions et selon les caprices du créateur ». L’écrivain y fait ce qu’il veut, sans limite ; le mot « cercle » suggère un espace délimité, à part, protégé du monde réel ;
- un lieu qui nourrit la vocation : « c’est dans ce cercle magique que la vocation sera nourrie ». Le futur écrivain y puise l’inspiration, à condition de garder son regard d’enfant : la « naïveté », l’émerveillement.
On acceptait encore : un lieu où l’on rejette « les frontières imposées par la raison ou la logique » ; le monde de l’enchantement, qui permet d’« embarquer ailleurs » le lecteur. Le mot « magique » renvoie à l’enchantement, au pouvoir de créer des êtres et des mondes impossibles.
Erreur fréquente : comprendre « cercle magique » comme un lieu réel ou un jeu de magie ; il s’agit d’une image.
Corrigé de la question 7 : image (6 points)
L’image est une photographie en noir et blanc : dans une forêt, vue d’en bas, une jeune femme flotte dans les airs, les bras écartés. Trois arguments (2 points chacun : 1 pour le texte, 1 pour l’image) :
- Un monde où tout est possible. Texte : « tout paraît possible, sans exceptions ». Image : la femme lévite sans aucun appui, ce qui défie les lois de la pesanteur, comme les êtres et les exploits impossibles des légendes ;
- Le rejet des limites de la raison. Texte : les frontières « imposées par la raison ou la logique » sont rejetées. Image : la scène impossible est pourtant montrée comme réelle, avec les détails d’une vraie forêt ; la photographie « fait croire » à l’impensable, comme l’écrivain persuade le lecteur ;
- L’évasion et l’émerveillement. Texte : détourner le lecteur « de la vie réelle » et l’« embarquer ailleurs, très loin ». Image : le regard levé vers la lumière, les bras ouverts, donnent une impression de liberté et de légèreté ; la forêt, lieu des contes et des mystères, rappelle « la nuit, aux mystères » (l. 28-29).
Autres rapprochements acceptés : la femme est un être aux « pouvoirs démesurés », comme les créatures des légendes ; le titre « The House » (la maison) contraste avec cette scène en pleine nature, preuve d’une autre version de l’existence ; la photographie est une création artistique qui, comme le texte, « enchante ». Erreur fréquente : décrire l’image sans la relier au texte, ou ne citer que le texte.
Compétences linguistiques et grammaticales (18 points)
Corrigé de la question 8 (3 points)
a) (2 points). « croira » : futur simple de l’indicatif (1 point). « croit » : présent de l’indicatif (1 point).
b) (1 point). Le présent « croit » a une valeur de vérité générale : ce que l’écrivain croit est le point de départ, la condition. Le futur « croira » exprime la conséquence qui en découle : si l’écrivain croit à son histoire, le lecteur y croira ensuite. Le mode indicatif présente les faits comme certains.
Corrigé de la question 9 (3 points)
a) (1 point). « ce que l’écrivain vit » est une proposition subordonnée relative (introduite par « ce que », sans antécédent exprimé) qui a la fonction de complément d’objet direct (COD) du verbe « vivra ». La fonction demandée est celle de la proposition entière, et non celle du seul pronom « ce ».
b) (2 points : 1 pour chaque manipulation nommée et réalisée). Exemples :
- la pronominalisation : « Le lecteur le vivra » (le pronom COD « le » remplace la proposition) ;
- la substitution par un groupe nominal : « Le lecteur vivra la même aventure » ;
- la question : « Le lecteur vivra quoi ? » → « ce que l’écrivain vit » (réponse directe, sans préposition) ;
- on pouvait aussi montrer que la proposition n’est pas supprimable sans rendre la phrase incomplète : « Le lecteur vivra » seul ne donne pas le même sens.
Corrigé de la question 10 (2 points)
a) (1,5 point). « démesurés » est un mot dérivé, composé de : le préfixe dé- (qui exprime le contraire, la privation : 0,5 point) ; le radical -mesur-, de « mesure » (0,5 point) ; le suffixe -é (terminaison de l’adjectif issu d’un participe passé, qui a la même forme que le participe de « démesurer » : 0,25 point) et la marque du pluriel -s (0,25 point).
b) (0,5 point). Synonymes acceptés : immenses, énormes, excessifs, extraordinaires, gigantesques.
Corrigé de la question 11 : réécriture (10 points)
Il fallait remplacer « je » par « nous » et faire toutes les modifications qui en découlent. Texte attendu :
« Devrions-nous t’avouer que nous n’avons jamais mis en cause un seul instant toutes ces histoires que nous avons entendues pendant notre enfance ? Ce sont pourtant ces contes, ces récits qui ont nourri notre orientation vers l’écriture. Nous rêvions d’inventer d’autres légendes, de varier les personnages, de refuser le dénouement que tout le monde attendait. »
Barème (10 points) : « Devrions-nous » (verbe au conditionnel présent, avec le trait d’union : 1,5 point) ; « t’avouer » inchangé car « t’ » désigne toujours Alioune (0,5) ; « nous n’avons » (1,5) ; « mis en cause » inchangé (0,5) ; « nous avons entendues » avec accord du participe passé avec le COD « que » (= histoires), féminin pluriel, placé avant l’auxiliaire (2) ; « notre enfance » (1) ; « notre orientation » (1) ; « Nous rêvions » (1,5) ; « ont nourri » et la fin du passage correctement conservés (0,5).
Pièges : le « t’ » de « t’avouer » ne change pas ; « Ce sont » reste au pluriel ; « enfance » et « orientation » sont au singulier même avec « notre » ; « entendues » s’accorde déjà, il ne faut pas le « corriger » en « entendu ».
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage [point]. Bref [virgule], soyez au service de la Vie [virgule], sous tous ses aspects [point d’exclamation] !
Certains d’entre vous diront peut-être [deux-points] : « C’est trop nous demander [point d’exclamation] ! Une telle tâche nous dépasse [point d’exclamation] ! » [fermez les guillemets]. Permettez au vieil homme que je suis de vous confier un secret [deux-points] : de même qu’il n’y a pas de « petit » incendie [ouvrez la parenthèse] (tout dépend de la nature du combustible rencontré) [fermez la parenthèse], il n’y a pas de petit effort [point]. Tout effort compte [virgule], et l’on ne sait jamais [virgule], au départ [virgule], de quelle action apparemment modeste sortira l’événement qui changera la face des choses [point]. N’oubliez pas que le roi des arbres de la savane [virgule], le puissant et majestueux baobab [virgule], sort d’une graine qui [virgule], au départ [virgule], n’est pas plus grosse qu’un tout petit grain de café [points de suspension]…
Source : d’après Amadou Hampâté Bâ, Lettre à la jeunesse, 1985. Le mot « baobab » est écrit au tableau avant la dictée. Les indications entre crochets sont dites par l’examinateur lors de la dictée effective et ne sont pas écrites.
Barème de la dictée
La dictée est notée sur 10 points. Barème indicatif : on part de 10 points et on retire 1 point par erreur d’orthographe grammaticale ou lexicale grave (accord, conjugaison, mot écrit incorrectement), 0,5 point pour une erreur moins grave (accent, trait d’union, ponctuation) ; la note ne peut pas être négative. Une même erreur répétée ne compte qu’une fois. Le mot écrit au tableau n’est pas sanctionné s’il est recopié correctement.
Pièges d’orthographe expliqués
- « qui vous emporteront » : futur simple, 3e personne du pluriel, terminaison -ont (sujet « qui », antécédent « tourbillons ») ; « souvenez-vous » : impératif, avec le trait d’union ;
- « communauté, solidarité » : noms en -té sans « e » final ; « Bref » s’écrit avec un f ;
- « sous tous ses aspects » : « tous » (déterminant pluriel, ici avec un s final muet) et « aspects » avec -s du pluriel (le -s final ne s’entend pas) ;
- « Certains d’entre vous diront » : futur de « dire », terminaison -ont ; « peut-être » avec trait d’union et accent circonflexe ;
- « Une telle tâche » : « une » et « telle » s’accordent au féminin avec « tâche » ; l’accent circonflexe sur le â ; « nous dépasse » : verbe du 1er groupe, 3e personne du singulier, sujet « tâche » ;
- « Permettez au vieil homme » : impératif en -ez ; « vieil » (devant un nom masculin commençant par une voyelle ou un h muet) ; « que je suis » : verbe être, 1re personne ;
- « de même qu’il n’y a pas de petit incendie » : « incendie » est masculin, donc « petit » sans « e » ; « combustible rencontré » : participe passé masculin singulier, accordé avec « combustible » ;
- « l’on ne sait jamais » : verbe savoir, 3e personne du singulier ; « apparemment » : adverbe en -emment si l’adjectif finit en « -ent » (apparent) ; « l’événement » : accents aigus, avec « v » et le suffixe -ment ;
- « de quelle action … sortira l’événement » : futur simple, sujet inversé « l’événement » ; « qui changera la face des choses » : futur en -a ;
- « N’oubliez pas » : impératif en -ez ; « le puissant et majestueux baobab » : « baobab » est écrit au tableau ; « majestueux » s’accorde au masculin singulier ;
- « une graine qui … n’est pas plus grosse » : adjectif attribut du sujet « qui » (= graine), féminin singulier, donc -e ; « grain de café » : accent aigu.
Rédaction (40 points)
Barème indicatif : 20 points pour le fond (respect du sujet, cohérence, richesse des idées ou de l’imagination, exemples) et 20 points pour la forme (construction, vocabulaire, correction de la langue, présentation et ponctuation).
Sujet d’imagination : analyse
Il faut écrire un conte, c’est-à-dire une histoire merveilleuse avec des formules d’entrée et de sortie (« Il était une fois… »), un schéma narratif complet (situation initiale, élément perturbateur, péripéties, dénouement) et souvent une morale. Il faut choisir une seule créature parmi celles du texte : être macrocéphale, grenouille géante, créature à une seule patte (ou bébé précoce) et mêler récit et description : portrait détaillé de la créature, description du lieu, et événements qui la font agir. Plan : 1) présenter le lieu et la créature (description) ; 2) un problème surgit ; 3) la créature agit grâce à sa particularité ; 4) dénouement et morale. Critères : respect de la consigne (conte, créature, récit et description), temps du récit (passé simple et imparfait), richesse de la description, cohérence, langue correcte.
Production modèle (sujet d’imagination)
Il était une fois, au cœur d’un village cerné par la brousse, un petit garçon nommé Kito, qui ne rêvait que d’aventures. Le soir, les anciens racontaient qu’au-delà de la grande rivière vivait Mono-Patte, une créature dont personne n’avait jamais vu le visage.
Un matin de saison sèche, la rivière se tarit et la famine menaça le village. Kito partit seul. Il marcha longtemps jusqu’à une clairière baignée d’une lumière dorée. Là, sur un rocher couvert de mousse, se tenait Mono-Patte. Elle était haute comme un jeune baobab, son corps tout rond était couvert d’un duvet couleur de cendre, et elle n’avait qu’une seule patte, épaisse et noueuse comme une racine. Ses grands yeux jaunes brillaient comme deux lunes, et sa voix grave faisait trembler les feuilles.
« Que cherches-tu, petit homme ? demanda-t-elle.
— De l’eau pour mon village », répondit Kito, la gorge serrée.
Alors Mono-Patte éclata d’un rire profond et lui proposa un défi : la suivre jusqu’à la source cachée, au pied de la montagne, avant la tombée de la nuit. Kito, qui courait pourtant très vite, s’élança. Mais la créature, bondissant sur sa patte unique, filait plus vite que le vent, franchissant les ravins d’un seul saut. Épuisé, l’enfant tomba à genoux. Mono-Patte revint sur ses pas, étonnée : jamais personne n’avait osé aller si loin.
« Tu n’as pas reculé, dit-elle, et c’est ce qui compte. Monte sur mon dos. »
D’un bond, elle le porta jusqu’à la source, une eau claire qui jaillissait entre deux rochers. Kito remplit ses calebasses et, chaque jour, Mono-Patte le ramenait au village, où la rivière finit par couler de nouveau.
Depuis ce jour, les habitants disent que la force n’est rien sans le courage, et que celui qui ose affronter ce qui l’effraie trouve toujours un ami là où il attendait un monstre.
Sujet de réflexion : analyse
La question porte sur ce que l’on attend d’un artiste (écrivain, peintre, cinéaste, musicien…) : qu’il nous emmène « loin de la vie réelle », c’est-à-dire qu’il nous fasse rêver et nous évader. Il faut donc discuter : l’art est-il d’abord un refuge, ou aussi un moyen de comprendre le réel ? Plan dialectique : 1) oui, l’artiste ouvre des mondes imaginaires qui nous divertissent et nous enchantent ; 2) mais on attend aussi de lui qu’il éclaire la réalité, la dénonce ou la rende sensible ; 3) conclusion nuancée : l’évasion et le réel se rejoignent. Critères : problématique claire, arguments distincts, exemples littéraires et artistiques précis, connecteurs logiques, introduction et conclusion, langue correcte.
Production modèle (sujet de réflexion)
Quand on ouvre un roman ou que l’on s’arrête devant un tableau, on cherche souvent à quitter un instant le quotidien. Mais attend-on vraiment d’un artiste qu’il nous emmène loin de la vie réelle ? Nous verrons d’abord que l’art est une invitation à l’évasion, puis qu’il peut aussi nous ramener au réel pour mieux le regarder.
D’abord, l’artiste nous fait voyager dans des univers imaginaires. Lewis Carroll, dans Alice au pays des merveilles, entraîne son héroïne dans un monde peuplé de lapins pressés et de chats qui disparaissent : le lecteur oublie ses soucis et retrouve son âme d’enfant. De même, les tableaux de Marc Chagall, où des amoureux flottent au-dessus des toits, nous transportent dans un rêve où les lois de la pesanteur n’existent plus. Comme le dit Mabanckou, les histoires qui nous « embarquent ailleurs » répondent à un besoin : celui d’une autre version de l’existence.
Cependant, on attend aussi d’un artiste qu’il ne nous fasse pas oublier le monde, mais qu’il nous aide à le comprendre. Dans Guernica, Picasso ne s’évade pas : il montre l’horreur d’un bombardement pour que nul n’en détourne les yeux. Victor Hugo, dans Les Misérables, fait entrer le lecteur dans la misère du XIXe siècle afin d’éveiller sa conscience. Ces œuvres ne nous éloignent pas de la réalité : elles nous obligent à la regarder en face.
Ainsi, l’artiste n’a pas à choisir entre rêve et réalité. Même les œuvres les plus fantastiques parlent de nous : Alice interroge le monde des adultes, et le voyage imaginaire permet de revenir au réel avec un regard neuf. J’attends donc d’un artiste qu’il m’emmène loin, mais pour mieux me ramener à moi-même et au monde.
Barème et conseils
| Partie | Questions | Points |
|---|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation | 1 à 7 | 32 |
| Compétences linguistiques et grammaticales | 8 à 11 | 18 |
| Dictée | texte d’Amadou Hampâté Bâ | 10 |
| Rédaction (un sujet au choix) | imagination ou réflexion | 40 |
| Total | 100 |
Échelle de notes indicative : moins de 40 points sur 100 : à consolider ; de 40 à 59 : correct, avec des lacunes ; de 60 à 79 : bon niveau ; 80 et plus : très bon niveau. Pour convertir en note sur 20, divisez le total par 5.
Conseil 1 : améliorer la compréhension et la grammaire. Revoyez les figures de style et l’analyse des propositions avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec des exercices corrigés.
Conseil 2 : progresser en dictée, réécriture et rédaction. Pour l’orthographe et la réécriture, travaillez la dictée et la réécriture et les exercices de dictée ; pour la rédaction, consultez le sujet d’imagination et le sujet de réflexion.
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