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L’énonciation et les points de vue : corrigé des exercices de français 2nde

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Les énoncés sont sur la fiche L'énonciation et les points de vue : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.

Voici le corrigé énonciation 2nde des douze exercices : chaque réponse est justifiée par les indices du texte, et les exercices d’écriture sont accompagnés d’un exemple et de critères de réussite.

Corrigé énonciation 2nde : réponses justifiées

Les justifications comptent autant que les réponses : au lycée, une identification sans preuve n’est pas valable.

Corrigé de l’exercice 1 : discours ou récit ?

  1. Discours : « je », « t’écris », présent d’énonciation, futur proche implicite (« part dans une heure »).
  2. Récit : 3e personne, passé simple (« arriva »), repère coupé « la veille de Noël ».
  3. Discours : « nous », passé composé et futur, déictiques « hier » et « demain ».
  4. Récit : 3e personne, passé simple (« marchèrent », « aperçurent »), repère « au matin ».
  5. Discours : apostrophe « Mesdames et messieurs », « je vous », « ce soir » (déictique).
  6. Récit : 3e personne, passé simple (« ouvrit ») et imparfait de description (« était »).

Corrigé de l’exercice 2 : relever les déictiques

Déictiques : Mon, je, ici, avant-hier, Aujourd’hui, demain, toi, tu, me, ainsi que les temps rattachés au moment de l’écriture (passé composé « suis arrivée », présent « pleut », futur « visiterai »).

Réécriture : « Léa écrivit à son frère qu’elle était arrivée là-bas l’avant-veille. Ce jour-là, il pleuvait, mais le lendemain elle visiterait la vieille ville avec lui s’il la rejoignait. »

Explication : passé composé → plus-que-parfait, présent → imparfait, futur → conditionnel (futur dans le passé) ; ici → là-bas, avant-hier → l’avant-veille, aujourd’hui → ce jour-là, demain → le lendemain.

Corrigé de l’exercice 3 : narrateur personnage ou extérieur ?

  1. Narrateur personnage : il dit « je » et participe à l’histoire (il quitte son village).
  2. Narrateur extérieur : aucun « je », le notaire est présenté à la 3e personne.
  3. Narrateur personnage : « nous étions six » ; il fait partie du groupe dont il raconte l’histoire.
  4. Narrateur extérieur : récit à la 3e personne centré sur Margot.

Corrigé de l’exercice 4 : identifier la focalisation

  1. Focalisation zéro : le narrateur connaît les pensées de deux personnages (le mépris du marchand, la décision de la jeune femme).
  2. Focalisation externe : seuls les gestes et l’apparence sont décrits ; on ignore qui sont ces hommes et ce qu’ils pensent.
  3. Focalisation interne : sensations (« sentit son cœur se serrer »), perception subjective (« lui parut ») et question intérieure, à travers Julien seul.
  4. Focalisation externe : une silhouette anonyme, des mouvements vus de loin ; le mystère est entretenu.

Corrigé de l’exercice 5 : changer de point de vue

Focalisation externe : « Un enfant d’une dizaine d’années s’arrêta devant le portail. Derrière la grille, un chien remuait la queue. L’enfant ne bougea plus. Dans la maison, une femme se tenait à la fenêtre de la cuisine ; elle sourit. »

Focalisation interne : « Le chien était là, derrière le portail, énorme. Théo sentit ses jambes devenir lourdes. Il revoyait les crocs du berger allemand, la morsure, le sang sur son genou. Ce chien-là remuait la queue, mais est-ce que cela voulait dire quelque chose ? Il n’osait plus avancer. »

Critères : la version externe supprime l’histoire passée de l’enfant, ses peurs et la douceur réelle du chien (que seul un narrateur omniscient connaît) ; la version interne ne dit que ce que l’enfant perçoit et ressent, et ignore la propriétaire qu’il ne voit pas.

Corrigé de l’exercice 6 : reconnaître les paroles rapportées

  1. Discours indirect (subordonnée « qu’on hisse les voiles »).
  2. Discours direct (deux-points, guillemets, impératif, apostrophe).
  3. Discours narrativisé : les paroles sont résumées.
  4. Discours indirect libre : questions du capitaine sans verbe introducteur, intégrées au récit.
  5. Discours indirect : interrogative indirecte introduite par « si ».
  6. Discours narrativisé : on ne connaît pas les paroles exactes.

Corrigé de l’exercice 7 : du discours direct au discours indirect

  1. Il a déclaré qu’il reviendrait le lendemain.
  2. Elle demanda pourquoi ils étaient partis si tôt la veille.
  3. Le guide nous prévint que là, le sentier devenait dangereux.
  4. Mon père m’a dit de ranger ma chambre.
  5. Ils affirmèrent qu’ils avaient tout vu de leurs propres yeux.

Rappel : après un verbe introducteur au passé, présent → imparfait, passé composé → plus-que-parfait, futur → conditionnel. L’impératif devient « de » + infinitif ; l’interrogation directe devient interrogative indirecte, sans point d’interrogation.

Corrigé de l’exercice 8 : écrire au discours indirect libre

  1. Elle ne supporterait pas une soirée de plus dans cette maison !
  2. Pourquoi lui avait-elle menti ? Qu’avait-il fait de mal ?
  3. Ce champ, il l’avait labouré pendant quarante ans, et on voulait le lui prendre !

On conserve la ponctuation expressive et l’ordre des mots du personnage, mais on passe à la 3e personne et aux temps du récit (imparfait, plus-que-parfait, conditionnel).

Corrigé de l’exercice 9 : la modalisation

  • Conditionnel (information non confirmée) : « aurait l’intention », « serait ».
  • Adverbes et locutions modalisateurs : « paraît-il », « évidemment », « sincèrement », « sans doute », « toujours ».
  • Verbe d’opinion : « Je crois ».
  • Lexique évaluatif : mélioratif (« magnifique », « notre âme ») ; péjoratif (« catastrophe », « avides »).
  • Interjection et ponctuation expressive : « Hélas », point d’exclamation.

L’énonciateur oppose un doute sur l’information (« paraît-il », « aurait ») à une certitude sur son jugement (« évidemment », « je crois sincèrement ») : le texte est argumentatif et polémique.

Corrigé de l’exercice 10 : étudier un incipit

  1. « Nous » désigne les élèves de l’Étude, camarades de Charles Bovary ; le narrateur est donc un personnage-témoin de la scène, même s’il ne se nomme pas.
  2. Focalisation interne (collective) : on perçoit la scène depuis le groupe d’élèves, qui ne connaît pas encore le « nouveau » et ne voit que son apparence (« habillé en bourgeois »).
  3. Imparfait (« étions ») : arrière-plan, situation en cours ; passé simple (« entra », « se réveillèrent », « se leva ») : actions de premier plan qui surgissent. C’est un récit, même si le « nous » rappelle la présence d’un témoin.
  4. Le héros est d’abord une silhouette anonyme, vue de l’extérieur et avec une légère moquerie (« comme surpris dans son travail » vise les élèves qui dormaient) : Flaubert installe dès le début un regard distant et ironique, et un personnage voué à la médiocrité.

Corrigé de l’exercice 11 : étudier un journal fantastique

  1. Date « 8 mai », pronoms « J’ », « ma maison », passé composé « J’ai passé », présent d’énonciation « J’aime », exclamation : l’énoncé est ancré.
  2. Un journal intime : entrée datée, première personne, récit de la journée écoulée.
  3. Un homme heureux, enraciné et serein : marques de subjectivité « Quelle journée admirable ! » (exclamation, adjectif mélioratif), « J’aime ce pays », « l’énorme platane », gradation « la couvre, l’abrite et l’ombrage ».
  4. Le lecteur n’a accès qu’à la conscience du narrateur et ne peut vérifier ce qu’il raconte : quand l’étrange surgira, on hésitera entre une explication surnaturelle et la folie du narrateur. Cette hésitation est le cœur du fantastique. Le bonheur initial rend aussi la dégradation plus frappante.

Corrigé de l’exercice 12 : écrire une scène polyphonique

Exemple de production :

« Quand Anna poussa la porte de l’auberge, une odeur de soupe et de bois mouillé la saisit. La salle était presque vide. Derrière le comptoir, un homme essuyait des verres sans lever les yeux. Elle s’approcha et demanda s’il restait une chambre pour la nuit [indirect]. L’homme la dévisagea longuement. Pourquoi la regardait-il ainsi ? Avait-elle l’air d’une voleuse ? [indirect libre] « La dernière est au fond du couloir, mais le loquet ferme mal », grogna-t-il enfin [direct]. Anna prit la clé. Tant pis pour le loquet, elle était trop fatiguée pour chercher ailleurs ! [indirect libre] Elle monta l’escalier, qui craquait à chaque marche, et sentit dans son dos le regard de l’aubergiste. »

Critères de réussite : temps du récit respectés ; les quatre discours rapportés demandés sont présents et correctement ponctués ; la focalisation interne est cohérente (on ne connaît jamais les pensées de l’aubergiste) ; le lecteur partage l’inquiétude du personnage.

Comment utiliser ce corrigé

Commence par vérifier tes identifications (discours ou récit, focalisation, type de discours rapporté). Si tu t’es trompé, relis la justification et cherche l’indice que tu n’avais pas vu. Pour les transpositions, entraîne-toi à faire le tableau de concordance des temps de mémoire. Pour les écrits, ne recopie pas l’exemple : compare ta production aux critères de réussite et réécris les phrases qui ne les respectent pas. Enfin, réutilise ces outils sur les romans que tu lis en classe : c’est ainsi qu’ils deviennent des réflexes d’analyse.

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