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Musset, On ne badine pas avec l’amour : corrigé des exercices de français 1re

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Ce corrigé Musset 1re donne les réponses complètes des douze exercices sur On ne badine pas avec l’amour, avec des explications, un paragraphe rédigé, un plan de dissertation et un exemple d’écrit d’appropriation.

Corrigé Musset 1re : réponses et explications

Corrigé de l’exercice 1 : vrai ou faux

  1. Faux : publiée en 1834, la pièce n’est jouée qu’en 1861, à la Comédie-Française.
  2. Vrai : le Baron se félicite que son fils soit docteur.
  3. Vrai.
  4. Faux : Rosette est la sœur de lait de Camille (elles ont eu la même nourrice), non la sœur de Perdican.
  5. Faux : la pièce est écrite en prose.
  6. Vrai.
  7. Faux : Bridaine est le curé ; le gouverneur de Perdican est Blazius.
  8. Vrai : Rosette meurt après avoir entendu les aveux des deux cousins dans l’oratoire.

Corrigé de l’exercice 2 : qui est qui ?

  1. Dame Pluche.
  2. Le Chœur.
  3. Le Baron.
  4. Maître Blazius.
  5. Rosette.
  6. Maître Bridaine.

Remarque : les quatre fantoches (Baron, Blazius, Bridaine, Pluche) sont définis par une manie unique, ce qui les rend mécaniques et comiques.

Corrigé de l’exercice 3 : l’ordre de l’intrigue

  1. Le Baron annonce son projet de mariage (acte I).
  2. Camille refuse d’embrasser son cousin (acte I).
  3. Perdican prononce sa tirade sur l’amour près de la fontaine (acte II, scène 5).
  4. Perdican lit la lettre de Camille à la sœur Louise (acte III).
  5. Perdican jette la bague de Camille dans la fontaine (acte III, scène 3).
  6. Camille cache Rosette derrière une tapisserie (acte III, scène 6).
  7. Perdican annonce qu’il épousera Rosette (acte III, scène 6).
  8. Rosette meurt après avoir entendu les aveux des deux cousins (acte III, scène 8).

Corrigé de l’exercice 4 : le Chœur, un commentateur ironique

  1. Le titre italien « messer », le participe « doucement bercé », la monture qualifiée de « fringante », le décor champêtre des « bleuets fleuris » et le détail « vêtu de neuf » composent une entrée majestueuse, presque épique.
  2. Ce ton noble est appliqué à un personnage ridicule : Blazius est un gouverneur pédant et ivrogne. Le décalage entre la forme élevée et le sujet bas produit un effet burlesque.
  3. Le registre est comique et parodique : le Chœur imite le style poétique pour mieux se moquer.
  4. Le Chœur antique annonce et juge l’action ; en le reprenant dès une ouverture comique, Musset installe un regard extérieur qui prépare discrètement la tragédie finale. Le mélange des registres est ainsi posé dès la première réplique.

Corrigé de l’exercice 5 : la tirade de Perdican

  1. « menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels » et « perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées » : ces accumulations d’adjectifs péjoratifs créent un effet de saturation et dressent un réquisitoire contre l’humanité entière, hommes et femmes à égalité.
  2. Le monde est « un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange » : la métaphore filée, qui associe saleté (« égout », « fange »), animalité (« phoques ») et difformité (« informes »), exprime un dégoût absolu.
  3. La conjonction de coordination « mais » renverse le propos : l’amour devient « une chose sainte et sublime », vocabulaire religieux qui répond, non sans ironie, à l’éducation du couvent.
  4. Le rythme ternaire, avec l’anaphore de « souvent », mime la répétition des épreuves amoureuses ; la phrase rebondit ensuite sur « mais on aime », qui affirme la valeur de l’amour malgré la souffrance.
  5. « Un être factice » désigne celui qui n’a jamais aimé par peur de souffrir. Perdican vise implicitement Camille : en choisissant le couvent par orgueil, elle risque de devenir cet être artificiel qui n’a pas vécu. Ironie tragique : Perdican lui-même cédera bientôt à l’orgueil.

Corrigé de l’exercice 6 : le refus du baiser

  1. « Excusez-moi » est une formule de politesse qui sert de refus : Camille évite l’affrontement direct tout en mettant une distance glacée entre elle et son cousin.
  2. Perdican reprend mot pour mot la formule : il rend refus pour refus. Cette symétrie annonce une pièce où chacun répondra à l’autre par des répliques blessées, comme dans un duel.
  3. Le Baron veut tout régler à l’avance ; ses ordres (« embrasse ton cousin », « embrasse-la ») montrent qu’il traite l’amour comme une affaire de famille et ne comprend rien aux sentiments.
  4. Chacun se protège : Camille refuse de se livrer, Perdican refuse d’être humilié en tendant la main pour rien. L’orgueil des deux jeunes gens est présent dès leurs premières paroles.

Corrigé de l’exercice 7 : le vocabulaire du théâtre

  1. tirade
  2. didascalie
  3. dénouement
  4. proverbe dramatique
  5. chœur
  6. monologue
  7. scène

Corrigé de l’exercice 8 : deux formes d’orgueil

Personnage Manifestation Cause Conséquence
Camille Elle refuse l’amour de Perdican et se vante, dans sa lettre à Louise, de l’avoir désespéré. Les récits des religieuses lui ont appris à craindre la trahison ; elle veut un amour sans risque. Elle met Perdican à l’épreuve et cache Rosette pour prouver son pouvoir.
Perdican Il courtise Rosette sous les yeux de Camille et jette la bague dans la fontaine. Blessé par la lettre, il refuse d’être la victime de sa cousine. Il promet le mariage à Rosette, ce qui conduit à la mort de la jeune fille.

Bilan : l’orgueil de Camille est défensif (ne pas souffrir), celui de Perdican est vindicatif (ne pas perdre la face) ; ensemble, ils détruisent une innocente.

Corrigé de l’exercice 9 : une question de grammaire sur la pièce

  1. La subordonnée relative est « qui ai vécu ». Elle est introduite par le pronom relatif « qui », dont l’antécédent est « moi » ; « qui » est sujet du verbe « ai vécu » (d’où l’accord à la 1re personne). C’est une relative adjective.
  2. La tournure présentative « c’est… qui » forme une phrase clivée : elle met en relief le pronom « moi ».
  3. « non pas » est une négation partielle, portant sur un seul constituant (« un être factice ») et non sur le verbe : elle oppose deux groupes. C’est une négation syntaxique (adverbe « non » renforcé par « pas »).
  4. Le groupe participial « créé par mon orgueil et mon ennui » est une expansion du nom « être » : il en est l’épithète (liée). À l’intérieur de ce groupe, « par mon orgueil et mon ennui » est le complément d’agent du participe passé, employé avec une valeur passive.

Corrigé de l’exercice 10 : les jeux de la parole

Exemple de paragraphe. Dans On ne badine pas avec l’amour, les mots ne sont jamais innocents : ils agissent sur les êtres. La lettre de Camille à la sœur Louise, d’abord simple confidence, devient une arme lorsque Perdican la lit : la vanité qu’elle exprime le blesse et déclenche sa vengeance. Les scènes épiées transforment ensuite le dialogue en spectacle : Camille, cachée, assiste à la cour que Perdican fait à Rosette, puis elle inverse le dispositif en dissimulant Rosette derrière une tapisserie. Chacun devient metteur en scène de l’autre. Le mensonge franchit alors une limite : en promettant le mariage à une paysanne sincère, Perdican engage une personne qui prend les mots au pied de la lettre. Enfin, l’aveu final, « Insensés que nous sommes ! nous nous aimons », devrait être une parole de vérité ; il devient une parole meurtrière, puisque Rosette l’entend et meurt. Le titre prend ainsi tout son sens : badiner avec les mots, c’est jouer avec des vies.

Critères de réussite : une idée directrice claire ; les quatre formes du schéma exploitées dans un ordre progressif ; des exemples précis situés dans la pièce ; une conclusion qui relie le paragraphe au titre.

Corrigé de l’exercice 11 : préparer une dissertation

Analyse du sujet. La restriction « n’est-elle qu’un jeu » invite à reconnaître la dimension ludique de la parole (badinage, joutes verbales, mises en scène), puis à montrer ses limites : la parole engage, blesse et tue.

Problématique possible : en quoi la parole, d’abord jeu brillant de séduction et d’orgueil, révèle-t-elle dans la pièce une puissance dramatique qui dépasse ceux qui la manient ?

  1. Une parole qui joue. a) Les joutes verbales entre les cousins (refus du baiser, entretien de la fontaine). b) Le comique verbal des fantoches (pédantisme de Blazius, querelles de table avec Bridaine). c) Le Chœur, commentateur ironique.
  2. Une parole qui manipule et blesse. a) La lettre à Louise, interceptée, déclenche la vengeance. b) Perdican courtise Rosette pour atteindre Camille. c) Camille organise l’aveu épié derrière la tapisserie.
  3. Une parole qui engage et qui tue. a) La tirade de l’acte II fait de l’amour une valeur absolue. b) Les promesses faites à Rosette sont prises au sérieux par elle. c) L’aveu de l’oratoire provoque la mort de Rosette : le proverbe du titre devient une leçon tragique.

Critères de réussite : problématique qui reprend les termes du sujet, progression du jeu vers le tragique, exemples précis et variés, ouverture possible vers une autre pièce du parcours, par exemple Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux.

Corrigé de l’exercice 12 : écrit d’appropriation

Exemple de monologue.

ROSETTE, seule. — Il l’aime. Je l’ai entendu de mes oreilles, derrière cette tapisserie qui sent la poussière et l’encens. Il disait « ma Camille » avec la voix qu’il prenait avec moi au bord de la fontaine. Alors, tout ce qu’il m’a dit était faux ? La chaîne d’or, les promesses au bord de la fontaine, la bague jetée dans l’eau… Je croyais que c’était pour moi qu’il la jetait. C’était pour elle, pour qu’elle le voie. Je n’étais qu’un miroir où il voulait que ma sœur se regarde. Mon Dieu, qu’est-ce qu’une pauvre fille comme moi connaît aux paroles des gens instruits ? Chez nous, quand on dit « je t’épouserai », c’est qu’on se mariera. Eux jouent avec les mots comme les enfants avec les cailloux, et ils ne voient pas qu’ils me lancent ces cailloux au visage. Et pourtant je ne peux pas les haïr. Camille m’a donné le même lait, et lui m’a appelée sa femme. Que vais-je dire à ma mère ? Que vais-je dire au village, qui m’a vue passer à son bras ? Je n’ai plus de place nulle part.

Critères de réussite : respect de la situation (après l’évanouissement de la scène 6) ; langue simple et sincère, qui contraste avec l’éloquence des cousins ; références exactes à la pièce (chaîne d’or, bague, sœur de lait) ; prise de conscience progressive ; ton pathétique sans invraisemblance.

Comment utiliser ce corrigé

Fais chaque exercice en entier avant de lire sa correction : la comparaison n’est utile que si tu as cherché. Pour les questions d’analyse, vérifie que tu as bien cité le texte, nommé le procédé et expliqué son effet ; c’est ce trio qui fait la valeur d’une réponse au bac. Pour la dissertation et le monologue, ne recopie pas les exemples : relève plutôt les critères de réussite et applique-les à ta propre production. Note enfin dans un carnet de lecture les scènes clés citées ici, avec leur numéro d’acte et de scène.

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