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Ce cours de littérature française Terminale propose un panorama des grandes périodes, du Moyen Âge à nos jours. Il te donne des repères sûrs (dates, mouvements, auteurs, œuvres) pour situer un texte, nourrir une dissertation, un essai de HLP ou un Grand oral, et aborder sereinement les études supérieures.
Littérature française Terminale : pourquoi des repères ?
Un texte ne surgit jamais de nulle part. Il répond à des œuvres antérieures, il s’inscrit dans une langue qui évolue, il réagit à son époque. Savoir qu’un poème date de 1857 plutôt que de 1550 change la manière de le lire : on n’attend pas les mêmes formes, les mêmes valeurs ni les mêmes audaces. Les repères chronologiques ne sont donc pas une liste à réciter, mais un outil d’interprétation.
Définition
Un mouvement littéraire est un ensemble d’écrivains d’une même époque qui partagent des idées, des thèmes et des choix d’écriture, souvent affirmés dans un texte théorique (préface, manifeste, art poétique). Un mouvement se reconnaît après coup : les auteurs eux-mêmes ne se rangeaient pas toujours sous une étiquette.
On distingue aussi le siècle, simple découpage du temps, de l’esthétique, qui désigne une conception du beau. Le XVIIe siècle, par exemple, connaît successivement une esthétique baroque, puis une esthétique classique.
Du Moyen Âge au XVIe siècle : naissance d’une littérature
Le Moyen Âge (XIe-XVe siècle)
La littérature médiévale s’écrit en ancien français, puis en moyen français. Vers 1100, La Chanson de Roland, anonyme, inaugure la chanson de geste : un récit épique en vers qui célèbre les exploits guerriers des chevaliers de Charlemagne. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, Chrétien de Troyes invente le roman courtois (Le Chevalier de la charrette, Perceval ou le Conte du Graal) : le chevalier y conquiert l’amour de sa dame par des épreuves. Le Roman de Renart parodie ce monde héroïque à travers des animaux rusés, tandis que les farces font rire le public des foires. Au XVe siècle, François Villon donne au « je » poétique une voix personnelle et inquiète dans Le Testament et la Ballade des pendus.
La Renaissance et l’humanisme (XVIe siècle)
L’imprimerie, la redécouverte des textes grecs et latins et les grandes découvertes bouleversent la culture. Les humanistes placent l’homme au centre de leur réflexion et croient au pouvoir de l’éducation. Rabelais (Pantagruel, 1532 ; Gargantua, 1534) mêle savoir encyclopédique et rire énorme. Les poètes de la Pléiade, autour de Ronsard et de Du Bellay, veulent hisser le français au rang des langues antiques : c’est le sens de la Défense et illustration de la langue française (1549). Enfin, Montaigne invente un genre nouveau avec ses Essais (1580), où il se prend lui-même pour objet d’étude.
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Joachim Du Bellay, Les Regrets, sonnet 31, 1558
Dans ce sonnet, Du Bellay imite les modèles antiques (Ulysse, Jason et la toison d’or) tout en exprimant une nostalgie très personnelle : c’est exactement l’idéal de la Pléiade, imiter les Anciens pour créer une poésie française.
XVIIe et XVIIIe siècles : l’ordre classique, puis la critique
Du baroque au classicisme
La première moitié du XVIIe siècle est marquée par l’esthétique baroque : goût du mouvement, de l’illusion, des métamorphoses et des contrastes. Après 1660, sous Louis XIV, s’impose le classicisme, qui recherche l’ordre, la mesure, la clarté et la vraisemblance, en imitant les Anciens. Au théâtre, la tragédie obéit à la règle des trois unités (une action, un lieu, une journée) et à la bienséance. Boileau résume cette doctrine dans son Art poétique (1674).
- Corneille : Le Cid (1637), héros partagés entre l’amour et l’honneur ;
- Racine : Andromaque (1667), Phèdre (1677), tragédies de la passion fatale ;
- Molière : Dom Juan (1665), Le Misanthrope (1666), comédies qui corrigent les mœurs par le rire ;
- La Fontaine : les Fables (à partir de 1668) ;
- Madame de La Fayette : La Princesse de Clèves (1678), souvent considéré comme le premier roman d’analyse psychologique ;
- les moralistes : Pascal (Pensées), La Rochefoucauld (Maximes), La Bruyère (Les Caractères).
Le siècle des Lumières
Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières soumettent tout à l’examen de la raison : le pouvoir absolu, l’intolérance religieuse, l’esclavage, les privilèges. Ils utilisent des formes vives et accessibles pour toucher un large public. Montesquieu fait parler des Persans étonnés par la France (Lettres persanes, 1721) ; Voltaire manie l’ironie dans le conte philosophique (Candide, 1759) ; Diderot et d’Alembert dirigent l’Encyclopédie (1751-1772) ; Rousseau réfléchit à la souveraineté du peuple (Du contrat social, 1762) et ouvre la voie à l’autobiographie moderne avec les Confessions. Au théâtre, Marivaux et Beaumarchais (Le Mariage de Figaro, 1784) font entendre la contestation sociale.
Règle
Pour situer une œuvre, réponds toujours à quatre questions : quand (date, siècle) ? quel genre ? quel mouvement ou quelle esthétique ? quel contexte historique et culturel ? Une seule phrase d’introduction suffit à donner ces quatre informations.
Le XIXe siècle : un foisonnement de mouvements
Le romantisme (années 1820-1850) libère l’expression du moi, de la passion et de la nature. Lamartine publie les Méditations poétiques (1820) ; Victor Hugo rejette les règles classiques dans la Préface de Cromwell (1827) et provoque la « bataille d’Hernani » (1830) ; Musset écrit Lorenzaccio (1834).
Le réalisme veut représenter la société telle qu’elle est, y compris dans sa banalité : Stendhal (Le Rouge et le Noir, 1830), Balzac (La Comédie humaine), Flaubert (Madame Bovary, 1857). Le naturalisme de Zola pousse plus loin cette ambition en s’inspirant des sciences : la série des Rougon-Macquart (1871-1893) étudie l’hérédité et le milieu. Maupassant s’en rapproche dans ses nouvelles.
En poésie, Baudelaire fait scandale avec Les Fleurs du mal (1857), condamnées pour outrage à la morale publique. Il ouvre la voie à Verlaine, Rimbaud et Mallarmé, que l’on rattache au symbolisme (manifeste de Jean Moréas, 1886) : la poésie suggère au lieu de décrire.
Du XXe siècle à nos jours : ruptures et inventions
Le XXe siècle multiplie les remises en cause. Apollinaire supprime la ponctuation d’Alcools (1913). Proust publie À la recherche du temps perdu (1913-1927), immense roman de la mémoire. Après la Première Guerre mondiale, le surréalisme d’André Breton (Manifeste du surréalisme, 1924) explore le rêve et l’écriture automatique. Céline bouscule la langue romanesque avec Voyage au bout de la nuit (1932).
Autour de la Seconde Guerre mondiale, Sartre et Camus interrogent le sens de l’existence : c’est le temps de l’existentialisme et de l’absurde (La Nausée, 1938 ; L’Étranger, 1942). Le théâtre de l’absurde (Ionesco, La Cantatrice chauve, 1950 ; Beckett, En attendant Godot, 1953) démonte le langage. Le Nouveau Roman (Robbe-Grillet, Sarraute, Butor) conteste le personnage et l’intrigue traditionnels, tandis que l’Oulipo, fondé en 1960 par Queneau et François Le Lionnais, fait de la contrainte un moteur d’invention (Perec, La Disparition, 1969). En 1977, Serge Doubrovsky forge le mot autofiction. Depuis, la littérature explore l’intime, l’histoire familiale et le réel, comme le montre le chapitre sur la littérature contemporaine.
Attention
Ne confonds pas le sens courant et le sens littéraire des mots. Romantique ne veut pas dire « sentimental » mais renvoie au mouvement de 1820-1850. Classique désigne au sens strict l’esthétique de 1660-1715, et non « toute œuvre ancienne et connue ». Enfin, les dates des mouvements sont des repères approximatifs : les esthétiques se chevauchent toujours.
Exemple
Phrase d’introduction modèle : « Publié en 1857, en plein essor du réalisme, Madame Bovary de Flaubert raconte l’ennui d’une femme de province nourrie de lectures romantiques. » En une phrase, la date, le mouvement, le genre implicite (roman) et le sujet sont posés.
À retenir
- Moyen Âge : chanson de geste, roman courtois, Villon.
- XVIe siècle : humanisme, Rabelais, la Pléiade, Montaigne.
- XVIIe siècle : baroque puis classicisme (Corneille, Racine, Molière, La Fontaine).
- XVIIIe siècle : Lumières (Montesquieu, Voltaire, Diderot, Rousseau).
- XIXe siècle : romantisme, réalisme, naturalisme, Baudelaire et le symbolisme.
- XXe siècle : surréalisme, existentialisme et absurde, Nouveau Roman, Oulipo, autofiction.
- Situer une œuvre = date, genre, mouvement, contexte.
Pour aller plus loin
- Entraîne-toi avec les exercices sur le panorama de la littérature française.
- Vérifie tes repères avec le QCM sur les siècles et les mouvements.
- Approfondis le lien entre écrivains et penseurs dans le cours Littérature et philosophie.


