Gratuit. Ce corrigé du brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.
Le sujet est sur la page Brevet de français 2025 : Amérique du Nord. Traiter le sujet d’abord, puis comparer avec ce corrigé.
Voici le corrigé brevet français 2025 Amérique du Nord, rédigé question par question pour l’épreuve de la série générale, notée sur 100 points (50 points de compréhension et de grammaire, 10 points de dictée, 40 points de rédaction). Les réponses sont justifiées par le texte de Gaël Faye et chaque barème est détaillé.
I. Compréhension et compétences d’interprétation
Corrigé de la question 1 (3 points)
Trois personnages sont présents : le narrateur (le fils, qui dit « je »), sa mère et son père. On accepte « le narrateur et ses parents » (1,5 point).
Sur la mère, on apprend qu’elle est d’origine rwandaise : elle parle le kinyarwanda au téléphone et le Rwanda est son « pays natal » (1 point). On apprend aussi qu’elle garde le silence sur ses origines : « elle taisait totalement ses origines » et reste « évasive » avec son fils (0,5 point). Toute remarque sur son caractère mystérieux, insaisissable ou énigmatique est acceptée.
Erreur fréquente : oublier le père, qui est bien un personnage (son « regard gêné et dissuasif »).
Corrigé de la question 2 (4 points)
Le narrateur observe sa mère parce qu’il est intrigué et troublé par une femme qu’il ne reconnaît plus. Deux éléments suffisent, chacun valant 1 point pour l’idée et 1 point pour la citation.
- Il l’entend parler une langue qu’il ne comprend pas et ignore à qui elle s’adresse : « cette langue inconnue », « Je n’ai jamais su avec qui elle conversait ».
- Elle lui paraît transformée pendant ces appels, ce qui lui donne envie de la comprendre : « en faisaient une autre personne », « une aura mystérieuse ».
- Il cherche aussi à dissiper un sentiment d’étrangeté : « Le terrible sentiment de ne pas connaître cette femme. Ma propre mère. »
Erreur fréquente : répondre sans citation, ce qui fait perdre la moitié des points.
Corrigé de la question 3 (7 points)
a) (3 points). Le pays natal de la mère est évoqué dans les médias parce qu’il est en guerre (1 point). Le texte le prouve par des expressions comme « images de mort, de violence et d’exode », « barbarie lointaine » ou « scènes d’horreur » (2 points pour deux citations). Aucune référence précise au génocide des Tutsis n’est exigée : il suffit de nommer un pays en proie à un conflit violent.
b) (4 points). Deux éléments sont attendus, avec leur justification.
- Les parents sont inexpressifs et silencieux : la mère « n’avait pas réagi », la famille reste « silencieu[se] », « la sensibilité du téléspectateur était avalée comme une bouchée de silence ».
- Ils évitent le sujet : le père lance à son fils « un regard gêné et dissuasif » pour l’empêcher d’en parler.
- On peut aussi montrer qu’ils sont comme pétrifiés (« figés comme des statues », « fourchettes suspendues »), puis qu’ils reviennent à la vie quotidienne comme si de rien n’était (« les choses ne reprennent leur cours normal »).
Corrigé de la question 4 (6 points)
Chaque procédé vaut 3 points : 1 point pour l’identifier et 2 points pour expliquer son effet.
- Une énumération : « d’images de mort, de violence et d’exode ». Elle accumule les aspects du conflit (les morts, les brutalités, les populations qui fuient) et donne une impression de débordement, de gravité sans fin.
- Une métaphore : « un magma… s’est déversé dans nos assiettes ». Les images sont comparées à une coulée de lave qui envahit tout. Elle suggère une irruption soudaine, incontrôlable et destructrice, et crée un contraste violent avec le calme du dîner en famille.
- Autres réponses acceptées : le complément de temps « Des mois durant », qui souligne la durée et la répétition ; l’allitération en [d] (« durant », « déversé », « dans »), qui évoque un martèlement.
Un élève qui ne nomme aucun procédé mais interprète correctement la phrase (l’image du volcan, la violence « avalée » pendant le repas) peut obtenir 2 points.
Corrigé de la question 5 (6 points)
Deux explications sont attendues, à raison de 3 points chacune, parmi les suivantes.
- Le narrateur souffre du silence de sa mère sur son passé : il a l’impression de ne pas la connaître et il lui manque une part de son identité.
- Il est bouleversé par la violence des images vues chaque soir à la télévision (« scènes d’horreur », « caramboler »). Le choc est d’autant plus grand qu’il était d’abord « tout excité, presque content » d’entendre parler du pays de sa mère.
- Il souffre de l’absence d’explications et de dialogue : seul avec ce qu’il a vu, il ne peut ni poser de questions ni se libérer de ce poids.
- Il ressent peut-être la douleur que sa mère refuse d’exprimer et qu’il porte à sa place.
Le lien avec le texte doit être explicite. Le mal physique est ici le signe d’un mal-être moral : c’est une somatisation.
Corrigé de la question 6 (6 points)
Trois liens sont attendus, à raison de 2 points chacun (1 seul point sans référence précise au texte et à l’image).
- Le lieu : texte et photographie renvoient tous deux au Rwanda (le « pays natal » de la mère ; Kigali, la capitale).
- Le génocide et ses victimes : le texte montre les « images de mort » vues pendant le conflit, la photographie montre les noms des victimes inscrits sur un mur. L’un évoque le temps de la guerre, l’autre le temps du recueillement et du devoir de mémoire.
- Le lien mère-enfant : sur la photographie, l’enfant est porté par sa mère dans une position protectrice, comme le narrateur cherche à rester proche de la sienne. Mais la mère est tournée vers le mur et l’enfant regarde par-dessus son épaule, un peu comme le narrateur qui épie sa mère sans qu’elle le sache.
- La transmission : sur l’image, la mère associe son enfant à l’hommage ; dans le texte, la mère se tait et le père décourage les questions.
- Le silence : le recueillement devant le mur fait écho au mutisme de la mère.
Toute autre remarque pertinente reliant le texte et l’image est acceptée.
II. Grammaire et compétences linguistiques
Corrigé de la question 7 (2 points)
a) « restions » est à l’imparfait (0,5 point) de l’indicatif (0,5 point). Le verbe est rester, à la première personne du pluriel.
b) Il a ici une valeur d’habitude (1 point) : la scène se répète « quasiment chaque soir ». On accepte aussi « action qui dure dans le temps ». Piège : ne pas confondre avec l’imparfait de description.
Corrigé de la question 8 (4 points)
a) « religieusement » est un adverbe (1 point), formé sur l’adjectif « religieux » avec le suffixe -ment.
b) Il est complément circonstanciel de manière du verbe « regardions » (1 point). On accepte « complément circonstanciel » ou « complément de phrase » sans précision. Deux manipulations au choix (1 point chacune) :
- il est déplaçable : « Religieusement, nous regardions la télévision à l’heure du dîner » ;
- il est supprimable : « la télévision, que nous regardions à l’heure du dîner » reste correct ;
- il ne peut pas être remplacé par un pronom, ce qui le distingue d’un complément essentiel.
Piège : « religieusement » signifie ici « avec une attention soutenue, comme à une cérémonie », sens figuré.
Corrigé de la question 9 (2 points)
Le verbe épier signifie observer quelqu’un en cachette, sans qu’il le sache (1 point). Le contexte le montre : le narrateur « profit[e] de ces appels » pendant que sa mère téléphone et décrit ensuite ce qu’il voit (ses attitudes, sa voix, ses mains).
Synonymes acceptés (1 point) : espionner, guetter, surveiller, observer, scruter, regarder. Le verbe « voir » n’est pas accepté.
Corrigé de la question 10 (10 points)
Il faut remplacer « la » (la mère) par « les » (deux personnes de sexe masculin, par exemple deux hommes) et tout accorder : pronoms, adjectif, verbes et possessif.
« Si bien que lorsque je les surprenais en train de parler kinyarwanda lors d’une conversation téléphonique et les entendais s’exprimer couramment dans cette langue inconnue, je m’arrêtais, stupéfait. Je n’ai jamais su avec qui ils conversaient. Quand je les interrogeais, ils restaient évasifs, parlaient de « vieilles connaissances » ou de leur « lointaine famille à Bruxelles ». Je profitais de ces appels pour les épier. »
Le barème est de 1 point par forme correcte. Les formes à modifier sont : « les surprenais », « les entendais », « ils conversaient » (verbe au pluriel), « les interrogeais », « ils restaient » (verbe au pluriel), « évasifs » (adjectif au masculin pluriel), « parlaient » (verbe au pluriel), « leur » (à la place de « sa ») et « les épier ». On accepte « leurs lointaines familles » si l’accord est cohérent. Chaque erreur de copie retire 0,5 point, dans la limite de 2 points. Pièges : oublier le -s de « évasifs », laisser « restait » au singulier, garder « sa ».
Dictée
Texte de la dictée
Le texte est de Gaël Faye, Jacaranda, 2024. Les signes de ponctuation entre crochets sont à dire à voix haute lors de la première lecture.
C’est ce printemps-là que le Rwanda s’est invité dans nos vies pour la première fois [point]. Ma mère n’en avait jamais parlé [point]. Pour elle [virgule] son existence avait commencé en 1973 [virgule] lors de son arrivée en France [point]. Elle ne faisait pas d’allusions à sa famille [virgule] ne disait rien de son enfance [virgule] ne possédait aucune photo de sa jeunesse là-bas [point]. Petit [virgule] j’avais certainement dû lui demander où se trouvaient son pays [virgule] ses parents [tiret] mes grands-parents [virgule] que je ne connaissais pas [point]. Je ne me souviens plus de ses réponses [point]. Le passé de ma mère était porte close [point]. D’ailleurs [virgule] elle n’écoutait pas de musique rwandaise [virgule] ne cuisinait pas de plats de là-bas et ne m’avait pas chanté de berceuse dans sa langue maternelle [point].
Barème. On retire 1 point par erreur grammaticale et 0,5 point par erreur lexicale ou par mot oublié. On retire aussi 0,5 point pour quatre erreurs d’accent (hors accent grammatical), de ponctuation ou de majuscule, dans la limite de 2 points. Si un mot comporte plusieurs erreurs, on ne compte que la plus grave, et une même erreur répétée n’est comptée qu’une fois. On ne pénalise pas « Rwandais » avec une majuscule, ni l’oubli du titre et de l’auteur, ni l’oubli d’écrire une ligne sur deux. Pour la dictée aménagée, on attribue 1 point par mot correctement recopié.
Pièges d’orthographe à repérer.
- « s’est invité » : participe passé d’un verbe pronominal dont le sujet « le Rwanda » est masculin singulier ; « se » est ici complément d’objet direct (le Rwanda a invité lui-même), l’accord se fait donc avec le sujet. Distinguer « s’est » et « c’est ».
- « n’en avait jamais parlé » : « en » pronom et participe passé invariable (parler à, parler de).
- « d’allusions » : pluriel, avec deux l ; « là-bas » : avec accent grave et trait d’union.
- « j’avais certainement dû » : participe passé de devoir, avec l’accent circonflexe au masculin singulier.
- « se trouvaient » : verbe au pluriel car le sujet inversé est « son pays, ses parents ».
- « mes grands-parents » : trait d’union et pluriel des deux éléments ; « que je ne connaissais pas » : imparfait en -ais.
- « porte close » : adjectif féminin singulier qui qualifie « porte », expression sans article.
- « d’ailleurs », « berceuse », « maternelle » : mots à connaître.
- « ne m’avait pas chanté » : participe invariable car le complément d’objet direct (« de berceuse ») est placé après le verbe.
Pensez à vous relire en vérifiant d’abord les accords sujet-verbe, puis les accords dans le groupe nominal, puis les homophones.
Rédaction
Sujet d’imagination : la lettre du narrateur
Analyse du sujet. Il faut écrire une lettre : le narrateur (enfant ou adolescent, qui dit « je ») s’adresse à sa mère (« tu » ou « vous », le « tu » étant plus naturel). Le moment est précis : un soir, après les images du Rwanda, seul dans sa chambre. Le texte de départ fournit les éléments à reprendre : le silence de la mère, la gêne du père, le dîner, les images, les maux de ventre.
Plan. 1. Lieu, moment et raison d’écrire. 2. Ce que le narrateur a vu et ressenti. 3. Ses questions et sa quête d’identité. 4. Son affection, sa promesse d’écouter, une demande de dialogue.
Critères. Les codes de la lettre (lieu ou date, formule d’appel, formule finale) ; la fidélité au personnage (une mère évasive, un narrateur qui souffre de ne pas la connaître) ; l’expression des sentiments ; la cohérence avec le texte ; la qualité de la langue.
Production modèle.
Le soir, dans ma chambre
Chère maman,
Tu seras sans doute étonnée de trouver cette lettre sur ton oreiller. Je n’ai pas su te dire ces choses à voix haute, alors je les écris, parce que le papier ne détourne pas le regard.
Ce soir, comme tous les autres soirs depuis des semaines, nous avons regardé le journal en silence. Les images du Rwanda défilaient. Des corps, des cris, des gens qui marchaient sur les routes avec leurs enfants. Ta fourchette est restée en l’air et papa m’a regardé, tu sais, de ce regard qui veut dire « ne pose pas de question ». Alors je n’ai rien demandé. J’ai avalé mon dîner et ces images avec lui. Depuis, j’ai mal au ventre et j’ai envie de pleurer, sans savoir exactement pourquoi.
Je crois que c’est parce que je ne comprends rien. Ce pays, c’est le tien, et il est devenu un lieu de malheur dans notre salon sans que tu m’aies jamais dit comment il était avant. Je ne connais ni ton village ni les noms de tes parents. Parfois, je t’entends parler au téléphone dans une langue que je ne comprends pas et je reste immobile derrière la porte. Tu deviens quelqu’un d’autre, quelqu’un de beau et de lointain. J’ai peur, maman, de ne pas te connaître, alors que tu es ma mère.
Je ne te demande pas de tout me raconter. Je voudrais seulement que tu saches que je suis là, que je peux entendre des choses tristes, et que ton silence me fait plus mal que ta peine. Si un jour tu veux me parler de là-bas, de ta langue, de ceux que tu as perdus, je serai le premier à t’écouter.
Je t’embrasse très fort.
Ton fils
Sujet de réflexion : les œuvres d’art et la violence de la réalité
Analyse du sujet. La question est fermée (« doivent-elles… ? ») mais elle appelle une réponse nuancée. Les mots clés sont « réalité », « même lorsque » et « violente » : l’art a-t-il le devoir de ne rien cacher ? Il faut s’appuyer sur des exemples variés (littérature, peinture, cinéma, musique).
Plan. 1. Oui : l’art témoigne, fait comprendre et fait réagir. 2. Mais l’art n’est pas obligé de tout montrer : il peut inventer, suggérer, protéger. 3. Conclusion nuancée : on peut tout dire, mais pas n’importe comment.
Critères. Une thèse claire ; plusieurs arguments, chacun illustré d’un exemple précis ; des paragraphes organisés ; des connecteurs logiques variés ; une langue correcte.
Production modèle.
La violence fait partie du monde : guerres, crimes, injustices. Les artistes doivent-ils pour autant la montrer ? À mon avis, l’art a le droit, et parfois le devoir, de la représenter, à condition de le faire avec intelligence et sans en faire un simple spectacle.
D’abord, montrer la violence, c’est témoigner et lutter contre l’oubli. Le roman de Gaël Faye, Jacaranda, ou Petit Pays, raconte le génocide des Tutsis au Rwanda à travers le regard d’un enfant : il permet au lecteur de comprendre ce que les manuels résument en quelques lignes. De même, le film Nuit et brouillard d’Alain Resnais confronte le spectateur à la réalité des camps nazis pour que ces crimes ne soient jamais oubliés. L’art devient alors un devoir de mémoire.
Ensuite, l’art peut dénoncer. Dans Guernica, Picasso peint le bombardement d’une ville espagnole en 1937 : les corps tordus, les visages hurlants, l’absence de couleurs saisissent le spectateur et protestent contre la guerre bien mieux qu’un discours. Victor Hugo, dans ses poèmes politiques, ou Zola dans Germinal, ont aussi utilisé la réalité cruelle pour émouvoir et pour pousser leurs contemporains à agir.
Cependant, l’art n’est pas obligé de copier la réalité. Une image trop brutale peut choquer au point que le spectateur détourne les yeux et ne voie plus le message : le narrateur du texte d’étude en garde des maux de ventre. Les contes, les fables ou la science-fiction montrent aussi la violence du monde, mais par le détour de l’imagination, ce qui permet de la dire sans traumatiser. Enfin, l’art sert aussi à rêver, à se divertir, à s’évader ; il ne peut pas être tenu de n’évoquer que le malheur.
En conclusion, les œuvres d’art peuvent et parfois doivent montrer la violence du réel, car elles informent, émeuvent et font réfléchir. Mais l’artiste choisit la manière : frontale ou suggérée, directe ou symbolique. On peut tout dire, mais pas n’importe comment ni à n’importe qui.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 6) | 32 |
| Grammaire et compétences linguistiques (questions 7 à 10) | 18 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative pour la rédaction. De 1 à 12 points : le sujet n’est pas traité ou la langue est très défaillante. De 13 à 22 points : le sujet est traité partiellement. De 23 à 34 points : le sujet est traité de façon satisfaisante, avec une langue globalement correcte. De 35 à 40 points : le texte est riche, organisé, original et bien écrit. Pour l’ensemble de l’épreuve, un total de 50 sur 100 correspond à la moyenne, et 80 et plus à une très bonne copie.
Conseil 1 : améliorer les questions et la grammaire. Rédigez toujours des réponses complètes avec une citation précise, et révisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec les exercices correspondants. Pour la dictée et la réécriture, travaillez la dictée et la réécriture et ses exercices.
Conseil 2 : soigner la rédaction. Si vous choisissez l’imagination, relisez le cours sur le sujet d’imagination et faites les exercices ; pour la réflexion, révisez le cours sur le sujet de réflexion et ses exercices.
Retour au sujet : Brevet de français 2025 : Amérique du Nord

À imprimer
Retrouve ce corrigé du brevet dans un PDF propre, prêt pour la classe ou la maison.
Télécharger le PDF
