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Brevet de français 2019 : Centres étrangers – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Centres étrangers : brevet de français 2019, illustration Français PDF
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Gratuit. Ce sujet de brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.

Voici le sujet de brevet français 2019 centres étrangers (groupe 1), série générale, session du 17 juin 2019. L’épreuve dure 3 heures au total et porte sur 100 points : 1 h 10 pour la grammaire et la compréhension (50 points), 20 minutes pour la dictée (10 points) et 1 h 30 pour la rédaction (40 points).

Pour réviser avant de vous lancer : le cours sur l’épreuve de français du brevet, le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et le cours sur la dictée et la réécriture.

Partie 1 : Grammaire et compétences linguistiques, compréhension et compétences d’interprétation (50 points)

Durée conseillée : 1 h 10. L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite. Les réponses doivent être entièrement rédigées. Le candidat conserve le sujet comme support pour l’épreuve de rédaction.

Texte littéraire

Les lignes sont numérotées dans le sujet officiel : la ligne 5 se termine par « de se faire la guerre ? », la ligne 10 par « ni plus ni », la ligne 15 par « dans les zones », la ligne 20 par « un ailleurs. », la ligne 25 par « secouant la tête – mais », la ligne 30 par « plus rien. » et la ligne 35 par « Une amende peut-être. ».

Baïkal et Kate sont sortis clandestinement de « Globalia », le monde dans lequel ils vivent. Ils se retrouvent dans la « non-zone » qu’ils ne connaissent pas.

– Tu ne comprends pas, Kate, je te l’ai souvent répété. Ce sera partout la même chose. Partout nous serons en Globalia. Partout, nous retrouverons cette civilisation que je déteste.

– Évidemment, puisqu’il n’y en a qu’une ! Et c’est heureux. Aurais-tu la nostalgie du temps où il y avait des nations différentes qui n’arrêtaient pas de se faire la guerre ?

Baïkal haussa les épaules. Kate poussa son avantage.

– Il n’y a plus de frontières, désormais. Ce n’est tout de même pas plus mal ?

– Bien sûr que non, Kate. Tu me récites la propagande que tu as apprise comme nous tous. Globalia, c’est la liberté ! Globalia, c’est la sécurité ! Globalia, c’est le bonheur !

Kate prit l’air vexé. Le mot de propagande était blessant. Il ne s’agissait ni plus ni moins que de la vérité.

– Tu te crois certainement plus malin que moi, mais tu ne peux tout de même pas nier qu’on peut aller partout. Ouvre ton multifonction1, sélectionne une agence de voyages et tu pars demain dans n’importe quel endroit du monde…

– Oui, concéda Baïkal, tu peux aller partout. Mais seulement dans les zones sécurisées, c’est-à-dire là où on nous autorise à aller, là où tout est pareil.

– Mais tout Globalia est sécurisé ! L’Europe, l’Amérique, la Chine… Le reste, c’est le vide, ce sont les non-zones.

Baïkal reprit d’un ton passionné et s’écria :

– Moi, je continue à croire qu’existe un ailleurs.

Kate soupira.

– C’est ce que tu m’as expliqué et c’est pour cela que je t’ai suivi. Mais rends-toi à l’évidence. L’ailleurs est dans tes rêves, mon amour. Il n’y a que quelques endroits pourris aux confins du monde, des réserves, des friches.

– Depuis six mois je recoupe les informations, insista Baïkal en secouant la tête – mais on sentait le désespoir éteindre sa voix. Je suis sûr que toutes ces non-zones sont en continuité. On peut sortir d’ici et rejoindre la mer, il doit y avoir des déserts, des villes peut-être. J’ai fait l’impossible pour obtenir des plans. J’ai soudoyé2 un type dont le grand-père était botaniste3. Il avait effectué des missions dans les non-zones. Il m’a vendu ce logiciel cartographique, mais il est sans doute dépassé : on ne reconnaît plus rien.

Kate le sentait au bord des larmes. Elle passa sa main dans ses cheveux, lissa ses éternels épis couleur de jais4 qui se redressaient aussitôt.

– Rentrons maintenant, souffla-t-elle. Nous raconterons que nous nous sommes perdus, que la porte était ouverte, que nous avons voulu être seuls dans la montagne. Cela n’ira pas bien loin. Une amende peut-être.

– Non, dit Baïkal en secouant la tête. Je ne retournerai pas là-bas. Ce monde est une prison.

Jean-Christophe Rufin, Globalia (2004)

1. Multifonction : ordinateur. 2. Soudoyer : payer quelqu’un pour obtenir quelque chose de défendu. 3. Botaniste : scientifique qui étudie les plantes, les fleurs et les arbres. 4. Jais : de couleur noire.

Image

Document : planche de bande dessinée de Quino, extraite de Y a un truc !, éditions Glénat (1981). Quino, scénariste et auteur de bandes dessinées argentin, porte un regard critique sur la société, notamment celle de son pays.

Travail sur le texte littéraire et sur l’image (50 points – 1 h 10)

Grammaire et compétences linguistiques (22 points)

Question 1 (2 points)

« Globalia » (ligne 2)

a) À partir de quel mot ce terme est-il formé ? (1 point)

b) Expliquez le sens de « Globalia ». (1 point)

Question 2 (4 points)

« […] là où on nous autorise à aller » (ligne 16), « mais on sentait le désespoir éteindre sa voix » (ligne 26), « on peut sortir d’ici et rejoindre la mer » (ligne 27).

a) Quelle est la classe grammaticale du mot « on » ? (1 point)

b) Identifiez ce que désigne chacun des trois mots soulignés. (3 points)

Question 3 (1 point)

« Nous raconterons que nous nous sommes perdus, que la porte était ouverte, que nous avons voulu être seuls dans la montagne. » (lignes 33-34)

Comment les paroles du personnage sont-elles rapportées ? (1 point)

Question 4 (1 point)

« Globalia, c’est la liberté ! Globalia, c’est la sécurité ! Globalia, c’est le bonheur ! » (ligne 9). Identifiez une figure de style employée dans ce passage. (1 point)

Question 5 (2 points)

« Mais rends-toi à l’évidence » (lignes 22-23)

a) Quel mode est employé dans cette phrase ? (1 point)

b) Expliquez l’emploi de ce mode. (1 point)

Question 6 (2 points)

« Je ne retournerai pas là-bas. Ce monde est une prison. » (lignes 36 à 37)

a) Nommez la relation logique qui unit les deux phrases. (1 point)

b) Réécrivez-les en utilisant une conjonction de subordination qui exprime la même relation logique. (1 point)

Question 7 (10 points)

« Tu ne comprends pas, Kate, je te l’ai souvent répété. Ce sera partout la même chose. Partout nous serons en Globalia. Partout, nous retrouverons cette civilisation que je déteste. » (lignes 1 à 3)

Réécrivez ce passage en commençant par : Baïkal explique à Kate qu’elle… (10 points)

Compréhension et compétences d’interprétation (28 points)

Question 1 (2 points)

Quel est le sujet central de la conversation entre Kate et Baïkal ? (2 points)

Question 2 (8 points)

a) Que pense Kate de Globalia ? (2 points)

b) Reformulez deux arguments qu’avance Kate pour défendre son opinion. Vous illustrerez votre réponse à l’aide de deux citations. (4 points)

c) Dans les lignes 4 à 14, nommez un procédé qu’elle utilise pour convaincre Baïkal. Justifiez-le à l’aide d’un exemple issu du texte. (2 points)

Question 3 (6 points)

a) Quelle vision Baïkal a-t-il de Globalia ? Relevez deux arguments. (3 points)

b) Quel est son projet ? Justifiez votre réponse. (3 points)

Question 4 (2 points)

Quelle proposition Kate formule-t-elle à la fin de l’extrait ? Pour quelle raison ? (2 points)

Question 5 (4 points)

En vous appuyant sur les réponses précédentes et votre lecture du texte, que pensez-vous de Globalia ? Développez votre réponse de manière argumentée. (4 points)

Question 6 (6 points)

a) Quelles sont les caractéristiques de la société représentée par Quino dans cette planche de bande dessinée ? (3 points)

b) Quels liens établissez-vous avec le texte Globalia ? (3 points)

Partie 2 : Dictée (10 points)

Dictée (10 points)

Durée : 20 minutes. Le candidat compose sur la même copie que pour la première partie et écrit une ligne sur deux. Dictée (10 points) : l’examinateur dicte le texte ; le texte figure dans le corrigé. Le surveillant-lecteur note au tableau : Baïkal, Kate, glauque, biais, ainsi que le nom de l’auteur et le titre de l’ouvrage (Jean-Christophe Rufin, Globalia).

Partie 3 : Rédaction (40 points)

Durée : 1 h 30. Vous rédigerez sur une copie distincte. Vous écrirez une ligne sur deux. Vous vous appuierez sur le corpus de la première partie de l’épreuve. L’utilisation du dictionnaire est autorisée, celle de la calculatrice est interdite. Vous traiterez au choix un des deux sujets suivants.

Pour vous entraîner : le cours sur le sujet d’imagination et le cours sur le sujet de réflexion.

Vous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants (40 points)

Sujet d’imagination : Kate rentre seule à Globalia. Imaginez une situation qui lui ouvre les yeux, l’amenant à considérer Globalia comme une prison et à partager le point de vue de Baïkal sur ce monde. Vous respecterez les caractéristiques de la narration et du cadre spatio-temporel du texte. Vous intégrerez dans votre récit les pensées et les sentiments de Kate.

Sujet de réflexion : Comment l’expression artistique (la littérature, la peinture, le cinéma, la musique…) permet-elle de dénoncer le totalitarisme ? Vous vous appuierez sur vos lectures, vos connaissances personnelles et culturelles.

Corrigé du brevet de français 2019 (Centres étrangers)

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