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Dénoncer les travers de la société : cours de français 3ème

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Dénoncer les travers de la société : cours de français 3ème, illustration Français PDF
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Ce cours sur la satire 3ème t’apprend comment les écrivains et les dessinateurs dénoncent les injustices, les abus de pouvoir et les vices de leur temps. Tu découvriras les formes de la dénonciation (fable, conte philosophique, caricature) et les procédés qui la rendent efficace, à commencer par l’ironie.

Satire 3ème : que signifie « dénoncer les travers de la société » ?

Dénoncer, c’est signaler publiquement ce qui est injuste ou condamnable pour amener les autres à le juger aussi. Les travers d’une société sont ses défauts : l’injustice, l’hypocrisie, l’abus de pouvoir, l’intolérance religieuse, la cupidité, la vanité, l’esclavage, la guerre.

Définition

La satire est une œuvre, ou un passage, qui critique les vices d’une personne, d’un groupe ou d’une société en s’en moquant. Le mot vient du latin satura; les poètes latins Horace et Juvénal en ont fait un genre. Aujourd’hui, on parle de registre satirique pour tout texte qui fait rire de ce qu’il condamne.

Deux stratégies existent. La dénonciation directe nomme et condamne ouvertement (un discours, un article, un essai). La dénonciation indirecte passe par un détour : une histoire, un animal, un personnage naïf, un dessin. Le lecteur doit alors interpréter pour comprendre la critique. Ce détour amuse, contourne la censure et rend la leçon plus frappante.

L’ironie, arme favorite de la satire

Définition

L’ironie consiste à dire autre chose, souvent le contraire, de ce que l’on pense, en laissant au lecteur des indices pour qu’il comprenne la véritable opinion de l’auteur. Lorsqu’un mot est employé pour signifier son contraire, on parle d’antiphrase.

Deux bulles opposées : à gauche la phrase du texte qui célèbre une belle bataille, à droite la pensée de l'auteur qui la juge absurde, et en dessous les indices qui permettent au lecteur de décoder l'ironie
L’ironie exige un lecteur actif, qui repère l’écart entre les mots et la pensée.

Voltaire est le maître de l’ironie. Dans Candide, il décrit une bataille comme un magnifique spectacle :

Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque.

Voltaire, Candide ou l’Optimisme, chapitre 3, 1759

Le texte commence par un éloge (« si beau, si brillant ») qui se dérègle peu à peu : l’« harmonie » est comparée à l’« enfer », les morts sont comptés avec une froideur de comptable (« à peu près », « environ », « une trentaine de mille »), et l’expression finale « boucherie héroïque » est un oxymore qui révèle la vérité : la guerre est un massacre que l’on maquille en exploit. La formule « le meilleur des mondes » se moque en outre de la philosophie optimiste que Voltaire combat.

Règle

Pour prouver qu’un passage est ironique, relève les indices: un éloge excessif, un mot qui jure avec le contexte, un ton faussement naïf ou trop calme pour des faits graves, une contradiction entre ce qui est dit et ce qui est montré. Explique ensuite ce que l’auteur pense réellement.

Les formes de la dénonciation : fable, conte, lettre, caricature

Pour instruire en divertissant, les auteurs choisissent souvent l’apologue, c’est-à-dire un court récit dont on tire une leçon. Voici les principales formes à connaître :

Forme Principe Exemple
Fable Récit bref, souvent en vers, où des animaux représentent les hommes ; une morale explicite ou implicite. La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste » (1678)
Conte philosophique Récit merveilleux ou invraisemblable dont le héros naïf découvre les absurdités du monde. Voltaire, Candide (1759), L’Ingénu (1767)
Roman par lettres Un étranger décrit la société dans des lettres et s’étonne de ce qui paraît normal. Montesquieu, Lettres persanes (1721)
Comédie Le théâtre fait rire d’un personnage ridicule pour corriger les mœurs. Molière, Tartuffe (hypocrisie religieuse)
Caricature Dessin qui exagère les traits physiques d’une personne pour révéler un défaut. Daumier, Gargantua (1831), contre le roi Louis-Philippe

La fable de La Fontaine « Les Animaux malades de la peste » montre bien le fonctionnement de l’apologue : pendant une épidémie, les animaux cherchent un coupable à sacrifier. Le lion avoue avoir dévoré des moutons, mais les courtisans l’excusent ; l’âne, qui a brouté un peu d’herbe dans un pré, est déclaré coupable et sacrifié. La morale est restée célèbre :

Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Jean de La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste », Fables, livre VII, 1678

La caricature, elle, dénonce par l’image : Honoré Daumier représente Louis-Philippe en ogre glouton qui avale l’argent du peuple. Le dessinateur est condamné à six mois de prison, preuve que la satire dérange les puissants. Aujourd’hui, le dessin de presse prolonge cette tradition.

Les procédés de la satire

Carte mentale des procédés de la satire : ironie, exagération, regard naïf, animalisation, comique et détour par une histoire
Six procédés que l’on retrouve dans presque tous les textes satiriques.
  • Le regard naïf ou étranger: Candide, l’Ingénu (un Huron) ou les Persans de Montesquieu découvrent la société européenne et s’étonnent de coutumes absurdes que les habitants ne voient plus.
  • L’exagération: l’hyperbole et la caricature grossissent un défaut pour le rendre visible.
  • L’animalisation: comparer les hommes à des bêtes rabaisse les puissants (le lion tyran, le renard flatteur).
  • Le décalage de ton: raconter une horreur sur un ton léger ou neutre provoque un choc chez le lecteur.
  • Le vocabulaire péjoratif: des termes dévalorisants orientent le jugement.

Exemple

« Notre ville a eu la brillante idée de raser le seul parc du quartier pour y construire un magnifique parking. » Les adjectifs mélioratifs sont des antiphrases: le contexte montre que l’auteur désapprouve.

Attention

L’ironie n’est pas un mensonge : l’auteur veut être compris et sème des indices. Ne confonds pas non plus satire (critique qui fait rire) et polémique (attaque violente, souvent sans humour, comme le pamphlet). Enfin, dans une fable, la morale n’est pas toujours écrite : il faut parfois la déduire du récit.

À retenir

  • Dénoncer, c’est rendre public ce qui est injuste pour le faire condamner.
  • La satire critique en se moquant ; l’ironie dit le contraire de ce qu’elle pense, avec des indices.
  • L’apologue (fable, conte philosophique) instruit par une histoire ; la caricature dénonce par l’image.
  • Procédés clés : regard naïf, exagération, animalisation, décalage de ton, vocabulaire péjoratif.
  • Auteurs majeurs : La Fontaine, Molière, Montesquieu, Voltaire, Daumier.

Pour aller plus loin

Mets ces notions en pratique avec les exercices sur la satire et teste-toi avec le QCM sur la satire. Pour revoir l’antithèse, l’hyperbole ou l’euphémisme, consulte le cours Figures de style pour l’analyse.

Cours « Dénoncer les travers de la société  » en PDF

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