Gratuit. Ce corrigé du brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.
Le sujet est sur la page Brevet de français 2018 : Antilles-Guyane. Traiter le sujet d’abord, puis comparer avec ce corrigé.
Retrouvez ici le corrigé brevet français 2018 antilles guyane, entièrement rédigé : l’épreuve de français de la série générale du 28 juin 2018 est notée sur 100 points (50 points de questions, 10 points de dictée, 40 points de rédaction). Chaque réponse est justifiée par la scène de Yasmina Reza, avec le barème détaillé, les réponses acceptables et les erreurs fréquentes.
Grammaire et compétences linguistiques (20 points)
Corrigé de la question 1 (3 points)
Il fallait trouver, pour chaque réplique, un verbe qui précise le sens de « voir » selon le contexte, avec trois verbes différents.
Ligne 16 : « tu vois le tableau » : Marc demande à Yvan de se représenter mentalement l’œuvre qu’il vient de décrire. Synonymes acceptés : imaginer, se figurer, se représenter.
Ligne 50 : « tu vois les choses » : il s’agit d’une manière de juger, de penser. Synonymes acceptés : envisager, considérer, juger, interpréter.
Ligne 55 : « tu ne vois pas ce qui est grave » : Yvan ne saisit pas la gravité de la situation. Synonymes acceptés : comprendre, se rendre compte de, saisir, remarquer.
Barème : 1 point par synonyme exact, adapté au contexte et différent des deux autres. Erreur fréquente : répondre « regarder » ou « apercevoir », qui renvoient à la vue physique alors que le sens est ici intellectuel.
Corrigé de la question 2 (2 points)
Dans « de fines rayures transversales blanches », « blanches » est un adjectif qualificatif ordinaire : il s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il qualifie, « rayures » (féminin pluriel), d’où le -es final.
Dans « quelques rayures transversales blanc cassé », l’adjectif de couleur est composé (adjectif « blanc » + participe passé « cassé » qui précise la nuance) : un adjectif de couleur composé reste invariable, il ne prend ni -e ni -s.
Barème : 1 point pour l’accord de « blanches » justifié, 1 point pour l’invariabilité de « blanc cassé » justifiée (adjectif composé, ou nuance de couleur).
Corrigé de la question 3 (4 points)
« J’étais sûr que tu poserais cette question ! » (ligne 22) : le point d’exclamation exprime l’agacement, l’exaspération de Marc. Il reproche à Yvan d’être prévisible et de raisonner uniquement en termes de cote et d’argent. On acceptait aussi l’idée d’une satisfaction ironique : Marc triomphe d’avoir deviné la réaction de son ami.
« … Il est dingue !… » (ligne 44) : le point d’exclamation, suivi de points de suspension, traduit la stupéfaction et l’incrédulité d’Yvan face à un prix qu’il juge absurde (vingt millions pour un tableau blanc). On acceptait aussi la désapprobation.
Barème : 2 points par réplique (1 point pour l’émotion juste, 1 point pour la justification liée au contexte).
Corrigé de la question 4 (4 points)
Réponse attendue : YVAN : Si ça leur fait plaisir… Ils gagnent bien leur vie…
Il y a quatre modifications à effectuer : « lui » devient « leur » (pronom personnel pluriel), « Il » devient « Ils », « gagne » devient « gagnent » (accord du verbe, terminaison -ent), « sa vie » devient « leur vie » (déterminant possessif pluriel, « vie » restant au singulier car chacun a une vie). Le verbe « fait » reste au singulier : son sujet est « ça ».
Barème : 1 point par modification. Erreur fréquente : écrire « leurs vies » (acceptable) mais oublier de changer le verbe « gagne », ou écrire « leur fait » en accordant « fait ».
Corrigé de la question 5 (7 points)
a) Réécriture (4 points). Il fallait supprimer les marques d’oralité : le pronom de reprise « Moi je », l’appellation familière « mon vieux », la répétition « je suis perturbé… je suis perturbé », l’interjection de renforcement « si, si », et les mots familiers « plumer » et « un gramme de ». Proposition de réécriture :
Je suis perturbé et même blessé de voir Serge, que j’aime, se laisser duper par snobisme et perdre tout discernement.
Autres formulations acceptables : « se laisser tromper / escroquer / abuser », « ne plus avoir aucun discernement », « ne plus faire preuve du moindre discernement ». Barème : 1 point pour la suppression de « mon vieux », 1 point pour la suppression de la répétition et de « Moi je », 1 point pour « si, si », 1 point pour le remplacement de « plumer » et de « un gramme de », avec une phrase correcte.
b) État d’esprit (3 points). Ces marques d’oralité montrent un Marc très ému, agité, en colère : il perd le contrôle de sa parole, répète, insiste (« si, si »), s’adresse familièrement à son ami. Elles expriment à la fois l’indignation et une vraie souffrance affective (« blessé », « que j’aime »). Il est sincère, spontané, et son langage reflète sa peine d’ami déçu.
Barème : 1 point pour un état d’esprit juste (colère, agitation, émotion), 1 point pour une seconde nuance (blessure, sincérité), 1 point pour le lien avec les marques relevées.
Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)
Corrigé de la question 1 (6 points)
Marc reproche à Serge d’avoir adopté une attitude snob et ridicule en achetant ce tableau. Au moins trois critiques étaient attendues, par exemple :
1. Le prix absurde. Serge a payé « vingt briques » (vingt millions) un tableau blanc : « Vingt briques. »
2. La prétention de se croire collectionneur. Marc dénonce un homme qui, « de la façon la plus grotesque qui soit », se prend pour un « collectionneur » et croit faire partie du « Gotha des grands amateurs d’art ».
3. Le snobisme et le manque de discernement. Serge se laisse « plumer par snobisme » et n’a plus « un gramme de discernement » : il se fait exploiter par vanité.
Autre critique possible : l’illusion d’appartenir à un monde fermé (« À ce prix-là, on ne fait partie de rien »).
Barème : 2 points par critique (1 point pour l’idée, 1 point pour la justification par une citation ou une référence précise au texte), trois critiques pour atteindre 6 points. Erreur fréquente : se contenter de dire « il a acheté un tableau cher » sans expliquer ce que Marc lui reproche.
Corrigé de la question 2 (3 points)
Yvan défend Serge par des arguments simples, qui relativisent le geste de son ami :
1. La liberté de se faire plaisir : « Si ça lui fait plaisir… » (répété deux fois) : chacun dépense son argent comme il l’entend.
2. L’aisance financière de Serge : « Il gagne bien sa vie… » : un achat coûteux ne le met pas en difficulté.
3. L’absence de victime : « Dès l’instant qu’il n’y a pas de préjudice pour autrui… » : tant que personne n’est lésé, il n’y a rien à reprocher.
Barème : 1 point par argument correctement expliqué ou cité (trois arguments pour 3 points). Yvan fait aussi diversion (« Tu veux des noix de cajou ? ») : ce n’est pas un argument.
Corrigé de la question 3 (4 points)
a) Fonction (2 points). Une didascalie est une indication scénique écrite par l’auteur, en dehors des répliques (souvent en italique ou entre parenthèses). Elle renseigne le lecteur, le metteur en scène et les comédiens sur le décor, les gestes, les déplacements, le ton ou les silences. Elle n’est pas prononcée sur scène.
b) Rôle de « Léger temps » (2 points). Elle intervient juste après « Il est dingue ! » / « N’est-ce pas ? » : c’est une courte pause où les deux amis digèrent le prix énorme. Ce silence marque la stupéfaction, laisse un instant d’embarras, puis fait rebondir la conversation : Yvan reprend, sur un autre ton, par « Remarque… » et relativise. Elle donne ainsi du rythme à la scène et prépare le désaccord qui va éclater entre les deux personnages.
Barème : 2 points pour la définition (1 point pour « indication de l’auteur », 1 point pour sa destination aux acteurs ou au metteur en scène), 2 points pour le rôle (1 point pour la pause ou le silence, 1 point pour sa signification dans la scène).
Corrigé de la question 4 (3 points)
La didascalie doit indiquer comment jouer le passage en italique, qui reprend la formule d’Yvan : Marc imite son ami avec ironie et indignation. Proposition :
MARC : Qu’est-ce que ça veut dire, (en imitant Yvan d’une voix traînante et moqueuse) si ça lui fait plaisir ? ! Qu’est-ce que c’est que cette philosophie du (même ton, avec mépris) si ça lui fait plaisir ? !
Autres didascalies acceptées : « avec colère », « sur un ton indigné », « en haussant la voix », « d’un ton sarcastique ». Barème : 1 point pour la recopie fidèle de la réplique, 1 point pour une didascalie bien placée (entre parenthèses ou en italique, avant le passage visé), 1 point pour une indication adaptée au sens (ton, geste) et rédigée correctement.
Corrigé de la question 5 (6 points)
La réponse est personnelle : on valorise le choix argumenté, pas le personnage choisi. Exemple de réponse rédigée :
Je me sens plus proche d’Yvan, car je trouve que chacun doit rester libre de dépenser son argent comme il le souhaite, tant qu’il ne fait de mal à personne. Dans le texte, Yvan répète : « Si ça lui fait plaisir. » Pour lui, l’amitié passe avant le jugement. Je comprends toutefois Marc quand il s’étonne d’un prix aussi extravagant : vingt millions pour un tableau blanc, cela peut paraître absurde. Mais Marc s’énerve et se montre blessant envers son ami, alors qu’Yvan garde son calme et cherche à dédramatiser. Dans ma vie, j’essaie de ne pas me moquer des passions des autres, même si je ne les partage pas.
Barème : 1 point pour le choix clair, 3 points pour des arguments développés, 1 point pour des références précises au texte (citations ou situations), 1 point pour la qualité de la langue. Un choix de Marc (défense de la valeur de l’argent, du discernement) ou de Serge (droit au plaisir, à la différence) est tout aussi recevable s’il est justifié.
Corrigé de la question 6 (4 points)
Yasmina Reza dénonce, avec humour, plusieurs travers de la société :
1. Le snobisme et la vanité : on achète une œuvre pour paraître, pour entrer dans le « Gotha des grands amateurs d’art ».
2. Le règne de l’argent et la dérive du marché de l’art : une toile entièrement blanche vaut « vingt briques » ; le prix semble déconnecté de toute valeur réelle.
3. L’absurdité de certaines modes artistiques, qui fait perdre tout discernement (« ne plus avoir un gramme de discernement »).
Autre piste : l’intolérance dans l’amitié, qui se fissure dès que deux visions du monde s’opposent.
Barème : 2 points par élément développé (1 point pour l’idée, 1 point pour l’appui sur le texte), deux éléments pour 4 points.
Corrigé de la question 7 (4 points)
Le document est une affiche du collectif Casseurs de pub annonçant une « Journée sans achat » le 29 novembre 2008 : elle invite à ne rien acheter pendant une journée pour remettre en cause la société de consommation. Elle est associée à l’extrait de la pièce parce que les deux documents interrogent la valeur donnée à l’argent et aux objets :
Point commun : dans la scène, Serge dépense une fortune pour posséder un tableau et se sentir important ; l’affiche, elle, dénonce le réflexe d’achat et la course à la possession. Dans les deux cas, on critique la surconsommation et l’idée qu’acheter apporte statut ou bonheur.
Différence de ton : la pièce utilise l’humour et le conflit entre amis, l’affiche utilise un message direct et militant, destiné à convaincre le public.
Barème : 2 points pour une interprétation juste de l’affiche (message : consommer moins), 2 points pour le lien argumenté avec l’extrait (snobisme, argent, achat excessif). Une réponse sans référence aux deux documents ne dépasse pas 2 points.
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
L’arrivée de plus en plus rapide des choses faisait reculer le passé [point]. Les gens ne s’interrogeaient pas sur leur utilité [virgule] ils avaient simplement envie de les avoir et souffraient de ne pas gagner assez d’argent pour se les payer immédiatement [point]. Ils s’habituaient à rédiger des chèques [virgule] découvraient les [ouvrez les guillemets] facilités de paiement [fermez les guillemets] [virgule] le crédit Sofinco [point]. Ils étaient à l’aise avec la nouveauté [virgule] tiraient fierté de se servir d’un aspirateur et d’un sèche-cheveux électrique [point]. La curiosité l’emportait sur la défiance [point]. On découvrait le cru et le flambé [points de suspension entre crochets] [point]. On se sentait libre [virgule] on ne demandait rien à personne [point].
Annie Ernaux, Les Années (2008)
Consigne de l’examinateur : écrire « Sofinco » au tableau, lire le texte une première fois lentement, le dicter en précisant la ponctuation (les crochets ci-dessus indiquent ce qui est dit à voix haute), puis le relire sans préciser la ponctuation.
Dictée aménagée (candidats concernés) : il fallait choisir « faisait », « envie », « les », « avoir », « gagner », « se », « à », « rédiger », « l’emportait » et « cru », soit le texte exact de la dictée.
Barème indicatif : la dictée est notée sur 10 points ; on retire des points selon les erreurs relevées, 1 point pour une erreur grave d’orthographe grammaticale (accord, conjugaison, homophone), 0,5 point pour une erreur d’orthographe lexicale ou de ponctuation. Le total ne descend pas sous 0.
Pièges d’orthographe expliqués :
« faisait reculer » : le sujet est « L’arrivée », singulier, et non « des choses » : imparfait à la 3e personne du singulier, -ait. Le verbe qui suit, « reculer », est à l’infinitif.
« envie de les avoir » : nom « envie » (et non « en vie » ni « envi ») ; « les avoir » : « les » est un pronom COD placé devant l’infinitif « avoir », qui s’écrit sans -s.
« de ne pas gagner » : après « ne pas », le verbe est à l’infinitif : -er (on peut remplacer par « vendre » : « de ne pas vendre »).
« se les payer » : « se » (pronom réfléchi, avec « payer » à l’infinitif), « les » (COD). On vérifie avec « se les offrir ».
« à rédiger » : préposition à (avec accent grave) suivie d’un infinitif. On ne peut pas la remplacer par « avait ».
« des chèques », « facilités » : pluriels à respecter. « sèche-cheveux » : mot composé invariable, trait d’union conservé.
« l’emportait » : verbe « emporter » à l’imparfait précédé de l’élision « l’ ». « défiance » : nom féminin en -ance, ne pas écrire « méfiance ».
« le cru » : nom masculin, « cru » sans accent (« crû » est le participe passé de « croître »). « flambé » : participe passé employé comme nom, avec -é.
« On se sentait libre » : le sujet « on » est au masculin singulier par défaut, mais « libre » s’écrit de la même façon au masculin et au féminin.
Rédaction (40 points)
Un seul sujet est à traiter. La rédaction est notée sur 40 points : 20 points pour la maîtrise de la langue (orthographe, grammaire, vocabulaire, ponctuation) et 20 points pour la construction et le contenu (respect de la consigne, cohérence, richesse des idées).
Sujet d’imagination : la scène de Serge (40 points)
Analyse du sujet. Il faut écrire une scène de théâtre, avec les trois personnages (Marc, Yvan, Serge). Serge, qui a tout entendu, se défend. Il faut respecter la forme théâtrale : nom du personnage suivi de deux points, répliques à la ligne, didascalies entre parenthèses ou en italique, pas de narration. Le style doit rester proche de celui de Reza : répliques courtes, humour, tension.
Plan conseillé. 1. L’entrée de Serge et la surprise des deux amis. 2. La défense de Serge : il explique ce que le tableau représente pour lui (plaisir, émotion, sens de l’art) et réplique aux reproches de Marc. 3. Un dénouement : réconciliation, nouveau désaccord, ou ironie finale.
Critères. Respect des codes du théâtre (didascalies, noms, ponctuation du dialogue) ; cohérence avec la scène (le prix, le « blanc », le « snobisme », le « Gotha ») ; trois personnages qui parlent chacun avec un ton différent ; langue correcte et vocabulaire varié.
Production modèle :
(La porte s’ouvre brusquement. Serge entre, le visage fermé, un verre à la main. Marc et Yvan se figent.)
SERGE (calmement) : Continuez, je vous en prie. Vous parliez si bien de moi.
MARC (gêné, en se levant) : Serge ! Nous ne t’avions pas entendu arriver…
SERGE : Je m’en doute. J’ai tout entendu : « snobisme », « grotesque », « plumer ». Quels beaux mots entre amis !
YVAN (en tendant le bol) : Une noix de cajou, Serge ?
SERGE (sans le regarder) : Non, merci, Yvan. Toi, au moins, tu as dit : « Si ça lui fait plaisir. » Tu es le seul à avoir compris l’essentiel.
MARC : Écoute, Serge, je m’inquiète pour toi. Vingt briques, pour une toile blanche !
SERGE : Blanche, tu en es sûr ? Regarde-la longtemps, Marc, sans penser au prix. Tu verras des nuances, de la lumière, du silence. Moi, ce tableau me calme. Quand je rentre chez moi, je m’assois devant lui et le monde se tait. Combien vaut le silence ?
MARC (avec ironie) : Vingt millions, visiblement.
SERGE (élevant la voix) : Et alors ? Tu dépenses bien ton argent en voyages et en costumes, personne ne t’en fait le reproche ! Ce que je te reproche, moi, c’est de ne pas respecter mon choix. Un ami aurait dit : « Montre-moi pourquoi tu l’aimes. »
YVAN (doucement) : Il n’a pas tort, Marc.
MARC (après un temps, vaincu) : C’est vrai… Je t’ai jugé sans te regarder. Pardon.
SERGE (souriant enfin) : Alors approche, et regarde le blanc avec moi.
YVAN (à voix basse, à Marc) : Tu vois quelque chose ?
MARC (haussant les épaules) : Du blanc. Mais un blanc plus blanc que d’habitude.
(Tous les trois rient. Le rideau tombe.)
Pourquoi ce devoir est efficace : les codes théâtraux sont respectés, Serge répond à chaque reproche de Marc, les trois personnages gardent leur caractère, et la fin reprend l’humour de la pièce.
Sujet de réflexion : posséder plus et bonheur (40 points)
Analyse du sujet. Deux questions sont posées : la possession permet-elle d’être heureux ? et quelle est votre conception du bonheur et d’une vie réussie ? Il faut donc répondre à la question, puis proposer sa propre définition. Le corpus (la scène de Reza, l’affiche de la Journée sans achat) fournit des arguments et des exemples à exploiter.
Plan conseillé (dialectique). 1. Posséder apporte du confort et du plaisir. 2. Mais la possession ne suffit pas, elle entretient l’insatisfaction et le paraître. 3. Ma conception du bonheur : relations, passions, sens donné à sa vie.
Critères. Réponse nuancée ; deux ou trois arguments illustrés par des exemples précis (littérature, histoire, expérience, corpus) ; paragraphes distincts avec connecteurs logiques ; introduction et conclusion ; langue soignée.
Production modèle :
Dans notre société, la publicité nous répète que le bonheur s’achète : un nouveau téléphone, des vêtements à la mode, une voiture plus grande. Posséder toujours plus de choses permet-il vraiment d’être heureux ? Je pense que les biens matériels apportent un confort réel, mais qu’ils ne suffisent pas à rendre heureux ; je pense que le vrai bonheur est ailleurs.
Il est vrai que posséder des objets rend la vie plus agréable. Avoir un toit, de quoi manger, des vêtements chauds, un ordinateur pour étudier, voilà des besoins que l’argent satisfait. Une famille sans ressources vit dans l’inquiétude, et il serait faux de dire que l’argent n’a aucune importance. Dans la pièce de Yasmina Reza, Serge éprouve même un plaisir sincère à posséder son tableau, et Yvan le défend : « Si ça lui fait plaisir. »
Cependant, posséder toujours plus ne rend pas forcément heureux, car le désir ne s’arrête jamais. À peine a-t-on acheté un objet qu’on en convoite un autre : c’est une course sans fin. Dans cette même scène, Serge dépense « vingt briques » pour un tableau et finit par froisser son ami, qui l’accuse de snobisme. Posséder peut même devenir un moyen de paraître et d’impressionner, au détriment des relations vraies. C’est ce que dénonce l’affiche de Casseurs de pub : la « Journée sans achat » nous invite à constater que nous pouvons vivre sans consommer sans cesse. Dans Le Petit Prince, le businessman compte sans fin les étoiles qu’il croit posséder, mais il ne les aime pas, et ne rend service à personne : sa richesse le rend triste et solitaire.
Pour moi, une vie réussie, c’est d’abord une vie entourée de personnes qu’on aime : une famille, des amis avec qui l’on rit, une main qu’on tend quand quelqu’un va mal. C’est aussi avoir des passions, apprendre, créer, être utile aux autres. Un après-midi passé au sport avec des amis, un livre qui nous touche ou un repas partagé nous apportent plus de joie durable que n’importe quel objet acheté.
En conclusion, posséder des choses aide à vivre confortablement, mais ne suffit pas à rendre heureux. Le bonheur dépend plus de ce que l’on est et de ceux que l’on aime que de ce que l’on a. L’essentiel est de savoir se contenter de ce que l’on possède pour avoir le temps de vivre.
Pourquoi ce devoir est efficace : la question est reformulée, la thèse est nuancée, les exemples sont variés (texte, affiche, littérature, vie quotidienne) et la conception personnelle du bonheur est clairement exposée.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Grammaire et compétences linguistiques (questions 1 à 5) | 20 |
| Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 7) | 30 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative : de 80 à 100 points, très bonne maîtrise ; de 60 à 79, bon niveau ; de 40 à 59, résultat correct mais à consolider ; moins de 40, à retravailler méthodiquement (une note de 50 sur 100 correspond à 10 sur 20).
Conseil 1 : les questions et la grammaire. Relisez toujours la consigne et justifiez chaque réponse par une citation courte. Entraînez-vous avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et les exercices correspondants. Pour le registre de langue et la ponctuation expressive, révisez le cours sur la modalisation.
Conseil 2 : la dictée et la rédaction. Pour la dictée, travaillez le cours sur la dictée et la réécriture et ses exercices. Pour la rédaction, gardez 10 minutes pour la relecture : voyez le cours sur le sujet d’imagination et le cours sur le sujet de réflexion.
Retour au sujet : Brevet de français 2018 : Antilles-Guyane

À imprimer
Retrouve ce corrigé du brevet dans un PDF propre, prêt pour la classe ou la maison.
Télécharger le PDF
