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Brevet de français 2019 : Nouvelle-Calédonie – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Nouvelle-Calédonie : brevet de français 2019, illustration Français PDF
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Gratuit. Ce sujet de brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.

Voici le sujet du brevet français 2019 Nouvelle-Calédonie, épreuve de français de la série générale passée le 9 décembre 2019. L’épreuve dure 3 heures au total (1 h 10 pour les questions et la grammaire, 20 minutes pour la dictée, 1 h 30 pour la rédaction) et elle est notée sur 100 points : un extrait du roman Le Bouclier rouge de Claudine Jacques, une image, des questions, une dictée et deux sujets de rédaction. Pour réviser avant de plancher, relisez le cours sur l’épreuve de français du brevet, sur les questions de compréhension et de grammaire et sur le sujet d’imagination.

Partie 1 : Grammaire et compétences linguistiques, compréhension et compétences d’interprétation (50 points)

Durée conseillée : 1 h 10. L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite. Le candidat rend sa copie et veille à conserver ce sujet en support pour l’épreuve de rédaction. Dans le sujet officiel, les lignes du texte sont numérotées de 5 en 5 : les repères indiqués dans les questions renvoient à cette numérotation (le texte compte 35 lignes).

A. Texte

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, Bigfala est un collectionneur d’objets d’art. Il s’adresse à Belulu.

– J’imagine, Belulu, je rêve du prochain objet. Il n’est pas encore là, pourtant il habite déjà l’espace. Vous comprenez ?

Mon silence en dit long sur ma capacité à tout saisir.

– L’imaginaire, Belulu, le musée imaginaire… un lieu mental où tout s’expose. C’est mon moment vulnérable1. Celui où je me pose la question de la possession. Pourquoi tant d’avidité2 de ma part alors qu’il me suffit d’imaginer ? Pourquoi accumuler les objets ? Pourquoi obtenir à tout prix ? Pourquoi dérober, recéler, piller même ? Pourquoi cette fièvre de collectionneur m’habite-t-elle ? Est-ce pour continuer à vivre ? Est-ce pour mourir autrement ? Vous n’en savez rien, Belulu, ni moi. Nous sommes des êtres contradictoires.

Je l’observe, corps écrasé, tête basse. C’est le premier instant de doute que je décèle3 dans l’attitude plutôt déterminée de mon hôte. Que dois-je en penser ? De lui, de ce qu’il vient d’avouer ? J’en suis là de mes réflexions quand, dans une de ces volte-face dont il a le secret, il s’agite et jubile.

– J’attends un magnifique bouclier de guerre. Un soleil. Un soleil rouge destiné à aveugler l’ennemi lors des guerres tribales. Je l’ai repéré, il y a une dizaine d’années – j’étais encore vaillant –, dans une vallée des Hautes Terres. J’ai vu, de mes yeux vu, les griffes des flèches dans le bois sculpté, œuvré patiemment à la flamme pour lui donner la plus belle des courbures, j’ai vu les dents de cochon ligaturées, des dents énormes, à l’enroulement parfait, des dents que seuls les chefs peuvent posséder ! J’ai tenté de m’approcher, on m’a empêché de l’atteindre, de le toucher. Ah, quelle colère, quelle frustration, quelle émotion cependant ! Quelle envie ! Le gardien de ce bouclier ne voulait pas le vendre. Imaginez, Belulu, une case au milieu de nulle part, des nattes élimées sur le sol, des hommes et des femmes dénués de tout, mais refusant toutes mes offres, et puis ce bouclier, unique, d’une beauté à couper le souffle. J’ai insisté et insisté encore. J’ai promis des fortunes ! Mais cet homme disait le bouclier sacré, affirmait qu’il n’en était que le gardien, comme son père avant lui, qui le tenait lui-même de son père, et l’esprit des ancêtres, convoqué, exhorté4, interdisait qu’il parte. J’ai dit que je reviendrais. J’ai refait le voyage l’année suivante, – j’ai revu le bouclier rouge avec, au cœur encore plus de convoitise – le refus répété m’a désespéré, et l’année d’après j’ai envoyé des missionnaires, et chaque année depuis. Sans succès. Jusqu’à aujourd’hui.

– Le gardien a cédé le bouclier ?

– En quelque sorte.

– Je ne vous comprends pas.

Il se lève et ses yeux bleus sont tellement pénétrants que je recule d’un pas.

– L’homme donne le bouclier ou bien il meurt. L’un ou l’autre. Vous comprenez, Belulu, je ne peux pas attendre plus longtemps.

Claudine Jacques, Le Bouclier rouge, Éditions Noir au Blanc (2014)

Notes. 1 – Vulnérable : (fragile) exposé aux douleurs physiques et par extension, morales. 2 – Avidité : très fort désir de certaines choses. 3 – Déceler : découvrir, faire apparaître ce qui était caché. 4 – Exhorter : tenter, par des discours, de persuader, de convaincre.

B. Image

Document : Mur de l’atelier d’André Breton, 1922-1966, Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art contemporain (photographie).

Vos réponses seront lisibles, complètes et entièrement rédigées. Vous n’oublierez pas de mettre les citations entre guillemets. Vous sauterez une ligne entre chaque réponse.

Grammaire et compétences linguistiques (16 points)

Question 1 (7 points)

« J’ai vu, de mes yeux vu, les griffes des flèches dans le bois sculpté. » (Ligne 16)

a- Quel est le verbe conjugué de cette phrase ? (1 point)

b- À quel temps est-il conjugué ? (1 point)

c- Quelles sont la classe grammaticale et la fonction de « griffes » ? (5 points)

Question 2 (9 points)

Réécrivez le passage suivant à l’imparfait de l’indicatif : « Je l’observe, corps écrasé, tête basse. C’est le premier instant de doute que je décèle dans l’attitude plutôt déterminée de mon hôte. Que dois-je en penser ? De lui, de ce qu’il vient d’avouer ? J’en suis là de mes réflexions quand, dans une de ces volte-face dont il a le secret, il s’agite et jubile. » (Lignes 10 à 13)

Compréhension et compétences d’interprétation (34 points)

Question 1 (3 points)

Dans les lignes 10 à 13 :

a- Quels sont les deux personnages en présence ? (1 point)

b- Relevez le pronom qui désigne le narrateur Belulu. (1 point)

c- Relevez les trois pronoms qui désignent le personnage Bigfala. (1 point)

Question 2 (3 points)

Dressez le portrait de Bigfala, le collectionneur.

Question 3 (13 points)

« Je rêve du prochain objet » (ligne 1).

a- Quel est le prochain objet dont rêve Bigfala ? Relevez, dans le texte, quatre éléments le décrivant. (5 points)

b- Quelle(s) émotion(s) suscite-t-il chez le collectionneur ? Comment ces émotions sont-elles exprimées ? Vous appuierez votre réponse sur les procédés d’écriture tels que le lexique, les figures de style et la ponctuation. (5 points)

c- Indiquez l’obstacle rencontré par le collectionneur alors qu’il cherche à se procurer cet objet. Développez votre réponse. (3 points)

Question 4 (6 points)

« Nous sommes des êtres contradictoires. » (Ligne 9)

a- Relevez et expliquez la contradiction dans les propos de Bigfala, de la ligne 4 à la ligne 9. (3 points)

b- Comment Belulu, le narrateur, réagit-il face à ces propos ? Justifiez en vous appuyant sur le texte. (3 points)

Question 5 (3 points)

« Le gardien de ce bouclier ne voulait pas le vendre » (lignes 20-21). Pour quelles raisons le gardien ne veut-il pas vendre le bouclier ? Citez au moins deux raisons pour lesquelles il ne veut pas s’en séparer.

Question 6 (6 points)

Trouvez-vous la photographie bien choisie pour illustrer ce texte ? Vous exposerez votre réponse à l’aide de trois arguments s’appuyant sur des exemples.

Partie 2 : Dictée (10 points)

Dictée (10 points)

Durée : 20 minutes. Le candidat compose sur la même copie que l’épreuve de grammaire et compétences linguistiques et de compréhension et compétences d’interprétation. L’examinateur dicte le texte ; le texte figure dans le corrigé.

Partie 3 : Rédaction (40 points)

Durée : 1 h 30. L’utilisation du dictionnaire est autorisée, celle de la calculatrice est interdite. Pour vous préparer, revoyez le cours sur le sujet d’imagination et le cours sur le sujet de réflexion.

Rédaction (40 points)

Vous traiterez à votre choix l’un des sujets suivants. Vous indiquerez clairement sur votre copie le sujet choisi.

Sujet d’imagination. Imaginez la scène durant laquelle Bigfala tente de convaincre le gardien de lui céder le bouclier. Votre texte inclura un dialogue argumentatif.

Sujet de réflexion. « Je me pose la question de la possession » : dans le texte, le personnage exprime son malaise face à son besoin d’accumuler des objets. Pensez-vous que la vraie richesse soit matérielle ? Vous développerez votre point de vue de manière argumentée en prenant appui sur des exemples précis.

Corrigé du brevet de français 2019 (Nouvelle-Calédonie)

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