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Voici le corrigé brevet français 2021 Polynésie, rédigé question par question pour l’épreuve de la série générale du 25 juin 2021, notée sur 100 points (30 points de compréhension, 20 points de grammaire, 10 points de dictée, 40 points de rédaction). Chaque réponse est justifiée par le texte d’Eric-Emmanuel Schmitt, chaque barème est détaillé, et deux productions modèles sont proposées pour la rédaction.
I. Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)
Corrigé de la question 1 (2 points)
Le narrateur évoque son enfance (1 point). Les indices sont nombreux : « la maison de mon enfance » (ligne 1), « mes neuf ans » (ligne 31), la présence de sa sœur aînée et de ses parents, ainsi que l’emploi de l’imparfait, qui installe le récit dans un passé révolu (1 point pour une justification précise, par exemple une citation).
Erreur fréquente : répondre « l’adolescence » ou « sa vie de famille » sans citer le texte.
Corrigé de la question 2 (4 points)
a) Les quatre membres sont les deux parents et les deux enfants (« deux rejetons ») : le narrateur, Éric, et sa sœur Florence, nommée plus loin (2 points : 1 pour les parents, 1 pour les deux enfants).
b) Le cinquième « habitant » est le piano, que le narrateur appelle « l’intrus ». Il ne figure pas dans le décompte « officiel » de la famille, vu de l’extérieur, mais, pour le narrateur, il occupe le salon « en permanence », il « dormait », « veillait » : il est personnifié et traité comme un membre de la maison, encombrant et détesté (2 points : 1 pour l’identification du piano, 1 pour l’explication, c’est-à-dire la personnification et le point de vue du narrateur).
Corrigé de la question 3 (2 points)
Les « dents » sont les touches du clavier du piano (1 point). Elles sont en ivoire, et le temps les a jaunies ; l’image est une métaphore qui compare le clavier à une dentition, ce qui prolonge la personnification du « piano-intrus » (1 point pour l’explication).
Corrigé de la question 4 (2 points)
À la ligne 22, le lecteur découvre que l’« intrus » est un piano. Plusieurs moyens préparent cet effet de surprise (un seul suffit, avec justification, 2 points) :
- le mot « intrus », vague, qui évoque d’abord une personne, puis « le fâcheux » (ligne 6) ;
- la personnification : l’intrus « dormait », « veillait », est « râleur », entretient une « relation » ou un « dialogue », ce qui laisse croire à un être humain ou à un animal ;
- le portrait ambigu : « Brun, trapu, obèse, couvert de taches, l’ivoire des dents jauni » (ligne 12), qui convient à un homme comme à un meuble ;
- le décompte trompeur des « cinq personnes » de la maison, qui entretient l’illusion d’un cinquième habitant.
La chute « c’était un piano droit » est ainsi amenée par un jeu sur l’énigme et le retardement de l’information.
Corrigé de la question 5 (4 points)
a) La souffrance vient des exercices de piano de sa sœur, qui « tourmentait » l’instrument « quotidiennement ». Elle ne joue pas de mélodie, mais produit du bruit désagréable : « des coups de marteau, des couacs, des grincements » (2 points : 1 pour la cause, 1 pour la justification).
b) Plusieurs figures conviennent (une seule, bien expliquée : 2 points, soit 1 point pour le relevé exact et 1 point pour l’analyse) :
- la comparaison « comme la fraise du dentiste » : la musique de Florence devient une douleur physique ;
- la métaphore « une torture » et « un bourreau » pour parler de Beethoven : le narrateur se présente comme une victime ;
- l’énumération « des coups de marteau, des couacs, des grincements, des gammes édentées… », qui accumule les sons déplaisants ;
- la métaphore « des gammes édentées » ou « des lambeaux d’air », qui montre une musique mutilée.
Corrigé de la question 6 (4 points)
La métamorphose réelle est celle du piano : instrument jusque-là bruyant et haï, « tigre » hostile, il devient, sous les doigts de la tante, un instrument docile et harmonieux, capable de produire une musique magnifique, le « chaton » (2 points). Le tigre, le fauve et le « félin » sont des métaphores filées pour le piano, que l’on apprivoise.
Les qualités de tante Aimée qui l’expliquent (2 points pour deux qualités justifiées) :
- la patience : « patiemment, tante Aimée réitéra ses précautions d’approche » ;
- la douceur et la délicatesse : elle « souleva le couvercle […] avec délicatesse » et « flatta le clavier » ;
- le talent et l’assurance : « sûre d’elle autant que de la bête », elle joue avec maîtrise ;
- la sensibilité : ses larmes montrent qu’elle partage l’émotion de la musique.
Corrigé de la question 7 (6 points)
La réponse doit être structurée (un paragraphe par idée, 1,5 point chacune environ, plus 1 point pour la clarté et la construction). On peut proposer le plan suivant.
1. Un renversement inattendu. Depuis le début, le piano est décrit comme un objet bruyant, laid et hostile (« intrus », « parasite », « torture »). Entre les mains d’Aimée, il « ronronne » et émet un « son ouaté » : l’objet détesté devient source de beauté, ce qui est inattendu pour tout le monde.
2. La naissance d’un « nouveau monde ». La musique ouvre un « ailleurs lumineux », un « univers parallèle » : l’énumération d’adjectifs (« paisible, secret, ondoyant ») et les oppositions (« dense et éthérée, riche et volatile, frêle et forte ») traduisent une expérience qui échappe aux mots et garde « la profondeur d’un mystère ».
3. L’effet sur les auditeurs. La famille est « figée », « attentive » ; un silence « chargé d’éblouissement » s’installe ; la sœur est « déconfite », les parents « estomaqués », la tante a les larmes aux yeux, et le narrateur a la chair de poule (« les poils s’étaient redressés »).
4. Une conséquence durable. Le narrateur découvre Chopin et décide aussitôt d’apprendre le piano : l’événement change le cours de sa vie.
Corrigé de la question 8 (6 points)
Il faut comparer les deux documents, en dégageant des ressemblances et des différences (3 points pour le tableau et le texte bien analysés, 3 points pour la comparaison construite).
Dans le tableau, le jeune homme, vu de profil, est seul, concentré, en train de jouer devant la partition, dans un salon bourgeois baigné d’une lumière douce qui entre par la fenêtre. La pratique musicale est silencieuse, intime, studieuse et maîtrisée : le piano à queue et la partition suggèrent un travail sérieux et apaisé.
Dans le texte, la musique est d’abord bruyante, laborieuse et subie (les gammes de la sœur), puis devient une révélation partagée : Aimée joue devant la famille et déclenche une émotion collective, presque magique.
Points communs : le cadre du salon, la lumière, le piano comme objet central, une musique qui isole du monde et touche à l’intime. Différences : solitude et sérénité dans le tableau, contre bruit puis émotion partagée dans le texte ; un piano à queue chez Caillebotte, un « piano droit » chez Schmitt ; un jeune homme sûr de lui contre un apprentissage raté, puis une virtuose.
II. Grammaire et compétences linguistiques (20 points)
Corrigé de la question 9 (2 points)
a) « un intrus » est sujet (inversé) du verbe « vivait » : on trouve le sujet en demandant « qui est-ce qui vivait ? ». Il est placé après le verbe (1 point).
b) Structure plus courante, avec le sujet avant le verbe : « Un intrus vivait dans la maison de mon enfance. » On accepte aussi « Dans la maison de mon enfance, un intrus vivait. » (1 point).
Corrigé de la question 10 (2 points)
a) Le mot « il » remplace « l’intrus », c’est-à-dire le piano (1 point).
b) C’est un pronom personnel (3e personne du singulier, masculin, sujet des verbes « dormait » et « veillait ») (1 point).
Corrigé de la question 11 (3 points)
a) « résidait » est à l’indicatif (1 point), à l’imparfait (1 point), 3e personne du singulier du verbe « résider ».
b) L’imparfait a ici une valeur de durée : il exprime une situation qui s’étend sur un temps long dans le passé, sans limite précise ; on accepte aussi « état passé prolongé » (1 point).
Corrigé de la question 12 (3 points)
a) « indésirable » est un mot dérivé : préfixe in- (qui exprime le contraire) + radical « désir- » + suffixe -able (qui forme un adjectif et signifie « qui peut être… ») (2 points : 1 point pour le préfixe, 1 point pour la base « désirable » ou le suffixe). Ici, l’adjectif est précédé de l’article « l’ » : il est employé comme nom (substantivé).
b) Il signifie « qui n’est pas désiré, que l’on ne souhaite pas voir » ; le narrateur désigne ainsi le piano, objet importun (1 point).
Corrigé de la question 13 (10 points)
Passage réécrit : « Depuis quand résidaient-ils parmi nous ? Je les avais toujours vus là, incrustés. Bruns, trapus, obèses, couverts de taches, l’ivoire des dents jauni […] »
Barème indicatif : « résidaient-ils » (verbe et pronom accordés, 2 points) ; « les » à la place de « l’ » (1 point) ; « vus » : le participe s’accorde avec le COD « les » placé avant l’auxiliaire avoir (2 points) ; « incrustés » (1 point) ; « bruns, trapus, obèses » (1,5 point pour les trois) ; « couverts » (1,5 point) ; les autres éléments (« toujours là », « de taches ») recopiés sans erreur (1 point). On retire 0,5 point par erreur d’orthographe.
Remarque : dans « l’ivoire des dents jauni », le participe s’accorde avec « ivoire », nom singulier : il reste donc jauni. Si un élève écrit « jaunis » en faisant un raisonnement cohérent (chaque instrument a son ivoire), on peut ne pas le sanctionner.
Erreur fréquente : oublier d’accorder « vu » (« vus ») ou garder « l’ » au lieu de « les ».
III. Dictée (10 points)
Texte de la dictée
Voici le texte tel que l’examinateur le dicte : la ponctuation à énoncer est indiquée entre crochets, et les passages coupés par des crochets dans le texte original ne sont pas dictés. Les mots Chopin, la Barcarolle et mésange sont écrits au tableau.
Ce matin[virgule] je m’accoude à la fenêtre et contemple la nature[virgule] laquelle ignore le deuil et ne connaît que la vie[point]. Je descends au salon et ouvre le piano à queue[point]. Aussitôt[virgule] mes trois chiens accourent[point-virgule] après une caresse de la truffe sur mes paumes[virgule] ils s’allongent sous l’instrument[virgule] répétant la conduite de l’enfant de Chopin auprès de sa mère[point]. Ils frémissent[virgule] ils languissent[point]. J’entame la Barcarolle[points de suspension]. Le calme s’impose[point]. La musique me donne accès à l’étonnement[point]. Le temps ne passe plus[virgule] il palpite[point]. Je ne subis plus la durée[virgule] je la savoure[point]. Tout devient merveille[point]. Je m’extasie d’être et me coule dans le ravissement[point]. Troublé[virgule] je manque une note[virgule] deux[virgule] rate mon accord[virgule] lève les mains et me retourne[point]. Rapide[virgule] la mésange file dans le ciel[virgule] tourbillonne[virgule] hésite[virgule] repart[virgule] se fige de nouveau[point].
Texte corrigé
Ce matin, je m’accoude à la fenêtre et contemple la nature, laquelle ignore le deuil et ne connaît que la vie. […] Je descends au salon et ouvre le piano à queue. Aussitôt, mes trois chiens accourent ; après une caresse de la truffe sur mes paumes, ils s’allongent sous l’instrument, répétant la conduite de l’enfant de Chopin auprès de sa mère. Ils frémissent, ils languissent. J’entame la Barcarolle… Le calme s’impose. La musique me donne accès à l’étonnement. Le temps ne passe plus, il palpite. Je ne subis plus la durée, je la savoure. Tout devient merveille. Je m’extasie d’être et me coule dans le ravissement. […] Troublé, je manque une note, deux, rate mon accord, lève les mains et me retourne. Rapide, la mésange file dans le ciel, tourbillonne, […] hésite, repart, se fige de nouveau.
Eric-Emmanuel SCHMITT, Madame Pylinska et le secret de Chopin, Éditions Albin Michel, 2018
Barème
La dictée est notée sur 10 points. Barème usuel : on retire 1 point par erreur d’orthographe grammaticale ou lexicale (accord, terminaison verbale, mot mal orthographié) et 0,5 point pour une faute d’accent ou de ponctuation ; au-delà de 10 points de pénalité, la note est 0. Un même mot mal orthographié plusieurs fois n’est compté qu’une fois.
Pièges d’orthographe
- Accords sujet-verbe : « mes trois chiens accourent », « ils s’allongent », « ils frémissent, ils languissent » (sujets pluriels, terminaison -ent).
- Verbes au singulier : « il palpite », « laquelle ignore le deuil et ne connaît que la vie » (accent circonflexe sur le « i »), « j’entame » et « je descends au salon et ouvre » (sujet « je » sous-entendu, verbes du 1er groupe : terminaison -e, jamais -es ni -ent).
- « je ne subis plus » (verbe du 2e groupe, 1re personne : -is) et « je la savoure » (« la » pronom, COD du verbe, à ne pas confondre avec « là » ou « l’a »).
- « Troublé » : participe passé employé comme adjectif, qui s’accorde avec « je » (masculin singulier) ; ne pas écrire « troubler » ni « troublez ».
- « sa mère » et non « sa mer » ni « son maire » ; « la mésange », « la Barcarolle » (deux r, deux l), « ravissement », « s’extasie », « tourbillonne ».
- Participe présent « répétant » (invariable) et « accès à l’étonnement » (préposition « à » avec accent grave).
Cette session ne comportait pas de question de réécriture dans l’épreuve de dictée elle-même : la réécriture est la question 13 de la première partie.
IV. Rédaction (40 points)
Un seul sujet est à traiter. La rédaction est jugée sur le traitement du sujet (respect de la consigne, cohérence, richesse des idées) et sur la maîtrise de la langue (orthographe, grammaire, vocabulaire, ponctuation). Répartition indicative : 25 points pour le sujet et la construction, 15 points pour la langue.
Sujet d’imagination : « Le piano prend la parole et raconte un épisode vécu dans la maison du narrateur »
Analyse du sujet. Le narrateur du texte est le piano (« je »), qui doit raconter un épisode précis, vécu dans la maison du narrateur : cela impose le point de vue interne, un récit au passé, des sentiments propres à l’instrument (rancune, fierté, solitude) et un cadre cohérent avec le texte (le salon, la famille Schmitt, Florence, Aimée).
Plan. 1. Présentation du piano et de son malaise de « meuble » mal aimé. 2. L’épisode : l’arrivée de tante Aimée, qui le caresse enfin comme il le mérite. 3. Chute : la gratitude du piano envers le petit Éric, devenu pianiste.
Critères. Récit à la première personne (le piano), emploi cohérent du passé simple et de l’imparfait, personnification soignée, vocabulaire musical, présence de dialogues, fin émouvante ou amusante.
Production modèle.
On m’appelle Schiedmayer, mais personne ne me regarde. Depuis un siècle, je trône dans le salon des Schmitt, fardeau d’un buffet de noyer que l’on époussette sans jamais m’écouter. Cela me peine. Je suis né pour chanter, et je ne fais plus que gémir sous des doigts maladroits.
Chaque jour, vers midi, la petite Florence m’ouvre le couvercle et m’assène des gammes qui me déchirent. Je grince, je couine, je me tais. Et le garçon, Éric, me fixe d’un œil noir, comme si j’étais le coupable. Il se bouche les oreilles ; moi, je voudrais me boucher les cordes.
Un dimanche, la maison s’emplit de rires pour l’anniversaire du garçon. Une dame blonde, qui sentait l’iris et le muguet, s’arrêta devant moi. « Ton piano, Éric ? » dit-elle. « Surtout pas ! » répondit-il. Je reçus la phrase comme une gifle.
Alors elle me regarda vraiment. Ses doigts effleurèrent mes touches avec une douceur que je n’avais plus connue depuis des années. Je frémis, je grondai un peu, par habitude, par peur d’être déçu. Elle attendit. Elle recommença. Peu à peu, mes cordes se détendirent, et, sous sa main gauche, un son clair sortit de moi, rond comme une gorgée de lait.
Puis elle s’assit, et ce fut un miracle. Une musique que je ne me connaissais pas coula de mon ventre de bois : elle remplit le salon, s’enroula autour des fauteuils, fit taire Florence et figea les parents. Dans mes entrailles, chaque marteau savait enfin ce qu’il devait faire. Je n’étais plus un meuble ; j’étais un monde.
Quand le dernier accord s’éteignit, le silence fut si beau que je n’osais plus respirer. La dame avait des larmes aux yeux et me sourit. « Qu’est-ce que c’était ? » demanda le garçon, pâle, la peau hérissée. « Chopin, évidemment. »
Le soir même, j’entendis qu’on réclamait des leçons. Je compris que je venais d’être sauvé. Et depuis ce jour, quand les doigts d’Éric courent sur moi, je ne grince plus : je chante, et je pardonne.
Sujet de réflexion : « Le soir, j’exigeai de prendre des cours, et une semaine plus tard, j’entamai l’apprentissage du piano ». Selon vous, est-il bon de prendre des décisions aussi soudainement ?
Analyse du sujet. Il faut prendre position sur une question de valeur : est-il « bon » (utile, sage) de décider vite, sous le coup d’une émotion, comme le fait le narrateur ? On attend une thèse nuancée, appuyée sur des arguments et des exemples tirés de la lecture, de l’histoire ou de la vie quotidienne.
Plan. 1. Décider vite peut être bénéfique : l’élan et l’intuition révèlent un désir sincère. 2. Mais la précipitation comporte des risques. 3. Il faut concilier élan et réflexion : une décision soudaine peut être mûrie ensuite.
Critères. Une introduction qui pose le problème, trois paragraphes avec arguments et exemples précis, connecteurs logiques (d’abord, mais, en effet, cependant), une conclusion personnelle.
Production modèle.
Dans le roman d’Eric-Emmanuel Schmitt, le narrateur décide, le soir même du récital improvisé de sa tante, d’apprendre le piano : sa vocation naît d’un choc. Faut-il pour autant admirer les décisions aussi soudaines ? Si elles révèlent parfois un désir profond, elles peuvent aussi nous égarer ; le mieux est sans doute d’associer l’élan et la réflexion.
D’abord, une décision rapide peut être la preuve d’un désir authentique. Le narrateur n’avait aucune raison d’aimer le piano, qu’il détestait ; pourtant, l’émotion ressentie en écoutant sa tante est si forte qu’il comprend aussitôt ce qu’il veut. Attendre aurait peut-être éteint cet enthousiasme. De même, dans la vie quotidienne, beaucoup de passions naissent d’un coup de cœur : un élève entend un morceau, voit un match, ouvre un livre, et il sait que cette activité comptera pour lui. Décider vite, c’est parfois écouter son intuition.
Cependant, la précipitation comporte des risques. Celui qui agit sous le coup de l’émotion ne mesure pas toujours les conséquences : il peut abandonner dès que la difficulté survient. La littérature nous le rappelle : dans Roméo et Juliette, le mariage décidé en quelques heures conduit les amants à la catastrophe, faute d’avoir pris le temps de réfléchir. La Fontaine disait déjà, dans « Le Lièvre et la Tortue », qu’il ne sert à rien de courir : « il faut partir à point ». Un choix hâtif peut faire perdre du temps, de l’argent ou même l’amitié de ceux que l’on blesse.
Il me semble donc que la bonne attitude consiste à unir les deux. Une décision soudaine n’est pas mauvaise si elle est ensuite mise à l’épreuve. Le narrateur exige des cours le soir même, mais il attend une semaine avant de commencer, et il persévère pendant des années : l’élan de départ est devenu un projet réfléchi. De même, on peut s’inscrire à une activité sur un coup de tête, puis tester, demander conseil et vérifier sa motivation avant de s’engager durablement.
En conclusion, prendre une décision soudainement n’est ni bon ni mauvais en soi : tout dépend des conséquences possibles et de la capacité à revenir en arrière. Pour les choix graves, mieux vaut du recul ; pour les envies qui nous passionnent, l’élan est un trésor à condition de le nourrir par la persévérance.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 8) | 30 |
| Grammaire et compétences linguistiques (questions 9 à 13) | 20 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative pour la rédaction. De 1 à 12 points : le sujet n’est pas traité ou la langue est très défaillante. De 13 à 22 points : le sujet est traité partiellement. De 23 à 34 points : le sujet est traité de façon satisfaisante, avec une langue globalement correcte. De 35 à 40 points : le texte est riche, organisé, original et bien écrit. Pour l’ensemble de l’épreuve, un total de 50 sur 100 correspond à la moyenne, et 80 et plus à une très bonne copie.
Conseil 1 : améliorer les questions et la grammaire. Rédigez toujours des réponses complètes avec une citation précise, et révisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec les exercices correspondants. Pour la dictée et la réécriture, travaillez la dictée et la réécriture et ses exercices.
Conseil 2 : soigner la rédaction. Si vous choisissez l’imagination, relisez le cours sur le sujet d’imagination et faites les exercices ; pour la réflexion, révisez le cours sur le sujet de réflexion et ses exercices.
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