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Ce corrigé brevet français 2023 septembre (série générale, session de remplacement du 18 septembre 2023, 100 points) propose des réponses rédigées, un barème détaillé, la dictée complète et deux productions modèles pour la rédaction. Ces réponses ne sont pas les seules possibles : toute réponse juste et justifiée par le texte de René Frégni est acceptée.
Partie 1 : compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Corrigé de la question 1 (4 points)
Le texte tourne autour de trois thèmes principaux. D’abord l’écriture : « Écrire quelques mots chaque jour », « mon cahier », « mon stylo ». Ensuite la nature : « les saules rouges », « les roseaux », « le chien fou de bonheur ». On peut ajouter l’enfance (« Enfant je regardais par la fenêtre de notre cuisine ») et les saisons, avec les titres « DÉCEMBRE » et « JANVIER » et l’opposition entre les « odeurs d’automne » et l’hiver.
Barème : 2 points par thème correctement nommé (1 point) et justifié par une citation exacte (1 point). Deux thèmes suffisent pour avoir 4 points. Erreur fréquente : donner une citation sans nommer le thème, ou nommer un thème trop vague (« la vie »).
Corrigé de la question 2 (4 points)
La première phrase (« Quand le soleil disparaît derrière les collines, je rebrousse chemin. ») est au présent de l’indicatif (« disparaît », « rebrousse »). La deuxième (« Enfant je regardais par la fenêtre de notre cuisine s’éteindre le dernier rayon. ») est à l’imparfait de l’indicatif (« regardais »).
Le présent situe la scène au moment où l’auteur se promène et raconte : c’est le temps de l’énonciation. L’imparfait ouvre un retour en arrière vers l’enfance : l’auteur évoque un souvenir, une habitude du passé qui durait (il regardait le soir « s’éteindre le dernier rayon »). Le changement de temps marque donc le passage du présent de la promenade au passé des souvenirs, déclenché par la vue du soleil couchant.
Barème : 1 point par temps correctement identifié (2 points) ; 1 point pour l’explication du présent (moment de la promenade) et 1 point pour celle de l’imparfait (souvenir, passé d’habitude, description). Il faut nommer les temps avec leur mode ; l’imparfait ne doit pas être confondu avec le passé simple.
Corrigé de la question 3 (4 points)
Plusieurs éléments du quotidien donnent à l’auteur l’envie d’écrire :
- la promenade et les sensations qu’elle laisse : « ce vent de rivière », « ce bruit d’eau », « la lourdeur des jambes », « les odeurs d’automne ». Il rentre avec des « petits fragments de vie » qu’il veut fixer ;
- le plaisir de retrouver son décor d’écrivain : « mon cahier », « ma petite lampe jaune », qu’il a « hâte » de retrouver ;
- la nature et les souvenirs d’enfance qu’elle réveille : devant le cahier, il revoit « les saules rouges, les moulins et les ponts » ; écrire fait revenir « toute mon enfance » ;
- le pouvoir des mots qui « éclairent nos jours » et font « rougeoyer » la vie.
Barème : 2 points par idée (1 point pour l’idée, 1 point pour l’appui sur le texte). Deux idées suffisent. Erreur fréquente : raconter le passage au lieu de dégager des idées, ou sortir des lignes 8 à 27 (par exemple citer le mois de janvier).
Corrigé de la question 4 (3 points)
La phrase contient deux images. La métaphore « les braises de la vie » : la vie est comparée à un feu qui couve sous la cendre. Les mots, comme un souffle puissant (comparaison introduite par « comme »), ravivent ce feu : ils réveillent les souvenirs et les sensations, rendent la vie plus intense, plus lumineuse (« rougeoyer, brasiller »). Écrire permet donc de ranimer ce qui semblait éteint.
Barème : 1 point pour l’image relevée et nommée (métaphore ou comparaison), 2 points pour l’explication (ce à quoi on compare, et ce que cela dit du pouvoir des mots). Erreur fréquente : paraphraser sans expliquer l’effet produit.
Corrigé de la question 5 (5 points)
a. (3 points) Trois sens au moins sont sollicités : la vue (« vous verrez apparaître toutes les rivières », « dessinez le mot roseau »), le toucher (« les torrents glacés des montagnes », « vous sentirez rouler dans votre corps ») et l’odorat (« une odeur tiède de melon »). On accepte aussi l’ouïe si elle est justifiée par un terme précis du passage. 1 point par sens associé à un terme du texte.
b. (2 points) Le passage montre le pouvoir d’évocation de l’écrivain : avec un seul mot (« roseau »), il fait voir et ressentir au lecteur des rivières qu’il a connues, mais aussi « celles que vous n’avez jamais vues ». L’écrivain fait naître des images et des sensations dans le corps et l’imagination du lecteur : il peut le faire voyager et lui faire vivre des expériences qu’il n’a pas vécues. 1 point pour l’idée d’évocation ou de création d’images, 1 point pour l’appui sur le texte ou l’explication.
Corrigé de la question 6 (7 points)
a. (5 points) En janvier, la nature apparaît glacée, figée, belle et hostile à la fois. Deux images possibles :
- « l’hiver a cadenassé la ville » est une métaphore : l’hiver est un geôlier qui enferme la ville comme dans une prison ; la nature immobile devient une menace ;
- « vitrifié les champs » : les champs gelés sont comme recouverts de verre, brillants mais durs et fragiles ;
- « brûlé mes roses » est une métaphore (proche du paradoxe) : le froid « brûle » les fleurs, l’effet du gel est aussi destructeur que celui du feu ;
- « les cloches tintent comme une lame de couteau sur une coupe de cristal » est une comparaison : le son est pur, aigu et fragile, mais aussi tranchant, ce qui rend l’air glacé presque dangereux.
Barème : 2,5 points par image (1 point pour le relevé exact, 0,5 point pour l’identification du procédé, 1 point pour l’analyse).
b. (2 points) L’hiver paralyse son écriture : « il n’y avait rien sur mon cahier, le mot janvier était blanc ». La page blanche rejoint la blancheur de la neige et le silence de la chambre : le froid vide l’imagination de l’auteur, qui n’arrive plus à écrire. 1 point pour l’idée d’impuissance ou de page blanche, 1 point pour la citation ou l’explication du lien avec la blancheur.
Corrigé de la question 7 (5 points)
Une réponse positive comme une réponse nuancée sont acceptées si elles sont argumentées. Voici une réponse possible.
Oui, ce tableau pourrait figurer sur la couverture. Il représente un encrier d’où s’élève une plume dont le « tronc » est un grand arbre d’hiver aux branches nues, sous un ciel de crépuscule bleu et violet. L’image met ainsi en scène l’idée centrale du livre : écrire fait naître la nature, comme l’auteur qui, « en écartant les roseaux à la pointe de [son] stylo », retrouve les rivières. Le titre « Post-scriptum » (« écrit après ») rappelle le journal que Frégni écrit chaque soir, après la promenade. Les couleurs froides et l’arbre dépouillé évoquent l’hiver de « JANVIER », et le ciel du soir rappelle le soleil qui « disparaît derrière les collines ».
On peut toutefois nuancer : le tableau est silencieux et glacé, alors que le livre est aussi chaleureux (la « lampe jaune », les « braises »), et il ne montre ni la rivière ni la Provence. Mais comme couverture symbolique, il convient très bien.
Barème : 1 point pour la description précise de l’image (encrier, plume-arbre, hiver, crépuscule), 2 points pour les liens avec le texte appuyés sur des citations, 1 point pour la prise de position claire, 1 point pour la qualité de l’argumentation (nuance, expression).
Partie 2 : grammaire et compétences linguistiques (18 points)
Corrigé de la question 8 (3 points)
a. (2 points) Le complément circonstanciel « comme un souffle puissant » est mobile et supprimable : on peut dire « Comme un souffle puissant, les mots attisent les braises de la vie » ou « Les mots attisent les braises de la vie ». Le complément d’objet direct « les braises de la vie » est ni supprimable ni déplaçable : on ne peut pas dire « Les mots attisent » ni « Les braises de la vie les mots attisent, comme… » ; il répond à la question « Les mots attisent quoi ? » et peut être remplacé par un pronom. 1 point pour chaque complément correctement justifié par une manipulation (déplacement, suppression, question, pronominalisation).
b. (1 point) « Les mots les attisent, comme un souffle puissant. » Le pronom COD « les » (féminin pluriel, il reprend « les braises ») se place devant le verbe. Pas de point si le pronom est mal placé (« Les mots attisent les ») ou s’il est au masculin (« le »).
Corrigé de la question 9 (3 points)
Le nom « eau » a trois expansions : « l’eau [paisible] [de l’été] [qui glisse sous les noisetiers] ».
- « paisible » est un adjectif qualificatif (épithète) ;
- « de l’été » est un groupe nominal prépositionnel, complément du nom (préposition « de » et nom « été ») ;
- « qui glisse sous les noisetiers » est une proposition subordonnée relative (pronom relatif « qui »), complément de l’antécédent « eau ».
Barème : 1 point par expansion correctement délimitée et correctement identifiée. Erreur fréquente : oublier la relative, ou inclure l’article « l’ » dans les crochets.
Corrigé de la question 10 (2 points)
a. (1 point) « Embraser » est un verbe dérivé construit à partir du nom « braise » : préfixe « em- » (forme de « en- » devant « b ») + radical « braise » + terminaison -er de l’infinitif. Le préfixe signifie « mettre dans » : embraser, c’est mettre en feu. Accepté : « construit sur le mot braise avec un préfixe ».
b. (1 point) Dans les lignes qui précèdent, on trouve « braises » (ligne 12) et « brasiller » (ligne 13), de la même famille que « embraser ». 0,5 point par mot juste. « Rougeoyer » est du même champ lexical mais pas de la même famille.
Corrigé de la question 11 (10 points)
Réécriture attendue : « Enfants, ils regardaient par la fenêtre de leur cuisine s’éteindre le dernier rayon. Ils étaient persuadés que le soleil se couchait juste derrière l’école des filles. Ils trouvaient ça normal qu’il ait choisi les filles, ce lieu leur semblait magique et protecteur. »
Barème (10 points) :
- « Enfants » au pluriel (1 point ; « Enfant » conservé au singulier : 0,5 point) ;
- « ils regardaient », imparfait à la 3e personne du pluriel (1 point) ;
- « leur cuisine » : le déterminant « notre » devient « leur » (1 point) ;
- « Ils étaient persuadés » : verbe à la 3e personne du pluriel (1 point) et accord de l’adjectif attribut « persuadés » (1 point) ;
- « Ils trouvaient » (1 point) ;
- « leur semblait » : le pronom « me » devient « leur », le verbe « semblait » reste au singulier car son sujet est « ce lieu » (1 point) ;
- trois invariants respectés : « se couchait » (1 point), « qu’il ait choisi » (1 point, « il » représente le soleil), « magique et protecteur » (1 point).
Pièges : le sujet de « se couchait » est « le soleil » et celui de « me semblait » est « ce lieu » : ils ne changent pas. Ne pas écrire « ils ont choisi ». Chaque erreur d’accord ou de conjugaison compte pour une faute, chaque oubli d’une modification demandée aussi.
Partie 3 : dictée (10 points)
Texte de la dictée
En septembre c’est beaucoup plus cruel. C’est si beau septembre, si limpide, si bleu. Chez nous, ici, c’est le plus beau mois de l’année. Ce n’est pas un mois, c’est un fruit. L’après-midi je vais au bord des rivières, cueillir des mûres sauvages. À travers les infranchissables ronciers, j’entends les derniers cris d’enfants qui glissent dans le courant sur de noires chambres à air de tracteur. Ils sont libres comme l’eau verte qui file entre les roseaux, encore immortels.
Les ronces déchirent mes bras, mes mains. Je suis vivant parce qu’un cahier m’attend, vierge encore, blanc. Il est posé sur la table de ma cuisine et il m’oblige à être vivant. Il m’attend comme un enfant. Je ne lui apporte que les mots d’une mère à son enfant. Il a besoin de moi pour se mettre à vivre.
D’après René Frégni, Je me souviens de tous vos rêves, 2016. Au tableau, l’examinateur inscrit : « ronciers », « chambres à air » et « D’après René Frégni, Je me souviens de tous vos rêves, 2016 ».
Texte avec la ponctuation à dire : En septembre [virgule] c’est beaucoup plus cruel [point]. C’est si beau septembre [virgule] si limpide [virgule] si bleu [point]. Chez nous [virgule] ici [virgule] c’est le plus beau mois de l’année [point]. Ce n’est pas un mois [virgule] c’est un fruit [point]. L’après-midi [virgule] je vais au bord des rivières [virgule] cueillir des mûres sauvages [point]. À travers les infranchissables ronciers [virgule] j’entends les derniers cris d’enfants qui glissent dans le courant sur de noires chambres à air de tracteur [point]. Ils sont libres comme l’eau verte qui file entre les roseaux [virgule] encore immortels [point]. [À la ligne] Les ronces déchirent mes bras [virgule] mes mains [point]. Je suis vivant parce qu’un cahier m’attend [virgule] vierge encore [virgule] blanc [point]. Il est posé sur la table de ma cuisine et il m’oblige à être vivant [point]. Il m’attend comme un enfant [point]. Je ne lui apporte que les mots d’une mère à son enfant [point]. Il a besoin de moi pour se mettre à vivre [point].
Barème indicatif : la dictée est notée sur 10 points ; on retire 0,5 point par erreur d’orthographe (lexicale ou grammaticale), jusqu’à 0. Une erreur répétée n’est comptée qu’une fois et un oubli de ponctuation est une demi-erreur.
Les pièges d’orthographe expliqués
- « infranchissables ronciers » : « ronciers » est écrit au tableau ; l’adjectif « infranchissables » s’accorde avec « ronciers » (masculin pluriel). Il est formé du préfixe in-, de « franchir » et du suffixe -able : infranchissables, avec « ss ».
- « les derniers cris d’enfants » : « derniers » et « cris » s’écrivent avec un s (pluriel) ; « enfants » prend un s car il y a plusieurs enfants.
- « qui glissent » : le verbe s’accorde avec l’antécédent « enfants » (3e personne du pluriel, terminaison -ent).
- « de noires chambres à air de tracteur » : « noires » est au pluriel, devant le nom ; « chambres » est au pluriel, « air » reste au singulier (écrit au tableau) ; « tracteur » reste au singulier.
- « Ils sont libres… encore immortels » : accord de l’attribut avec « Ils » ; « immortels » prend le s du masculin pluriel.
- « l’eau verte qui file » : « verte » est au féminin singulier ; « file » est à la 3e personne du singulier car « qui » représente « l’eau ».
- « Les ronces déchirent mes bras, mes mains » : le verbe s’accorde avec « Les ronces » (-ent) ; « bras » est invariable.
- « Je suis vivant parce qu’un cahier m’attend, vierge encore, blanc » : « vivant » est un adjectif (pas de forme verbale en -ent) ; « vierge » et « blanc » se rapportent à « cahier » (masculin singulier). Attention à « m’attend » : le verbe « attendre » se termine par -d à la 3e personne (« il attend »).
- « Il m’oblige à être vivant » : après « à », le verbe reste à l’infinitif (être, avec l’accent circonflexe).
- « les mots d’une mère à son enfant » : « mots » prend un s ; « à » avec accent grave est une préposition (et non « a » du verbe avoir). Même piège à la dernière phrase : « Il a besoin de moi » (verbe avoir) mais « à vivre » (préposition).
- « des mûres sauvages » : « mûres » prend un accent circonflexe et un s, et « sauvages » s’accorde au féminin pluriel.
Partie 4 : rédaction (40 points)
Le candidat choisit un seul sujet. Dans les deux cas, 40 points se répartissent entre le respect du sujet et la cohérence (environ 20 points) et la maîtrise de la langue (environ 20 points : orthographe, syntaxe, vocabulaire, ponctuation). Une rédaction d’environ deux pages (500 à 700 mots) est attendue.
Sujet d’imagination : analyse et plan
Analyse : le sujet demande un texte à la première personne, sous forme de page de journal intime (date, ton personnel, adresse à soi-même), qui décrit une saison préférée (paysages, couleurs, lumière) et qui fait partager les sensations qu’elle provoque : les cinq sens, mais aussi les émotions et les souvenirs. Le texte de Frégni sert de modèle : un lieu, un cahier, des sensations précises, des images.
Plan : 1) l’entrée dans le journal (date, moment, geste d’écrire) ; 2) la description de la saison par les sens ; 3) les émotions et les souvenirs qu’elle éveille ; 4) une chute qui boucle sur l’écriture. Critères : forme du journal intime, première personne, richesse des sensations, au moins deux images (comparaison, métaphore), temps cohérents, expression soignée.
Production modèle (sujet d’imagination)
Dimanche 21 juin, au soir
Cher journal,
Ce soir, devant mon cahier ouvert, je revois tout : l’été, ma saison préférée, qui commence aujourd’hui. Il me suffit de fermer les yeux pour que la journée revienne, avec sa lumière dorée qui coulait sur les toits comme du miel.
Le matin, j’ai poussé les volets et la chaleur m’a caressé le visage avant même que je sois réveillé. Le ciel était d’un bleu si profond qu’on aurait cru qu’il avait été peint pendant la nuit. Dans le jardin, les rosiers de ma grand-mère débordaient du muret, et les abeilles bourdonnaient dans les lavandes, un bruit doux, régulier, qui ressemblait à une berceuse. J’ai marché pieds nus sur l’herbe tiède. Chaque brin me chatouillait la plante des pieds, et l’odeur de foin coupé montait jusqu’à moi, mêlée à celle de la menthe écrasée dans ma main.
L’après-midi, nous sommes descendus à la rivière. L’eau, glacée au premier contact, m’a coupé le souffle, puis s’est refermée sur moi comme une soie fraîche. Je flottais sur le dos et je regardais les feuilles des peupliers trembler, vertes, argentées, comme de petites pièces de monnaie. Au loin, des enfants criaient de bonheur, et leurs rires rebondissaient sur l’eau. Je me suis senti léger, libre, comme si les soucis de l’année scolaire étaient restés au fond de mon sac. Sur le chemin du retour, le goût sucré d’une glace à la pêche fondait sur ma langue et collait à mes doigts.
Ce que j’aime par-dessus tout, c’est le soir. Le soleil ne veut pas partir : il traîne derrière les collines, rougit les nuages, dore la poussière des chemins. Les cigales se taisent enfin et les grillons les remplacent. L’air sent l’herbe chaude et le barbecue de la voisine. Je repense à tous les étés de mon enfance, aux courses dans les champs, aux genoux écorchés, aux nuits passées à compter les étoiles. L’été, c’est la saison où le temps semble s’arrêter pour nous laisser le regarder.
Voilà, la lampe est allumée, la fenêtre reste ouverte et un papillon de nuit tourne autour de moi. Je vais refermer ce cahier, mais je sais que demain, en le rouvrant, je retrouverai tout : la lumière, les odeurs, la rivière. Écrire, c’est garder l’été au creux de la main.
À demain, cher journal.
Sujet de réflexion : analyse et plan
Analyse : la question porte sur les raisons d’écrire un peu chaque jour (la citation vient du texte de Frégni). Il faut proposer plusieurs arguments, chacun illustré par un exemple tiré de lectures et de pratiques d’écriture personnelles (journal, carnet, devoirs, lettres). Le texte doit être organisé : introduction, paragraphes argumentatifs avec connecteurs, conclusion.
Plan : 1) écrire pour garder une trace et mieux se connaître ; 2) écrire pour apaiser ses émotions ; 3) écrire pour progresser et enrichir sa langue ; 4) nuance : écrire chaque jour demande de l’effort. Critères : thèse claire, arguments distincts, exemples précis (œuvres citées avec titre et auteur), connecteurs logiques, conclusion, langue correcte.
Production modèle (sujet de réflexion)
Chaque jour, des dizaines de choses nous arrivent : une conversation, un paysage, une peur, une joie. Presque tout s’efface en quelques semaines. René Frégni, dans Je me souviens de tous vos rêves, nous invite pourtant à « écrire quelques mots chaque jour ». Quelles raisons peuvent nous pousser à le faire ? Nous verrons d’abord que l’écriture garde la mémoire de nos journées, ensuite qu’elle apaise nos émotions, enfin qu’elle nous fait progresser.
Tout d’abord, écrire chaque jour permet de garder une trace de ce que l’on vit et de mieux se connaître. Frégni rapporte chez lui des « petits fragments de vie » et les retrouve en rouvrant son cahier : les saules, les ponts, toute son enfance. Dans Le Journal d’Anne Frank, une adolescente cachée pendant la guerre note son quotidien, ses peurs, ses rêves ; ces pages sont devenues un témoignage et lui ont permis de comprendre ses propres sentiments. Moi-même, quand je relis le carnet où je note quelques lignes après mes vacances, je retrouve des odeurs, des visages que j’avais oubliés. L’écriture est ainsi une mémoire qui ne vieillit pas.
De plus, écrire aide à apaiser ses émotions. Mettre des mots sur une colère ou une tristesse, c’est déjà les regarder à distance. Victor Hugo, après la mort de sa fille Léopoldine, a écrit des poèmes dans Les Contemplations, comme « Demain, dès l’aube », où il transforme sa douleur en parole. Dans ma propre pratique, quand je me suis disputé avec un ami, j’ai écrit une page entière, et en la relisant le soir, j’ai compris que j’avais été injuste : j’étais plus calme et j’ai pu m’excuser. L’écriture quotidienne est donc une manière de soulager le cœur et de réfléchir.
Enfin, écrire tous les jours permet de progresser. Comme un sportif s’entraîne pour devenir meilleur, celui qui écrit régulièrement enrichit son vocabulaire, apprend à construire ses phrases et à chercher le mot juste. Les écrivains le savent : Frégni tient son cahier chaque soir et cherche à « inventer un visage à tout ce qu’on ne voit pas ». Pour ma part, depuis que je rédige un petit texte chaque semaine, je fais moins de fautes et mes descriptions sont plus précises ; les devoirs de français me paraissent moins difficiles.
Cependant, il faut reconnaître qu’écrire chaque jour n’est pas toujours facile. Certains jours, comme en janvier pour Frégni, la page reste « blanche » et l’inspiration manque. Mais même ces jours-là, s’asseoir devant son cahier est un effort qui prépare les jours suivants : c’est justement dans la régularité que l’on trouve l’habitude et le plaisir.
En conclusion, écrire quelques mots chaque jour permet de garder le souvenir de sa vie, d’apaiser ses émotions et de progresser en français. Ce petit geste quotidien est un cadeau que l’on se fait à soi-même, et qui devient, avec le temps, un véritable trésor.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Compréhension et interprétation (questions 1 à 7) | 32 |
| Grammaire et compétences linguistiques (questions 8 à 11) | 18 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative : 0 à 39 points, insuffisant ; 40 à 59, fragile ; 60 à 79, satisfaisant ; 80 à 100, très bon à excellent. Cette échelle est donnée à titre indicatif : le diplôme est calculé avec toutes les matières.
Conseil 1 : mieux répondre aux questions. Rédigez des réponses complètes, avec un procédé nommé et une citation courte. Travaillez la méthode avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec les exercices corrigés.
Conseil 2 : gagner des points d’orthographe. Relisez toujours la dictée en vérifiant les accords et les terminaisons ; révisez avec le cours sur la dictée et la réécriture et faites les exercices de dictée et de réécriture. Pour la rédaction, appuyez-vous sur le cours sur le sujet d’imagination et le cours sur le sujet de réflexion.
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