Ce cours sur les compléments circonstanciels 5e t’apprend à repérer les compléments qui indiquent le lieu, le temps, la cause et la manière d’une action. Tu découvriras qu’ils peuvent prendre des formes très variées (groupe nominal, adverbe, proposition subordonnée) et qu’ils jouent un grand rôle dans l’écriture.
Reconnaître les compléments circonstanciels 5e
Lis cette phrase : « À l’aube, près du vieux moulin, le chevalier traversa la rivière à la nage, parce que le pont était détruit. » L’essentiel tient en quelques mots : « le chevalier traversa la rivière ». Tout le reste précise les circonstances de l’action.
Définition
Le complément circonstanciel (CC) apporte une information sur les circonstances de l’action : où, quand, pourquoi, comment… C’est un complément de phrase : en général, on peut le supprimer et le déplacer sans que la phrase devienne incorrecte.
Méthode
- Supprime le groupe : « Le chevalier traversa la rivière. » La phrase reste correcte.
- Déplace-le : « Le chevalier, à l’aube, traversa la rivière. » C’est possible.
- Pose la question qui convient pour trouver son sens : où ? quand ? pourquoi ? comment ?
Le sens des compléments circonstanciels
| Sens | Question | Exemples |
|---|---|---|
| Lieu | Où ? D’où ? Par où ? | sous le pont, dans la grotte, ici, partout, depuis la fenêtre |
| Temps | Quand ? Pendant combien de temps ? | à minuit, le lendemain, hier, pendant les vacances, quand la cloche sonna |
| Cause | Pourquoi ? Pour quelle raison ? | à cause du froid, par jalousie, faute d’argent, parce qu’il gelait, comme il était tard |
| Manière | Comment ? De quelle façon ? | avec prudence, à toute vitesse, prudemment, en rampant, sans bruit |
Attention
Le mot « comme » peut introduire une cause (« Comme il pleuvait, nous sommes restés ») mais aussi une comparaison (« Il court comme un lièvre »). Le sens se déduit toujours de la phrase entière : pose-toi la question « pourquoi ? » pour vérifier qu’il s’agit bien d’une cause.
Les différentes formes du complément circonstanciel
Un même sens peut être exprimé par des formes grammaticales différentes. C’est une richesse pour varier ton style.
Règle
Le complément circonstanciel peut être :
- un groupe nominal prépositionnel : dans la forêt, à cause de la pluie, avec soin ;
- un groupe nominal sans préposition (souvent pour le temps) : ce soir, le lendemain, chaque matin ;
- un adverbe : ici, hier, lentement ;
- une proposition subordonnée circonstancielle, introduite par une conjonction de subordination (quand, lorsque, dès que, pendant que, parce que, puisque, comme…) : quand la nuit tomba, parce qu’il gelait ;
- un gérondif (en + participe présent), souvent pour la manière : en rampant ;
- un infinitif prépositionnel : après avoir dîné, sans faire de bruit.
Exemple
Le même sens de cause sous trois formes :
- À cause du brouillard, le bateau resta au port. (GN prépositionnel)
- Parce que le brouillard était épais, le bateau resta au port. (proposition subordonnée)
- Comme on n’y voyait rien, le bateau resta au port. (proposition subordonnée)
Les pièges et les effets
Tous les groupes introduits par une préposition ne sont pas des compléments circonstanciels. Dans « Nous habitons à Marseille », le groupe « à Marseille » ne peut pas être supprimé : c’est un complément essentiel de lieu, appelé par le verbe. De même, dans « Il pense à son voyage », « à son voyage » est un COI. À l’inverse, un GN sans préposition peut être un CC : dans « Il travaille la nuit », « la nuit » est un CC de temps, alors que dans « Il aime la nuit », c’est un COD.
Les compléments circonstanciels sont aussi des outils d’écriture. Placés en tête de phrase, ils installent le cadre d’un récit (« Ce soir-là, au fond de la vallée, … ») et peuvent créer du suspense en retardant l’action. Les CC de manière précisent les gestes des personnages ; les CC de cause expliquent leurs choix.
À retenir
- Le complément circonstanciel indique une circonstance ; il est en général supprimable et déplaçable.
- Lieu : où ? Temps : quand ? Cause : pourquoi ? Manière : comment ?
- Formes : GN (avec ou sans préposition), adverbe, proposition subordonnée, gérondif, infinitif prépositionnel.
- Un complément appelé par le verbe (habiter à, penser à) n’est pas un CC.
- En tête de phrase, le CC met en relief le cadre de l’action.
Pour aller plus loin
Entraîne-toi avec les exercices sur les compléments circonstanciels, puis vérifie tes connaissances avec le QCM sur les compléments circonstanciels. Pour bien distinguer CC et compléments du verbe, relis aussi le cours COD, COI et attribut du sujet.

