Ce cours sur le héros 5e t’explique comment un personnage devient une héroïne ou un héros : quelles épreuves il affronte, quelles valeurs il défend et pourquoi les lecteurs l’admirent. Tu parcourras les grandes figures héroïques, des mythes grecs aux superhéros d’aujourd’hui, en passant par la Bible, les chevaliers et les romans d’aventures.
Découvrir le héros 5e : qui mérite ce nom ?
Dans la vie courante, on appelle héros le personnage principal d’une histoire. Mais au sens fort, le héros est bien plus qu’un personnage important : c’est quelqu’un qui accomplit des actions extraordinaires, souvent au péril de sa vie, pour une cause qui le dépasse. Le mot vient du grec hêrôs, qui désignait un demi-dieu, né d’un dieu et d’une mortelle ou d’une déesse et d’un mortel, comme Héraclès, fils de Zeus.
Définition
Le héros (au féminin, l’héroïne) est un personnage qui se distingue par des qualités exceptionnelles (courage, force, ruse, générosité, loyauté) et qui les met au service d’une quête ou d’une cause. Ses actes sont des exploits ; son comportement est héroïque ; la qualité qu’il montre s’appelle l’héroïsme.
Le personnage principal n’est donc pas toujours un héros au sens fort. Dans certains romans, il est faible, maladroit, peureux : on parle alors d’anti-héros. À l’inverse, un personnage ordinaire peut devenir héroïque au fil du récit : c’est tout l’intérêt d’un destin romanesque.
Les grandes familles de héros
Chaque époque invente des héros qui incarnent ses valeurs. On peut les classer en cinq grandes familles.
- Les héros mythologiques : Héraclès accomplit douze travaux, Ulysse revient à Ithaque après dix ans d’errance, Persée tranche la tête de Méduse. Antigone, elle, ose désobéir au roi pour enterrer son frère : son héroïsme est moral.
- Les héros bibliques : le jeune berger David affronte le géant Goliath avec une simple fronde ; Judith sauve sa ville par son audace ; Moïse guide son peuple hors d’Égypte. Leur force vient de leur foi et de leur confiance.
- Les chevaliers du Moyen Âge : Lancelot, Yvain ou Perceval combattent pour leur dame, pour leur roi et pour protéger les faibles.
- Les héros de roman : d’Artagnan, chez Alexandre Dumas, conquiert Paris par son audace ; Jean Valjean, chez Victor Hugo, devient héroïque par sa bonté ; Phileas Fogg, chez Jules Verne, fait le tour du monde en quatre-vingts jours.
- Les superhéros, nés dans les bandes dessinées des années 1930 : dotés de pouvoirs, souvent masqués, ils mènent une double vie et protègent leur ville.
Comprendre le parcours du héros
Malgré leurs différences, la plupart des récits héroïques suivent un même chemin. Le héros part d’un monde ordinaire, reçoit un appel (une mission, un danger, une injustice), traverse des épreuves, trouve des aides, accomplit un exploit et revient transformé.
Règle
Pour analyser un héros, pose-toi quatre questions : d’où part-il ? (son origine, souvent modeste ou mystérieuse) ; que cherche-t-il ? (sa quête) ; qui l’aide et qui s’oppose à lui ? (les adjuvants et les opposants) ; qu’est-ce qui a changé à la fin ? (sa transformation).
Les adjuvants sont les personnages ou les objets qui aident le héros : Athéna conseille Ulysse, un lion fidèle accompagne Yvain. Les opposants lui font obstacle : le cyclope Polyphème, le géant Goliath, un rival jaloux. Sans opposants puissants, l’exploit n’aurait aucune valeur.
Un héros n’est pas toujours parfait
Le romancier aime montrer un héros en devenir. Au début, il est jeune, naïf, parfois ridicule. Observe comment Alexandre Dumas présente d’Artagnan à son arrivée :
Un jeune homme… — traçons son portrait d’un seul trait de plume : — figurez-vous don Quichotte à dix-huit ans ; don Quichotte décorcelé, sans haubert et sans cuissard ; don Quichotte revêtu d’un pourpoint de laine, dont la couleur bleue s’était transformée en une nuance insaisissable de lie de vin et d’azur céleste.
Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, 1844
La comparaison avec don Quichotte, chevalier rêveur et ridicule, fait sourire : le jeune Gascon n’a encore rien d’un mousquetaire. C’est justement ce qui rend son parcours passionnant : le lecteur l’accompagne pendant qu’il devient un héros. Le héros peut aussi douter, avoir peur ou commettre des fautes : Héraclès est aveuglé par la colère, Lancelot trahit son roi. Ces faiblesses le rendent plus humain et plus proche de nous.
Exemple
Tremblante, Inès avança pourtant vers le pont effondré : sa peur ne l’empêchait pas d’agir. Ici, le courage naît de la peur surmontée : c’est cela, l’héroïsme.
Attention
Le h de héros est aspiré : on écrit le héros, les héros, sans élision ni liaison (on ne dit pas « les-z-héros »). En revanche, le h de héroïne, héroïque et héroïsme est muet : on écrit l’héroïne, l’héroïsme, et on fait la liaison dans « les héroïnes ». N’oublie pas non plus le tréma sur le ï.
À retenir
- Le héros se distingue par des qualités exceptionnelles mises au service d’une quête ou d’une cause.
- On distingue les héros mythologiques, bibliques, chevaleresques, romanesques et les superhéros.
- Le parcours héroïque suit souvent six étapes : origine, appel, épreuves, aides, exploit, retour transformé.
- Adjuvants et opposants donnent sa valeur à l’exploit.
- Le héros de roman est souvent un héros en devenir, avec ses doutes et ses faiblesses ; l’anti-héros en est le contraire.
Pour aller plus loin
Entraîne-toi avec les exercices sur les héros et les destins romanesques, puis vérifie tes connaissances grâce au QCM sur les héros. Tu peux ensuite découvrir le cours sur le roman de chevalerie et apprendre à écrire un récit héroïque.

