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Corrigé du brevet de français 2022 : Amérique du Nord – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Amérique du Nord : corrigé du brevet 2022, illustration Français PDF
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Voici le corrigé brevet français 2022 Amérique, rédigé question par question pour l’épreuve de la série générale du 31 mai 2022, notée sur 100 points (32 points de compréhension, 18 points de grammaire, 10 points de dictée, 40 points de rédaction). Les réponses sont justifiées par la scène de Marivaux, Le Prince travesti, et chaque barème est détaillé.

I. Compréhension et compétences d’interprétation

Corrigé de la question 1 (5 points)

a) (1 point) La Princesse demande à Lélio d’accepter la charge de premier secrétaire d’État, c’est-à-dire de devenir son principal ministre et de rester à la cour d’Espagne : « il ne tiendra pas à moi que vous ne vous fixiez ici ».

b) (2 points, 1 point par argument) Deux arguments au choix :

  • Lélio est un homme de grande valeur, qui réussit tout ce qu’il entreprend : « Vous faites mieux qu’un autre tout ce que vous voulez faire ».
  • Il pourra se faire remplacer quand l’armée aura besoin de lui : « vous choisirez pour exercer vos fonctions ici ceux que vous en jugerez les plus capables », ce qui « n’est pas sans exemple dans cet État ».
  • Le mérite doit passer avant l’ancienneté : « La supériorité de mérite doit l’emporter […] sur l’ancienneté des services ».
  • Frédéric, le rival possible, accepte ce choix : « il se soumet de bon cœur ».

c) (2 points) Lélio oppose deux arguments. D’abord son métier de soldat : « mon métier est la guerre » (1 point). Ensuite la compétence des autres : la cour compte « d’habiles gens », « d’anciens serviteurs », à qui l’emploi « convient mieux qu’à moi » (1 point). Il refuse donc poliment, par modestie et par respect de l’ancienneté.

Erreur fréquente : recopier une réplique entière sans identifier l’argument.

Corrigé de la question 2 (3 points)

La Princesse n’offre pas vraiment : elle décide et impose, sous des formes polies. Trois procédés au choix suffisent parmi les quatre ci-dessous, 1 point chacun, avec exemple.

  • Le futur de l’indicatif, qui exprime la certitude et vaut presque un ordre : « vous choisirez », « vous accepterez », « vous ferez ». Elle présente comme acquis ce qui dépend de Lélio.
  • Le présent de vérité générale et le verbe « devoir » : « La supériorité de mérite doit l’emporter ». Elle donne à son choix la valeur d’une règle indiscutable.
  • L’impératif, adressé à Frédéric puis à Lélio : « soyez ami de Lélio », « donnez-moi la main ». Elle commande à tous.
  • Le vocabulaire de la volonté et de la certitude : « je suis sûre », « le choix qui m’a paru le meilleur », « je vous le recommande ». Elle balaie l’objection de Lélio avec « d’ailleurs ».

La politesse (« j’espère ») n’est qu’une façade : la Princesse est souveraine et ne laisse aucune place au refus.

Corrigé de la question 3 (2 points)

Cette didascalie introduit un monologue : un personnage seul sur scène exprime à voix haute ses pensées (1 point). L’intérêt est double (1 point) : le spectateur découvre les vrais sentiments de Frédéric, cachés pendant la scène précédente (colère, jalousie, projet de vengeance), et il comprend le ressort de l’intrigue : Frédéric va comploter contre Lélio. Le monologue crée une complicité avec le public, qui en sait plus que les autres personnages.

Erreur fréquente : écrire « un dialogue » ou « un aparté ». Un aparté est dit en présence d’autres personnages.

Corrigé de la question 4 (7 points)

a) (3 points) Frédéric fait de Lélio un portrait très négatif : un inconnu dangereux, sans origine, qui lui vole sa place. Les désignations le montrent :

  • « cet homme-là » et « ce ministre-là » : le déterminant démonstratif et le « -là » expriment le mépris et la distance ; « ministre » est dit avec ironie ;
  • « Un homme sans nom, sans parents, sans patrie » : anaphore de « sans » et gradation, qui insistent sur le vide de son identité ;
  • « cet aventurier », « sa vie errante » : termes péjoratifs qui laissent entendre un homme louche, sans attache.

Barème : 1 point par relevé analysé, avec une idée de portrait (inconnu, suspect, rival menaçant).

b) (2 points) Frédéric l’explique par l’amour : « c’est l’amour qui a nommé ce ministre-là ; oui, la Princesse a du penchant pour lui » (1 point). Selon lui, la Princesse n’a donc pas choisi par raison ou par mérite, mais par sentiment (1 point).

c) (2 points) Arlequin est le valet de Lélio (1 point). Frédéric espère qu’en le gagnant à sa cause, il apprendra l’histoire cachée de son maître (« savoir l’histoire de sa vie errante ») et trouvera de quoi le discréditer auprès de la Princesse, avec l’aide de l’ambassadeur de Castille. Il compte le « mettre dans [ses] intérêts » (1 point). Le valet est un confident qui sait tout.

Corrigé de la question 5 (9 points)

a) (2 points) Frédéric se tait parce qu’il est furieux et humilié, mais qu’il ne peut pas le montrer. La scène XII révèle sa colère (« ma chute est sûre », « je ne puis digérer ») : il perd le ministère, « le fruit de trente années de travail ». Courtisan, il doit obéir à la souveraine et dissimuler ses sentiments ; sa seule réaction visible est la révérence imposée par la didascalie. Son silence est donc une contrainte et une dissimulation (1 point pour chaque idée).

b) (2 points) La réplique est un refus déguisé et une plainte voilée. Frédéric ne peut pas dire qu’il n’a plus de goût pour une fête donnée en l’honneur de celle qui l’humilie, ni qu’il est blessé : il prend un prétexte poli. Le « plus » souligne que quelque chose a changé : il ne se sent plus à sa place à la cour (1 point). On peut y lire de l’amertume et même une ironie sourde. Elle prépare le monologue (1 point).

c) (5 points) Réponse attendue : des conseils concrets (posture, voix, regard, gestes, déplacements), justifiés par le texte. Production possible :

« Je demande à l’acteur de jouer un homme qui se contient. Il reste en retrait, légèrement en arrière de Lélio et de la Princesse, le dos droit et les mains jointes, dans une posture de ministre respectueux. Quand la Princesse annonce que Lélio prendra son poste, il ne bouge pas : seul son regard, fixé sur Lélio, trahit l’émotion, avec une pointe de jalousie et de mépris. À la didascalie, la révérence doit être profonde mais raide, presque mécanique, pour montrer qu’il obéit sans y croire. Quand elle lui dit « soyez ami de Lélio », il baisse les yeux et serre la mâchoire. Sa dernière réplique, « les fêtes ne me conviennent plus », sera dite d’une voix basse, lente et sèche, sans regarder personne, avant de s’éloigner d’un pas lourd. »

Barème : 2 points pour la posture et les gestes, 2 points pour l’intention de jeu (colère contenue, dissimulation, voix), 1 point pour la justification par le texte et la clarté de la rédaction.

Corrigé de la question 6 (3 points)

La réponse est libre, mais elle doit s’appuyer sur l’image et sur le texte. Deux orientations sont possibles.

Oui, il correspond. Frédéric est debout, grand, en surplomb, le regard baissé vers Arlequin. Son visage pâle et son long manteau sombre à motif d’écailles lui donnent un air inquiétant et calculateur, comme le ministre rancunier qui veut « perdre » Lélio. La lumière tranchée en noir et blanc accentue son aspect de conspirateur.

Non, pas tout à fait. Le texte laissait imaginer un vieux ministre usé par « trente années de travail », plutôt lourd et amer. L’acteur paraît ici mince, élancé et presque spectral, plus étrange que mélancolique.

Barème : 1 point pour la prise de position, 1 point pour un élément de l’image décrit, 1 point pour le lien avec le texte.

Corrigé de la question 7 (3 points)

Apparence et attitude (1,5 point). Arlequin est assis par terre, au premier plan, penché sur ce qu’il tient dans les mains (il semble coudre ou raccommoder). Son costume est rayé, avec des bas rayés, ce qui rappelle le costume traditionnel du valet de la commedia dell’arte. Ses cheveux bouclés et sa pose détendue lui donnent un air simple, populaire et insouciant. Il ne regarde pas Frédéric, qui le domine.

Frédéric obtiendra-t-il ce qu’il veut ? (1,5 point) Deux réponses défendables :

  • Oui, assez aisément : Arlequin est un valet naïf et peu méfiant, de condition modeste, sensible à l’argent ou à la flatterie ; sa position basse face à Frédéric montre aussi une certaine soumission.
  • Non, pas si facilement : son indifférence apparente et son air concentré suggèrent qu’il ne se laissera pas intimider ; il peut rester fidèle à son maître ou jouer au benêt pour ne rien révéler, comme beaucoup de valets rusés du théâtre.

Toute réponse justifiée par l’image est acceptée.

II. Grammaire et compétences linguistiques

Corrigé de la question 8 (10 points)

Le verbe introducteur « dit » est au présent : les temps ne changent donc pas (pas de concordance). Il faut changer les pronoms et les possessifs (1re personne → 3e personne), supprimer les guillemets et les marques d’exclamation, et ajouter la conjonction que.

a) (2 points) Frédéric dit que les fêtes ne lui conviennent plus. (« me » devient « lui » : 1 point ; le temps reste le présent : 1 point.)

b) (4 points) Frédéric dit que s’il ne vient pas à bout de perdre cet homme-là, sa chute est sûre. Il dit qu’un homme sans nom, sans parents, sans patrie, car on ne sait pas d’où il vient, lui arrache le ministère, le fruit de trente années de travail.

Barème : « je » devient « il » (1 point) ; « ma chute » devient « sa chute » (1 point) ; « m’arrache » devient « lui arrache » (1 point) ; la reprise de « que » devant la deuxième phrase, ou la coordination correcte (1 point). Le « ne » de « s’il ne vient » est accepté avec ou sans « pas ».

c) (4 points) Frédéric dit qu’il ne peut digérer une aussi bizarre aventure et qu’il n’en saurait douter, que c’est l’amour qui a nommé ce ministre-là. On accepte aussi « et qu’il n’en saurait douter, c’est l’amour qui a nommé ce ministre-là ».

Barème : « je » devient « il » aux deux verbes (1 point) ; « ne puis » devient « ne peut » (1 point) ; « saurais » devient « saurait » (1 point) ; la subordonnée « que c’est l’amour qui a nommé ce ministre-là » conservée au présent et au passé composé (1 point).

Erreurs fréquentes : oublier le « que » à chaque passage, garder « je » ou « ma », ou mettre l’imparfait alors que le verbe introducteur est au présent.

Corrigé de la question 9 (4 points)

a) (2 points) Les deux « y » reprennent le groupe « la fête » (« une fête que je vais voir ») : « donnez-moi la main pour me conduire à la fête » (1 point) et « vous verra-t-on à la fête ? » (1 point).

b) (2 points) « y » est un pronom adverbial (adverbe de lieu pronominal ; on accepte aussi « pronom personnel ») (1 point). Il est complément circonstanciel de lieu du verbe « conduire » dans le premier cas, du verbe « verra » dans le second (1 point).

Piège : ne pas confondre avec un complément d’objet indirect ; on peut répondre à « où ? » et pas à « à quoi ? » ou « à qui ? ».

Corrigé de la question 10 (4 points)

a) (2 points) C’est une phrase exclamative : elle exprime l’émotion de Frédéric (colère et dépit), marquée par le déterminant exclamatif « quel » et le point d’exclamation.

b) (2 points) La phrase est non verbale (ou nominale) : elle ne contient aucun verbe conjugué et se réduit à un groupe nominal, « Quel coup de malheur » (1 point). Cette construction est brève et frappante, propre à traduire une émotion vive (1 point).

III. Dictée (10 points)

Texte de la dictée

Marivaux, Le Prince travesti, acte I, scène V. Au tableau : Marivaux, Le Prince travesti ; Lélio, Castille, États, inclination. Le texte est lu à plusieurs reprises, avec la ponctuation (indiquée entre crochets) à la dictée.

LÉLIO, seul

La Princesse cherche à me connaître [virgule] et me confirme dans mes soupçons [point-virgule] les services que je lui ai rendus ont disposé son cœur à me vouloir du bien et mes respects empressés l’ont persuadée que je l’aimais sans oser le dire [point] Depuis que j’ai quitté les États de mon père [virgule] et que je voyage sous ce déguisement pour hâter l’expérience dont j’aurai besoin si je règne un jour [virgule] je n’ai fait nulle part un séjour si long qu’ici [point-virgule] à quoi donc aboutira-t-il [point d’interrogation] mon père souhaite que je me marie et me laisse le choix d’une épouse [point] Ne dois-je pas m’en tenir à cette Princesse [point d’interrogation] Elle est aimable [virgule] et si je lui plais [virgule] rien n’est plus flatteur pour moi que son inclination [virgule] car elle ne me connaît pas [point]

Marivaux, Le Prince travesti, acte I, scène V, 1724.

Barème indicatif (10 points) : on retire 1 point par erreur d’orthographe (grammaticale ou lexicale), plafonné à 10 ; deux erreurs de ponctuation comptent pour une erreur ; un accent oublié ou faux compte pour une demi-erreur, sauf s’il change le mot.

Pièges à connaître :

  • Participe passé avec avoir et COD placé avant : « les services que je lui ai rendus » (le COD « que » reprend « services », masculin pluriel) ; « mes respects […] l’ont persuadée » (le COD « l’ », la Princesse, est féminin singulier).
  • « disposé » : participe passé en -é après « ont », sans accord car le COD « son cœur » suit le verbe.
  • « je l’aimais » : imparfait à la 1re personne, terminaison -ais ; « j’aurai besoin » : futur, -ai ; « je règne » : présent de régner, avec un accent grave sur le « è » devant la syllabe muette.
  • « aboutira-t-il » : le -t- de liaison entre deux traits d’union, car le verbe se termine par une voyelle.
  • « ne dois-je pas » : inversion du sujet avec trait d’union, sans -t-.
  • « empressés » : adjectif accordé avec « respects », masculin pluriel.
  • « nulle part » (deux mots, sans « s ») ; « quoi donc » ; « États » avec accent et majuscule ; « inclination », donné au tableau.
  • « qu’ici » : « que » élidé devant « ici » ; « si long » en deux mots.

Cette épreuve ne comporte pas de réécriture dans la dictée. Pour s’entraîner, voir le cours sur la dictée et les exercices sur le participe passé.

IV. Rédaction (40 points)

Un seul sujet est à traiter, au choix. Le barème officiel valorise la cohérence avec le sujet, la construction, la richesse de la langue et la correction (orthographe, grammaire, ponctuation) : environ 20 points pour le fond, 20 points pour la langue. Les deux productions ci-dessous sont des modèles.

Sujet d’imagination : dialogue entre Frédéric et Arlequin

Analyse du sujet. Il faut écrire un dialogue de théâtre, qui commence juste après « Bonjour Arlequin ». Frédéric interroge ; Arlequin raconte la vie de Lélio. Le but est de montrer qui est vraiment Lélio : on sait par la dictée qu’il est un prince déguisé, fils d’un roi, qui voyage pour s’instruire. Il faut aussi tenir compte du caractère d’Arlequin, valet naïf et gourmand, et de la ruse de Frédéric.

Plan. (1) Frédéric flatte Arlequin et l’interroge ; (2) Arlequin, un peu naïf, révèle ses qualités et son rang ; (3) Frédéric comprend qu’il a un rival de poids, s’inquiète et change de tactique.

Critères. Respect des codes du théâtre : noms des personnages suivis de leur réplique, didascalies en italique entre parenthèses, ton et gestes ; cohérence avec la pièce ; propositions de caractère ; langue soignée.

Production modèle.

FRÉDÉRIC, (s’approchant avec un sourire mielleux) : Comment va mon cher Arlequin ? Tu as l’air d’un garçon de bon sens. Dis-moi, tu sers bien ton maître depuis longtemps ?

ARLEQUIN, (se grattant la tête) : Depuis qu’il a quitté son pays, monseigneur. Mais ne me flattez pas trop, car mon ventre vous répondra mieux que ma tête : il est vide depuis ce matin.

FRÉDÉRIC, (lui glissant une pièce) : Voilà de quoi le remplir. Et maintenant, parle-moi de Lélio. D’où vient-il ? Qui est sa famille ?

ARLEQUIN, (empochant la pièce, ravi) : Ah, voilà un homme honnête, qui sait récompenser un valet ! Eh bien, Lélio est le meilleur des maîtres : brave, généreux, et qui ne frappe jamais un pauvre diable. Il se bat comme un lion, et dans les batailles on dirait qu’il est né pour commander.

FRÉDÉRIC : Né pour commander ? Que veux-tu dire ?

ARLEQUIN, (baissant la voix) : Ah, je n’en ai pas trop dit, au moins ? Je ne dois pas le répéter, mais enfin, on voit bien qu’il n’est pas fils de berger. Il parle comme les livres, il marche comme un seigneur, et son père, dit-on, a une couronne sur la tête.

FRÉDÉRIC, (pâlissant) : Une couronne ? Lélio serait le fils d’un roi ?

ARLEQUIN : Je n’ai rien dit, vous m’entendez ? Il voyage sans éclat pour apprendre le métier de roi, voilà tout ; mais il est surtout un honnête homme, qui n’a jamais trompé personne.

FRÉDÉRIC, (à part) : Un prince ! Voilà donc d’où vient cette assurance et ce charme qui ont séduit la Princesse. Il me faudra être plus fin que je ne le pensais. (À Arlequin, avec un sourire forcé) Merci, mon ami, tu m’as été très utile. Garde ce secret entre nous : ton maître t’en saura gré.

ARLEQUIN, (sortant en sautillant) : Motus, monseigneur ! Je serai muet comme une carpe… tant qu’on ne me paiera pas un autre dîner.

Pourquoi ce devoir est efficace : les didascalies sont nombreuses et justes, le dialogue est vivant, Arlequin garde son comique de valet gourmand, Frédéric trahit son hypocrisie et ses calculs, et Lélio est montré comme un homme généreux, brave et de haut rang, ce qui répond au sujet.

Sujet de réflexion : le mystère et l’estime des autres

Analyse du sujet. La question est : faut-il garder une part de mystère pour être apprécié ? Le mot « important » demande de peser le besoin réel. Il faut un plan dialectique (oui, mais non, ou oui avec nuance), avec des exemples littéraires étudiés en classe (Lélio, mais aussi d’autres œuvres), des lectures et une culture personnelle.

Plan. (1) Le mystère attire et suscite la curiosité ; (2) mais il peut inquiéter et attirer la méfiance, comme le montre Frédéric ; (3) l’idéal est un équilibre entre sincérité et discrétion.

Critères. Introduction qui reprend le sujet et annonce le plan, paragraphes avec arguments et exemples précis, connecteurs logiques, conclusion qui répond à la question.

Production modèle.

Dans Le Prince travesti, Lélio fascine la Princesse parce que personne ne sait qui il est, alors que Frédéric s’en méfie pour la même raison. Pour être apprécié par les autres, est-il important de garder une part de mystère ? Nous verrons d’abord que le mystère attire, puis qu’il peut aussi éloigner, avant de défendre un juste équilibre.

D’abord, le mystère éveille la curiosité et donne envie d’en savoir plus. Celui qui ne dit pas tout paraît plus profond et plus intéressant. Lélio en est l’exemple : on ne connaît ni son nom ni son pays, et pourtant la Princesse lui offre la charge de premier secrétaire d’État. Dans les romans, les héros énigmatiques, comme le comte de Monte-Cristo, exercent la même séduction : leur passé caché nourrit l’admiration. Dans la vie, un camarade qui sait rester discret sur lui-même est souvent écouté avec plus d’attention que celui qui parle sans cesse.

Cependant, trop de mystère peut inquiéter. Frédéric voit en Lélio « un homme sans nom, sans parents, sans patrie » et le tient pour un danger. De même, quelqu’un qui cache tout de lui ne permet pas qu’on lui fasse confiance : on le soupçonne de mentir ou de cacher de mauvaises intentions. L’amitié repose sur la sincérité et le partage ; on n’apprécie vraiment que celui que l’on connaît un peu.

Enfin, l’idéal est sans doute de mêler franchise et réserve. Il s’agit de ne pas se livrer tout entier, de garder une part d’intimité, mais de se montrer fiable, loyal et honnête. Lélio lui-même est finalement estimé pour ses actes, ses services rendus et son courage, plus que pour son secret. Le mystère n’attire que s’il accompagne de vraies qualités.

En conclusion, garder une part de mystère peut aider à plaire, car cela suscite l’intérêt, mais ce n’est pas indispensable ni suffisant : on est surtout apprécié pour sa sincérité, sa générosité et la valeur de ses actes.

Pourquoi ce devoir est efficace : la question est reformulée, le plan est visible, chaque idée est illustrée par la pièce et par un autre exemple, et la conclusion tranche avec nuance.

Barème et conseils

Partie Points
Compréhension et interprétation (questions 1 à 7) 32
Grammaire et compétences linguistiques (questions 8 à 10) 18
Dictée 10
Rédaction 40
Total 100

Échelle indicative : de 80 à 100 points, très bonne maîtrise ; de 60 à 79, bon niveau ; de 40 à 59, résultat correct mais à consolider ; moins de 40, à retravailler méthodiquement (une note de 50 sur 100 correspond à 10 sur 20).

Conseil 1 : les questions et la grammaire. Relisez toujours la consigne et justifiez chaque réponse par une citation courte. Entraînez-vous avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et les exercices correspondants. Pour le discours indirect, révisez la concordance des temps.

Conseil 2 : la rédaction. Choisissez le sujet que vous pouvez construire en quelques minutes de brouillon, et gardez 10 minutes pour la relecture. Pour l’imagination, révisez le cours sur le sujet d’imagination et ses exercices ; pour la réflexion, le cours sur le sujet de réflexion et les exercices sur le texte argumentatif.

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