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Voici le corrigé brevet français 2022 polynésie (session du 23 juin 2022, série générale) : nous rédigeons une réponse détaillée pour chaque question du sujet, la dictée avec son barème et une production modèle pour chaque sujet de rédaction. L’épreuve est notée sur 100 points. Les réponses proposées sont rédigées par nos soins ; d’autres formulations sont acceptées dès qu’elles sont justes et justifiées par le texte.
Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)
Corrigé de la question 1 (2 points)
Le texte appartient au genre théâtral : c’est une scène de pièce de théâtre. Première justification : le texte est un dialogue présenté en répliques, chaque réplique étant précédée du nom du personnage qui parle (« Hina : », « Mimi : », « John : », « Vaihi : »), sans narrateur. Seconde justification : il comporte des didascalies, c’est-à-dire des indications de jeu entre parenthèses destinées aux acteurs et au metteur en scène : « (ironique) », « (Il sort) », « (voix blanche, comme ensorcelée) ». On peut aussi citer la division en « tableau 1, scène 3 », propre aux pièces de théâtre.
Barème : 1 point par justification exacte, appuyée sur un exemple. Erreur fréquente : répondre « un dialogue » sans nommer le théâtre, ou confondre didascalies et répliques.
Corrigé de la question 2 (4 points)
Explication (2 points) : Hina reproche aux humains de ne montrer aucune considération ni pour les animaux, qu’ils maltraitent et exploitent, ni pour les consommateurs (« celles qui vont les consommer »), c’est-à-dire les personnes qui mangent cette viande et dont la santé est mise en danger. Elle dénonce donc un double irrespect : envers les bêtes et envers les hommes eux-mêmes.
Arguments (2 points, un point par argument bien relevé) : les animaux sont élevés dans de mauvaises conditions et nourris de façon artificielle (« on gave nos poulets de granulés suspects ») ; on leur administre des produits (« on les shoote aux antibiotiques et aux hormones »), dont les effets retombent sur le consommateur ; la pêche industrielle pille les océans (« on ratisse le fond des océans et on rafle tout au passage ») ; les animaux sont traités comme une marchandise (« on les traite comme de l’argent ») et la qualité en pâtit (« steaks en carton »). Il suffit de deux arguments clairs et bien expliqués.
Erreur fréquente : ne parler que des animaux et oublier que « celles qui vont les consommer » désigne les mangeurs.
Corrigé de la question 3 (3 points)
Attitude souhaitée (1 point) : John voudrait que sa fille soit aimable, discrète et conciliante avec Vaihi : qu’elle cesse de lui faire la morale sur la nourriture et se comporte en hôtesse polie, pour que l’invité passe une bonne soirée (« un peu plus cool avec Vaihi »).
Avis personnel justifié (2 points) : la réponse est libre mais doit être argumentée. On peut être d’accord : la politesse et l’hospitalité imposent de ne pas heurter un invité à table, et un débat se mène mieux sans agressivité. On peut aussi être en désaccord : Hina a le droit d’exprimer ses convictions, le mot « ayatollah » est excessif et injuste, et se taire par confort revient à renoncer à ses idées. Une réponse nuancée (défendre ses idées sans insulter) est très bien reçue.
Barème : 1 point pour l’attitude, 1 point pour la prise de position, 1 point pour la justification.
Corrigé de la question 4 (5 points)
a) (4 points : 2 points par désaccord, soit 1 point pour le sujet repéré et 1 point pour les raisons). Plusieurs réponses sont possibles.
La consommation de viande : Hina veut qu’on cesse d’en manger, par compassion envers les animaux d’élevage et par souci de santé ; Mimi pense qu’il suffit d’en manger peu et de bonne qualité ; John estime que manger de la viande est naturel (« les hommes ont toujours mangé de la viande »).
La chasse et l’élevage : Vaihi défend la chasse comme un « corps à corps » et vante ses élevages de fugu « très bien traités », alors que Hina refuse ce qu’elle juge hypocrite et rejette son monde de luxe (« Ni par ton caviar, ni par ton jet »).
L’adaptation à la modernité : John pense qu’il faut faire des concessions car « on est trop nombreux » ; Hina répond que l’industrialisation a supprimé le respect de l’animal. On peut aussi citer l’attitude envers Vaihi : les parents veulent le ménager, Hina le trouve « imbuvable ».
b) (1 point) : réponse libre, justifiée par une idée du texte (par exemple : proche de Hina car elle défend le respect des animaux et de la santé ; ou de Mimi car sa position est mesurée).
Corrigé de la question 5 (3 points)
Qualités vues par les parents (2 points) : Vaihi est un bon invité, généreux et attentionné : il est « arrivé avec tous ces mets raffinés pour nous faire plaisir » (Mimi) ; il est riche (jet privé, élevages, caviar), ce qui impressionne John (« Moi, ça me va bien, le caviar… ») ; il est le fils d’un ami de la famille (« le fils de mon ami Narii ») ; enfin, il est amoureux de Hina (« il est complètement subjugué »). Deux qualités bien justifiées suffisent.
Pourquoi Hina n’est pas d’accord (1 point) : elle n’aime pas son étalage d’argent et de luxe (« son argent et ses clichés de caviar et de champagne ») ; leurs valeurs s’opposent sur le respect des animaux, car il chasse et élève des poissons pour le luxe ; elle le juge aussi physiquement « répugnant » avec ses « yeux de mérou ». Pour elle, l’argent et le raffinement ne sont pas des qualités.
Corrigé de la question 6 (3 points)
Au début, Vaihi tente de séduire Hina en la flattant (« Tu as parfaitement raison, Hina ! ») et en se vantant de sa chasse et de son jet privé. Hina se montre aussitôt ironique (« Quel grand seigneur ! »), puis distante et claire (« je ne suis pas intéressée »). Devant ses parents, elle le juge « imbuvable » et « répugnant » : son rejet est à son comble. Pourtant, à la fin, après la pause « magique », Hina accepte brusquement l’invitation et se montre docile (« Oui, Vaihi. Je viens »). Le rapport passe donc du rejet et du mépris à la soumission, un retournement inexplicable qui relève du merveilleux.
Barème : 1 point pour le désaccord du début, 1 point pour le retournement final, 1 point pour les citations et la clarté.
Corrigé de la question 7 (4 points)
La réponse doit proposer des consignes précises pour chaque acteur et les justifier.
Vaihi : ton hésitant, presque timide, avec des pauses marquées après « Hina… » et « maintenant… » (les points de suspension), puis regard fixé sur Hina, léger sourire de confiance. Justification : il paraît attendre une réponse et sait, grâce à la magie, qu’il va l’obtenir.
John : ton moqueur, rire exagéré (« Ha ha ha ! »), haussement d’épaules, geste de la main vers sa fille. Sa phrase « On peut aussi croire aux mira… » est coupée : il doit s’interrompre net, la bouche ouverte, stupéfait de la réponse de Hina. Justification : il pense à une plaisanterie, puis est pris de court.
Hina : voix blanche et monotone, sans émotion, regard vide, gestes lents, presque mécaniques, regard qui ne croise plus personne, comme si elle était hypnotisée. Justification : l’indication « comme ensorcelée » montre qu’elle a perdu sa volonté.
Barème : 1 point par acteur avec une consigne précise (voix, geste, regard, déplacement) et 1 point pour la qualité des justifications.
Corrigé de la question 8 (6 points)
Ce que montre l’image (2 points) : un cochon obèse, enfermé dans un enclos, l’air triste, mange le contenu d’une boîte de conserve marquée « OGM » ; deux seringues sont plantées dans son dos ; des déchets jonchent le sol. Le dessinateur critique l’élevage industriel : engraissement forcé, médicaments, aliments génétiquement modifiés.
Points communs avec le texte (2 points) : l’image illustre exactement ce que dénonce Hina : les animaux « gavés » de produits (« on gave nos poulets de granulés suspects »), les « antibiotiques » et « hormones » (les seringues), l’animal traité comme une marchandise et non comme un être vivant, la pitié que doit inspirer la bête (« ces pauvres bêtes »). Le cochon pris au piège évoque aussi la fin de la « lutte à armes égales » : ici l’animal est sans défense. Le document et la scène partagent une visée critique de l’élevage et de l’alimentation industrielle.
Différences ou apport (2 points) : le texte est un débat où s’opposent plusieurs points de vue (Hina, Mimi, John, Vaihi) et où l’humour passe par l’ironie ; la caricature adopte un seul point de vue, par l’exagération (le cochon obèse, la bave) qui provoque à la fois le rire et le malaise. Elle donne à voir ce que Hina décrit par la parole et le texte nuance ce que l’image pousse à l’extrême.
Barème : 2 points pour la description juste du document, 2 points pour les liens précis avec le texte, 2 points pour la réflexion sur la visée et la forme.
Grammaire et compétences linguistiques (20 points)
Corrigé de la question 9 (10 points)
Réécriture attendue : « Quand les chasseurs traquaient les cochons sauvages, quand ils prenaient des risques pour se faufiler sans bruit jusqu’à leur adversaire et que le combat les engageait physiquement, qu’ils y mettaient leurs tripes. »
Les modifications à repérer : « traquait » devient « traquaient » ; « le cochon sauvage » devient « les cochons sauvages » (le nom et l’adjectif s’accordent au pluriel) ; « il prenait » devient « ils prenaient » ; « son adversaire » devient « leur adversaire » (ou « leurs adversaires », acceptable car chaque chasseur a un adversaire) ; « l’engageait » devient « les engageait » (pronom COD pluriel) ; « qu’il y mettait » devient « qu’ils y mettaient » ; « ses tripes » devient « leurs tripes ». Le verbe « engageait » reste au singulier car son sujet est « le combat ».
Barème (10 points) : 1 point par modification juste : « chasseurs », « traquaient », « cochons sauvages » (accord de l’adjectif), « ils prenaient », « leur adversaire », « les engageait », « ils y mettaient », « leurs tripes » ; et 2 points restants pour la copie sans faute d’orthographe sur les autres mots, sans oubli ni ajout. Erreurs fréquentes : oublier le s de « sauvages », écrire « leur tripes », laisser « l’engageait » au singulier ou mettre « engageaient ».
Corrigé de la question 10 (2 points)
Le verbe « résoudrait » a pour infinitif « résoudre » (1 point) ; il est conjugué au conditionnel présent (3e personne du singulier, 1 point). Reconnaissance : le radical du futur « résoudr- » est suivi de la terminaison -ait ; le conditionnel présent exprime ici une hypothèse liée à la proposition « si on arrêtait… », dont le verbe est à l’imparfait. Erreur fréquente : répondre « résolver » ou « résoudrer », ou « imparfait de l’indicatif ».
Corrigé de la question 11 (3 points)
a) Classe et fonction (2 points) : « les » est un pronom personnel (1 point), de la troisième personne du pluriel, complément d’objet direct (COD) du verbe « shoote » (1 point) : on shoote quoi ? les poulets.
b) Ce qu’il remplace (1 point) : il reprend le groupe nominal « nos poulets » (cités dans la proposition précédente). Erreur fréquente : répondre « article défini », car un article se place devant un nom alors qu’ici « les » est devant un verbe.
Corrigé de la question 12 (3 points)
a) Classe (1 point) : « sereinement » est un adverbe (il est invariable et complète le verbe « dîner »).
b) Formation (1 point) : adjectif « serein » mis au féminin (« sereine ») + suffixe -ment. L’adverbe est donc dérivé de l’adjectif. c) Synonyme (1 point) : « calmement », « tranquillement », « paisiblement » ou « posément ».
Corrigé de la question 13 (2 points)
Le niveau de langue est familier (1 point). Justification (1 point) : l’emploi de l’adjectif familier « cool » (pour « aimable »), de l’anglicisme « for god’s sake » et de la formule « un peu plus cool avec » ; la phrase, proche de l’oral, est celle d’un père qui s’adresse à sa fille sur un ton détendu. Une réponse « courant » avec « cool » relevé comme mot familier est partiellement acceptée.
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
Le texte est extrait de Hina, Maui et compagnie, de Titaua Porcher (2018). Le texte lu par l’examinateur, avec la ponctuation à dire entre crochets, est le suivant :
Maui [deux points] Oui [virgule] vous connaissez tout de l’histoire de sa vie [virgule] tout de la première fois qu’elle a dit [ouvrez les guillemets] maman [virgule] papa [fermez les guillemets] [virgule] tout de ses premières dents de lait et de sa première fois à vélo sans les petites roues [point] Mais de la personne qu’elle est aujourd’hui [virgule] de ses rêves [virgule] de ses peurs profondes [virgule] de ses désirs [virgule] c’est moi qui ai la clé parce qu’elle m’en a fait cadeau un jour en me disant que je serais le seul être au monde à connaître ses pensées les plus intimes [point] C’est pour ça que je ne peux pas croire qu’elle ait décidé de simplement tourner les talons et de partir vivre avec le premier venu [point] Et puis [virgule] pour tomber amoureux [virgule] il faut qu’une porte soit ouverte [virgule] qu’il y ait même une toute petite place pour quelqu’un d’autre [point]
Titaua Porcher, Hina, Maui et compagnie, 2018.
Texte à reproduire (sans les indications entre crochets) : Maui : Oui, vous connaissez tout de l’histoire de sa vie, tout de la première fois qu’elle a dit « maman, papa », tout de ses premières dents de lait et de sa première fois à vélo sans les petites roues. Mais de la personne qu’elle est aujourd’hui, de ses rêves, de ses peurs profondes, de ses désirs, c’est moi qui ai la clé parce qu’elle m’en a fait cadeau un jour en me disant que je serais le seul être au monde à connaître ses pensées les plus intimes. C’est pour ça que je ne peux pas croire qu’elle ait décidé de simplement tourner les talons et de partir vivre avec le premier venu. Et puis, pour tomber amoureux, il faut qu’une porte soit ouverte, qu’il y ait même une toute petite place pour quelqu’un d’autre.
Barème de la dictée
La dictée est notée sur 10 points : on part de 10 et on retire 1 point par erreur grave (accord, verbe, mot mal orthographié) et 0,5 point par erreur légère (accent, ponctuation, majuscule), sans descendre en dessous de 0. Un même mot faux plusieurs fois ne compte qu’une fois.
Pièges d’orthographe expliqués
« c’est moi qui ai la clé » : le verbe « avoir » s’accorde avec le pronom relatif « qui », dont l’antécédent est « moi » (première personne) : on écrit ai et non « a ». « qu’elle ait décidé » : après « je ne peux pas croire que », le verbe est au subjonctif ; « ait » (verbe avoir au subjonctif) s’écrit avec un t, suivi du participe passé « décidé » en -é. « qu’une porte soit ouverte » et « qu’il y ait » : subjonctif présent après « il faut que » ; « ouverte » s’accorde avec « porte » (féminin singulier). « je serais » : conditionnel présent (-ais), car la phrase rapporte un propos passé (« en me disant que je serais… »).
« toute petite place » : « tout » devant un adjectif féminin commençant par une consonne s’accorde (toute petite). « ses premières dents de lait » : « premières » en -ères, accord avec « dents » (féminin pluriel) ; « lait » finit par un t. « les petites roues » et « ses peurs profondes » : accords au féminin pluriel. « m’en a fait cadeau » : « en » est un pronom, « a fait » est le passé composé de « faire » ; il ne faut pas écrire « m’en à ». « le seul être » : « être » est ici un nom ; « le premier venu » : « venu » est un participe passé. « tourner les talons » : l’infinitif en -er après « de ». Enfin, soignez « aujourd’hui », « vélo », « quelqu’un d’autre » et les guillemets français autour de « maman, papa ».
Rédaction (40 points)
Un seul sujet à traiter, au choix. Le barème indicatif est le suivant : 15 points pour le respect du sujet et la qualité du contenu, 10 points pour la construction et la cohérence, 15 points pour la langue (orthographe, grammaire, vocabulaire, ponctuation). Le sujet ne fixe pas de nombre de lignes minimum ; une copie de 2 pages environ est attendue. Pour vous aider : le sujet d’imagination et le sujet de réflexion.
Sujet d’imagination : analyse, plan et critères
Analyse du sujet : il faut écrire une scène de théâtre, donc un dialogue en répliques précédées du nom du personnage, avec des didascalies entre parenthèses. Les deux personnages sont Hina, jeune femme militante, et un individu qui se comporte mal envers l’environnement (déchets jetés, pollution, gaspillage). Le texte doit montrer leur échange : un désaccord argumenté, avec une évolution (colère, ironie, prise de conscience ou refus).
Plan conseillé : 1. situer le lieu et l’acte irrespectueux dans une didascalie d’ouverture ; 2. faire intervenir Hina, l’individu réagit (excuses maladroites, mauvaise foi) ; 3. argumentation de Hina avec des exemples précis ; 4. dénouement (changement d’attitude ou refus), didascalie finale. Critères : respect de la forme théâtrale, cohérence avec le caractère de Hina (engagée, ironique), registres variés, arguments crédibles, orthographe soignée.
Production modèle : sujet d’imagination
Scène : la plage de Matira
(Une plage de sable blanc au coucher du soleil. Un homme en chemise à fleurs, un sac plastique à la main, vide ses canettes et ses emballages sur le sable, à côté d’un feu. Hina, un sac de toile sur l’épaule, s’approche, le regard sombre.)
Hina : Excusez-moi, monsieur, vous venez de laisser vos déchets sur la plage.
L’homme : (sans se retourner) Il y a du personnel qui nettoie tout ça demain matin, non ? C’est bien pour ça qu’on paie nos vacances.
Hina : (posant son sac) Ces déchets ne partiront pas avec le personnel, ils partiront avec la marée. Cette canette finira dans le ventre d’une tortue qui la prendra pour une méduse. Vous voyez, c’est ce genre de geste qui détruit le lagon.
L’homme : (haussant les épaules) Une canette, un sac… Qu’est-ce que ça change ? Il y en a des milliards sur la planète, ce n’est pas moi qui vais sauver les océans.
Hina : Voilà bien la phrase que tout le monde se répète ! Si chacun pense comme vous, il y a des milliards de gestes comme le vôtre, et c’est pour cela que les plages se remplissent de plastique. Chaque geste compte, dans un sens comme dans l’autre.
L’homme : (agacé) Vous n’êtes pas ma mère, mademoiselle. Je suis ici en vacances, je veux profiter, pas qu’on me fasse la leçon.
Hina : (plus doucement) Je ne vous fais pas la leçon. Je vous demande juste de ramasser ce que vous avez apporté. Tenez, j’ai un sac en plus. Regardez autour de vous : ce lieu, c’est ce que vous êtes venu chercher, n’est-ce pas ? Si on le salit, il n’y aura plus rien à admirer.
(L’homme regarde la plage, puis les déchets à ses pieds. Un silence.)
L’homme : (à contrecœur, prenant le sac) Bon… Je suppose que vous avez raison. Mais ne le répétez à personne.
Hina : (souriant) Promis. Et je vous aide : à deux, ce sera fini avant la nuit.
(Ils ramassent ensemble les canettes pendant que le soleil disparaît. Le rideau tombe.)
Sujet de réflexion : analyse, plan et critères
Analyse du sujet : la question « L’être humain est-il un adversaire de la nature ? » porte sur la relation entre l’homme et son environnement. Le mot « adversaire » suppose un combat, comme dans le texte de Porcher (« la lutte se faisait à armes égales »). Le développement doit être argumenté et s’appuyer sur des exemples tirés des lectures, de la culture personnelle et des autres disciplines (SVT, géographie, histoire).
Plan conseillé : introduction (amener, poser la question, annoncer le plan) ; I. oui, l’homme s’attaque à la nature (pollution, déforestation, surpêche, élevage intensif) ; II. mais l’homme fait aussi partie de la nature et peut la protéger (écologie, protection des espèces, savoir-faire traditionnels) ; conclusion qui répond clairement. Critères : thèse nette, arguments illustrés d’exemples précis, connecteurs logiques, nuance, orthographe soignée.
Production modèle : sujet de réflexion
Depuis toujours, l’être humain vit de la nature : il y trouve sa nourriture, son abri, ses matériaux. Pourtant, au fil des siècles, il a transformé le monde à tel point que l’on parle aujourd’hui de crise écologique. L’homme est-il alors un adversaire de la nature ? Nous verrons d’abord que ses activités la menacent, puis qu’il peut aussi devenir son allié et son protecteur.
D’abord, l’être humain agit souvent comme un adversaire de la nature. L’industrie rejette des gaz qui réchauffent le climat, les forêts sont rasées pour faire place aux cultures et aux routes, et les océans sont vidés par la pêche industrielle, comme le dit Hina qui dénonce ceux qui « ratissent le fond des océans ». En Polynésie, les essais nucléaires menés à Mururoa et Fangataufa entre 1966 et 1996 ont laissé des traces durables sur les atolls. Dans la littérature, Herman Melville montre dans Moby Dick le capitaine Achab prêt à tout pour tuer la baleine blanche : l’homme y apparaît en effet comme un ennemi de la nature, obsédé par la volonté de la dominer. L’élevage intensif, dénoncé par la caricature de Richard Nagy, traite l’animal comme une marchandise. Ces exemples montrent que l’homme a trop souvent oublié que ses ressources sont limitées.
Cependant, il serait injuste de dire que l’homme est par nature l’adversaire du monde vivant. Il en fait lui-même partie et dépend de lui pour respirer, boire et manger. Beaucoup de peuples ont vécu en harmonie avec leur environnement : les Polynésiens pratiquaient le rāhui, une interdiction temporaire de pêcher pour laisser les ressources se reconstituer. Aujourd’hui, des parcs naturels protègent des espèces menacées, des scientifiques étudient les écosystèmes, des citoyens trient leurs déchets et replantent des mangroves. Dans Le Vieil Homme et la mer, Hemingway décrit un pêcheur, Santiago, qui lutte contre un énorme poisson tout en l’appelant « mon frère » : le combat n’exclut pas le respect. L’être humain est donc capable de s’opposer à la nature, mais aussi de la protéger.
En conclusion, l’homme n’est pas condamné à être l’adversaire de la nature : il l’est lorsqu’il l’exploite sans mesure, il devient son allié lorsqu’il comprend qu’il en dépend. Tout dépend donc de ses choix, qui engagent les générations futures.
Barème et conseils
| Partie | Questions | Points |
|---|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation | 1 à 8 | 30 |
| Grammaire et compétences linguistiques | 9 à 13 | 20 |
| Dictée | texte de Titaua Porcher | 10 |
| Rédaction (un sujet au choix) | imagination ou réflexion | 40 |
| Total | 100 |
Échelle de notes indicative : moins de 40 points sur 100 : à consolider ; de 40 à 59 : correct, avec des lacunes ; de 60 à 79 : bon niveau ; 80 et plus : très bon niveau. Pour convertir en note sur 20, divisez le total par 5.
Conseil 1 : améliorer la compréhension et la grammaire. Entraînez-vous à repérer le genre, les didascalies et les niveaux de langue, et à justifier chaque réponse par une citation, avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis des exercices corrigés.
Conseil 2 : progresser en dictée et en rédaction. Pour l’orthographe, travaillez la dictée et la réécriture et les exercices de dictée ; pour l’argumentation, consultez le sujet d’imagination, le sujet de réflexion et rédiger un texte argumentatif.
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