Ce cours de grammaire sur la juxtaposition, la coordination subordination 6ème t’explique les trois manières de relier les propositions d’une phrase complexe. Tu sauras reconnaître chacune d’elles, choisir le bon mot de liaison et éviter les confusions les plus fréquentes.
Découvrir : trois façons de relier des propositions
Tu sais qu’une phrase complexe contient plusieurs propositions, autant que de verbes conjugués. Mais comment ces propositions sont-elles reliées entre elles ? Observe ces trois phrases, qui disent presque la même chose :
- [L’orage gronde], [les promeneurs rentrent]. → un signe de ponctuation : c’est la juxtaposition.
- [L’orage gronde] donc [les promeneurs rentrent]. → un mot de liaison qui met les propositions au même niveau : c’est la coordination.
- [Les promeneurs rentrent] [parce que l’orage gronde]. → une proposition dépend de l’autre : c’est la subordination.
La juxtaposition : une simple ponctuation
Définition
Deux propositions sont juxtaposées lorsqu’elles sont simplement placées l’une à côté de l’autre et séparées par un signe de ponctuation : la virgule, le point-virgule ou les deux-points. Aucun mot ne les relie.
Le choix du signe n’est pas indifférent. La virgule enchaîne rapidement des actions (« Il entra, posa son sac, alluma la lampe ») ; le point-virgule sépare davantage deux idées proches (« Les uns riaient ; les autres pleuraient ») ; les deux-points annoncent une explication ou une conséquence (« Il ne viendra pas : il est malade »). Le lien logique entre les propositions n’est pas exprimé par un mot : c’est au lecteur de le deviner.
La coordination : les conjonctions de coordination
Définition
Deux propositions sont coordonnées lorsqu’elles sont reliées par une conjonction de coordination. Elles restent de même niveau : chacune pourrait former une phrase à elle seule. On les appelle des propositions indépendantes.
| Conjonction | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| mais | opposition | Il voulait sortir, mais il pleuvait. |
| ou | choix | Tu viens ou tu restes ? |
| et | addition, succession | Elle ouvrit la porte et le chat s’enfuit. |
| donc | conséquence | J’ai faim, donc je mange. |
| or | transition, objection | Il comptait gagner ; or il a perdu. |
| ni | addition négative | Il ne rit ni ne pleure. |
| car | cause | Je reste, car je suis malade. |
Attention
Certains adverbes comme puis, ensuite, alors, pourtant, cependant peuvent aussi relier deux propositions de même niveau : « Il dîna, puis il partit. » Ce ne sont pas des conjonctions, mais on considère que les propositions qu’ils relient sont coordonnées. Par ailleurs, les conjonctions de coordination peuvent relier autre chose que des propositions : dans « du pain et du fromage », « et » relie deux groupes nominaux.
La subordination : principale et subordonnée
Définition
Dans la subordination, une proposition, appelée subordonnée, dépend d’une autre, appelée principale. La subordonnée ne peut pas former une phrase à elle seule : « parce que l’orage gronde » n’a pas de sens isolé.
La proposition subordonnée est introduite par un mot subordonnant :
- une conjonction de subordination : que, quand, lorsque, comme, si, puisque, parce que, dès que, pendant que, alors que, pour que…
- un pronom relatif : qui, que, dont, où… (« J’ai lu le livre que tu m’as offert. »)
Règle
Le mot subordonnant fait partie de la subordonnée. La subordonnée peut souvent changer de place : « Quand la nuit tombe, les chouettes s’éveillent » ou « Les chouettes s’éveillent quand la nuit tombe ». La principale, elle, ne commence jamais par un mot subordonnant ; elle peut parfois sembler incomplète sans sa subordonnée (« Je pense… »).
Coordination subordination 6ème : ne pas confondre
Le piège le plus célèbre oppose car et parce que, qui expriment tous deux la cause.
Exemple
Je reste à la maison, car je suis malade. → coordination : impossible d’écrire « Car je suis malade, je reste à la maison ».
Je reste à la maison parce que je suis malade. → subordination : on peut écrire « Parce que je suis malade, je reste à la maison ».
Méthode
- Je repère les verbes conjugués et je délimite les propositions.
- Je regarde ce qui se trouve entre deux propositions : un signe de ponctuation seul (juxtaposition), une conjonction de coordination (coordination), un mot subordonnant au début de l’une d’elles (subordination).
- Pour la subordination, je nomme la principale et la subordonnée.
- Je vérifie : la subordonnée ne peut pas former une phrase seule.
À retenir
- Juxtaposition : les propositions sont séparées par une virgule, un point-virgule ou deux-points.
- Coordination : elles sont reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car).
- Juxtaposées ou coordonnées, ce sont des propositions indépendantes.
- Subordination : une subordonnée, introduite par une conjonction de subordination ou un pronom relatif, dépend d’une principale.
- « Car » coordonne, « parce que » subordonne.
Pour aller plus loin
Entraîne-toi avec les exercices sur la juxtaposition, la coordination et la subordination, puis teste-toi avec le QCM sur la coordination et la subordination. Si tu as du mal à repérer les propositions, revois d’abord le cours sur la proposition.


