Aller au contenu

Brevet de français 2017 : France – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

France : brevet de français 2017, illustration Français PDF
Notez cette fiche

Gratuit. Ce sujet de brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.

Voici le sujet du brevet français 2017 France, épreuve de français de la série générale passée le 30 juin 2017 (100 points pour l’ensemble de l’épreuve). Les trois parties reproduites ici sont les questions et la réécriture sur un texte de Jean Giono (1 h 10), la dictée (20 minutes) et le travail d’écriture (1 h 30). Pour réviser avant de plancher, relisez le cours sur l’épreuve de français du brevet, sur les questions de compréhension et de grammaire et sur le sujet de réflexion.

Partie 1 : Comprendre, analyser et interpréter, réécriture (25 points)

Durée conseillée : 1 h 10. L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite. Le candidat rend sa copie à la fin de cette première partie et conserve ce sujet comme support pour le travail d’écriture. Dans le sujet officiel, les lignes du texte sont numérotées de 5 en 5.

A. Texte littéraire

Giono a décidé de vivre à la campagne, au plus près de la nature. Néanmoins, il va parfois à Paris. Il évoque ici son expérience de la ville.

Quand le soir vient, je monte du côté de Belleville1. À l’angle de la rue de Belleville et de la rue déserte, blême et tordue, dans laquelle se trouve La Bellevilloise2, je connais un petit restaurant où je prends mon repas du soir. Je vais à pied. Je me sens tout dépaysé par la dureté du trottoir et le balancement des hanches qu’il faut avoir pour éviter ceux qui vous frôlent. Je marche vite et je dépasse les gens qui vont dans ma 5 direction ; mais quand je les ai dépassés, je ne sais plus que faire, ni pourquoi je les ai dépassés, car c’est exactement la même foule, la même gêne, les mêmes gens toujours à dépasser sans jamais trouver devant moi d’espaces libres. Alors, je romps mon pas et je reste nonchalant3 dans la foule. Mais ce qui vient d’elle à moi n’est pas sympathique. Je suis en présence d’une anonyme création des forces déséquilibrées de l’homme. 10 Cette foule n’est emportée par rien d’unanime. Elle est un conglomérat de mille soucis, de peines, de joies, de fatigues, de désirs extrêmement personnels. Ce n’est pas un corps organisé, c’est un entassement, il ne peut y avoir aucune amitié entre elle, collective, et moi. Il ne peut y avoir d’amitié qu’entre des parties d’elle-même et moi, des morceaux de cette foule, des hommes ou des femmes. Mais alors, j’ai avantage à les 15 rencontrer seuls et cette foule est là seulement pour me gêner. Le premier geste qu’on aurait si on rencontrait un ami serait de le tirer de là jusqu’à la rive, jusqu’à la terrasse du café, l’encoignure de la porte, pour avoir enfin la joie de véritablement le rencontrer.

[…]

De tous ces gens-là qui m’entourent, m’emportent, me heurtent et me poussent, 20 de cette foule parisienne qui coule, me contenant sur les trottoirs devant La Samaritaine4, combien seraient capables de recommencer les gestes essentiels de la vie s’ils se trouvaient demain à l’aube dans un monde nu ?

Qui saurait orienter son foyer en plein air et faire du feu ?

Qui saurait reconnaître et trier parmi les plantes vénéneuses les nourricières 25 comme l’épinard sauvage, la carotte sauvage, le navet des montagnes, le chou des pâturages ?

Qui saurait tisser l’étoffe ?

Qui saurait trouver les sucs pour faire le cuir ?

Qui saurait écorcher un chevreau ? 30

Qui saurait tanner la peau ?

Qui saurait vivre ?

Ah ! c’est maintenant que le mot désigne enfin la chose ! Je vois ce qu’ils savent faire : ils savent prendre l’autobus et le métro. Ils savent arrêter un taxi, traverser une rue, commander un garçon de café ; ils le font là tout autour de moi avec une aisance qui 35 me déconcerte et m’effraie.

Jean Giono, Les Vraies Richesses (1936)

1. Belleville : quartier parisien dans l’Est de la ville. 2. La Bellevilloise : coopérative ouvrière qui permettait aux ouvriers d’acheter des produits de consommation moins chers. C’est aussi en 1936 un lieu culturel très connu. 3. Nonchalant : lent et indifférent. 4. La Samaritaine : grand magasin parisien, fondé en 1870.

B. Image

Document : « Allées piétonnières », Jean-Pierre Stora (1995), lavis d’encre de Chine, 64 × 50 cm. L’œuvre représente, vue de haut, une multitude de petits personnages qui marchent sur des allées diagonales séparées par des parois.

Questions sur le texte littéraire (document A) (16 points)

Les réponses aux questions doivent être entièrement rédigées.

1. En vous appuyant sur le premier paragraphe, expliquez la formule du narrateur « Je me sens tout dépaysé » (lignes 3-4). (2 points)

2. a- Quel est ici le sens du mot « entassement » (ligne 13) ? Trouvez un synonyme de ce nom dans les lignes qui précèdent.

b- « Elle est … personnels. » (lignes 11-12) : quel est le procédé d’écriture utilisé dans cette phrase ?

c- En vous appuyant sur vos deux réponses précédentes, expliquez comment le narrateur perçoit la foule. (4 points)

3. Ligne 24 à ligne 32 : a- Quelles remarques pouvez-vous faire sur la disposition et les procédés d’écriture dans ce passage ? Trois remarques au moins sont attendues.

b- Quel est, selon vous, l’effet recherché par le narrateur dans ce passage ? Développez votre réponse. (4 points)

4. Dans le dernier paragraphe, pourquoi le narrateur est-il déconcerté et effrayé (lignes 34 à 36) ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte. (2 points)

5. Ce texte est extrait d’un livre intitulé Les Vraies Richesses. Quelles sont, selon vous, les « vraies richesses » auxquelles pense l’auteur ? Rédigez une réponse construite et argumentée. (4 points)

Questions sur le texte littéraire et l’image (documents A et B) (4 points)

6. Que ressentez-vous en regardant l’œuvre de Jean-Pierre Stora (document B) ? Expliquez votre réponse. (2 points)

7. Cette œuvre (document B) peut-elle illustrer la manière dont le narrateur perçoit la foule dans le texte de Jean Giono (document A) ? Développez votre réponse. (2 points)

Réécriture (5 points)

Réécrivez le passage ci-dessous en remplaçant « je » par « nous » et en mettant les verbes conjugués à l’imparfait.

« Je connais un petit restaurant où je prends mon repas du soir. Je vais à pied. Je me sens tout dépaysé par la dureté du trottoir et le balancement des hanches qu’il faut avoir pour éviter ceux qui vous frôlent. »

Partie 2 : Dictée (5 points)

Dictée (5 points)

Durée : 20 minutes. L’examinateur dicte le texte, on écrit une ligne sur deux. Le texte dicté (un extrait de Jean Giono, Les Vraies Richesses, 1936) figure dans le corrigé.

Partie 3 : Travail d’écriture (20 points)

Sujet au choix : A ou B (20 points)

Durée : 1 h 30. L’utilisation du dictionnaire de langue française est autorisée. Vous écrirez une ligne sur deux. Vous vous appuierez sur le corpus de la première partie de l’épreuve. Vous traiterez au choix le sujet A ou le sujet B.

Sujet A. Pensez-vous comme Jean Giono que la ville soit un lieu hostile ? Vous proposerez une réflexion organisée et argumentée en vous appuyant sur vos lectures et vos connaissances personnelles. Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ).

Sujet B. Vous vous sentez vous aussi « dépaysé(e) » en arrivant dans une ville. Racontez cette expérience. Vous décrivez les lieux que vous découvrez, vous évoquez vos impressions et vos émotions. Vous ne signerez pas votre texte de votre nom. Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ).

Corrigé du brevet de français 2017 (France)

Brevet de français 2017 en PDF

À imprimer

Retrouve ce sujet de brevet dans un PDF propre, prêt pour la classe ou la maison.

Télécharger le PDF