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Voici le corrigé brevet français 2022 Amérique du Sud, série générale (16 novembre 2022), rédigé question par question pour les 100 points de l’épreuve : 32 points de compréhension, 18 points de grammaire, 10 points de dictée et 40 points de rédaction. Chaque réponse est justifiée par le texte de Giraudoux ; le barème détaillé vous permet de vous évaluer honnêtement.
Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Corrigé de la question 1 (4 points)
a) Les deux personnages présents sur scène sont Auguste et Eugénie (1 point). Ils forment un couple de vieux époux, qui vivent ensemble dans la cabane de pêcheurs et qui sont les parents (adoptifs, comme on l’apprendra dans la dictée) d’Ondine : Eugénie dit à la ligne 54 « Ondine, ton père n’est pas content ! » (1 point).
b) Auguste parle d’Ondine, leur fille (1 point pour le personnage). Il s’inquiète parce qu’elle est dehors, la nuit, en pleine tempête (« dans ce noir », « Par cet orage ! ») et parce que sa voix lui paraît étrange : il ne la reconnaît pas et elle semble venir de plusieurs endroits à la fois, « du milieu de lac » et « du haut de la cascade » (1 point pour une raison justifiée par une citation).
Erreur fréquente : dire que les deux personnages sont frère et sœur, ou oublier de nommer Ondine, qui n’est pas encore sur scène à ce moment.
Corrigé de la question 2 (3 points)
Le texte offre de nombreux éléments ; il en faut trois, un point chacun, relevés avec une citation ou une référence précise. Réponses possibles :
- elle voit dans la nuit et la pluie ne la mouille pas (l. 7 et 9) ;
- elle fait des exploits impossibles à un être humain : « sauter les gouffres, recevoir les cascades dans un bol », marcher sur l’eau (l. 16 à 18) ;
- elle ne répare son linge « qu’au faîte des rochers » et ne prie que « la tête sous l’eau » (l. 20-21) ;
- elle fait le ménage en une minute, sans jamais se salir, et « tout brille » (l. 32 à 35), avec l’histoire des « assiettes d’or » ;
- elle libère les truites du vivier (l. 37) et se montre à la fenêtre sous forme de têtes les soirs d’orage (l. 41-42).
Une même idée citée deux fois ne compte qu’une fois. Les éléments simplement paraphrasés sans localisation sont acceptés, mais la précision est valorisée.
Corrigé de la question 3 (10 points)
a) (3 points) Non, ils ne partagent pas les mêmes idées (1 point). Auguste est sévère et inquiet : il trouve qu’ils sont « trop faibles avec elle », juge qu’« une fille de quinze ans ne doit pas courir les forêts » et veut « parler sérieusement » (1 point). Eugénie, au contraire, est indulgente et prend la défense d’Ondine : « Pourquoi t’inquiéter ? », « Elle préfère travailler dehors… », « Moi, j’aime bien celle de la femme, avec ses perles » (1 point).
b) (3 points) Ondine adopte une attitude d’insolence joueuse et de désobéissance. Elle ne rentre pas malgré les appels, se moque gentiment de ses parents et joue avec leurs nerfs : elle répond « Trop tard, Auguste !… » (l. 48) ou lance un « Bonsoir, chère Eugénie ! » (l. 52) avec une fausse politesse. Il faut une attitude nommée (1 point), une citation exacte (1 point) et une explication reliant la citation à l’attitude (1 point).
c) (4 points) Les relations entre les personnages sont comiques parce que les rôles sont inversés et que le couple est en désaccord permanent (1 point). Auguste joue le père autoritaire, mais il est ridicule : il menace de faire coucher dehors une enfant qui vit déjà dehors et que la pluie ne mouille pas (1 point). Eugénie répond par l’ironie et la moquerie (« Tout le monde sait que tu sais compter jusqu’à trois ! ») (1 point). Enfin, le comique de répétition des coups de tonnerre qui coupent Auguste à chaque nombre, et la fille qui l’emporte sans effort, rendent l’autorité paternelle dérisoire (1 point).
Erreur fréquente : dire seulement « c’est drôle » sans nommer un procédé (opposition des points de vue, ironie, répétition, comique de situation).
Corrigé de la question 4 (7 points)
a) (2 points) Les deux réponses sont recevables si elles sont justifiées. Réponse proposée : non, le chevalier n’est pas une apparition comme les têtes (1 point). Les têtes se montrent à la fenêtre, un instant, « à la lueur d’un éclair », puis disparaissent (« Elle s’éteint »), alors que le chevalier arrive par la porte qui « s’ouvre toute grande », avec un « fracas », et se tient « sur le seuil » : c’est un personnage réel, entier et matériel (1 point). Un candidat qui répond oui peut s’appuyer sur l’effet de surprise et la fin du tonnerre, mais doit alors justifier précisément.
b) (5 points) Il s’agit d’une réponse personnelle et argumentée. Voici une réponse modèle : « Si j’étais metteur en scène, je ferais apparaître les têtes dans un cadre de fenêtre réel, éclairé par un projecteur très blanc qui s’allume au moment de l’éclair (1 point). Pour la tête de vieillard, un comédien aurait une couronne dorée et une longue barbe faite de rubans et de fils transparents qui “ruissellent”, filmée en direct ou jouée derrière le cadre (1 point). La tête de naïade serait une comédienne maquillée en bleu pâle, portant un collier de perles, éclairée d’une lumière douce et bleutée (1 point). Le noir total sur la didascalie “Elle s’éteint” rendrait la disparition (1 point). Les coups de tonnerre et le vent seraient des bruitages, et la fenêtre s’ouvrirait grâce à un fil tiré en coulisse, ce qui montre qu’Ondine agit sans être là (1 point). » On valorise la lumière, le son, le costume, le jeu des acteurs et l’idée de l’illusion.
Corrigé de la question 5 (8 points)
a) (4 points) L’impression de mouvement vient d’abord de la position du corps d’Ondine : son buste est tordu, un bras est levé très haut vers le ciel, l’autre se replie au-dessus de la tête, comme dans une danse (1 point). Sa tête penchée, ses cheveux et sa robe longue flottent et semblent soulevés par le vent (1 point). Ensuite, l’organisation de l’image est dominée par les vagues : elles forment des spirales, des volutes et des courbes qui enveloppent la jeune fille et se répondent d’un bord à l’autre (1 point). Les lignes obliques et courbes, l’écume et les nuages tourbillonnants créent un mouvement continu, qui contraste avec la maison, droite et immobile, à l’arrière-plan (1 point).
b) (4 points) Plusieurs répliques conviennent. Proposition : Eugénie dit « J’ai essayé juste une fois tout ce qu’elle fait mille fois par jour, sauter les gouffres, recevoir les cascades dans un bol… » (l. 16-17) (1 point pour la réplique, avec ses lignes). Justification : l’illustration représente Ondine en pleine danse au milieu des flots, entourée de vagues qui jaillissent comme des cascades (1 point) ; on voit qu’elle se meut avec aisance dans un élément où un humain se noierait (1 point), ce qui rejoint le texte qui montre ses exploits impossibles pour une jeune fille ordinaire (1 point). Autres choix acceptables : « la pluie ne la mouille pas » (l. 9), « marcher sur l’eau » (l. 18) ou « réciter ses prières que la tête sous l’eau » (l. 20-21), à condition de les relier à l’image.
Grammaire et compétences linguistiques (18 points)
Corrigé de la question 6 (2 points)
Auguste se demandait ce qu’elle pouvait bien faire encore au-dehors, dans ce noir.
Barème : le passage à l’interrogation indirecte avec « ce qu’ » (1 point) ; le verbe à l’imparfait (« pouvait ») par concordance des temps avec « se demandait » (1 point). Le pronom « elle » ne change pas. L’expression « dans ce noir » peut devenir « dans ce noir-là » : c’est accepté. La phrase n’est plus exclamative : on supprime le point d’exclamation et l’inversion « peut-elle ». Pour réviser, voyez la concordance des temps.
Erreur fréquente : écrire « ce qu’elle peut » (présent) ou « que pouvait-elle » (inversion conservée).
Corrigé de la question 7 (2 points)
L’adjectif « insupportable » est formé par dérivation : le préfixe in- (qui exprime le contraire, la négation) + le radical du verbe supporter + le suffixe -able, qui exprime la possibilité (1 point). Il signifie donc « qu’on ne peut pas supporter », c’est-à-dire très pénible, agaçant, difficile à endurer (1 point). Dans le texte, Eugénie le dit à Auguste, qui s’obstine à compter jusqu’à trois malgré le tonnerre : elle le trouve exaspérant.
Corrigé de la question 8 (10 points)
Réécriture attendue :
AUGUSTE : Nous sommes trop faibles avec elles, Eugénie. Des filles de quinze ans ne doivent pas courir les forêts, à pareille heure. Je vais parler sérieusement. Elles ne veulent repriser leur linge qu’au faîte des rochers, réciter leurs prières que la tête sous l’eau… Où en serions-nous aujourd’hui, si tu avais eu cette éducation !
EUGÉNIE : Est-ce qu’elles ne m’aident pas dans le ménage ?
Barème (10 points au total) :
- « avec elles » (1 point) ;
- « Des filles de quinze ans » : le déterminant passe au pluriel et « quinze ans » reste inchangé (1,5 point) ;
- « ne doivent pas courir » : accord du verbe avec le sujet pluriel (1,5 point) ;
- « Elles ne veulent » : pronom sujet et verbe (1,5 point) ;
- « leur linge » ou « leurs linges », et « leurs prières » : les possessifs passent de « son/ses » à « leur/leurs » (2 points) ;
- « la tête » peut rester au singulier (chacune a une tête) ou devenir « les têtes » : les deux sont acceptés ; de même « cette éducation » ou « ces éducations » (1 point pour l’ensemble) ;
- dans la dernière réplique, « Est-ce qu’elles ne m’aident pas » : pronom et verbe (1,5 point).
Les formes non modifiées (« nous sommes », « je vais », « tu avais eu », « serions-nous ») ne doivent pas être changées : une modification abusive est pénalisée. Pour vous entraîner, voyez la dictée et la réécriture.
Erreurs fréquentes : oublier « elles ne m’aident », laisser « son linge » et « ses prières » au singulier, ou oublier d’accorder « doit » en « doivent » et « veut » en « veulent ».
Corrigé de la question 9 (4 points)
a) (2 points) Le pronom « l’ » remplace Ondine : « Je te dis que je n’ai jamais vu Ondine ni laver ni cirer… » (1 point pour le nom, 1 point pour la phrase correcte, avec « vu » sans accord).
b) (2 points) Dans la phrase d’origine, le participe passé « vue » est employé avec l’auxiliaire avoir : il s’accorde avec le complément d’objet direct si celui-ci est placé avant le verbe. Ici « l’ » (= Ondine) est placé avant : « vue » est féminin singulier (1 point). Dans la phrase réécrite, le COD « Ondine » est placé après le verbe : le participe passé reste invariable, « vu » (1 point).
Piège : ne pas confondre avec l’infinitif qui suit (« laver », « cirer ») ; ici Ondine est bien le COD de « voir », qui est avant le participe dans le texte d’origine. Pour réviser, voyez le participe passé.
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
LE CHEVALIER : Tu soupçonnes quels sont ses parents ?
AUGUSTE : Il ne s’agit pas de parents. C’est justement qu’avec Ondine, la question des parents est vaine. Si nous n’avions pas adopté Ondine, elle aurait trouvé sans nous le moyen de grandir, de vivre. Elle n’a jamais eu besoin de nos caresses, Ondine, mais dès qu’il pleut, impossible de la retenir à la maison. Elle n’a jamais eu besoin de lit, mais combien de fois l’avons-nous surprise endormie sur le lac. Est-ce que parce que les enfants devinent instinctivement la nature, est-ce que parce que la nature d’Ondine est la nature même : il y a de grandes forces autour d’Ondine !
LE CHEVALIER : C’est qu’elle est la jeunesse !
Jean Giraudoux, Ondine, acte I, scène 7, 1939
Texte avec la ponctuation à dire :
LE CHEVALIER [deux-points] Tu soupçonnes quels sont ses parents [point d’interrogation]
AUGUSTE [deux-points] Il ne s’agit pas de parents [point] C’est justement qu’avec Ondine [virgule] la question des parents est vaine [point] Si nous n’avions pas adopté Ondine [virgule] elle aurait trouvé sans nous le moyen de grandir [virgule] de vivre [point] Elle n’a jamais eu besoin de nos caresses [virgule] Ondine [virgule] mais dès qu’il pleut [virgule] impossible de la retenir à la maison [point] Elle n’a jamais eu besoin de lit [virgule] mais combien de fois l’avons-nous surprise endormie sur le lac [point] Est-ce que parce que les enfants devinent instinctivement la nature [virgule] est-ce que parce que la nature d’Ondine est la nature même [deux-points] il y a de grandes forces autour d’Ondine [point d’exclamation]
LE CHEVALIER [deux-points] C’est qu’elle est la jeunesse [point d’exclamation]
Barème indicatif. La dictée est notée sur 10 points. Chaque erreur d’orthographe grammaticale (accord, terminaison verbale, participe passé) ou lexicale retire environ 1 point ; une erreur de ponctuation ou d’accent retire un demi-point ; un même mot faux répété ne compte qu’une fois. Il n’y a pas de réécriture dans cette épreuve.
Les pièges à connaître.
- soupçonnes : le ç du radical « soupçon » se conserve à toutes les formes ; le verbe prend deux n et la terminaison -es de la 2e personne du singulier.
- Il ne s’agit pas de parents : « s’agir » est un verbe impersonnel (« il » + « agit »), invariable. Attention à l’apostrophe.
- adopté dans « nous n’avions pas adopté Ondine » : participe passé employé avec l’auxiliaire avoir, COD placé après, donc pas d’accord.
- aurait trouvé : conditionnel passé, avec la terminaison -ait.
- vaine (la question est vaine) : adjectif féminin, à ne pas confondre avec « veine ».
- l’avons-nous surprise endormie : « l’ » désigne Ondine, COD placé avant le verbe, donc surprise est féminin ; « endormie » s’accorde aussi avec Ondine. Le trait d’union marque l’inversion du sujet.
- devinent : verbe au présent dont le sujet « les enfants » est pluriel : terminaison -ent, muette.
- instinctivement : adverbe en -ment, formé sur l’adjectif féminin « instinctive ».
- dès qu’il pleut : « dès » prend un accent grave ; « qu’il » s’écrit avec une apostrophe.
- la nature d’Ondine est la nature même : « même » est ici un adverbe (ou adjectif) placé après le nom, invariable au singulier.
- de grandes forces : « grandes » et « forces » au pluriel ; « il y a » est invariable.
Rédaction (40 points)
Corrigé du sujet d’imagination (40 points)
Analyse du sujet. Il faut écrire un dialogue de théâtre entre le chevalier (envoyé par Auguste) et Ondine, dans la forêt. Le chevalier doit demander pourquoi elle tarde à rentrer ; Ondine doit répondre dans le respect de son caractère : joueuse, libre, insolente, mystérieuse, liée à l’eau et à la nature. Le dialogue doit respecter les codes du genre théâtral : noms des personnages en tête de réplique suivis de deux-points, répliques à la ligne, didascalies en italique entre parenthèses ou crochets (décor, gestes, ton, lumières, bruitages), pas de narration ni de guillemets. Il faut aussi donner du rythme aux échanges (répliques courtes, questions, ruptures).
Plan conseillé. 1. Une didascalie d’ouverture plantant le décor et l’arrivée du chevalier. 2. La demande du chevalier et la première esquive d’Ondine. 3. Le cœur du dialogue : le chevalier insiste, Ondine explique à sa manière (ce qu’elle fait, ce que la maison représente) et un malentendu ou une surprise éclate. 4. Une chute (retour, refus, nouvelle apparition) qui donne envie de lire la suite.
Critères de réussite (barème sur 40). Respect du sujet et du dialogue demandé, cohérence avec la scène d’Ondine (15 points) ; respect des codes du théâtre : noms, didascalies, rythme (10 points) ; richesse du vocabulaire et créativité (5 points) ; correction de la langue : orthographe, syntaxe, ponctuation (10 points). Longueur attendue : environ deux pages ou une trentaine de répliques.
Production modèle.
La forêt, près d’un lac, à la tombée de la nuit. L’orage s’éloigne. Une lumière bleue éclaire l’eau. Le chevalier avance dans un bruit de ferraille. Ondine est assise sur un rocher, les pieds dans le lac.
LE CHEVALIER, essoufflé : Enfin ! Voilà une heure que je cherche dans les fourrés. C’est vous, Ondine ?
ONDINE, sans se retourner : Vous faites tellement de bruit que les poissons se sont enfuis. C’est moi.
LE CHEVALIER : Auguste m’envoie vous chercher. Il m’a dit de vous ramener, et vite. Pourquoi tardez-vous donc tant à rentrer ?
ONDINE, amusée : Je ne tarde pas : je suis déjà là où je veux être.
LE CHEVALIER : La nuit est tombée ! Votre père est furieux, il a même tiré le verrou.
ONDINE : Il tire toujours le verrou, et la porte s’ouvre toujours. Vous en êtes la preuve.
LE CHEVALIER, gêné : Je… je suis entré parce qu’elle était ouverte. Mais ne détournez pas la conversation. Qu’avez-vous donc de si important à faire dehors ?
ONDINE : Écouter. Le lac me raconte des histoires que la maison ne connaît pas. Ce soir, il m’a parlé d’un chevalier qui cherche quelque chose sans savoir quoi.
LE CHEVALIER, troublé : Que dites-vous là ? Ce sont des enfantillages.
ONDINE, se levant d’un bond et sautant sur une pierre plus loin : Vous dites cela, et pourtant vous êtes venu jusqu’ici, dans votre armure, pour une petite fille. Vous êtes bien trop sérieux pour croire que tout ceci est un jeu.
LE CHEVALIER : Ondine, descendez de là ! Vous allez tomber !
ONDINE, riant : Tomber ? Regardez : l’eau me porte.
Elle marche quelques pas sur le lac, sans une éclaboussure. Le chevalier recule d’un pas, médusé. Un coup de tonnerre lointain.
LE CHEVALIER : Mais… c’est impossible ! Qui êtes-vous ?
ONDINE, redevenue grave : Quelqu’un que vos règles ne retiendront jamais, mais que vous pouvez accompagner jusqu’à la porte, si vous promettez de ne pas me ramener comme un colis.
LE CHEVALIER, après un temps : Je vous le promets. Mais montrez-moi le chemin, car je me suis perdu.
ONDINE, lui tendant la main, avec un sourire : Alors, c’est moi qui vous ramène, chevalier. Venez.
Elle l’entraîne vers la maison. La lumière bleue s’éteint.
Corrigé du sujet de réflexion (40 points)
Analyse du sujet. « Sortir de l’enfance » signifie grandir, devenir autonome. Le sujet demande si s’opposer au monde des adultes est « le seul moyen » d’y parvenir. L’adjectif « seul » invite à nuancer : s’opposer est un moyen possible, mais est-il le seul ? On attend une thèse nuancée (oui en partie, mais pas uniquement), avec des arguments et des exemples tirés des lectures, de l’expérience et de la culture générale. Il faut respecter une structure de texte argumentatif : introduction (amener, poser la question, annoncer le plan), développement en paragraphes (un argument, une explication, un exemple), conclusion (réponse nette, ouverture). Voir le cours sur le sujet de réflexion et rédiger un texte argumentatif.
Plan conseillé. I. S’opposer aux adultes permet souvent de s’affirmer (affirmation de soi, crise d’adolescence, personnages qui désobéissent). II. Mais ce n’est pas le seul moyen : on grandit aussi en apprenant des adultes, en prenant des responsabilités, en vivant des expériences. III. Conclusion : s’opposer est une étape, pas une condition.
Critères de réussite (barème sur 40). Compréhension du sujet et pertinence de la réponse (10 points) ; qualité de l’argumentation et des exemples (culture, lecture, expérience) (15 points) ; organisation, connecteurs et paragraphes (5 points) ; correction de la langue et richesse du vocabulaire (10 points). Longueur attendue : environ deux pages, soit une soixantaine de lignes.
Production modèle.
Chaque enfant, un jour, ressent le besoin de dire « non ». Ce moment, souvent appelé crise d’adolescence, est vu comme le signe qu’on grandit. Mais faut-il forcément s’opposer au monde des adultes pour sortir de l’enfance ? Nous verrons d’abord que l’opposition aide à s’affirmer, puis qu’elle n’est pas le seul chemin vers l’autonomie.
D’abord, s’opposer permet de se construire une identité. Quand on est petit, on adopte les idées de ses parents ; en refusant certaines règles, on découvre ce qu’on pense soi-même. Dans la pièce d’Anouilh, Antigone désobéit à son oncle Créon, qui lui interdit d’enterrer son frère : en lui disant non, elle devient une femme libre, capable d’assumer ses choix jusqu’au bout. De même, dans la pièce de Giraudoux, la jeune Ondine échappe aux règles de la maison pour vivre à sa façon. Dans ma vie, j’ai aussi senti que refuser de faire comme mes parents sur le choix de mes loisirs me permettait de dire qui j’étais.
Cependant, ce n’est pas le seul moyen de grandir. On peut devenir adulte en apprenant auprès des adultes plutôt que contre eux. Dans L’Île au trésor, Jim Hawkins mûrit en vivant l’aventure et en observant les hommes qui l’entourent, bons ou mauvais ; il apprend à juger, à choisir et à courir des risques sans se révolter contre personne. Dans la vie quotidienne aussi, on grandit en prenant des responsabilités : s’occuper d’un petit frère, aider à la maison, tenir une promesse. Un adolescent qui reprend un savoir-faire de son grand-père, ou qui travaille au sein d’une équipe sportive dirigée par un entraîneur, devient autonome sans conflit.
Enfin, s’opposer systématiquement peut même empêcher de grandir : celui qui dit toujours non reste dépendant de ce qu’il refuse, car c’est encore l’adulte qui décide de ses choix. Grandir, c’est savoir dire non quand il le faut, mais aussi dire oui, écouter, comprendre. Malala, qui s’est opposée aux talibans pour défendre le droit des filles à l’école, s’est ainsi appuyée sur l’enseignement de son père pour trouver le courage de parler.
En conclusion, s’opposer au monde des adultes est une étape fréquente, parfois nécessaire, pour sortir de l’enfance, mais ce n’est pas le seul moyen. On peut aussi grandir en apprenant, en s’engageant et en prenant des responsabilités. L’essentiel est de devenir capable de penser par soi-même, avec ou contre les adultes.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 5) | 32 |
| Grammaire et compétences linguistiques (questions 6 à 9) | 18 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative pour la rédaction. De 1 à 12 points : le sujet n’est pas traité ou la langue est très défaillante. De 13 à 22 points : le sujet est traité partiellement. De 23 à 34 points : le sujet est traité de façon satisfaisante, avec une langue globalement correcte. De 35 à 40 points : le texte est riche, organisé, original et bien écrit. Pour l’ensemble de l’épreuve, un total de 50 sur 100 correspond à la moyenne et 80 et plus à une très bonne copie.
Conseil 1 : améliorer les questions, la grammaire et la dictée. Rédigez toujours des réponses complètes avec une citation précise, et révisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec les exercices correspondants. Pour la dictée et la réécriture, travaillez la dictée et la réécriture et ses exercices.
Conseil 2 : soigner la rédaction. Si vous choisissez l’imagination, relisez le cours sur le sujet d’imagination et faites les exercices ; pour la réflexion, révisez le cours sur le sujet de réflexion et ses exercices.
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