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Corrigé du brevet de français 2022 : Nouvelle-Calédonie – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Nouvelle-Calédonie : corrigé du brevet 2022, illustration Français PDF
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Voici le corrigé brevet français 2022 Nouvelle-Calédonie, session du 13 décembre 2022 : l’épreuve est notée sur 100 points et porte sur la confrontation de Médée et de Créon dans la pièce Médée de Jean Anouilh (1946), accompagnée de la couverture d’une bande dessinée de 2019. Chaque réponse est justifiée par le texte, avec le barème, les réponses acceptables et les erreurs fréquentes. Les deux sujets de rédaction ont chacun une production modèle, et la dictée est celle d’un monologue de Jason.

Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

Corrigé de la question 1 (4 points)

Ce texte appartient au genre théâtral : c’est un extrait de tragédie moderne, une pièce qui reprend le mythe grec de Médée. Plusieurs éléments le prouvent :

– la présentation en répliques : le nom du personnage (« CRÉON », « MÉDÉE ») précède chaque prise de parole, sans verbe de parole ni narrateur ;

– les didascalies, ces indications de jeu données au comédien : « sourdement », « se plante en face de lui », « ricane », « lui crie » ;

– le dialogue vif, fait de tirades (la longue réplique de Médée) et de répliques brèves (« Pourquoi veux-tu mourir ? »), avec des questions, des ordres et des exclamations ;

– le paratexte : la source « Jean Anouilh, Médée, 1946 » désigne une pièce, et le chapeau introductif présente la situation comme une exposition.

Barème : 1 point pour le genre, 1 point par élément justifié (3 points). Erreur fréquente : répondre « le récit » ou « le dialogue » seulement ; le dialogue existe aussi dans un roman, il faut donc citer des éléments propres au théâtre comme les didascalies.

Corrigé de la question 2 (4 points)

a. Les deux personnages présents sur scène sont Médée et Créon, le roi de Corinthe (1 point). Jason est évoqué mais il est absent.

b. Médée est la compagne de Jason depuis dix ans, celle qu’il abandonne, et sa complice : « Mes crimes, il en a la moitié ». Elle affirme que leurs noms sont liés pour toujours : « Jason-Médée ! Cela ne se séparera plus. » (1,5 point).

Créon est le futur beau-père de Jason, puisque celui-ci va épouser sa fille : « Si tu veux donner Jason à ta fille ». Il est aussi son protecteur et lui a fait une promesse : « J’ai promis à Jason que tu partirais sans mal. » (1,5 point).

Barème : 1 point pour les noms, 1,5 point pour chaque lien justifié par une citation. Erreur fréquente : citer Jason comme personnage présent, alors qu’il n’intervient pas dans la scène.

Corrigé de la question 3 (5 points)

a. Créon et Médée s’opposent parce que Créon veut chasser Médée de Corinthe pour que Jason puisse épouser sa fille, alors que Médée refuse de s’effacer et de partir « sans mal ». Elle lui reproche sa faiblesse et exige qu’il agisse en vrai roi : soit il la fait tuer, soit il chasse Jason (2 points).

b. C’est Médée qui domine la scène. Deux éléments au moins suffisent (3 points) :

– la longueur et la force de sa parole : elle prononce de longues tirades, alors que Créon répond par de courtes phrases (« Pourquoi veux-tu mourir ? ») ;

– son attitude de défi, qui inverse la hiérarchie : elle se « plante en face de lui », lui donne des ordres (« Regarde-moi dans les yeux », « Chasse Jason ») et l’insulte (« tu es trop vieux pour être roi ! ») ;

– la faiblesse de Créon : il parle « sourdement », avoue « Je n’aime plus le sang » et ne répond que par une injure (« Orgueilleuse ! Furie ! »).

Erreur fréquente : répondre que Créon domine parce qu’il est roi ; il détient le pouvoir, mais c’est Médée qui mène l’échange.

Corrigé de la question 4 (10 points)

a. Médée donne d’elle l’image d’une femme fière et dure (4 points, trois éléments au moins) :

– une femme de sang royal, sûre de sa valeur : « La fille d’Aiétès », « Je suis de ta race » ;

– une criminelle sans remords, qui assume ses actes : « sans revenir après et sans remords », « Mes crimes, il en a la moitié » ;

– une femme qui défie la mort : elle demande elle-même d’être tuée, avec une vision sombre (« une grande tache noire sur cette herbe ») ;

– une femme blessée et lucide, qui comprend que Jason veut l’effacer (« Une ombre, un souvenir, une erreur regrettable ») et qui revendique son lien avec lui.

b. Paragraphe modèle (6 points) :

Je partage en partie le point de vue de Créon, car Médée est effectivement orgueilleuse et violente. D’abord, elle se place sur le même plan que le roi, qu’elle tutoie et qu’elle insulte : elle lui dit qu’il est « trop vieux pour être roi » et lui donne des ordres, ce qui montre une fierté démesurée. Ensuite, elle se vante de ses crimes, puisqu’elle rappelle que son père « en a fait égorger d’autres » et qu’elle n’a pas de remords, ce qui justifie le mot « Furie ». Pourtant, il faut nuancer ce jugement : Créon la chasse injustement pour permettre le mariage de Jason, et la colère de Médée est celle d’une femme abandonnée, qui a tout sacrifié pour lui pendant dix ans. Sa fierté est aussi une façon de garder sa dignité face à l’humiliation. En conclusion, Créon a raison de la trouver orgueilleuse, mais ses insultes ne disent pas toute la vérité sur un personnage qui reste profondément tragique.

Barème : 1 point pour une prise de position claire, 2 points pour des arguments, 2 points pour les citations ou références précises au texte, 1 point pour la structure (connecteurs) et la langue. Toute opinion argumentée est acceptée, qu’elle approuve Créon, le contredise ou le nuance. Erreur fréquente : raconter la légende de Médée sans s’appuyer sur le texte.

Corrigé de la question 5 (3 points)

Par cette réplique, Médée reproche à Créon de ne pas se comporter comme un véritable souverain. Selon elle, un roi est « de la race de ceux qui jugent et qui décident, sans revenir après et sans remords » : il doit trancher et assumer ses actes, même violents. Créon, lui, hésite et se cache derrière une promesse faite à Jason ; il veut la faire partir « sans mal » pour ne pas se salir les mains. Il agit donc en beau-père soucieux du mariage de sa fille, ou en vieil homme fatigué (« Je n’aime plus le sang »), mais pas en chef qui décide. Elle lui propose deux solutions radicales : la tuer, ou chasser Jason.

Barème : 1 point pour l’idée que le roi doit décider et assumer, 1 point pour le comportement de Créon (faiblesse, promesse), 1 point pour la justification par le texte. Erreur fréquente : croire que Médée accuse Créon de ne pas être assez cruel ; elle lui reproche surtout son manque de fermeté et de cohérence.

Corrigé de la question 6 (6 points)

a. L’image est la couverture d’une bande dessinée : Médée (tome 4), La Chair et le sang, de Blandine Le Callet, Nançy Peña et Céline Badaroux, publiée chez Casterman en 2019. Elle représente, au premier plan, une jeune femme aux cheveux noirs bouclés, un bandeau blanc sur la tête, au regard sévère et fixe. Elle porte une robe blanche tachée de sang ; une de ses mains est couverte de sang et tient un grand couteau. Des serpents dorés s’enroulent autour de ses bras et de son cou. L’arrière-plan est une frise rouge et brune aux motifs antiques, et le titre « MÉDÉE » est écrit en grandes lettres claires en haut (3 points : nature du document, description du personnage, éléments du décor ou du titre).

b. Oui, cette image correspond au personnage du texte, pour au moins deux raisons (3 points) :

– le sang et le couteau évoquent ses crimes, que Médée revendique : « qui en a fait égorger d’autres », « les mains […] rouges du même sang » ;

– le regard dur et la posture droite traduisent sa fierté et son défi face à Créon ;

– les serpents rappellent qu’elle est magicienne et dangereuse, ce que le chapeau du texte annonce (« La magicienne Médée »).

On peut nuancer : le texte montre surtout Médée par ses paroles, alors que l’image la montre en action après le crime, et la robe blanche contraste avec sa violence. Toute réponse argumentée avec deux éléments précis est acceptée, y compris un avis plus critique.

Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

Corrigé de la question 1 (2 points)

Les verbes « sois », « fais » et « chasse » sont au présent de l’impératif (1 point : temps et mode). Ce mode est employé parce que Médée donne des ordres à Créon : elle lui commande d’agir en roi (1 point : valeur).

Erreur fréquente : écrire « subjonctif présent » pour « sois », ou oublier de justifier le mode par l’ordre ou l’injonction.

Corrigé de la question 2 (3 points)

a. Deux mots de la famille d’« innocence » : innocent, innocenter ou innocemment (1 point par mot, soit 2 points). Les mots « innocuité » ou « inoffensif » ne conviennent pas.

b. Un antonyme d’« innocence » : culpabilité (1 point). On accepte aussi « faute » ou « crime » s’ils sont bien employés comme contraire.

Corrigé de la question 3 (4 points)

a. « Mais » est une conjonction de coordination (1 point). Elle exprime ici l’opposition entre les deux propositions : Créon n’est pas venu chercher des conseils, et pourtant Médée les lui donne (1 point).

b. On remplace la coordination par une subordonnée de même valeur, par exemple : « Tu n’es pas venu les chercher alors que je te les donne ! » ou « Bien que tu ne sois pas venu les chercher, je te les donne ! » (2 points : la conjonction de subordination, puis la construction correcte, avec le subjonctif « sois » après « bien que »).

Erreur fréquente : écrire « bien que tu n’es pas venu », sans subjonctif.

Corrigé de la question 4 (9 points)

Texte réécrit : « Chassez-moi, tuez-moi, c’est pareil. Avec lui votre fille m’épouse que vous le vouliez ou non, vous m’acceptez avec lui. […] Créon, soyez roi ! Faites ce qu’il faut. »

Barème : « Chassez-moi » (1), « tuez-moi » (1), « votre fille » (1), « que vous le vouliez » (2), « vous m’acceptez » (2), « soyez » (1), « Faites » (1). Les pièges sont la terminaison « -ez » de l’impératif (« chassez », « tuez »), le subjonctif présent de « vouloir » à la deuxième personne du pluriel (« vouliez ») et l’impératif irrégulier « soyez ». Le reste (« c’est pareil », « m’épouse », « avec lui », « ce qu’il faut ») ne change pas.

Dictée (10 points)

Texte de la dictée

Je t’ai d’abord aimé comme toi, Médée : à travers moi. Le monde était Jason, la joie de Jason, son courage et sa force, sa faim. Et si nous avions tous les deux de grandes dents, on verrait bien un jour qui dévorerait l’autre.

Et puis un soir, un soir qui ressemblait pourtant à tous les autres, tu t’es endormie à table comme une petite fille, la tête contre moi. Et ce soir-là, où tu étais peut-être plus fatiguée de la route trop longue, je me suis soudain senti chargé de toi. Une minute avant, j’étais Jason encore et je n’avais que mon plaisir à prendre dans le monde, durement. Il a suffi que tu te taises, que ta tête glisse sur mon épaule et cela a été fini.

Jean Anouilh, Médée, Éditions de la Table ronde, 1946

Ponctuation à dire : « Je t’ai d’abord aimé comme toi, Médée [deux-points] à travers moi [point]. Le monde était Jason [virgule] la joie de Jason [virgule] son courage et sa force [virgule] sa faim [point]. Et si nous avions tous les deux de grandes dents [virgule] on verrait bien un jour qui dévorerait l’autre [point, à la ligne]. Et puis un soir [virgule] un soir qui ressemblait pourtant à tous les autres [virgule] tu t’es endormie à table comme une petite fille [virgule] la tête contre moi [point]. Et ce soir-là [virgule] où tu étais peut-être plus fatiguée de la route trop longue [virgule] je me suis soudain senti chargé de toi [point]. Une minute avant [virgule] j’étais Jason encore et je n’avais que mon plaisir à prendre dans le monde [virgule] durement [point]. Il a suffi que tu te taises [virgule] que ta tête glisse sur mon épaule et cela a été fini [point]. »

Barème indicatif (10 points) : on retire 1 point par erreur grave (accord, conjugaison, homophone) et 0,5 point par erreur d’orthographe lexicale ou de ponctuation, sans descendre sous 0. Une erreur répétée ne compte qu’une fois.

Les pièges à connaître :

– « aimé » : participe passé en « -é » après l’auxiliaire « avoir », à écrire « aimé » comme dans le texte d’Anouilh (pas de « e » à ajouter) ; à ne pas confondre avec l’infinitif « aimer » ;

– « grandes dents » : l’adjectif s’accorde au féminin pluriel avec « dents » ;

– « pourtant » : adverbe d’opposition, à ne pas confondre avec « pour tant » ;

– « endormie » : participe passé accordé au féminin avec le sujet « tu » (Médée), après « t’es » (te es, auxiliaire « être » d’un verbe pronominal) ;

– « où tu étais » : pronom relatif de temps, avec accent grave, à ne pas confondre avec « ou » ;

– « senti chargé » : « je me suis senti » reste au masculin, car c’est Jason qui parle, et « chargé » s’accorde de même ;

– « plaisir » : nom masculin, avec un « ai » ;

– « Il a suffi » : passé composé de « suffire », avec « a » sans accent (verbe avoir) ;

– « que tu te taises » : subjonctif présent de « se taire », avec la terminaison « -ises » à la deuxième personne ; « glisse » est aussi au subjonctif ;

– « cela a été fini » : passé composé de « être », avec un « a » sans accent et « été » sans accord.

Dictée aménagée (pour les candidats concernés) : les mots à compléter sont « aimé », « était », « sa », « grandes », « pourtant », « où », « senti », « plaisir », « a » et « taises », dans l’ordre du texte.

Rédaction (40 points)

Sujet d’imagination : la suite du dialogue avec Jason

Analyse du sujet : il faut écrire la suite d’un dialogue théâtral. La forme est donc celle d’une scène : noms de personnages en tête des répliques, didascalies, tirades. Jason entre en scène et veut apaiser Médée et la convaincre de quitter le palais ; il doit employer des arguments variés (la sécurité des enfants, le passé commun, la menace de Créon). Il faut garder le ton tragique de l’extrait, et la fierté de Médée, qui ne cède pas facilement.

Plan : (1) entrée de Jason, qui s’interpose entre Créon et Médée ; (2) premier argument, affectif (le passé, les enfants), et riposte de Médée ; (3) second argument, plus concret (la fuite, la vie sauve) ; (4) Médée cède en apparence, avec une dernière réplique ironique ou inquiétante qui annonce la suite de la tragédie.

Critères : respect de la forme théâtrale (noms, didascalies, ponctuation du dialogue), cohérence des personnages (un Jason conciliant mais lâche, une Médée fière), arguments pertinents, registre tragique, langue correcte, longueur suffisante.

Production modèle :

JASON, entrant précipitamment. – Assez ! Créon, laissez-nous un instant, je vous en prie.

CRÉON, soulagé et méfiant. – Une heure, Jason. Pas une minute de plus.

Créon sort. Médée et Jason se font face, longtemps, sans parler.

JASON, doucement, sans oser s’approcher. – Médée, calme-toi. Je n’ai pas voulu que cela se passe ainsi. Regarde-moi : je ne suis pas ton ennemi.

MÉDÉE, avec un rire sec. – Mon ennemi ? Un ennemi, on le déteste, et on s’en défend. Toi, je t’ai suivi jusqu’au bout du monde, Jason.

JASON. – Je sais ce que tu as fait pour moi. Je ne l’oublierai jamais. Mais si tu restes, Créon te fera tuer, et nos enfants avec toi. Pense à eux, au moins.

MÉDÉE, plus bas. – Tu me parles des enfants maintenant, toi qui les laisses derrière un mur de gardes ?

JASON, la prenant par les épaules. – Écoute-moi ! Nous pouvons partir cette nuit. Je te ferai porter de l’or, un navire, tout ce que tu voudras. Tu seras libre, loin d’ici, à l’abri de la colère de Corinthe.

MÉDÉE, se dégageant. – Libre… Ce mot est ridicule dans ta bouche. Tu ne m’offres pas la liberté, tu m’offres l’exil pour que ta fille puisse dormir tranquille.

JASON, baissant les yeux. – Je t’offre la vie. C’est tout ce qui reste à sauver.

Un silence. Médée se redresse lentement, le regard fixe.

MÉDÉE – La vie… Eh bien, soit, je partirai, Jason. Mais n’aie pas peur de mon départ : ce n’est pas moi qui te quitte. Le malheur s’en va avec moi, et il ne te lâchera pas.

Sujet de réflexion : un dirigeant doit-il s’imposer par la force ?

Analyse du sujet : la citation « Créon, sois roi ! » résume la thèse de Médée : un chef n’est vraiment chef que s’il décide avec fermeté. La question porte sur le moyen : la force. Il faut donc distinguer l’autorité (savoir décider, être obéi) de la violence (la contrainte physique et la peur) et défendre un point de vue nuancé, appuyé par des exemples précis (littéraires, historiques) issus de la culture personnelle et des œuvres étudiées.

Plan possible : (1) un dirigeant doit avoir de l’autorité et savoir trancher, y compris en recourant à la force dans certains cas ; (2) mais gouverner par la seule force mène à la tyrannie et n’est jamais durable ; (3) la véritable autorité repose sur la légitimité, le dialogue et la justice.

Critères : une thèse claire, un plan organisé avec connecteurs, au moins deux exemples précis et commentés, une introduction qui présente le sujet et une conclusion qui répond à la question, une langue soignée.

Production modèle :

Dans la pièce d’Anouilh, Médée exige que Créon « soit roi » et qu’il agisse sans remords, quitte à employer la violence. Faut-il pour autant penser, comme elle, qu’un dirigeant politique doit s’imposer par la force ? Nous verrons d’abord qu’un chef a besoin d’autorité, puis que la force seule fait de lui un tyran, avant de montrer que la véritable autorité repose sur la légitimité.

Il est vrai, d’abord, qu’un dirigeant ne peut pas gouverner sans fermeté. Il doit prendre des décisions difficiles, parfois impopulaires, et les faire respecter. C’est ce que réclame Médée : un roi doit « juger » et « décider ». En France, par exemple, un gouvernement doit pouvoir faire appliquer la loi, et la police ou l’armée sont là pour défendre la sécurité des citoyens. Dans certaines circonstances graves, comme une guerre, la fermeté d’un chef est même indispensable : en 1940, le général de Gaulle refuse la défaite et appelle à continuer le combat, ce qui exige de l’autorité.

Cependant, un pouvoir qui ne repose que sur la force devient vite une tyrannie. L’histoire du XXe siècle l’a montré : les dictatures de Hitler ou de Staline se sont imposées par la terreur, la police politique et les camps, au prix de millions de morts, et elles ont fini par s’effondrer. La littérature le confirme : dans Antigone, Créon veut imposer sa loi par la menace de mort, mais son entêtement lui coûte son fils, sa femme, et il reste seul à la fin. La force fait obéir par peur, non par adhésion, et elle suscite la révolte.

Enfin, la véritable autorité d’un dirigeant naît de sa légitimité et de sa capacité à convaincre. Un chef élu, qui écoute et qui rend des comptes, est respecté sans avoir à frapper. Nelson Mandela en est un exemple : devenu président de l’Afrique du Sud après vingt-sept ans de prison, il a choisi la réconciliation plutôt que la vengeance, et son autorité morale a rassemblé tout un pays. La force est parfois nécessaire, mais elle doit rester encadrée par la loi et utilisée pour protéger, non pour dominer.

En conclusion, Médée a raison de vouloir qu’un roi décide avec fermeté, mais elle a tort d’y voir une affaire de violence : un dirigeant ne doit pas s’imposer par la force, mais par la justice et la confiance qu’il inspire. Être roi, c’est assumer ses responsabilités, pas écraser les autres.

Barème et conseils

Partie Points
Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 6) 32
Grammaire et compétences linguistiques (questions 1 à 4) 18
Dictée 10
Rédaction 40
Total 100

Échelle indicative : moins de 50 points, des bases à consolider ; de 50 à 69 points, un niveau correct à fiabiliser ; de 70 à 84 points, un bon niveau ; 85 points et plus, un très bon niveau, avec une rédaction maîtrisée et peu d’erreurs.

Conseil 1 : améliorer les questions. Si vous perdez des points sur le genre théâtral, l’impératif ou la réécriture au vouvoiement, relisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et entraînez-vous avec les exercices sur les questions de compréhension et de grammaire. Pour la dictée et ses accords, voyez le cours sur la dictée et la réécriture, et pour les participes le cours sur le participe passé des verbes pronominaux.

Conseil 2 : réussir la rédaction. Pour la suite de dialogue, revoyez le cours sur le sujet d’imagination ; pour la réflexion, le cours sur le sujet de réflexion, le cours sur la rédaction d’un texte argumentatif et les exercices sur le sujet de réflexion. Pour d’autres entraînements, consultez les exercices sur l’épreuve de français du brevet.

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