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Brevet de français 2018 : France (septembre) – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

France (septembre) : brevet de français 2018, illustration Français PDF
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Gratuit. Ce sujet de brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.

Voici le sujet du brevet français 2018 septembre, épreuve de français de la série générale de la session de remplacement du 20 septembre 2018 en France métropolitaine. L’épreuve dure 3 heures (1 h 10 pour les questions, 20 minutes pour la dictée, 1 h 30 pour la rédaction) et elle est notée sur 100 points. Pour réviser avant de plancher, relisez le cours sur l’épreuve de français du brevet et sur les questions de compréhension et de grammaire.

Partie 1 : Grammaire et compétences linguistiques, compréhension et compétences d’interprétation (50 points)

Durée conseillée : 1 h 10. L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite. Les lignes du texte sont numérotées de 5 en 5.

A. Texte littéraire

Orphelin mutilé par la guerre, le jeune Omar-Jo a fui son pays. Il a été accueilli à Paris par des cousins. Il a pour ami Maxime, le responsable d’un manège. Il organise des spectacles.

Lorsqu’il sentait son public avec lui, applaudissant et riant de ses loufoqueries1, Omar-Jo changeait brusquement de répertoire.

D’abord, il faisait taire la musique ; ses pitreries se fracassaient contre un mur invisible. Ensuite, il laissait un silence opaque planer au-dessus des spectateurs.

D’un seul geste, il arrachait alors les rubans ou les feuillages qui dissimulaient son 5 moignon2. Puis, il présentait celui-ci au public, dans toute sa crudité.

Il ôtait son faux nez. En se frottant avec un pan de sa chemise, il se débarbouillait de son maquillage. Sa face apparaissait d’une pâleur extrême ; enfoncés dans leurs orbites, ses yeux étaient d’un noir infini.

Il s’était également dépouillé de ses déguisements qui s’entassaient à ses pieds. Il 10 les piétina avant de grimper sur leurs dépouilles comme sur un monticule, d’où il se remit à parler.

Ce furent d’autres paroles.

Elles s’élevaient du tréfonds, extirpant Omar-Jo de l’ambiance qu’il avait lui-même créée. Oubliant ses jongleries, il laissait monter cette voix du dedans. Cette voix âpre, cette voix nue 15 qui, pour l’instant, recouvrait toutes ses autres voix.

L’enfant multiple n’était plus là pour divertir. Il était là aussi pour évoquer d’autres images. Toutes ces douloureuses images qui peuplent le monde.

Mené par sa voix, Omar-Jo évoque sa ville récemment quittée. Elle s’insinue dans ses muscles, s’infiltre dans les battements du cœur, freine le voyage du sang. Il la voit, il la touche, 20 cette cité lointaine. Il la compare à celle-ci, où l’on peut, librement, aller, venir, respirer ! Celle-ci, déjà sienne, déjà tendrement aimée.

Ici, les arbres escortent les avenues, entourent les places. De robustes bâtiments font revivre les siècles disparus, d’autres préfigurent l’avenir. Une population diversifiée flâne ou se hâte. Malgré problèmes et soucis, ils vivent en paix. En paix ! 25

Là-bas les îlots en ruine se multiplient, des arbres déracinés pourrissent au fond de crevasses, les murs sont criblés de balles, les voitures éclatent, les immeubles s’écroulent. D’un côté comme de l’autre de cette cité en miettes, on brade les humains !

Omar-Jo se déchaîne, ses paroles flambent. Omar-Jo ne joue plus. Il contemple le monde, et ce qu’il en sait déjà ! Ses appels s’amplifient, il ne parle pas seulement pour les 30 siens. Tous les malheurs de la terre se ruent sur ce Manège.

Tout s’est immobilisé. Les chevaux ont terminé leur ronde. Le public écoute, pétrifié3. Maxime, perplexe, n’ose pas faire taire l’étrange enfant.

Après ces cris d’angoisse, il ne reste d’autre issue que de renouer avec la vie. Omar-Jo ressort de sa poche son vieil harmonica et, retrouvant son souffle, il en tire, 35 une fois de plus, des sons mélodiques et vivaces.

Andrée Chedid, L’Enfant multiple (1989)

1 Loufoqueries : actes, propos extravagants, insensés.

2 Moignon : ce qui reste d’un membre qui a été amputé.

3 Pétrifié : au sens propre « transformé en pierre », au sens figuré « immobilisé ».

B. Image

Document : Enfant jouant dans les ruines de Damas, photographie de l’AFP (2016). On y voit une rue bordée d’immeubles éventrés et de gravats, dans laquelle deux enfants courent ; la petite fille au premier plan est habillée en bleu et tient des ballons multicolores. Note du sujet : sur la photographie originale, la petite fille est habillée en bleu et elle tient des ballons multicolores.

Travail sur le texte littéraire et sur l’image

Les réponses doivent être entièrement rédigées.

Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

Question 1 (4 points)

1. « Il s’était également dépouillé de ses déguisements qui s’entassaient à ses pieds. » (ligne 10)

a) Réécrivez la phrase et soulignez son verbe principal. À quel temps est-il conjugué ? (2 points)

b) Délimitez le groupe complément du verbe principal en le plaçant entre crochets. (1 point)

c) Pour vérifier la délimitation du groupe complément, réécrivez la phrase en remplaçant ce complément de verbe par un pronom. (1 point)

Question 2 (4 points)

2. Ligne 19 : « sa ville récemment quittée » ; lignes 20-21 : « Il la voit, il la touche, cette cité lointaine. »

a) À quelle classe grammaticale précise appartient le déterminant « sa » ? (1 point)

b) À quelle classe grammaticale précise appartient le déterminant « cette » ? (1 point)

c) Pourquoi le narrateur change-t-il de déterminant pour désigner la même ville évoquée par Omar-Jo ? (2 points)

Question 3 (10 points)

3. Mettez le passage ci-dessous au passé composé. Faites toutes les modifications nécessaires. (10 points)

« Elle s’insinue dans ses muscles, s’infiltre dans les battements du cœur, freine le voyage du sang. Il la voit, il la touche, cette cité lointaine. »

Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

Question 4 (6 points)

4. Dans les lignes 1 à 12 :

a) Dans quel rôle Omar-Jo apparaît-il au début du texte ? Justifiez votre réponse par quatre relevés précis. (3 points)

b) Quels éléments montrent qu’il abandonne progressivement ce rôle ? Vous vous appuierez sur le lexique et l’enchaînement des phrases. (3 points)

Question 5 (4 points)

5. Lignes 13 à 19 : comment le texte met-il en valeur la puissance de la parole d’Omar-Jo ? Vous justifierez votre réponse en vous appuyant sur un relevé précis que vous interpréterez. Deux éléments au moins sont attendus. (4 points)

Question 6 (6 points)

6. Lignes 19 à 28 : quelles oppositions Omar-Jo souligne-t-il dans l’évocation des deux villes ? Identifiez ces oppositions en vous appuyant sur des relevés significatifs. (6 points)

Question 7 (4 points)

7. Face à la parole d’Omar-Jo, la réaction du public change. Montrez ce changement. Expliquez-le en vous appuyant sur le texte. (4 points)

Question 8 (6 points)

8. Ligne 17 : « L’enfant multiple » : à la lumière du texte et de vos réponses aux questions précédentes, expliquez cette expression qui donne son titre à l’œuvre. On attend un paragraphe construit, développé et argumenté (deux arguments au moins). (6 points)

Question 9 (6 points)

9. Le texte met en valeur la puissance de la parole sur le public. Selon vous, l’image proposée peut-elle aussi agir sur ceux qui la regardent ? Vous justifierez votre réponse. (6 points)

Partie 2 : Dictée (10 points)

Dictée (10 points)

Durée : 20 minutes. Le candidat compose sur la même copie que la partie précédente. L’examinateur dicte le texte, d’Andrée Chedid, L’Enfant multiple (1989) ; le texte dicté figure dans le corrigé. Il est demandé d’écrire une ligne sur deux. L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite.

Partie 3 : Rédaction (40 points)

Durée : 1 h 30. Les candidats composent sur une copie distincte. L’utilisation du dictionnaire est autorisée, celle de la calculatrice est interdite. Vous traiterez, à votre choix, l’un des deux sujets suivants. Pour vous préparer, relisez le cours sur le sujet d’imagination ou le cours sur le sujet de réflexion.

Sujet d’imagination

L’un des parents a emmené ses enfants au spectacle d’Omar-Jo. À son retour à la maison, il raconte à un autre membre de la famille la scène à laquelle il a assisté, « pétrifié » (ligne 32). Il décrit dans son récit les émotions qu’il a ressenties.

Vous écrirez votre récit à la première personne.

Sujet de réflexion

« L’enfant multiple n’était plus là pour divertir. Il était là aussi pour évoquer d’autres images. Toutes ces douloureuses images qui peuplent le monde. »

Peut-on faire aussi réfléchir en divertissant ?

Vous répondrez à cette question en développant plusieurs arguments. Vous prendrez appui sur des exemples d’œuvres lues et étudiées en classe ou sur des exemples tirés de votre culture personnelle.

Corrigé du brevet de français 2018 (France (septembre))

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