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Corrigé du brevet de français 2023 : Amérique du Nord – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Amérique du Nord : corrigé du brevet 2023, illustration Français PDF
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Voici le corrigé brevet français 2023 Amérique du Nord, rédigé question par question pour l’épreuve de la série générale, notée sur 100 points (30 points de compréhension, 20 points de grammaire, 10 points de dictée, 40 points de rédaction). Les réponses sont justifiées par le texte de Michel Pastoureau et chaque barème est détaillé.

I. Compréhension et compétences d’interprétation

Corrigé de la question 1 (5 points)

a) (2 points) Le souvenir se situe au printemps 1960 (1 point), dans un magasin de vêtements pour hommes, « le plus grand de la ville de banlieue sud » où habite la famille (1 point). L’épisode se termine au mariage auquel le jeune garçon est invité, mais le lieu principal est le magasin.

b) (3 points) Le personnage principal est le jeune Michel, un garçon de treize ans (1 point). Le narrateur est le même homme, devenu adulte : c’est l’auteur, Michel Pastoureau, qui évoque sa jeunesse avec le recul des années (1 point). Le texte relève donc de l’autobiographie (ou des mémoires, du récit de souvenirs), ce que confirment la première personne (« Je ne me souviens pas… ») et le titre de l’ouvrage, Les Couleurs de nos souvenirs (1 point).

Erreur fréquente : écrire « roman » ou « nouvelle » sans justifier, ou dire que narrateur et personnage sont deux personnes différentes.

Corrigé de la question 2 (3 points)

Plusieurs éléments montrent l’importance de cet achat. Deux suffisent, chacun valant 1,5 point (1 point pour l’idée, 0,5 point pour l’appui dans le texte).

  • C’est une première : le garçon n’avait jamais porté de veste (« Je ne me souviens pas d’avoir porté de veste avant l’âge de 13 ans ») et cet achat marque la fin d’une liberté (« Cette liberté prit fin »).
  • L’occasion est solennelle : il s’agit d’un mariage, auquel il est invité avec ses parents, et il faut donc être élégant.
  • La scène est longue et agitée : « Essayage, refus, discussion, comparaison, réessayage », avec plusieurs vendeurs, et même le chef du rayon.
  • Le souvenir est resté très vif : « J’entends encore la voix obséquieuse du vendeur », et l’adulte parle d’une « honte comme j’en ai rarement éprouvé ».

Erreur fréquente : donner deux fois la même idée (par exemple deux citations sur la durée de la scène).

Corrigé de la question 3 (3 points)

Le vendeur a une attitude désagréable, hypocrite et intéressée (1 point pour le jugement). Trois appuis sont possibles, deux suffisent (1 point chacun) :

  • il est moqueur et irrespectueux : il se moque du corps de l’adolescent (« ce jeune homme est cambré », « de grosses fesses pour mon âge ») et « ricanait » ;
  • il est hypocrite : sa voix est qualifiée d’« obséquieuse », mot que la note de bas de page explique par « hypocrite » ;
  • il est intéressé : il convainc la mère de choisir le blazer droit, alors que les blazers croisés « étaient vendus plus cher » ; il dévalorise donc l’adolescent pour mieux vendre, ou pour éviter un article qu’il juge difficile à placer.

Le narrateur le juge d’ailleurs sévèrement : « l’odieux vendeur ». Toute réponse nuancée (un vendeur qui fait simplement son métier) est acceptée si elle s’appuie sur le texte.

Corrigé de la question 4 (3 points)

La honte vient du décalage entre ce que ressent le garçon et ce que les autres voient. Il porte un blazer dont le bleu n’est pas, selon lui, un « vrai bleu marine » : il le juge « vulgaire », « hideux » et « grossissant ». Il se compare à ses camarades de familles « plus bourgeoises », qui portent des bleus « plus sombre[s], plus dense[s], moins violacé[s] ». Il a aussi perdu la discussion : sa mère n’a pas accepté son point de vue et il doit porter le vêtement qu’il refusait.

Barème : 1 point pour l’idée (la couleur, le sentiment d’être ridicule ou d’appartenir à un milieu moins distingué), 1 point pour un appui précis (« je le sentais, je le savais » ; « j’imaginais tous les regards »), 1 point pour l’explication développée. On remarque que personne ne s’aperçoit de rien : la honte est donc intérieure, liée à la sensibilité d’un adolescent très attentif aux nuances et au regard des autres. Toute réponse argumentée est acceptée.

Corrigé de la question 5 (3 points)

Le comique naît d’abord de l’énumération sans conjonction, qui accélère le rythme : « Essayage, refus, discussion, comparaison, réessayage ». On croit assister à une scène de théâtre ou à un petit conflit diplomatique (1 point).

Il naît ensuite de la gradation hiérarchique : « un autre vendeur, puis du chef du rayon », présenté comme un « personnage considérable ». Le mot est exagérément solennel pour désigner un simple chef de rayon, ce qui crée un effet d’ironie (1 point).

Enfin, il naît de la disproportion entre l’enjeu minuscule (la nuance d’un bleu) et l’agitation générale, et de l’autodérision de l’auteur, qui rit de sa propre obstination d’adolescent : « à ma grande surprise » (1 point). Il suffit de relever deux procédés expliqués pour avoir les 3 points.

Corrigé de la question 6 (3 points)

Ce souvenir est important pour plusieurs raisons, et il faut en développer au moins deux (1,5 point chacune) :

  • il révèle son goût précoce pour les couleurs : « j’avais déjà le sens des couleurs et de leurs nuances ». Le garçon deviendra historien de l’art et spécialiste des couleurs, comme le précise la présentation du texte : cet épisode annonce sa vocation ;
  • il marque l’entrée dans le monde des adultes et l’éveil de la conscience sociale : le blazer est un costume, il compare sa famille à des familles « plus bourgeoises » ;
  • il laisse le souvenir d’une incompréhension : les adultes ne partagent pas la sensibilité de l’adolescent (« bien en peine de les expliquer ou de les faire partager à des adultes »), ce qui l’a durablement blessé.

Le souvenir est écrit des décennies plus tard : il a donc laissé une trace profonde, ce qui prouve son importance.

Corrigé de la question 7 (4 points)

La question demande un avis personnel argumenté. Toute position est valable, à condition d’être justifiée par le texte (2 points) et exprimée clairement (2 points).

Réponse possible (je le comprends) : l’attitude du jeune garçon est compréhensible, car à treize ans on est très sensible au regard des autres et à l’appartenance à un groupe. Il compare ce blazer à ceux de ses camarades « plus bourgeois » et craint d’être moqué. Il manifeste aussi une vraie finesse d’observation : il a remarqué que les blazers droits étaient d’un bleu « moins marine ». Son insistance (« essayage, refus, discussion… ») montre qu’il défend ses goûts avec courage.

Réponse possible (je le comprends moins) : on peut juger que le garçon exagère : il se fait honte d’une simple nuance que personne ne remarque (« personne évidemment ne s’aperçut »), et ses « caprices chromatiques » agacent sa mère. Mais le narrateur adulte reconnaît lui-même cette démesure avec humour.

Corrigé de la question 8 (6 points)

Description de l’image (2 points). La photographie de Richard Kalvar, en noir et blanc, représente une scène de rue en ville : trois personnes se tiennent sur un trottoir devant une camionnette. Une femme coiffée d’un bonnet, vue de profil au premier plan, ajuste un couvre-chef sur la tête d’une personne vue de dos, au col de fourrure, tandis qu’une seconde femme, derrière elles, regarde la scène. À l’arrière-plan, on aperçoit des immeubles et quelques passants.

Liens avec le texte (4 points, 2 liens développés).

  • le thème de l’essayage d’un vêtement (ici un chapeau, dans le texte un blazer) et de l’intervention d’autrui sur ce que l’on porte ;
  • le regard des autres : dans la photographie, un témoin observe la scène, comme le narrateur imagine « tous les regards portés sur ce blazer » ;
  • la scène de rue : dans le texte, « un saut dans la rue, à la lumière du jour » permet à la mère de juger le blazer ; dans la photographie, l’essayage a lieu dehors, au vu de tous ;
  • l’humour et la tendresse : la scène est cocasse dans les deux cas, observée avec un léger sourire.

Différences utiles : la photographie est en noir et blanc, alors que le texte parle de nuances de bleu, ce qui rappelle que la couleur est affaire de perception ; les personnages de la photographie sont des adultes, alors que le texte met en scène un adolescent ; le texte exprime la honte, alors que la photographie n’en dit rien et laisse le visage de la personne essayée caché.

II. Compétences linguistiques et grammaticales

Corrigé de la question 9 (3 points)

a) (1 point) Les verbes « entends », « ont » et « sont » sont conjugués au présent de l’indicatif (0,5 point pour le temps, 0,5 point pour le mode).

b) (2 points)

  • « J’entends encore la voix » : le présent d’énonciation (ou d’actualisation) fait revivre le souvenir : l’auteur, au moment où il écrit, entend toujours cette voix, ce qui montre que l’épisode est resté très vif (1 point) ;
  • « Les adolescents ont… des idées qui leur sont propres » : le présent de vérité générale exprime une idée valable en tout temps pour tous les adolescents (1 point).

Erreur fréquente : confondre avec un présent de narration, qui sert à raconter des faits passés comme s’ils se déroulaient sous nos yeux.

Corrigé de la question 10 (3 points)

a) (1,5 point) « Importable » est un mot dérivé, formé d’un préfixe négatif « im- » (variante de « in- » devant « p »), du radical « port- » (verbe « porter ») et du suffixe « -able », qui indique la possibilité. Le mot signifie « que l’on ne peut pas porter ».

b) (0,5 point) C’est un adjectif qualificatif : il qualifie le « presque bleu marine » (le blazer).

c) (1 point) Inimaginable (in- + imagin(er) + -able). On accepte aussi « imaginable », dont le suffixe est identique, mais seul « inimaginable » respecte le même modèle complet.

Corrigé de la question 11 (2 points)

a) (1 point) Le groupe « ma mère » est complément d’objet direct (COD) du verbe « convainquit ».

b) (1 point) On peut le remplacer par un pronom : « L’odieux vendeur la convainquit », ou le mettre à la forme passive : « Ma mère fut convaincue par l’odieux vendeur » ; le COD devient alors sujet. On peut aussi utiliser l’encadrement : « C’est ma mère que l’odieux vendeur convainquit. »

Corrigé de la question 12 (2 points)

a) (1 point) Les deux points introduisent un lien de cause (ou d’explication) : l’écart de nuance bouleversait le narrateur parce qu’il imaginait tous les regards portés sur le blazer.

b) (1 point) « … cet infime écart de nuance me bouleversait, car j’imaginais tous les regards portés sur ce blazer odieux et méprisable. » La conjonction de coordination attendue est « car » (« mais » ou « donc » sont des erreurs de sens).

Corrigé de la question 13 (10 points)

Forme attendue :

« Un adolescent a sur la vulgarité un avis qui lui est propre. Il serait souvent bien en peine de l’expliquer ou de le faire partager à des adultes, mais le vulgaire – son vulgaire – a pour lui quelque chose d’absolument rédhibitoire. »

Barème détaillé (dix points, un point par transformation correcte) :

  • « ont » devient « a » (verbe accordé avec « un adolescent ») ;
  • « leur sont » devient « lui est » (« qui » reprend « un avis », verbe au singulier) ;
  • « propres » devient « propre » (accord de l’adjectif) ;
  • « leur » (pronom) devient « lui » ;
  • « Ils » devient « Il » ;
  • « seraient » devient « serait » ;
  • « les expliquer » devient « l’expliquer » (pronom COD au singulier, avec élision) ;
  • « les faire partager » devient « le faire partager » ;
  • « leur vulgaire » devient « son vulgaire », et « pour eux » devient « pour lui ».

On ne sanctionne pas deux fois la même erreur. Les points de ponctuation et d’orthographe des mots non modifiés sont comptés séparément, par exemple la conservation du tiret long autour de « son vulgaire ».

III. Dictée

Texte de la dictée

Le texte est extrait de Roses à crédit d’Elsa Triolet (1959). Voici le texte complet, avec la ponctuation à dire entre crochets :

Cécile avait raison lorsqu’elle disait à Mme Donzert qu’il fallait laisser Martine tranquille [virgule], qu’elle savait ce qu’elle voulait [point]. C’était vrai [virgule], il y avait chez Martine une détermination presque sinistre [virgule], tant on la sentait irrévocable [point]. En toute chose [point]. Si après de longues réflexions qui l’empêchaient de dormir [virgule], elle se décidait pour un tailleur classique bleu marine [virgule], des escarpins de la même couleur et un chapeau blanc [virgule], il les lui fallait exactement tels qu’elle les avait imaginés [virgule], le tailleur et les escarpins et le chapeau [points de suspension]. Un bleu marine franc [virgule], ne tirant pas sur le gris et le violet [point].

Texte tel que le candidat doit l’écrire :

Cécile avait raison lorsqu’elle disait à Mme Donzert qu’il fallait laisser Martine tranquille, qu’elle savait ce qu’elle voulait. C’était vrai, il y avait chez Martine une détermination presque sinistre, tant on la sentait irrévocable. En toute chose. Si après de longues réflexions qui l’empêchaient de dormir, elle se décidait pour un tailleur classique bleu marine, des escarpins de la même couleur et un chapeau blanc, il les lui fallait exactement tels qu’elle les avait imaginés, le tailleur et les escarpins et le chapeau… Un bleu marine franc, ne tirant pas sur le gris et le violet.

Barème. La dictée vaut 10 points. En pratique, on retire 0,5 point par erreur (orthographe d’usage, accord, conjugaison, ponctuation importante), jusqu’à 0 point. Une même erreur répétée n’est comptée qu’une fois.

Pièges d’orthographe à connaître.

  • « avait raison », « disait », « savait », « voulait » : verbes à l’imparfait de l’indicatif, terminaison en -ait ; « l’empêchaient » prend -aient (sujet « réflexions », au pluriel) ;
  • « tranquille » : deux « l » ; « classique », « escarpins » et « tailleur » sont des mots d’usage à connaître ;
  • « détermination », « sinistre » et « irrévocable » : accents et lettres muettes ; « irrévocable » vient du verbe « révoquer » avec le préfixe « ir- » ;
  • « tant on la sentait irrévocable » : « irrévocable » s’accorde avec le pronom « la » (féminin singulier), donc pas de « s » ;
  • « il les lui fallait exactement tels qu’elle les avait imaginés » : « tels » s’accorde avec « les » (masculin pluriel, car il renvoie à « le tailleur et les escarpins et le chapeau ») ; « imaginés » s’accorde avec le COD « les » placé avant l’auxiliaire « avait » ;
  • « Un bleu marine franc » : « marine » est un nom employé comme adjectif de couleur et reste invariable ; « franc » s’accorde avec « bleu » ;
  • « ne tirant pas sur le gris et le violet » : « tirant » est un participe présent (invariable), terminé par -ant ;
  • « lorsqu’elle disait… qu’il fallait » : « lorsque » et « qu’il » s’élident devant la voyelle ; « Mme » est une abréviation de « Madame », écrite au tableau.

La dictée de cette session ne comporte pas d’exercice de réécriture séparé : la réécriture de la première partie est la question 13.

IV. Rédaction (40 points)

Le candidat choisit un seul des deux sujets. Voici l’analyse de chacun et une production modèle.

Sujet d’imagination : analyse et plan

Analyse du sujet. Le sujet demande de raconter un événement vécu (« Racontez cet événement ») où l’on s’est senti incompris dans l’expression de ses goûts. Trois consignes sont à respecter : « en précisant les circonstances » (lieu, moment, personnages), « en insistant sur les sentiments » (honte, colère, solitude) et sur « les réflexions que ce moment a déclenchées » (ce que l’on en retire). Le texte de Pastoureau fournit le modèle : un récit à la première personne, au passé, avec un narrateur qui revient sur son vécu.

Plan possible. 1) Les circonstances : le goût que l’on défend, le lieu, les personnages. 2) L’événement : l’incompréhension, les moqueries ou le refus. 3) Les sentiments : la honte, la solitude, la colère. 4) Les réflexions : ce que l’on comprend sur soi et sur le regard des autres.

Critères. Respect de la consigne (récit, circonstances, sentiments, réflexions), première personne, cohérence des temps (passé simple ou passé composé avec imparfait), richesse du vocabulaire des sentiments, orthographe et ponctuation soignées.

Production modèle (sujet d’imagination)

Je me souviens très précisément du jour où j’ai compris que mes goûts ne regardaient que moi. J’avais douze ans et, depuis des semaines, je rêvais d’un vieux manteau vert kaki aperçu dans une friperie du centre-ville, trop grand, usé aux coudes, mais qui sentait l’aventure. Mon père avait fini par accepter de me l’offrir pour mon anniversaire, avec un soupir qui en disait long.

Le lundi suivant, j’ai traversé la cour du collège en bombant le torse. J’étais fier, presque invincible. Il a suffi de quelques secondes pour que tout s’écroule. Un groupe de camarades m’a entouré, et l’un d’eux a lancé : « Tu as trouvé ça dans une poubelle ? » Les rires ont fusé. Mon meilleur ami lui-même a détourné les yeux, gêné, et a murmuré qu’« on ne s’habillait pas comme ça ». J’ai senti mes joues brûler, ma gorge se serrer, et j’aurais voulu disparaître dans le manteau que je venais d’aimer.

La journée m’a paru interminable. En cours de mathématiques, je n’écoutais plus rien : je revoyais la scène en boucle, j’entendais les moqueries, je devinais des chuchotements derrière moi. Ce qui me blessait n’était pas tant le vêtement que l’idée que personne ne voyait ce que j’y voyais. Je me sentais seul au milieu de la classe, comme si j’avais parlé une langue que nul ne comprenait.

Le soir, je suis rentré sans un mot. Ma grand-mère, qui tricotait près de la fenêtre, a levé le nez et m’a regardé longuement. Quand je lui ai tout raconté, elle n’a pas cherché à me consoler. Elle a simplement dit : « Quand j’étais jeune, on se moquait de mes cheveux courts. Aujourd’hui, ce sont ceux qui rient qui se les font couper. » J’ai souri malgré moi.

Cette phrase m’a trotté dans la tête toute la nuit. J’ai compris que le regard des autres est changeant, qu’il suit la mode et l’humeur du moment, alors que ce que l’on aime, lorsqu’on l’aime sincèrement, finit par nous construire. Le lendemain, j’ai remis le manteau. Les rires ont repris, plus faibles. Le surlendemain, un garçon timide m’a demandé où je l’avais trouvé. Je n’ai pas gagné ce jour-là, mais j’ai appris à porter mes goûts comme on porte un vêtement : sans m’excuser.

Sujet de réflexion : analyse et plan

Analyse du sujet. La question est double : « Aimez-vous lire ou voir… ? » appelle une prise de position personnelle, et « Pourquoi ? » demande des arguments. Il faut un « développement organisé » (introduction, paragraphes, conclusion) et des « exemples précis » tirés d’œuvres littéraires et artistiques (romans, films, bandes dessinées, séries) dont des adolescents sont les héros.

Plan possible. 1) Ces œuvres nous permettent de nous reconnaître. 2) Elles nous aident à grandir et à comprendre le monde. 3) Elles ont toutefois des limites (images stéréotypées, enfermement dans un seul âge).

Critères. Prise de position claire, plan lisible avec connecteurs logiques, au moins trois exemples précis (titre, personnage, scène), langue correcte, conclusion qui répond à la question.

Production modèle (sujet de réflexion)

Les adolescents occupent une place de plus en plus grande dans les livres, les films et les séries, et j’aime beaucoup lire ou voir ces œuvres. Pourquoi nous touchent-elles autant ? Nous verrons d’abord qu’elles nous permettent de nous reconnaître, puis qu’elles nous aident à grandir, avant d’en mesurer les limites.

D’abord, ces œuvres me renvoient une image de ce que je vis. Dans Le Journal d’Anne Frank, une jeune fille de treize ans raconte ses disputes avec sa mère, ses premiers sentiments amoureux, son besoin d’être comprise. Malgré les circonstances terribles de la guerre, ses questions sont celles de tous les adolescents. De même, dans le film Les Quatre Cents Coups de François Truffaut, le jeune Antoine Doinel se sent incompris des adultes : on se rend compte que cette incompréhension n’est pas propre à notre époque, et cela réconforte.

Ensuite, ces histoires m’apprennent à grandir. Harry Potter, orphelin de onze ans, découvre à Poudlard l’amitié, le courage et le prix de ses choix. À travers lui, j’explore des situations que je n’ai pas encore vécues, comme la peur de décevoir ou l’injustice, sans en subir les risques. La fiction fonctionne comme une répétition de la vie : en suivant des personnages de mon âge, je prépare mes propres décisions. Et quand Juliette, dans Roméo et Juliette de Shakespeare, défie sa famille par amour, je m’interroge sur ce que l’on doit à ses proches et sur la liberté de choisir.

Cependant, ces œuvres ont leurs limites. Certaines donnent une image trop caricaturale de l’adolescence, faite uniquement de révolte ou de romance, et finissent par tout se ressembler. Surtout, si je ne lisais que des histoires de jeunes, je me priverais de la richesse des autres âges : les romans qui mettent en scène des adultes ou des vieillards m’ouvrent à d’autres expériences que la mienne.

En conclusion, j’aime lire et voir des œuvres dont des adolescents sont les héros parce qu’elles me permettent de me reconnaître, de me comprendre et de me préparer à l’avenir. Mais je veux aussi les mêler à d’autres lectures, pour que le miroir qu’elles me tendent ne devienne pas un enfermement.

Barème et conseils

Partie Points
Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 8) 30
Grammaire et compétences linguistiques (questions 9 à 13) 20
Dictée 10
Rédaction 40
Total 100

Échelle indicative pour la rédaction. De 1 à 12 points : le sujet n’est pas traité ou la langue est très défaillante. De 13 à 22 points : le sujet est traité partiellement. De 23 à 34 points : le sujet est traité de façon satisfaisante, avec une langue globalement correcte. De 35 à 40 points : le texte est riche, organisé, original et bien écrit. Pour l’ensemble de l’épreuve, un total de 50 sur 100 correspond à la moyenne, et 80 et plus à une très bonne copie.

Conseil 1 : améliorer les questions et la grammaire. Rédigez toujours des réponses complètes avec une citation précise, et révisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec les exercices correspondants. Pour la dictée et la réécriture, travaillez la dictée et la réécriture et ses exercices.

Conseil 2 : soigner la rédaction. Si vous choisissez l’imagination, relisez le cours sur le sujet d’imagination et faites les exercices ; pour la réflexion, révisez le cours sur le sujet de réflexion et ses exercices.

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