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Brevet de français 2023 : Polynésie française – session de remplacement (septembre) – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Polynésie française – session de remplacement (septembre) : brevet de français 2023, illustration Français PDF
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Gratuit. Ce sujet de brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.

Voici le sujet du brevet français 2023 polynésie septembre, série générale, session de remplacement du 11 septembre 2023 en Polynésie française. L’épreuve dure 3 heures au total (1 h 10 de compréhension et de grammaire, 20 minutes de dictée, 1 h 30 de rédaction) et vaut 100 points ; le dictionnaire et la calculatrice sont interdits. Pour réviser avant de vous lancer, consultez le cours sur l’épreuve de français du brevet et le cours sur les questions de compréhension et de grammaire.

Partie 1 : texte et document support

Compréhension et compétences d’interprétation, grammaire et compétences linguistiques : 50 points, durée conseillée 1 h 10. Lisez le texte ci-dessous, extrait de Chiens d’atolls et autres nouvelles polynésiennes de Chantal Kerdilès, puis observez le document. Les numéros de ligne cités dans les questions renvoient à la numérotation du sujet officiel, qui place un repère toutes les cinq lignes : la ligne 5 se termine par « de sa mère. », la ligne 10 par « le poisson que », la ligne 15 par « sa clientèle du », la ligne 20 par « s’en était allé en », la ligne 25 par « Peu de ses », la ligne 30 par « il s’était risqué à », la ligne 35 par « sur le corail. », la ligne 40 par « sortis avec une fille, », la ligne 45 par « Michael Jackson en personne. », la ligne 50 par « la nostalgie. », la ligne 55 par « à la pêche. » et la dernière ligne (58) par « n’être plus rien. ».

Ce texte est le début de la nouvelle.

Maco glissa furtivement sous sa couverture de coton le livre qu’il était en train de déchiffrer à la lueur incertaine de la lampe à pétrole. Des pas se rapprochaient du rideau de tissu paréo qui isolait sa chambre de la pièce principale où se tenaient ses parents.

– Tu es encore en train de lire ? interrogea la voix lasse de sa mère.

– Pas du tout, Mi, je réfléchissais.

– Alors éteins donc la lampe. Ce n’est pas une heure pour réfléchir.

Sa mère ne haussait jamais la voix, ne s’énervait jamais. Quand elle revenait de son travail à la mairie où elle faisait le ménage de bureaux, il était plus que temps de préparer le repas. Bien souvent, Maco avait aidé son père à écailler le poisson que celui-ci pêchait sur le récif, mais ils attendaient toujours que Mi fût de retour pour mettre le riz ou les patates douces en train dans la marmite que l’on posait dehors, sur le feu de bois, afin d’économiser la bouteille de gaz.

Après le dîner qu’ils prenaient tous les trois en silence, sa mère s’installait à sa table de couture, travail d’appoint1 qu’elle effectuait le soir pour sa clientèle du quartier. Son père dépliait alors le journal et lisait les petites annonces. Maco, lui, allait se coucher sitôt le repas terminé. Maco aurait bien aimé poursuivre encore sa lecture, mais il savait que son père n’accepterait pas que les ordres de sa femme soient ignorés. Il n’était pas violent mais il fallait obéir.

L’histoire du grand-prêtre Tupaia, originaire de Raiatea et qui s’en était allé en compagnie du capitaine Cook, passionnait bien autrement Maco que la lecture du Petit Prince que le professeur de français avait conseillée en cette fin d’année scolaire.

Maco adorait les histoires où il était question de grands-prêtres, de chefs, de marae2 et de mana3. Toute la fantasmagorie du Tahiti d’autrefois. Peu de ses camarades partageaient ses goûts. Même Teva, son meilleur ami, haussait les épaules avec dédain :

– Laisse tomber ces machins démodés ! On ne retourne pas en arrière. La vie actuelle n’a plus rien à voir avec ces balivernes4.

Un jour que Maco accompagnait son père à la pêche, il s’était risqué à demander :

– Pa, y a-t-il un secret pour développer un bon mana ? Quelque chose qui vous rende fort et fasse de vous un chef respecté ?

Son père lui avait envoyé une telle bourrade sur l’épaule qu’il avait failli trébucher sur le corail.

– Le mana, à présent, mon garçon, c’est le travail. Mets-toi à l’étude, acquiers un métier solide. C’est ça le mana de nos jours. (…)

Au lycée qu’il fréquentait maintenant depuis trois longues années, les leaders étaient trop souvent ceux qui pouvaient se vanter d’avoir fait « le mur » pendant les heures de permanence, voire tâté du pakalolo ou encore être sortis avec une fille, expérience qui de toutes celles évoquées terrorisait le plus notre ami. Les garçons du lycée ne se souciaient nullement de s’identifier à un grand chef des temps anciens au corps recouvert de tatouages impressionnants ou paré de magnifiques tiputa de tapa. Ils préféraient s’identifier à un champion de planche à voile ou de trial, quand ce n’était à Michael Jackson en personne.

Sur l’atoll, ce n’était pas la même chose. Car, avant que ses parents n’eussent pris la décision de s’installer en ville pour permettre à Maco de poursuivre ses études, celui-ci avait passé toute sa jeunesse sur un atoll perdu des Tuamotu. Un minuscule atoll peuplé d’une centaine d’habitants et dont Maco gardait en secret la nostalgie.

Cela avait été une toute autre vie. Même à peine âgé de dix ans Maco s’était souvent senti, à cette époque, une âme de chef.

On pouvait être chef si on était capable de plonger à l’extrémité du quai au milieu des requins de lagon. On était un chef si on réussissait à monter tout en haut d’un cocotier ou si l’on ramenait une bonite en accompagnant le « pater » à la pêche. On était un chef si l’on s’était fait circoncire par les grands en cachette de la famille. On était un chef en maintes occasions, mais depuis que Maco avait rejoint ses compagnons d’études à Papeete, il avait la déprimante certitude de n’être plus rien.

Chantal Kerdilès, Chiens d’atolls et autres nouvelles polynésiennes, 1997

1. travail d’appoint : qui vient en complément, en supplément du travail principal

2. marae : lieu de culte

3. mana : puissance spirituelle

4. balivernes : histoires qui ne sont pas très sérieuses

Document : Thomas Faed, La toilette du matin, 1874. Dans un intérieur modeste, une femme coiffée d’un bonnet est assise sur un siège et coiffe une petite fille blonde, debout et pieds nus devant elle ; au fond de la pièce, séparé par un grand rideau, un lit sur lequel est installé un autre enfant ; une cuvette, un chien et quelques vêtements complètent la scène.

Grammaire et compétences linguistiques (20 points)

Question 1 (2 points)

a) « Il n’était pas violent mais il fallait obéir. » : s’agit-il d’une phrase simple ou d’une phrase complexe ? Justifiez votre réponse. (1 point)

b) Quelle relation logique exprime la conjonction de coordination « mais » ? (1 point)

Question 2 (2 points)

« Car, avant que ses parents n’eussent pris la décision de s’installer en ville pour permettre à Maco de poursuivre ses études, celui-ci avait passé toute sa jeunesse sur un atoll perdu des Tuamotu. » (lignes 46 à 48). Recopiez les compléments circonstanciels soulignés et précisez, pour chacun d’eux, de quel complément circonstanciel il s’agit.

Question 3 (2 points)

« Laisse tomber ces machins démodés ! » (ligne 28). Maco s’exprime dans un niveau de langue familier. Transformez la phrase de manière à obtenir un niveau courant ou soutenu.

Question 4 (2 points)

Ligne 1 : « Maco glissa furtivement sous sa couverture de coton le livre… »

a) À quel temps est conjugué le verbe ?

b) Quelle est la valeur de ce temps dans le contexte ?

Question 5 (1 point)

« Après le dîner qu’ils prenaient tous les trois en silence ». Remplacez l’expression soulignée par un adverbe de même sens.

Question 6 (1 point)

« les leaders étaient trop souvent ceux qui pouvaient se vanter d’avoir fait « le mur » pendant les heures de permanence » (lignes 38 à 40). Donnez un synonyme de « leaders ».

Question 7 (10 points)

a) Réécrivez le passage suivant en remplaçant « Maco » par « Maco et son frère ». Effectuez toutes les modifications nécessaires. (5 points)

« Maco glissa furtivement sous sa couverture de coton le livre qu’il était en train de déchiffrer à la lueur incertaine de la lampe à pétrole. Des pas se rapprochaient du rideau de tissu paréo qui isolait sa chambre de la pièce principale où se tenaient ses parents. » (lignes 1 à 4).

b) Réécrivez le passage suivant en mettant les verbes conjugués au présent de l’indicatif. Effectuez toutes les modifications nécessaires. (5 points)

« Après le dîner qu’ils prenaient tous les trois en silence, sa mère s’installait à sa table de couture, travail d’appoint qu’elle effectuait le soir pour sa clientèle du quartier. Son père dépliait alors le journal et lisait les petites annonces. » (lignes 14 à 16).

Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)

Question 8 (2 points)

Où Maco vivait-il avant d’habiter en ville ? Justifiez votre réponse.

Question 9 (2 points)

Maco grandit dans une famille qui a peu de moyens financiers. Montrez-le avec deux exemples.

Question 10 (2 points)

Relisez le début du texte. Pourquoi Maco cache-t-il son livre sous la couverture ?

Question 11 (2 points)

« L’histoire du grand-prêtre Tupaia (…) passionnait bien autrement Maco que la lecture du Petit Prince. » Parmi les formulations suivantes, recopiez celle qui se rapproche le plus du sens de l’expression soulignée.

  • L’histoire du grand-prêtre Tupaia (…) passionnait différemment Maco
  • L’histoire du grand-prêtre Tupaia (…) passionnait bien plus Maco
  • L’histoire du grand-prêtre Tupaia (…) passionnait moins Maco

Question 12 (6 points)

a) Quels sont les centres d’intérêt de Maco ? (2 points)

b) De quelle manière le meilleur ami et les parents de Maco considèrent-ils ses centres d’intérêt ? Justifiez votre réponse avec au moins deux citations. (4 points)

Question 13 (4 points)

Selon Maco, quelles qualités faut-il manifester ou posséder pour être un « chef » ? Donnez deux éléments de réponse en citant le texte.

Question 14 (6 points)

En vous appuyant sur le parcours du personnage de Maco et sur les éléments à votre disposition, expliquez précisément pourquoi à la fin du texte il n’a pas atteint son but.

Question 15 (6 points)

Quels rapprochements pouvez-vous faire entre l’image et le texte ? Vous pouvez vous appuyer sur la vie des personnages et leurs liens.

Dictée (10 points)

Durée : 20 minutes. Le candidat compose sur la même copie que l’épreuve de compréhension et de grammaire. L’examinateur dicte le texte, tiré lui aussi de la nouvelle de Chantal Kerdilès ; le texte figure dans le corrigé. Avant la dictée, l’examinateur inscrit au tableau les mots « Coprah », « Mama Erina » et « marae ».

Rédaction (40 points)

Durée : 1 h 30. Vous traiterez au choix l’un des sujets suivants. Le sujet ne fixe pas de nombre de lignes minimum ; visez deux copies doubles environ. Pour vous entraîner, voyez le cours sur le sujet d’imagination et le cours sur le sujet de réflexion.

Sujet d’imagination

« …il avait la déprimante certitude de n’être plus rien. » (ligne 58). Imaginez la suite de ce texte : Maco trouve « le bon mana » qu’il cherchait.

Sujet de réflexion

Teva, l’ami de Maco, lui dit : « Laisse tomber ces machins démodés ! On ne retourne pas en arrière. » Pensez-vous comme Teva que les choses du passé ne sont pas importantes pour vivre dans le monde actuel ? Vous exposerez vos idées dans un devoir organisé. Votre argumentation pourra s’appuyer sur vos connaissances et sur votre expérience personnelle.

Corrigé du brevet de français 2023 (Polynésie française - session de remplacement (septembre))

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