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Brevet de français 2024 : Polynésie française – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Polynésie française : brevet de français 2024, illustration Français PDF
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Gratuit. Ce sujet de brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.

Voici le sujet du brevet français 2024 polynésie, série générale, session du 27 juin 2024 en Polynésie française. L’épreuve dure 3 heures au total (1 h 10 de grammaire et de compréhension, 20 minutes de dictée, 1 h 30 de rédaction) et vaut 100 points ; le dictionnaire et la calculatrice sont interdits, sauf le dictionnaire pour la rédaction. Pour réviser avant de vous lancer, consultez le cours sur l’épreuve de français du brevet et le cours sur les questions de compréhension et de grammaire.

Partie 1 : texte et document support

Lisez le texte ci-dessous, extrait de Le Pacifique à mains nues de Maud Fontenoy, puis observez le tableau de Winslow Homer. Les numéros de ligne cités dans les questions renvoient à la numérotation du sujet officiel, qui place un repère toutes les cinq lignes : la ligne 5 se termine par « à terre en ligne : », la ligne 10 par « sous le gril d’un », la ligne 15 par « vouloir me dire. », la ligne 20 par « je pense à toutes ces choses que », la ligne 25 par « risque. Pouvoir à nouveau », la ligne 30 est « Mes joues sont bouillantes. », la ligne 35 se termine par « C’est bien », la ligne 40 par « de naître sous mes » et la ligne 45 par « Hiva Oa sort doucement de la mer. ».

À bord de sa minuscule embarcation Océor, Maud Fontenoy est la première femme à réaliser l’exploit de la traversée à la rame sans assistance du Pérou jusqu’en Polynésie française.

La journée me paraît interminable. La Patchamama, déesse de la Terre, me torture sans relâche. Les derniers kilomètres sont comme un ouvrage sans fin. La célèbre Pénélope, femme d’Ulysse, semble venir chaque nuit défaire les milles nautiques que j’ai accumulés durant la journée comme elle a pu le faire avec sa broderie en attendant le retour de son époux. Cette attente en devient rageante. J’ai plusieurs fois mon équipe à terre en ligne : l’accueil se prépare, sur l’île c’est l’effervescence, ils aimeraient savoir quand exactement est prévu mon accostage. Tout cela m’irrite : je ne sais pas, je ne suis ni un voilier ni un bateau à moteur, mes données ne sont qu’approximatives.

La chaleur est cuisante. Fiévreuse, je fulmine que personne ne comprenne que moi aussi j’en ai assez, que je suis impatiente d’en finir et qu’ici j’ai l’impression d’être sous le gril d’un four géant. Impossible de régler le thermostat. Je toaste littéralement. Eux, à terre, ils ont des arbres, des toitures, de l’eau fraîche… Une multitude d’oiseaux dansent autour de moi. Je les interroge du regard : où est la terre ? Pour seule réponse, des coassements aigus et des mouvements incompréhensibles. Posés confortablement sur l’horizon, quelques nuages me jettent des regards nonchalants. Qu’est-ce qui presse ? semblent-ils vouloir me dire.

Eh bien, les Marquisiens m’attendent, voilà.

Je rame encore. La journée est longue. Le petit avion six places du haut-commissaire Michel Mathieu vient de passer au-dessus de nous. Je crois que c’est ma famille accompagnée de Raymond Gauvain, chef de bureau à la défense. Ils doivent s’impatienter. En les regardant repartir et après leur avoir fait des grands signes de la main, je pense à toutes ces choses que je vais me précipiter de faire dès que j’aurai posé pied à terre. Tout d’abord une douche, oh non, un bon bain plutôt. C’est ça, je vais enfin me baigner ! Puis un repas copieux… ou peut-être le repas avant d’aller nager, puis dormir, enfin dormir plus d’une heure, m’endormir sans avoir ni à me réveiller pour échapper aux dangers, ni à me recroqueviller pour ne pas me cogner, fermer boutique en sachant que je ne cours plus aucun risque. Pouvoir à nouveau compter sur les autres, ne plus être seule.

Je me retourne encore une fois timidement.

Une étouffante émotion m’envahit aussitôt et me pique la gorge. Mes mains tremblent d’excitation. Ça y est, je la vois !

Mes joues sont bouillantes.

Là, devant moi, sous mes yeux noyés par le soulagement, à portée de mes avirons, derrière un léger voile blanc de condensation, un trait de crayon de papier presque invisible se dessine au-dessus de la ligne l’horizon.

Est-ce un mirage ?

Je tourne la tête une seconde et regarde à nouveau : Non ! Je ne rêve pas. C’est bien la terre. Un sourire immense se dessine sur mon visage bouleversé. Ivre de bonheur, je suis comme un enfant la veille de Noël, trépignant d’impatience devant cette forme bleutée qui, peu à peu, comme par enchantement, se distingue du ciel.

C’est mon tout dernier coucher de soleil en mer. L’astre rejoint voluptueusement l’océan. Tout se colore d’orange et de rouge. Une nouvelle terre dorée est en train de naître sous mes yeux ébahis. Dire qu’il y a à peine quelques heures, seul l’infini Pacifique se dressait devant moi. Je dévore des yeux cette île miraculée qui s’ourle entièrement de rose. Océor, lui aussi caressé de lumière, rougit autant que moi. C’est pleine lune ce soir, comme le jour de mon arrivée de l’Atlantique nord. Je me laisse envoûter, je crois voir déjà la cime des cocotiers et les toits des petites maisons que j’imagine sur l’île. Hiva Oa sort doucement de la mer.

Maud Fontenoy, Le Pacifique à mains nues, éditions Robert Laffont, 2005

Document : The Fog Warning (L’avertissement de brouillard), Winslow Homer, 1885, musée des beaux-arts de Boston (États-Unis).

Grammaire et compétences linguistiques (20 points)

Question 1 (2 points)

1. De la ligne 16 (« Eh bien ») à la ligne 38 (« du ciel. »), relevez :

a. Une phrase exclamative qui exprime l’enthousiasme, l’excitation. (1 point)

b. Une phrase interrogative qui exprime l’incertitude, l’hésitation. (1 point)

Question 2 (10 points)

2. Lignes 35 à 37 : « Je tourne la tête une seconde et regarde à nouveau : Non ! Je ne rêve pas. C’est bien la terre. Un sourire immense se dessine sur mon visage bouleversé. Ivre de bonheur, je suis comme un enfant la veille de Noël ».

Réécrivez ce passage en remplaçant « je » par « elles ».

Question 3 (3 points)

3. « Le petit avion six places du haut-commissaire Michel Mathieu vient de passer au-dessus de nous. […] je pense à toutes ces choses que je vais me précipiter de faire […] » (lignes 17 à 21) :

a. À quel temps sont conjugués les trois verbes soulignés de ce passage ? (1 point)

b. Indiquez la valeur de chaque verbe conjugué. (2 points)

Question 4 (3 points)

4. « Pour seule réponse, des coassements aigus et des mouvements incompréhensibles. » (lignes 13-14) : Ajoutez au moins un verbe conjugué à cette phrase. Elle devra conserver le même sens.

Question 5 (2 points)

5. D’après le contexte de la phrase, quel est le sens du mot « accostage » à la ligne 7 ?

Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)

Question 6 (3 points)

6. Qui est la narratrice ? Sur quel océan accomplit-elle sa traversée à la rame ? Dans quel archipel son arrivée est-elle attendue ?

Question 7 (3 points)

7. Dans le premier paragraphe : Pourquoi la narratrice fait-elle référence à Pénélope au sujet des derniers kilomètres à parcourir ?

Question 8 (2 points)

8. Qu’est-ce qui empêche la narratrice de savoir quand elle va arriver à destination ?

Question 9 (5 points)

9. Dans le deuxième paragraphe (lignes 9 à 15) :

a. Pourquoi la narratrice souffre-t-elle ? Justifiez votre réponse en relevant quatre mots appartenant au même champ lexical. (2 points)

b. Lignes 12 à 15 : Relevez et nommez une figure de style. Proposez une interprétation en vous appuyant sur le texte. (3 points)

Question 10 (3 points)

10. Lignes 19 à 29 :

a. Pourquoi est-il difficile de dormir pour la narratrice à bord de son embarcation ? (1 point)

b. L’aventurière imagine son arrivée sur la terre ferme : quelles vont être ses priorités ? (2 points)

Question 11 (2 points)

11. Dans le dernier paragraphe, quels éléments contribuent à rendre ce passage poétique ?

Question 12 (6 points)

12. En parcourant l’ensemble du texte et en vous appuyant sur vos réponses aux questions précédentes, montrez par quels moyens variés Maud Fontenoy cherche à communiquer à ses lecteurs l’intensité de son expérience.

Question 13 (6 points)

13. Comparez de manière méthodique le texte de Maud Fontenoy et la peinture de Winslow Homer.

Dictée

Dictée (10 points)

Durée : 20 minutes. L’examinateur dicte le texte ; le texte figure dans le corrigé. Les références écrites au tableau sont : Charles Baudelaire, l’abnégation, le nom de l’autrice et le titre de l’ouvrage. Le candidat écrit une ligne sur deux.

Rédaction (40 points)

Durée conseillée : 1 h 30. Le dictionnaire est autorisé. Vous traiterez l’un des deux sujets suivants au choix. Le sujet officiel n’impose pas de nombre de lignes minimum. Pour vous préparer, révisez le sujet d’imagination et le sujet de réflexion.

Sujet d’imagination (au choix)

La narratrice est arrivée à Hiva Oa, aux îles Marquises. Elle raconte ses premières heures sur la terre ferme.

Sujet de réflexion (au choix)

Nos rêves et nos ambitions peuvent-ils nous motiver à nous surpasser ?

Dans un développement argumenté, vous pourrez vous appuyer sur vos lectures, des films vus, sur votre expérience personnelle ou familiale.

Corrigé du brevet de français 2024 (Polynésie française)

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