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Corrigé du brevet de français 2017 : Amérique du Nord – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Amérique du Nord : corrigé du brevet 2017, illustration Français PDF
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Voici le corrigé brevet français 2017 Amérique du Nord (série générale, 8 juin 2017), noté sur 50 points : 20 points pour les questions sur le texte d’Alice Ferney et la sérigraphie de Barbara Kruger, 5 points pour la réécriture, 5 points pour la dictée et 20 points pour la rédaction. Les réponses sont justifiées par le texte ; plusieurs formulations sont acceptées dès qu’elles sont exactes et appuyées sur des citations.

Comprendre, analyser et interpréter (20 points)

Corrigé de la question 1 (2 points)

Sacha est la grand-mère de Nina : le texte emploie « sa petite-fille » et « ta grand-mère », et Nina est appelée « Douchka ». La relation est donc familiale et affectueuse (1 point).

Son rôle a été celui d’une éducatrice : « Elle n’avait pas élevé sa petite-fille pour en faire une gourde ». Sacha a élevé Nina, elle lui a transmis des valeurs et une exigence d’indépendance, ce qui explique son autorité dans la conversation (1 point). Erreur fréquente : répondre seulement « c’est sa grand-mère » sans parler de l’éducation.

Corrigé de la question 2 (3 points)

Dans les quinze premières lignes, la grand-mère éprouve d’abord de l’étonnement, voire de la stupéfaction (« sans cacher son étonnement », « Elle était stupéfaite ») et une émotion tendre (« lui faisait battre le cœur plus vite »). Puis elle ressent de l’agacement, de l’irritation (1 point pour chaque sentiment, soit 2 points).

Ce changement est provoqué par le ton et l’attitude naïve de Nina, qui parle d’amour avec douceur et sans réalisme. L’expression attendue est « Ce ton amolli et romantique eut le don d’agacer Sacha » (1 point). On accepte aussi « une gourde qui s’en laisse conter par le premier garçon venu », qui montre la crainte de Sacha. Erreur fréquente : citer une phrase qui ne contient pas l’explication du changement.

Corrigé de la question 3 (3 points)

Classe grammaticale : « désenchanté » est un adjectif qualificatif, formé sur un participe passé et épithète du nom « couplet » (1 point).

Formation : le mot est composé du préfixe « dé- », qui marque le contraire, la privation, et de l’adjectif « enchanté », lui-même issu du participe passé du verbe « enchanter » (préfixe « en- » et radical « chant », au sens ancien de charme, de sortilège). « Désenchanté » veut donc dire « dont le charme est défait » (1 point).

Sens dans le texte : le couplet de Sacha est amer, désabusé : elle a perdu ses illusions sur les hommes et sur l’amour, et elle le dit sur un ton ironique et plein de dérision (1 point). Les synonymes « désabusé », « déçu », « sans illusions » sont acceptés.

Corrigé de la question 4 (2 points)

Le mode principalement employé est l’impératif : « Travaille », « Étudie », « gagne », « Ne dépends jamais », « Écoute » (1 point).

Son emploi se justifie parce que la grand-mère donne des conseils pressants, voire des ordres : elle veut convaincre Nina et lui transmettre sa leçon de vie. L’impératif traduit son autorité de grand-mère et l’importance qu’elle accorde à ce message (1 point). Les phrases exclamatives et la dernière injonction, « Écoute ce que te dit ta grand-mère », renforcent ce ton de commandement. Erreur fréquente : répondre « le présent » (c’est un temps, pas un mode) ou « l’indicatif ».

Corrigé de la question 5 (3 points)

Le personnage qui domine la conversation est la grand-mère, Sacha (1 point). Elle parle longuement et ne laisse presque aucune place à sa petite-fille : « sa grand-mère n’attendait pas de réponse. Elle n’avait pas fini de parler », et elle « récita son couplet ».

Elle se donne ce droit pour plusieurs raisons possibles, à justifier (2 points) : son âge et son expérience (« La vieille dame ») lui donnent une autorité ; c’est elle qui a élevé Nina ; elle veut la protéger d’une dépendance qu’elle a sans doute connue ; enfin Nina est encore lycéenne, donc jeune et inexpérimentée. Toute explication cohérente appuyée sur le texte est acceptée.

Corrigé de la question 6 (4 points)

Pour Sacha, le mariage fera de Nina une épouse soumise aux tâches domestiques et la privera de ses études. Elle le dit d’abord de façon directe : « un homme dans une maison exige beaucoup de sa femme » et « Tu n’auras plus le temps d’étudier ! ». Sa tirade ironique décrit ce que font les hommes : ils disent « ça met les pieds sous la table » et « les chemises en boule au linge sale », autrement dit la femme travaillera pour eux.

Ensuite elle annonce une domination : Vladimir est ingénieur, « Des centaines de gens sont sous ses ordres », et « Il va te commander celui-là… ». Elle prévoit enfin des conflits et une inégalité : « Alors vous vous bagarrerez. Et crois-moi ce sera dur. Une femme ne fait jamais le poids. » Selon elle, sans métier ni salaire, Nina dépendra totalement de son mari.

Barème : 2 points pour les idées (études abandonnées, travail domestique, autorité du mari, disputes et dépendance), 2 points pour des citations précises et bien intégrées à une réponse rédigée en un paragraphe.

Corrigé de la question 7 (3 points)

L’image de Barbara Kruger fonctionne comme une affiche : un visage de femme, partagé entre un positif et un négatif, est barré du slogan « Savoir c’est pouvoir ». Les mots, en gros caractères, sont frappants et directs ; le visage regarde le spectateur, ce qui donne une impression de défi. La coupure en deux peut suggérer deux réalités, celle de la femme sans savoir et celle de la femme instruite. Le contexte compte aussi : une artiste engagée pour les droits des femmes, une œuvre commandée pour le Bicentenaire de la Révolution (1 point pour l’analyse de l’image).

Le texte exprime la même idée de manière narrative et concrète : la grand-mère veut que Nina étudie le plus longtemps possible pour avoir « un métier » et « un salaire » et ne jamais dépendre d’un homme. Ici, le savoir mène à l’indépendance, et l’indépendance protège contre l’autorité du mari (1 point). Les deux documents associent donc le savoir à l’émancipation des femmes ; l’image le proclame par un slogan universel, le texte le montre par un dialogue familial, avec de l’ironie et des exemples du quotidien (1 point pour la comparaison).

Réécriture (5 points)

Corrigé de la réécriture (5 points)

Forme attendue : « Travaillez, les filles. Étudiez le plus longtemps possible et gagnez votre vie. Ne dépendez jamais d’un homme ! Écoutez ce que vous disent vos grands-parents. »

Explications : « les filles » est un groupe de plusieurs personnes à qui l’on s’adresse, donc les verbes à l’impératif passent à la 2e personne du pluriel (terminaison « -ez »), et « ta » devient « votre ». Dans la dernière phrase, « grands-parents » est au pluriel : le sujet, placé après le verbe, entraîne « disent » et le possessif devient « vos », et le pronom « te » devient « vous ». « Un homme » reste inchangé. Barème indicatif : 1 point par phrase et 1 point pour l’orthographe, le pluriel de « grands-parents » et la ponctuation. Erreurs fréquentes : « Travaillent » ou « Travaille » sans « -ez », « vos vie », « que vous dit vos grands-parents ».

Dictée (5 points)

Texte de la dictée

« Pas un seul petit mot [point d’exclamation] Il ne vint pas lui rendre visite [point]. Il fut absent aux deux répétitions [virgule], le mardi d’abord [virgule], puis le vendredi [virgule], sans s’excuser ni prévenir [virgule], ce qui n’était jamais arrivé [point]. Les musiciens de l’orchestre demandaient des nouvelles à Nina [point]. Elle n’en avait pas [point]. Tout le monde vit qu’elle dansait et chantait sans entrain [point]. Ses résultats scolaires chutèrent d’un coup [point]. Le cartable était jeté par terre sans être ouvert [point]. Elle n’avait pas la tête à son travail [point d’exclamation] Elle découvrait la place que tient dans la vie un amour [virgule], celui qu’on trouve autant que celui qu’on perd ou croit perdre [point]. »

Alice Ferney, Cherchez la femme, 2013.

Barème (indicatif) : 5 points, avec un retrait de 0,5 point par erreur (le sujet officiel ne détaille pas le barème). Une même erreur répétée ne compte qu’une fois. Les fautes grammaticales (accords, conjugaisons) sont les plus lourdes ; les accents oubliés comptent aussi.

Pièges d’orthographe :

  • « vint », « fut », « vit » sont au passé simple : « vint » (venir) ne s’écrit pas « vin » ; « vit » (voir) se distingue de « vie ».
  • « chutèrent » : passé simple, 3e personne du pluriel, sujet « Ses résultats scolaires » ; « scolaires » prend le « s » du pluriel.
  • « demandaient » : imparfait, accord avec « Les musiciens » ; « dansait et chantait » : imparfait, sujet « elle ».
  • « répétitions » : accent aigu et pluriel après « deux ».
  • « ce qui n’était jamais arrivé » : participe passé avec l’auxiliaire « être », accord avec « ce », donc au masculin singulier.
  • « Le cartable était jeté », « sans être ouvert » : accord avec « cartable » (masculin singulier).
  • « tient » : présent de « tenir » avec le sujet inversé « un amour » ; ne pas écrire « tiens » ni « tiennent ».
  • « celui qu’on perd ou croit perdre » : « perd » est au présent de l’indicatif (avec un « d »), « perdre » à l’infinitif après « croit ».
  • « par terre » s’écrit en deux mots ; « n’en avait pas » : « en » est un pronom, « n’ » est l’élision de « ne ».

Travail d’écriture (20 points)

Barème indicatif : 10 points pour le respect du sujet et de la consigne (cohérence, richesse des idées ou de l’histoire, longueur) et 10 points pour la maîtrise de la langue (syntaxe, orthographe, vocabulaire, ponctuation). Le candidat traite un seul des deux sujets.

Sujet A : sujet de réflexion (20 points)

Analyse du sujet : la question porte sur l’idée que « avoir un métier » signifie « liberté » et « pouvoir », comme le pense Sacha. Il faut se prononcer (« Pensez-vous… ? »), argumenter avec des exemples tirés du texte, de l’image (« Savoir c’est pouvoir ») et de vos connaissances, puis nuancer. Travaillez avec le cours sur le texte argumentatif.

Plan proposé : 1. Un métier donne l’indépendance matérielle. 2. Il donne aussi un pouvoir d’agir et une reconnaissance. 3. Mais il ne garantit pas toujours la liberté (nuances).

Critères : une thèse claire, deux ou trois arguments illustrés d’exemples, des connecteurs logiques (d’abord, de plus, cependant, en conclusion), une introduction et une conclusion, une soixantaine de lignes.

Production modèle

Pour Sacha, avoir un métier est la clé de la liberté et du pouvoir. Je partage largement cette idée, même si elle mérite quelques nuances.

D’abord, un métier donne l’indépendance matérielle. Celui qui gagne sa vie n’a pas besoin de demander de l’argent à quelqu’un d’autre pour se loger, se nourrir ou faire ses propres choix. C’est ce que veut dire la grand-mère quand elle conseille à Nina : « Ne dépends jamais d’un homme ! » En 1958, de nombreuses femmes n’avaient pas de salaire et restaient soumises à leur mari. Aujourd’hui encore, avoir un salaire protège : celui ou celle qui peut payer son loyer peut aussi quitter une situation qui lui fait du mal.

Ensuite, un métier apporte un pouvoir, celui d’agir. Savoir soigner, enseigner, construire une maison ou défendre quelqu’un devant un tribunal, c’est posséder une compétence que les autres respectent et dont ils ont besoin. L’affiche de Barbara Kruger le proclame : « Savoir c’est pouvoir ». Un métier se prépare par des études, et ce savoir ouvre des portes. Il donne aussi confiance en soi, parce que l’on se sent utile et reconnu par la société.

Cependant, il faut nuancer. Certains métiers sont pénibles, mal payés, et obligent à obéir à un supérieur : l’ouvrier est sous les ordres de l’ingénieur, et son travail peut alors ressembler à une contrainte plus qu’à une liberté. De plus, un salaire ne suffit pas à tout : on peut être libre sans être riche, en cultivant ses passions, en s’engageant dans une association, en gardant son esprit critique. Enfin, le pouvoir que donne un métier dépend aussi de l’égalité : à compétence égale, les femmes ont longtemps été moins payées et moins promues que les hommes.

En conclusion, je pense qu’un métier est un puissant moyen de liberté et de pouvoir, parce qu’il rend indépendant et donne une place dans la société. Mais il n’est pas suffisant : il faut aussi choisir un travail qui a du sens et vivre dans une société juste. Le conseil de Sacha reste donc très actuel : étudier longtemps pour ne dépendre de personne.

Sujet B : sujet d’imagination (20 points)

Analyse du sujet : il faut inventer la scène où Nina annonce sa décision à Vladimir, en tenant compte des remarques de sa grand-mère (études, indépendance, risque d’être commandée). Le texte doit mêler dialogue et narration, montrer les réactions de Vladimir, et rester cohérent avec les personnages (Nina décidée, Vladimir amoureux et sérieux). Appuyez-vous sur le cours sur le sujet d’imagination.

Plan proposé : 1. La rencontre et l’annonce de la décision. 2. La réaction de Vladimir, discussion, arguments. 3. Le dénouement : un accord, ici un mariage différé après le baccalauréat.

Critères : un dialogue correctement présenté (tirets, guillemets, verbes de parole), des passages narratifs avec sentiments et gestes, un récit au passé (passé simple et imparfait) en alternance avec le présent dans les dialogues, une cohérence avec le texte, une soixantaine de lignes.

Production modèle

Le dimanche suivant, Nina retrouva Vladimir devant la grille du parc, là où ils avaient l’habitude de se donner rendez-vous. Elle avait préparé son discours toute la semaine, mais, en voyant le jeune ingénieur sourire, elle sentit son cœur battre plus fort et ses mains devenir moites.

— Alors, Nina, as-tu réfléchi ? demanda-t-il avec impatience.

— Oui, répondit-elle en le regardant droit dans les yeux. Je t’aime, Vladimir, et je veux t’épouser. Mais pas à n’importe quelle condition.

Le sourire du jeune homme se figea.

— Quelles conditions ? interrogea-t-il, surpris.

— Je continuerai d’aller au lycée et je passerai mon baccalauréat. Ensuite, je ferai des études et j’aurai un métier. Ma grand-mère dit qu’une femme ne fait jamais le poids sans salaire. Je ne veux pas dépendre de toi, ni que tu me commandes comme tu commandes tes ouvriers.

Vladimir resta un instant silencieux. Il se passa la main dans les cheveux, puis il s’assit sur un banc, un peu déconcerté.

— Ta grand-mère t’a mis ces idées en tête ? dit-il d’un ton vexé. Je ne suis pas ton chef, Nina. Je suis ton fiancé, ou je l’espérais.

— Justement, je veux que tu le prouves, répliqua-t-elle doucement. Si tu es sincère, tu seras fier que je réussisse, pas inquiet.

Il leva les yeux vers elle. Sa colère retomba et, peu à peu, un sourire admiratif éclaira son visage.

— Tu as raison, avoua-t-il. Mon père disait que ma mère lui avait appris à être heureux. Je ne veux pas d’une épouse qui se tait. Étudie autant que tu voudras, je t’aiderai à réviser s’il le faut. Nous nous marierons quand tu auras ton diplôme.

Nina éclata de rire et lui prit la main.

— Alors c’est oui, dit-elle. Mais je préviens ma grand-mère : elle va vouloir te faire passer un examen !

Ils partirent ensemble vers la maison de Sacha, en riant, un peu inquiets, mais certains d’avoir choisi leur avenir à deux.

Barème et conseils

Partie Points
Questions sur le texte et l’image (questions 1 à 7) 20
Réécriture 5
Dictée 5
Travail d’écriture 20
Total 50

Échelle indicative : de 40 à 50 points, très bonne maîtrise ; de 30 à 39, bon niveau ; de 20 à 29, résultat correct mais à consolider ; moins de 20, à retravailler méthodiquement (le total sur 50 est ensuite ramené à 100 points dans le calcul du brevet).

Conseil 1 : les questions, la réécriture et la dictée. Lisez bien chaque consigne et justifiez toute réponse par une citation courte. Entraînez-vous avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et les exercices correspondants. Pour la dictée et la réécriture, révisez le cours sur la dictée et la réécriture et ses exercices.

Conseil 2 : la rédaction. Choisissez le sujet que vous pouvez construire en quelques minutes de brouillon, et gardez 10 minutes pour la relecture. Pour l’imagination, révisez le cours sur le sujet d’imagination et ses exercices ; pour la réflexion, le cours sur le sujet de réflexion et les exercices sur le texte argumentatif.

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