Gratuit. Ce corrigé du brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.
Le sujet est sur la page Brevet de français 2017 : France (septembre). Traiter le sujet d’abord, puis comparer avec ce corrigé.
Voici le corrigé brevet français 2017 septembre, détaillé question par question : les réponses rédigées, la réécriture, la dictée, le barème, puis une production modèle pour chacun des deux sujets d’écriture. L’épreuve du 15 septembre 2017 est notée sur 50 points (25 pour les questions et la réécriture, 5 pour la dictée, 20 pour le travail d’écriture), comptés double pour faire 100 points. Ces réponses sont des propositions : d’autres formulations sont acceptées si elles s’appuient sur le texte.
Partie 1 : questions sur le texte et sur l’image (20 points)
Corrigé de la question 1 (4 points)
a. La phrase décrit une ville dévastée par le cyclone. Le verbe « gisait » la compare à un corps étendu, immobile, vaincu : c’est une personnification. La ville est « défaite », c’est-à-dire détruite et comme battue, « frappée » de boue, d’eau et de choses « étranges » : tout est sens dessus dessous, méconnaissable. (2 points)
b. Le reste du paragraphe détaille les dégâts par une longue énumération : les « tôles » qui « jonchaient les rues », les arbres déracinés dont les racines se dressent dans « une dérive d’eau noire », les animaux hébétés (« des cochons blancs et des poules sans plumes et des bœufs sans cornes »), les « devantures défoncées », les « fils électriques » qui « tressautaient », puis les meubles et objets éparpillés. Il montre aussi la réaction des habitants : « la consternation criarde des premiers arrivés » devant « un désastre ». (2 points)
Barème : a, une ville détruite et personnifiée (2 points) ; b, au moins deux éléments précis du texte (2 points).
Erreur fréquente : paraphraser sans citer le texte, ou oublier la réaction des habitants.
Corrigé de la question 2 (3 points)
a. Deux remarques possibles :
– c’est une phrase nominale : elle ne contient aucun verbe conjugué (« Posés » est un participe) ;
– c’est une énumération de groupes nominaux, introduite par deux-points et séparée par des virgules, qui accumule des objets très variés (armoires, miroirs, coffre-fort, tiroirs, livres), avec des adjectifs ou participes (« orphelines », « brisés », « étouffés d’eau ») ;
– on peut aussi relever le rythme final « mise à sac, au rapt, au vrac », qui joue sur les sonorités ([a], [r]).
b. Cette construction produit un effet de désordre et de chaos : on a l’impression que les objets sont jetés pêle-mêle, comme le regard de l’enfant qui les découvre un à un. L’accumulation traduit l’ampleur du désastre et l’étrangeté de ces objets arrachés à leur place. L’absence de verbe donne l’image d’un temps arrêté, d’un décor figé après la tempête.
Barème : deux remarques justes (1 point chacune) ; l’effet expliqué (1 point).
Corrigé de la question 3 (2 points)
Dire que le cyclone est un « vent aveugle », c’est dire qu’il frappe au hasard, sans choisir ses victimes et sans rien épargner : c’est une force de la nature, sans intention, qui n’a pas d’yeux pour distinguer les gens. Le mot « aveugle » personnifie le cyclone.
La phrase suivante le confirme : il « bouleverse les affaires des békés et mulâtres » (les riches), « il écorce la vie » (il arrache son enveloppe, laisse tout à nu) et « redistribue les parts ». Le cyclone renverse l’ordre social et rend, pour quelques jours, les plus riches aussi démunis que les autres.
Barème : le sens d’« aveugle » (1 point) ; l’appui sur la phrase suivante (1 point).
Corrigé de la question 4 (3 points)
a. Les verbes du dernier paragraphe sont presque tous conjugués à l’imparfait de l’indicatif : « passait », « n’était », « ramenait », « trouvait », « s’empilait », « voyait ». Cet imparfait a une valeur d’habitude (on dit « itérative ») : il présente des actions qui se répètent chaque jour pendant la période qui suit le cyclone. Il sert aussi à décrire le personnage, sans limite dans le temps. (1 point)
b. Le sujet de la plupart des verbes est Man Ninotte, reprise par le pronom « elle ». (1 point)
c. Ce sont pour la plupart des verbes d’action (mouvement ou recherche), souvent répétés : « ramenait » (deux fois), « trouvait » (trois fois, en anaphore), « charriait », « dénichait », « extrayait ». Tous expriment que Man Ninotte obtient ce qui manque aux autres. (1 point)
Erreur fréquente : dire « passé simple » ou « passé composé », ou oublier de justifier l’imparfait.
Corrigé de la question 5 (4 points)
Man Ninotte est un personnage extraordinaire, presque héroïque, pour son fils, à plusieurs titres.
1. Par son action constante : l’imparfait d’habitude et les verbes d’action (question 4) la montrent infatigable, présente tous les jours. Elle trouve toujours ce qui manque : « S’il n’y avait plus d’eau, elle ramenait de l’eau », « du pain chaud », « des bougies ».
2. Par sa force et sa présence : elle est « massive et puissante sous les ailes de son chapeau » ; elle « disparaître au bout de la rue, réapparaître à l’autre », comme si elle était partout à la fois ; elle parle « fort » et salue « tous ».
3. Par le vocabulaire de la guerre et de l’exploit : elle est « adversaire des déveines », elle « s’élançait dans la bataille comme si elle en avait été le stratège ». Le désastre est pour elle « un vieil ami » : elle est plus à l’aise « dans l’apocalypse » que dans la vie ordinaire.
4. Par son optimisme et son côté merveilleux : elle trouve même « des paquets de rêves » qu’elle porte en équilibre sur son chapeau, et « soulevant chaque malheur, elle dénichait chaque chance ». L’antithèse malheur/chance montre qu’elle transforme le désastre en bienfait.
Barème : deux ou trois arguments, dont un appuyé sur la question 4, chacun justifié par une citation commentée (4 points au total).
Corrigé de la question 6 (4 points)
a. Les rapports sont nombreux. La photographie montre, comme le texte, les suites d’un cyclone dans les Antilles (ici la Guadeloupe en 1928, là la Martinique) : maisons abîmées, planches éparpillées dans la rue, arbre dépouillé. Le bateau échoué en pleine rue illustre les « étrangetés » du texte : les choses sont à une place inattendue, comme les « armoires orphelines » et le « coffre-fort flotteur ». On voit aussi des habitants : certains, assis, semblent abattus (la « consternation »), tandis qu’une femme qui marche en tirant une planche fait penser à Man Ninotte, active dans le désastre. La photographie est en noir et blanc, immobile et documentaire, alors que le texte, plus poétique et plus vivant, montre le point de vue d’un enfant. (2 points)
b. La réponse est personnelle ; elle doit être justifiée. Exemple : « Je suis plus touché(e) par le texte, car les images (« un vomi de naufrages », « des paquets de rêves ») et le portrait de Man Ninotte me font ressentir à la fois la violence du désastre et l’espoir ; la photographie me montre la réalité, mais elle ne dit pas ce que ressentent les personnages. » Ou bien : « La photographie me touche davantage parce qu’elle est vraie : ces habitants ont vécu la catastrophe. » (2 points : choix clair, justification précisée par un détail du document)
Corrigé de la réécriture (5 points)
a. « Les villes gisaient défaites, frappées de boues, d’inondations et d’étrangetés. » (2,5 points)
Modifications : « ville » devient « villes » ; l’article « la » devient « les » ; le verbe s’accorde (« gisaient ») ; les participes « défaites » et « frappées » s’accordent au féminin pluriel (le « s » est ajouté à « défaite » et à « frappée ») ; « de boues, d’inondations et d’étrangetés » ne changent pas.
b. « Cyclone, ce sera vent aveugle. Il bouleversera les affaires des békés et mulâtres, il écorcera la vie, et durant quelques jours redistribuera les parts. En ville, le monde recommencera sous une mer de boue élevée haut comme ça. » (2,5 points)
Pièges : « c’est » devient « ce sera » ; les terminaisons du futur sont « -era », avec un « e » muet devant le « r » ; « recommençait » passe de l’imparfait au futur « recommencera » (le « ç » disparaît devant « e ») ; « élevée » est un participe passé employé comme adjectif : il ne change pas.
Barème : 0,5 point par verbe correctement transformé et par accord réussi, sans pénaliser deux fois la même faute.
Partie 2 : dictée (5 points)
Texte de la dictée
Lorsqu’ils arrivent aux abords du stade [virgule] ils découvrent une foule immense [point]. Il y a des hommes et des femmes partout [virgule] épuisés [virgule] en haillons [virgule] le linge encore mouillé sur les épaules [point]. Des vieillards perdus [virgule] le regard vide [virgule] des femmes donnant la tétée à des nourrissons [point]. C’est une humanité à ciel ouvert [virgule] pauvre [virgule] peureuse [virgule] affamée [point]. Il y a des serviettes étendues à même le sol [virgule] des draps pour tenter de faire des lits [point]. Certains [virgule] à bout de forces [virgule] se sont allongés [virgule] d’autres gémissent tant ils ont faim [point]. Ils pénètrent dans le Superdôme [point]. Une fois à l’intérieur [virgule] ils embrassent du regard le stade immense et ce n’est que là qu’ils ont le sentiment d’être à la fin des mondes [point].
Laurent Gaudé, Ouragan, 2010.
Consignes de l’examinateur : lecture préalable lente et bien articulée, dictée en précisant la ponctuation et en marquant les liaisons, puis relecture sans préciser la ponctuation. Les mots « Superdôme » et « Laurent Gaudé, Ouragan, 2010 » sont écrits au tableau. Dans le sujet officiel, une coupure est signalée par […] avant « pénètrent » ; elle n’est pas dictée.
Barème et pièges d’orthographe
La dictée est notée sur 5 points. Barème indicatif : on retire environ 0,5 point par erreur de grammaire ou d’accord et 0,25 point par erreur de lexique ou de ponctuation, sans descendre sous zéro ; les correcteurs appliquent la grille officielle de la session.
Pièges à connaître :
– « il y a » : invariable, jamais « il y ont » ; « partout » : un seul mot ;
– « épuisés » : accord au masculin pluriel avec « des hommes et des femmes » ; « en haillons » prend un « s » ;
– « le linge encore mouillé » : participe passé employé comme adjectif, accord au masculin singulier avec « linge » ;
– « des femmes donnant la tétée » : participe présent, invariable ; « tétée » : deux accents aigus, comme dans un participe passé féminin ;
– « des nourrissons » : double « r » et double « s », pluriel en « -s » ;
– « une humanité à ciel ouvert, pauvre, peureuse, affamée » : adjectifs au féminin singulier, accordés avec « humanité » ;
– « des serviettes étendues » : accord au féminin pluriel avec « serviettes » ; « à même le sol » : à ne pas confondre avec « à mêmes » ;
– « Certains, à bout de forces, se sont allongés » : accord du participe avec le sujet « certains », masculin pluriel, car « se » est complément d’objet direct ; « forces » reste au pluriel ;
– « d’autres gémissent tant ils ont faim » : verbe au pluriel, « tant » (et non « temps ») ;
– « ils pénètrent » : accent grave sur le « e » de « pénètre » ;
– « le Superdôme » : accent circonflexe, écrit au tableau ;
– « Une fois à l’intérieur » : « fois » avec un « s » ;
– « ils embrassent du regard » : sujet « ils », donc « -ent » ; « et ce n’est que là qu’ils ont le sentiment » : « ce n’est que là » s’écrit « ce » et non « se » ;
– « à la fin des mondes » : « mondes » au pluriel.
Conseil : gardez cinq minutes pour la relecture et vérifiez d’abord les accords sujet-verbe, puis les accords des participes passés et des adjectifs.
Partie 3 : travail d’écriture (20 points)
Sujet A : analyse, plan et production modèle
Analyse du sujet. Le sujet est une question de réflexion personnelle : « Qu’est-ce qu’être un héros ou une héroïne pour vous ? ». Il faut donner sa définition du héros, organiser un développement argumenté et l’appuyer sur trois sources : l’expérience personnelle, les connaissances (histoire, actualité) et les lectures (œuvres étudiées). Longueur minimale : une soixantaine de lignes (300 mots environ). Le texte de Chamoiseau, avec Man Ninotte, peut servir d’exemple.
Plan possible. 1. Introduction : question posée et thèse. 2. Le héros agit pour les autres dans l’épreuve (exemples : Man Ninotte, héros de romans). 3. Le héros n’est pas toujours célèbre ni invincible : il peut être un proche, ordinaire (expérience personnelle). 4. Conclusion : ce que l’héroïsme nous apprend.
Critères. Respect de la consigne (définition, arguments, exemples variés) ; organisation en paragraphes avec connecteurs logiques ; exemples précis et commentés ; langue correcte et vocabulaire riche ; point de vue personnel clair.
Production modèle.
Dans les livres comme dans les films, les héros semblent des êtres hors du commun, capables de vaincre n’importe quel danger. Pourtant, quand j’y réfléchis, je crois qu’être un héros ou une héroïne ne consiste pas à ne jamais avoir peur, mais à agir pour les autres malgré les difficultés.
Tout d’abord, pour moi, un héros est quelqu’un qui se met au service des autres dans une situation difficile. Dans le texte de Patrick Chamoiseau, Man Ninotte n’a pas de pouvoir magique : elle va, jour après jour, chercher de l’eau, du pain et des bougies pour sa famille et ses voisins après le cyclone. Elle ne baisse jamais les bras alors que tout est détruit. De la même façon, dans Les Misérables de Victor Hugo, Jean Valjean risque sa vie pour sauver Marius : il n’attend aucune récompense.
Ensuite, un héros n’est pas forcément célèbre ni invincible. Dans la vie réelle, les pompiers qui entrent dans un immeuble en feu, les soignants qui travaillent sans relâche pendant une épidémie ou les bénévoles qui nettoient une plage après une marée noire sont aussi des héros. Ils ont peur, eux aussi, mais ils choisissent d’aider. J’ai moi-même vu ma voisine soigner et nourrir pendant des semaines un vieil homme malade, sans jamais s’en vanter : je trouve cela aussi admirable qu’un exploit spectaculaire.
Enfin, être un héros demande du courage et de la générosité, mais aussi de la ténacité : il faut aller jusqu’au bout, même quand les efforts ne sont pas reconnus. Cela montre que chacun de nous peut le devenir, à son échelle, par un acte de solidarité.
En conclusion, pour moi, le héros n’est pas celui qui ne craint rien, mais celui qui agit pour les autres malgré sa peur. Les grands personnages de la littérature nous le rappellent, et les gens qui nous entourent le prouvent chaque jour.
Sujet B : analyse, plan et production modèle
Analyse du sujet. Il s’agit d’un sujet d’imagination en deux temps : d’abord décrire une situation de crise (catastrophe naturelle, climatique, industrielle, guerre), comme Chamoiseau décrit la ville après le cyclone, puis raconter les actions d’un personnage extraordinaire. Il faut donc une description (vocabulaire des dégâts, énumération, images) puis un récit d’actions, à l’imparfait d’habitude ou au passé simple. Longueur : une soixantaine de lignes.
Plan possible. 1. La situation exceptionnelle, décrite en détail (lieux, objets, sons, réactions). 2. Le personnage extraordinaire : portrait et actions, à l’aide de verbes d’action. 3. Conclusion : effet sur les autres, ou chute.
Critères. Respect des deux étapes (description puis actions) ; richesse de la description (énumération, figures de style) ; caractère extraordinaire du personnage ; cohérence des temps ; orthographe et ponctuation.
Production modèle.
Le matin qui suivit l’inondation, le village n’était plus qu’un lac boueux. Des toits flottaient comme de grandes barques, des chaises, des vélos, des casseroles tournoyaient dans une eau brune qui sentait la terre et le fioul. Des arbres couchés barraient les rues, des fils pendaient des poteaux, et un chien aboyait sur le toit d’une voiture à moitié noyée. Aux fenêtres, les habitants, hagards, regardaient sans un mot leurs souvenirs se dissoudre.
C’est alors que la vieille Mado sortit de sa maison. Tout le monde la connaissait : une grand-mère minuscule, mais plus têtue qu’une mule. Elle avait pris un bout de gouttière en guise de perche et poussait devant elle une vieille baignoire retournée qui lui servait de bateau. Elle ramait, sans se plaindre, d’une maison à l’autre.
Elle fit monter dans sa baignoire un bébé endormi, puis deux enfants qui pleuraient, puis un vieux monsieur qu’elle gronda pour qu’il se tienne tranquille. Elle repartit dix fois, vingt fois. Quand la baignoire fut trop chargée, elle noua une corde à sa taille et nagea en tirant la barque jusqu’à la colline où l’on s’abritait. Elle distribuait des couvertures qu’elle avait dénichées Dieu savait où, partageait le pain qu’elle gardait sous son tablier, et chantait des chansons pour que les petits oublient leur peur.
Le soir, quand l’eau commença enfin à baisser, il ne manquait personne. On vit Mado s’asseoir sur une pierre, trempée jusqu’aux os, et sourire. Elle dit simplement qu’elle n’avait fait que ce qu’il fallait. Mais ce jour-là, tout le village comprit qu’une héroïne peut ressembler à une grand-mère en baignoire, et que le désastre, parfois, révèle des géantes.
Barème et conseils
| Partie | Détail | Points |
|---|---|---|
| Compréhension et interprétation | Questions 1 à 6 | 20 |
| Réécriture | Pluriel et futur | 5 |
| Dictée | Texte de Laurent Gaudé | 5 |
| Travail d’écriture | Un sujet au choix | 20 |
| Total | Sur 50 points, comptés double | 50 (soit 100) |
Échelle de notes indicative (sur 100 après doublement) : de 85 à 100 points, très bonne maîtrise ; de 70 à 84, bonne maîtrise ; de 50 à 69, maîtrise satisfaisante ; en dessous de 50, des révisions s’imposent.
Conseil 1 : pour progresser en compréhension, en réécriture et en grammaire, reprenez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire puis faites les exercices correspondants.
Conseil 2 : pour la dictée et la réécriture, entraînez-vous régulièrement avec le cours sur la dictée et la réécriture et ses exercices.
Pour le travail d’écriture : relisez le cours sur le sujet de réflexion et le cours sur le sujet d’imagination.
Retour au sujet : Brevet de français 2017 : France (septembre)

À imprimer
Retrouve ce corrigé du brevet dans un PDF propre, prêt pour la classe ou la maison.
Télécharger le PDF
