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Voici le corrigé brevet français 2022 centres étrangers (groupe 1), session du 14 juin 2022 : l’épreuve est notée sur 100 points et porte sur un extrait de Vol de nuit d’Antoine de Saint-Exupéry, accompagné du tableau de Jacob Peter Gowy, La chute d’Icare. Chaque réponse est justifiée par le texte, avec le barème indicatif, les réponses acceptables et les erreurs fréquentes. Les deux sujets de rédaction ont chacun une production modèle.
Compréhension et compétences d’interprétation (28 points)
Corrigé de la question 1 (3 points)
La trajectoire de l’avion est ascendante et en spirale : l’appareil s’élève peu à peu pour sortir des nuages et de la tempête. Deux citations suffisent à le justifier :
– « Il monta » et « il montait vers des champs de lumière » montrent que l’avion prend de l’altitude ;
– « Il s’élevait peu à peu, en spirale » indique la forme du mouvement, que prolonge l’image du « puits » ouvert dans les nuages ;
– « Fabien émergea » (ligne 9) marque l’aboutissement : l’avion perce la couche de nuages.
Barème : 1 point pour l’idée de montée, et 1 point par citation exacte et pertinente (deux au minimum). Erreur fréquente : parler d’une chute ou d’un vol à plat, ou citer sans expliquer.
Corrigé de la question 2 (4 points)
a) Fabien ressent de la surprise, une surprise mêlée d’émerveillement : le texte le dit expressément (« Sa surprise fut extrême »). On accepte aussi « étonnement » ou « éblouissement ». (1 point)
b) La cause est l’intensité de la lumière qui l’entoure dès qu’il sort des nuages : « la clarté était telle qu’elle l’éblouissait ». Fabien ne s’attendait pas à une telle clarté en pleine nuit : « Il n’aurait jamais cru que les nuages, la nuit, pussent éblouir ». Cet éclat vient de la « pleine lune » et des « constellations », qui transforment les nuages en « vagues rayonnantes ». (3 points)
Barème de la b) : 1 point pour la cause (la clarté, la lumière), 1 point pour la justification par une citation, 1 point pour l’explication (lune, étoiles, nuages blancs, contraste avec l’obscurité attendue). Erreur fréquente : confondre la cause (la lumière) avec la conséquence (fermer les yeux).
Corrigé de la question 3 (6 points)
a) Les mots du champ lexical de la lumière sont nombreux : « lumière », « étoiles », « lueur », « clarté », « éblouissait », « lune », « constellations », « rayonnantes », « astres », « cristal », « lumineux ». Quatre relevés exacts suffisent. Barème : 0,5 point par mot, pour un maximum de 2 points. N’acceptez pas un mot hors sujet comme « nuages » ou « tempête ».
b) La lumière est omniprésente pour deux raisons au moins :
1. elle vient du ciel : la « pleine lune » et « toutes les constellations » éclairent l’espace situé au-dessus des nuages, où rien ne fait obstacle ;
2. les nuages la renvoient : « Ces nuages […] renvoyaient toute la neige qu’ils recevaient de la lune ». La lumière « se dégageait, au-dessous de lui, autour de lui » : les nuages blancs agissent comme un immense miroir, si bien que la clarté vient de partout. On peut ajouter que Fabien perçoit cette lumière de façon intense parce qu’il sort de l’obscurité et de la tempête.
Barème : 2 points par élément (1 point pour l’idée, 1 point pour la justification dans le texte). Erreur fréquente : répondre seulement « parce qu’il y a la lune » sans parler des nuages, ou paraphraser sans citer.
Corrigé de la question 4 (4 points)
Le texte est poétique par deux aspects au moins :
1. les images (comparaisons et métaphores) qui transfigurent la réalité : les nuages sont des « vagues » « de plus en plus pures et blanches », la lumière est « un lait de lumière », l’avion est « comme une barque qui passe la digue », le ciel est une « baie des îles bienheureuses ». On trouve aussi la métaphore des « mille bras obscurs » qui l’avaient « lâché » ;
2. l’univers merveilleux et le rythme : le vocabulaire du trésor et du conte (« chambre aux trésors », « pierreries glacées », « villes fabuleuses ») donne à la scène un côté onirique, et les énumérations (« ses mains, ses vêtements, ses ailes ») créent un rythme qui accompagne la contemplation. On peut aussi relever la personnification : « Leur aimant pâle l’attirait ».
Barème : 2 points par aspect (1 point pour le nom de l’aspect, 1 point pour un exemple cité et commenté). Erreur fréquente : nommer une figure de style sans la citer, ou citer sans montrer l’effet poétique.
Corrigé de la question 5 (5 points)
Cette expérience sort de l’ordinaire pour plusieurs raisons, qu’il faut organiser :
1. le contraste : en quelques secondes, l’avion passe de la tempête à un « calme […] extraordinaire », alors que la tempête continue en dessous (« un autre monde de trois mille mètres d’épaisseur ») ;
2. un monde irréel : la nuit est plus lumineuse que le jour, et tout « devenait lumineux, ses mains, ses vêtements, ses ailes ». Fabien se croit dans les « limbes », dans un lieu « inconnu et caché », comparé aux « îles bienheureuses » ;
3. la solitude et l’isolement : « rien d’autre […] que lui, Fabien, et son camarade, n’était vivant ». La voix « se perdait » et « seuls communiquaient les sourires » ;
4. des sentiments contradictoires : le bonheur (« Trop beau ») se mêle à la certitude du danger (« nous sommes perdus », « condamnés »). L’expérience est donc à la fois merveilleuse et inquiétante.
Barème : 1 point par idée pertinente (3 points au maximum) et 2 points pour la justification par le texte et la qualité de la rédaction. Erreur fréquente : raconter le passage au lieu de l’interpréter.
Corrigé de la question 6 (6 points)
On peut rapprocher Fabien d’Icare, en nuançant la réponse.
Les ressemblances : dans le tableau, Icare, le corps basculé, les ailes déployées, est happé par le ciel ; dans le texte, Fabien est lui aussi attiré par les astres (« Leur aimant pâle l’attirait ») et monte « vers des champs de lumière ». Tous deux sont fascinés par la lumière et par la hauteur, et tous deux volent grâce à des ailes (celles d’Icare, fixées avec de la cire ; « ses ailes » de l’avion, pour Fabien). Enfin, un danger de mort les menace : Icare tombe dans la mer, Fabien se sait « perdu » et « condamné ».
Les différences : le tableau montre la chute d’Icare, tête en bas, sous le regard de Dédale encore en vol, alors que Fabien est au sommet de son ascension et vit un moment de grâce. Icare est un jeune imprudent qui désobéit à son père, alors que Fabien est un pilote professionnel, qui s’élève pour échapper à une tempête. La technique de l’avion remplace la cire et les plumes.
Barème : 2 points pour une réponse argumentée (oui, avec nuance), 2 points pour les éléments tirés du tableau, 2 points pour les éléments tirés du texte. Erreur fréquente : ne s’appuyer que sur le texte ou que sur le tableau, alors que la consigne exige les deux.
Grammaire et compétences linguistiques (22 points)
Corrigé de la question 7 (10 points)
Il faut transformer le sujet « il » en « ils » (Fabien et son passager) : les verbes, les pronoms et les déterminants qui se rapportent à Fabien passent au pluriel.
« Ils s’élevaient peu à peu, en spirale, dans le puits qui s’était ouvert, et se refermaient au-dessous d’eux. Et les nuages perdaient, à mesure qu’ils montaient, leur boue d’ombre, ils passaient contre eux […]. Fabien et son passager émergèrent. Leur surprise fut extrême : la clarté était telle qu’elle les éblouissait. Ils durent, quelques secondes, fermer les yeux. Ils n’auraient jamais cru que les nuages, la nuit, pussent éblouir. »
Barème : 1 point par modification correcte, soit dix points pour : s’élevaient, se refermaient, d’eux, qu’ils montaient, contre eux, émergèrent (avec le sujet « Fabien et son passager »), leur surprise, les éblouissait, durent, auraient cru. On ne pénalise pas deux fois la même erreur. Pièges : « se refermaient » (le pluriel du verbe pronominal), « d’eux » et non « de eux », « leur » (déterminant possessif) à ne pas écrire « leurs », « durent » (passé simple de devoir) à ne pas confondre avec « dû ». Les mots « s’était ouvert », « ils passaient » et « pussent » ne changent pas.
Corrigé de la question 8 (4 points)
a) « vit » est au passé simple de l’indicatif (verbe voir, 3e personne du singulier) et « souriait » à l’imparfait de l’indicatif (verbe sourire, 3e personne du singulier). (2 points : 1 point par temps)
b) Le passé simple exprime une action ponctuelle, achevée, de premier plan : le geste de Fabien qui se retourne et voit. L’imparfait exprime une action en cours, qui dure, et qui se déroule en arrière-plan : le radio est en train de sourire au moment où Fabien le voit. (2 points : 1 point par valeur)
Erreur fréquente : confondre le passé simple avec le passé composé, ou donner une valeur d’habitude à l’imparfait, alors qu’il s’agit ici d’une action simultanée et durable.
Corrigé de la question 9 (2 points)
« rayonnantes » se décompose en quatre éléments : le radical « rayonn- » (du verbe rayonner, lui-même dérivé de rayon), le suffixe « -ant » (qui forme un adjectif à partir du verbe, comme le participe présent), la marque du féminin « -e » et la marque du pluriel « -s ». Le mot est donc formé par dérivation (radical + suffixe), avec les marques d’accord d’un adjectif au féminin pluriel, qui s’accorde avec « vagues ».
Barème : 1 point pour le radical et le suffixe « -ant », 1 point pour les marques du féminin et du pluriel. Erreur fréquente : oublier les marques d’accord, ou parler de préfixe.
Corrigé de la question 10 (2 points)
« Trop beau » est une phrase non verbale (ou averbale) : elle ne contient aucun verbe conjugué. Elle est construite avec l’adverbe « trop » qui modifie l’adjectif « beau ». On peut dire qu’il s’agit d’une ellipse de « c’est » ou « cela est » : « C’est trop beau ». Cette construction reproduit la pensée spontanée de Fabien, une exclamation brève qui traduit à la fois son émerveillement et son inquiétude.
Barème : 1 point pour « phrase non verbale » (ou absence de verbe), 1 point pour l’explication (ellipse du verbe, effet de pensée spontanée, mise en valeur). Erreur fréquente : dire que c’est une phrase « incomplète » sans nommer la construction.
Corrigé de la question 11 (4 points)
a) Les deux points expriment un lien de cause (ou d’explication) : Fabien juge qu’il est fou de sourire parce que « nous sommes perdus ». La seconde proposition donne la raison de la première. (2 points)
b) « Je suis tout à fait fou, pensait Fabien, de sourire, car nous sommes perdus. » On accepte aussi « parce que » ou « puisque » (« de sourire parce que nous sommes perdus »). Un connecteur de conséquence (« donc », « alors ») est faux. (2 points : 1 point pour le connecteur, 1 point pour la phrase recopiée sans erreur et avec la bonne ponctuation)
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle. Mais, pour l’atteindre, il lui faut un outil. Il lui faut un rabot, ou une charrue. Le paysan, dans son labour, arrache peu à peu quelques secrets à la nature, et la vérité qu’il dégage est universelle. De même l’avion, l’outil des lignes aériennes, mêle l’homme à tous les vieux problèmes.
J’ai toujours, devant les yeux, l’image de ma première nuit de vol en Argentine, une nuit sombre où scintillaient seules, comme des étoiles, les rares lumières éparses dans la plaine.
Chacune signalait, dans cet océan de ténèbres, le miracle d’une conscience.
Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes (1939)
Ponctuation à dire : « La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres [point]. Parce qu’elle nous résiste [point]. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle [point]. Mais [virgule] pour l’atteindre [virgule] il lui faut un outil [point]. Il lui faut un rabot [virgule] ou une charrue [point]. Le paysan [virgule] dans son labour [virgule] arrache peu à peu quelques secrets à la nature [virgule] et la vérité qu’il dégage est universelle [point]. De même l’avion [virgule] l’outil des lignes aériennes [virgule] mêle l’homme à tous les vieux problèmes [point, à la ligne]. J’ai toujours [virgule] devant les yeux [virgule] l’image de ma première nuit de vol en Argentine [virgule] une nuit sombre où scintillaient seules [virgule] comme des étoiles [virgule] les rares lumières éparses dans la plaine [point, à la ligne]. Chacune signalait [virgule] dans cet océan de ténèbres [virgule] le miracle d’une conscience [point]. »
Barème indicatif (10 points) : on retire 1 point par erreur d’orthographe lexicale ou grammaticale grave (accord, terminaison verbale, mot mal écrit), et 0,5 point par erreur moins grave (accent, ponctuation, majuscule), sans jamais descendre sous 0. Les mots inscrits au tableau (« Argentine », « rabot », « labour », « charrue ») ne doivent pas être sanctionnés.
Pièges d’orthographe :
– « apprend » : verbe apprendre, 3e personne du singulier, avec un d final (comme « il prend ») ;
– « plus long » : « long » reste invariable dans l’expression « en apprendre plus long » ; « tous les livres » : déterminant pluriel au masculin, avec un s final ;
– « qu’elle nous résiste » : élision et accord avec « elle » ; « se mesure » avec un seul s ;
– « l’atteindre » : infinitif en « -dre » après la préposition « pour » ; « il lui faut » : verbe falloir (et non « faux ») ;
– « arrache » : verbe du 1er groupe, avec deux r et sans s final ; « dégage » : avec un e après le g ;
– « universelle » : adjectif féminin accordé avec « vérité » ; « aériennes » : accord au féminin pluriel avec « lignes », avec un accent aigu et deux n ;
– « mêle » : verbe mêler, avec un accent circonflexe, à ne pas confondre avec « mèle » ; « vieux » : adjectif au masculin pluriel, terminé par un x ;
– « où scintillaient seules » : accord du verbe avec le sujet inversé « les rares lumières » (3e personne du pluriel, imparfait en « -aient »), et « seules », « éparses » qui s’accordent avec « lumières » ;
– « ténèbres » : mot féminin pluriel avec un accent grave, et « conscience » avec « sc » ; « chacune signalait » : accord au féminin singulier.
Rédaction (40 points)
Sujet d’imagination : la tempête vue par Fabien
Analyse du sujet
Il faut raconter la traversée de la tempête du point de vue de Fabien, donc avec le « je » ou, à la rigueur, une narration à la 3e personne en focalisation interne. Trois consignes à respecter : intégrer l’opérateur radio, rendre une perception sensible et poétique (images, comparaisons, sensations) et insister sur les émotions (peur, étonnement, admiration, espoir). On reste dans l’univers du texte : un avion, la nuit, les éclairs, les trombes d’eau.
Plan conseillé : 1. l’entrée dans la tempête, avec le brusque changement de décor ; 2. l’assaut des éléments (rafales, pluie, éclairs), perçus par les cinq sens ; 3. la peur et la beauté mêlées, et la présence du radio ; 4. un dénouement ouvert qui exprime l’espoir ou la résistance.
Critères : respect de la consigne (point de vue, émotions, vision poétique), cohérence du récit avec le texte, richesse du vocabulaire et des images, temps du récit maîtrisés (passé simple et imparfait), orthographe et ponctuation, présentation en paragraphes.
Production modèle (imagination)
Je n’avais pas fini de sourire que le ciel se referma sur nous. Sans prévenir, l’avion plongea dans un mur noir, comme si la nuit elle-même avait refermé sa gueule. Les étoiles, ces lanternes que je poursuivais depuis des heures, s’éteignirent l’une après l’autre, et la lumière d’argent qui nous baignait fit place à une obscurité épaisse, tiède, presque vivante.
Aussitôt, la tempête nous saisit. Une rafale frappa l’aile gauche et l’appareil se coucha d’un coup, tandis que mes mains serraient le manche à s’en blanchir les doigts. La pluie, par trombes, martelait la carlingue ; on eût dit que mille poings invisibles cherchaient à nous arracher du ciel. Des éclairs déchiraient la nuit, découpant pour une seconde des nuages dressés comme des tours, puis tout retombait dans les ténèbres, plus noires encore. Derrière moi, le radio criait quelque chose que le vacarme du moteur dévorait ; je ne voyais que son visage, livide à chaque éclair, et ses yeux grands ouverts.
La peur monta en moi, froide, collée à ma gorge. Pourtant, au milieu des secousses, je m’étonnais de trouver cet enfer presque beau. Chaque éclair était un fleuve de feu qui coulait entre les nuages ; la grêle, sur le pare-brise, tintait comme une poignée de cristaux jetée sur un toit de verre. Je pensais à la clarté que nous avions quittée, à ce lait de lumière où nous avions cru nous reposer, et je compris que ce calme n’avait été qu’une trêve, un jardin enchanté dans lequel on ne reste pas.
L’avion tombait, remontait, retombait, comme une barque jetée de vague en vague. Mon cœur battait au rythme des secousses. « Tiens bon, murmurai-je, tiens bon… » Je ne savais plus si je parlais à la machine, au radio ou à moi-même. Le sol était quelque part, très loin sous nous, invisible, et cette ignorance me glaçait plus que le tonnerre.
Alors, dans l’éclat d’un éclair, je vis le radio me sourire de nouveau, d’un sourire tremblant, mais obstiné. Ce sourire me rendit mon souffle. Nous n’étions plus seuls dans le monde : deux hommes, deux petites flammes dans un océan de ténèbres, et tant que ces flammes brûlaient, quelque chose en nous résistait. Je redressai l’appareil, je serrai les dents, et je me remis à chercher, devant moi, la plus petite lueur, celle qui, depuis le début de cette nuit, me tenait debout.
Sujet de réflexion : les progrès technologiques et l’évasion
Analyse du sujet
La question porte sur le lien entre progrès technologiques et évasion, c’est-à-dire la possibilité de s’échapper du quotidien, de l’ennui ou des contraintes. Le mot « encore » invite à se demander si la technique, qui a longtemps ouvert des portes (l’avion, le cinéma), n’enferme pas aujourd’hui dans les écrans. Le sujet impose un développement argumenté et organisé, avec des exemples tirés de l’expérience, des lectures, de la culture et des autres disciplines.
Plan dialectique conseillé : I. Oui, la technologie offre de nouveaux moyens de s’évader ; II. Mais elle peut aussi enfermer et appauvrir ; III. L’évasion véritable dépend de l’usage que l’on en fait et de l’imagination.
Critères : une thèse claire, des arguments variés et illustrés d’exemples précis, des connecteurs logiques, une introduction (amorce, problématique, annonce du plan) et une conclusion qui répond à la question, la maîtrise de la langue.
Production modèle (réflexion)
Depuis toujours, l’être humain cherche à s’évader : quitter son village, fuir l’ennui, découvrir un ailleurs. Les progrès techniques ont longtemps servi ce désir. Mais aujourd’hui, alors que chacun porte dans sa poche un écran qui donne accès au monde entier, on peut se demander si la technologie permet encore de s’évader vraiment ou si elle ne nous retient pas, au contraire, prisonniers. Nous verrons d’abord que les techniques offrent de nouvelles évasions, puis qu’elles peuvent devenir une prison, avant de comprendre que l’évasion dépend de l’usage que l’on en fait.
D’abord, la technologie a ouvert des portes qui semblaient fermées pour toujours. L’avion, par exemple, a permis à Saint-Exupéry et à ses compagnons de l’Aéropostale de survoler des déserts et des montagnes, et de découvrir, comme Fabien dans Vol de nuit, un monde de lumière inaccessible aux marcheurs. Aujourd’hui, le train à grande vitesse, l’avion ou Internet permettent de voyager, de visiter virtuellement un musée à l’autre bout de la Terre ou de lire des livres du monde entier sur une liseuse. Le cinéma, les jeux vidéo ou la réalité virtuelle nous plongent dans des univers imaginaires où l’on peut, pour quelques heures, oublier ses soucis.
Cependant, ces mêmes progrès peuvent nous enfermer. Les écrans occupent une part croissante de notre temps, et le smartphone, qui nous suit partout, nous maintient en liaison permanente avec le travail, les réseaux sociaux et les notifications. On croit s’évader, mais on reste devant la même image, dans la même chambre. Les algorithmes nous proposent toujours les mêmes contenus et réduisent notre curiosité. Certains jeunes passent des nuits entières à jouer, et la dépendance aux écrans est devenue un vrai problème de santé. Dans ces cas, la technique n’ouvre plus aucun horizon : elle devient une cage confortable.
Il reste que la technologie n’est ni bonne ni mauvaise en soi : tout dépend de l’usage qu’on en fait. Un livre lu sur une tablette ouvre autant de mondes qu’un livre en papier, et un jeu vidéo peut stimuler l’imagination quand il est pratiqué avec mesure. L’évasion véritable est d’abord intérieure : elle naît de la curiosité, de la lecture, de la rêverie, ou d’une promenade en forêt, bien loin des écrans. Saint-Exupéry le savait : l’avion n’était pour lui qu’un outil pour mieux comprendre les hommes et la terre.
En conclusion, les progrès technologiques permettent encore à l’être humain de s’évader, à condition qu’il garde la maîtrise de ces outils et qu’il ne confonde pas évasion et distraction. C’est à nous de décider si l’écran est une fenêtre ouverte sur le monde ou un mur qui nous en sépare.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 6) | 28 |
| Grammaire et compétences linguistiques (questions 7 à 11) | 22 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative : moins de 50 points, des bases à consolider ; de 50 à 69 points, un niveau correct à fiabiliser ; de 70 à 84 points, un bon niveau ; 85 points et plus, un très bon niveau, avec une rédaction maîtrisée et peu d’erreurs.
Conseil 1 : améliorer les questions. Si vous perdez des points sur la poésie du texte, l’analyse de l’image ou les temps verbaux, relisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et entraînez-vous avec les exercices sur les questions de compréhension et de grammaire. Pour la dictée et la réécriture, travaillez le cours sur la dictée et la réécriture.
Conseil 2 : réussir la rédaction. Pour le récit, revoyez le cours sur le sujet d’imagination ; pour la réflexion, le cours sur le sujet de réflexion et les exercices sur le sujet de réflexion. Pour d’autres entraînements, consultez les exercices sur l’épreuve de français du brevet.
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