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Corrigé du brevet de français 2018 : Centres étrangers – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Centres étrangers : corrigé du brevet 2018, illustration Français PDF
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Voici le corrigé brevet français 2018 centres étrangers (groupe 1), rédigé question par question pour l’épreuve de la série générale du 18 juin 2018, notée sur 100 points (50 points de grammaire et de compréhension, 10 points de dictée, 40 points de rédaction). Les réponses s’appuient sur le texte de Michel Tremblay et sur la sculpture du Bernin, et chaque barème est détaillé.

I. Grammaire et compétences linguistiques (22 points)

Corrigé de la question 1 de grammaire (2 points)

a) « Beau ? » est une phrase interrogative (elle se termine par un point d’interrogation et reprend avec surprise le mot du père) ; « Mais c’était la fin du monde ! » est une phrase exclamative (elle se termine par un point d’exclamation et exprime une émotion forte). Un demi-point par type de phrase correctement identifié et justifié, un point si les deux le sont (1 point).

b) La première phrase traduit l’incompréhension et l’étonnement de l’enfant : comment le père peut-il trouver « beau » ce qui l’épouvante ? La seconde exprime la peur, l’effroi, presque la panique, renforcée par l’exagération « la fin du monde » (1 point). Deux sentiments cohérents suffisent : peur et surprise, ou peur et désaccord.

Erreur fréquente : écrire « phrase interrogative et phrase exclamative » sans dire laquelle correspond à quelle phrase.

Corrigé de la question 2 de grammaire (3 points)

a) Le niveau de langue est familier (on dit aussi « courant familier », proche de l’oral populaire). Deux exemples au choix, expliqués (1 point par exemple correctement relevé et justifié) :

• « R’garde » : le « e » est supprimé et « regarde » est contracté, comme à l’oral ;

• « Pis » : déformation orale de « puis » ;

• « Garde pas les yeux fermés » : la négation est incomplète, il manque « ne » (« Ne garde pas… »), ce qui est typique de l’oral familier.

On accepte aussi « R’garde ça si c’est beau » (construction orale avec « ça » redondant). Il ne suffit pas de recopier : il faut expliquer ce qui est familier.

b) Le père parle ainsi parce qu’il s’adresse à son jeune fils de façon spontanée et affectueuse : ce registre crée de la proximité et de la complicité, il rassure l’enfant. Il traduit aussi un milieu populaire et l’oral québécois de la famille, et il montre un père dans l’émotion du moment, pas dans la leçon (1 point pour une explication cohérente).

Corrigé de la question 3 de grammaire (4 points)

a) Le connecteur logique est « parce que » (1 point). C’est une locution conjonctive de subordination : on dit aussi « conjonction de subordination » (1 point). Il introduit une proposition subordonnée circonstancielle.

b) Il exprime la cause (1 point) : la cause pour laquelle plus rien ne semble dangereux est que l’enfant est « dans les bras de [son] père ».

c) La conjonction de coordination qui exprime la même relation est « car » (1 point). Attention : « puisque » et « comme » sont des conjonctions de subordination, ils ne conviennent pas ici ; « donc » exprime la conséquence.

Corrigé de la question 4 de grammaire (3 points)

a) « Invincible » est un mot dérivé formé de trois éléments : le préfixe in- (qui marque la négation, le contraire), le radical vinc- (de « vaincre », latin vincere) et le suffixe -ible (qui indique la possibilité) (1 point).

b) Il signifie « qui ne peut pas être vaincu », donc très fort, à l’abri de toute défaite. Dans le texte, l’enfant se sent protégé de tout mal et comme tout-puissant grâce à son père (1 point).

c) C’est un adjectif qualificatif (1 point). Dans « rendu invincible », il accompagne le participe « rendu » et qualifie « je », l’enfant, comme « protégé contre tout mal ».

Corrigé de la question 5 de grammaire (10 points)

Il y a cinq verbes à transformer. Chaque verbe correctement mis au passé composé, avec son auxiliaire bien conjugué et son participe bien accordé, rapporte 2 points.

Réécriture attendue : « La pluie nous est tombée dessus, les éclairs ont éclaté, suivis du tonnerre qu’on a prétendu si dangereux, les arbres ont été secoués par un vent violent et ont produit un bruissement […] »

Analyse :

• « tombait » devient « est tombée » : « tomber » se conjugue avec l’auxiliaire être et le participe s’accorde avec le sujet féminin singulier « la pluie » (-ée). Le pronom « nous » est un complément d’objet indirect et n’intervient pas dans l’accord (2 points) ;

• « éclataient » devient « ont éclaté » : auxiliaire avoir, participe invariable car le verbe n’a pas de complément d’objet direct placé avant lui (2 points) ;

• « prétendait » devient « a prétendu » : auxiliaire avoir, participe en -u (2 points) ;

• « étaient secoués » devient « ont été secoués » : c’est une forme passive à l’imparfait ; au passé composé, on conjugue l’auxiliaire « être » au passé composé (« ont été ») suivi du participe « secoués » accordé avec « les arbres » (2 points) ;

• « produisaient » devient « ont produit » : auxiliaire avoir, participe en -uit avec un « t » (2 points). Pour ce dernier verbe, le second auxiliaire peut être répété (« ont produit ») ou sous-entendu : « ont été secoués […] et ont produit » est correct.

Le participe « suivis », déjà un participe passé employé comme adjectif, reste inchangé. Erreurs fréquentes : écrire « a tombé » (auxiliaire erroné), oublier l’accord « tombée », écrire « ont secoués » sans « été », ou laisser un verbe à l’imparfait (« ont produisaient »). On retire 1 point par verbe dont l’auxiliaire ou le participe est faux, et on peut retirer jusqu’à 1 point supplémentaire pour les fautes d’orthographe dans le reste du passage recopié.

II. Compréhension et compétences d’interprétation (28 points)

Corrigé de la question 1 de compréhension (2 points)

Le texte est le récit d’un souvenir d’enfance : le narrateur, devenu adulte, se rappelle une nuit d’orage où son père l’a emmené sur le balcon en plein déluge. L’enfant, d’abord terrifié par la violence de la tempête, s’aperçoit grâce à son père, qui le tient dans ses bras et lui demande d’ouvrir les yeux, que l’orage peut être beau. Il passe de la peur au bonheur et se sent protégé et invincible. Le texte montre que le père, en affrontant la tempête, a transformé la peur de son fils en émerveillement.

Barème : 1 point pour la situation (le souvenir de l’orage, le père et l’enfant sur le balcon), 1 point pour l’évolution des sentiments ou le sens général (de la peur au bonheur grâce au père).

Corrigé de la question 2 de compréhension (4 points)

Le point de vue est interne : le récit est fait à travers le regard et les sensations d’un personnage, le narrateur enfant. Il faut au moins trois indices (1 point par indice justifié, 1 point pour la nature du point de vue) :

• la première personne : « je me dis », « j’étais tellement terrifié », « mon père » ;

• le narrateur est aussi le personnage principal, ce que confirme le prénom « Michel » dans le dialogue, celui de l’auteur ;

• les perceptions et pensées de l’enfant : « je me dis ça y est, c’est là qu’on meurt ! », « je n’avais jamais vu ça d’aussi haut » ;

• les sentiments exprimés de l’intérieur : la terreur, puis « un des plus agréables vertiges de mon enfance » ;

• le recul de l’adulte, perceptible dans « quelque chose que j’ignorais encore être de l’ozone » : le narrateur adulte sait ce que l’enfant ignorait (cela reste un point de vue interne, celui du souvenir).

Erreur fréquente : parler de point de vue « omniscient » alors que nous ne savons rien de ce que pense le père.

Corrigé de la question 3 de compréhension (4 points)

a) Dans le premier paragraphe (lignes 1 à 7), on peut relever (1 point par figure correctement relevée et nommée) :

• la personnification et la métaphore : « la colère du ciel tombait sur nous en vagues enragées et destructrices ». Le ciel est doté d’un sentiment humain (la colère), les vagues sont « enragées » : l’orage est une mer en furie ;

• la comparaison (hypothétique) : « Comme si la nature s’était vengée de quelque chose » : la nature est vue comme un être qui punit ;

• l’hyperbole : « le monde entier était mouillé », « des éclairs jaillissaient presque sans cesse », « des échos horrifiants » ;

• l’accumulation : « chaud, humide », la série de propositions juxtaposées qui multiplie les éléments déchaînés.

b) Le narrateur raconte l’orage comme une menace violente et hostile, en dramatisant et en exagérant : la nature est une force vivante, furieuse, qui s’en prend à l’homme. Cette vision traduit la terreur de l’enfant, pour qui l’orage est « la fin du monde » (2 points : 1 point pour la manière de raconter, 1 point pour le lien avec les figures relevées).

Corrigé de la question 4 de compréhension (4 points)

a) L’enfant éprouve successivement (2 points, un point pour deux sentiments bien identifiés, deux pour l’évolution complète) :

• la terreur : « je me dis ça y est, c’est là qu’on meurt », « j’étais tellement terrifié » ;

• la surprise et l’incompréhension face à la réaction de son père (« Beau ? ») ;

• le plaisir et l’exaltation : « un des plus agréables vertiges de mon enfance » ;

• la sécurité et le bonheur : « Protégé contre tout mal […] j’étais l’enfant le plus heureux du monde ».

b) Cette succession s’explique par l’attitude du père (2 points) : il rassure l’enfant en le prenant dans ses bras, l’invite à ouvrir les yeux, l’emmène au bord du balcon, face au vide. L’enfant découvre alors un spectacle qu’il n’avait « jamais vu […] d’aussi haut ». La présence physique de son père, qui n’a pas peur, remplace la peur par la confiance et fait naître le bonheur. La peur vient du regard fermé de l’enfant, le plaisir de ce qu’il découvre une fois les yeux ouverts.

Corrigé de la question 5 de compréhension (4 points)

Le père joue plusieurs rôles (1 point par rôle expliqué et justifié par une citation, avec une explication d’ensemble) :

• Un guide, un initiateur : il apprend à son fils à regarder l’orage autrement, avec l’ordre « Ouvre-les. Pis regarde ça… » : il lui fait découvrir la beauté de la nature ;

• Un protecteur : il le prend dans ses bras, l’installe sur ses genoux, et l’enfant se sent en sécurité, car son père, « par la seule force de sa volonté, faisait en sorte que rien ne m’arrive » ;

• Un modèle de courage : il « affrontait la tempête au lieu de se cacher » et il se penche au-dessus du vide : il montre qu’on peut dépasser sa peur ;

• Un père complice et affectueux : il parle simplement à son fils et partage avec lui un moment d’émerveillement.

Ainsi, grâce au père, l’enfant passe de la peur à l’admiration, et ce moment le marque durablement.

Corrigé de la question 6 de compréhension (4 points)

Plusieurs raisons sont acceptables, à condition d’être justifiées par le texte (4 points : 2 points pour des raisons pertinentes, 2 points pour l’appui précis sur le texte) :

• Le narrateur raconte cet épisode pour rendre hommage à son père et dire ce qu’il lui doit : son courage et sa force rassurante, qui apparaissent dans les derniers paragraphes (« dans les bras de mon père ») ;

• C’est un souvenir fondateur, un des moments heureux de son enfance (« un des plus agréables vertiges de mon enfance ») : il veut en garder la trace et le partager ;

• Il veut montrer comment la peur peut se transformer en émerveillement quand on est accompagné par quelqu’un qui nous protège, et comment un adulte peut apprendre à un enfant à voir la beauté du monde ;

• Le titre « Sturm und Drang » (tempête et passion) suggère que l’orage extérieur correspond à une tempête intérieure d’émotions : l’auteur raconte comment il a découvert à la fois la peur, la passion et l’amour filial.

Corrigé de la question 7 de compréhension (6 points)

Ressemblances (3 points) :

• Dans les deux œuvres, un lien fort unit un père et son fils : Énée porte Anchise sur son épaule, le père de Tremblay serre son enfant dans ses bras ;

• Les deux scènes se passent dans un danger : l’incendie de Troie pour Énée, l’orage pour le narrateur ;

• Dans les deux cas, la protection est au centre : un personnage fort porte un personnage plus vulnérable ;

• Le personnage porté se trouve en hauteur : Anchise est sur l’épaule d’Énée, l’enfant est dans les bras de son père, au-dessus de la rue, « à vingt pieds du sol » ;

• La sculpture réunit trois générations (Anchise, Énée, Ascagne) ; le texte évoque aussi la grand-mère par la « chaise à bascule de sa mère ».

• Disposition des personnages : dans la sculpture, Anchise est porté sur l’épaule d’Énée et Ascagne se tient derrière lui, de sorte que les trois figures s’étagent et se serrent en un seul bloc ; dans le texte, le père tient l’enfant contre lui, puis seul le père s’avance vers la rambarde, l’enfant restant dans ses bras.

Différences (3 points) :

• Dans la sculpture, c’est le fils qui porte son père âgé et souffrant : les rôles sont inversés par rapport au texte, où le père adulte protège son jeune fils ;

• La sculpture montre une fuite : Énée s’éloigne du danger, alors que le père du texte affronte la tempête et s’approche de la rambarde ;

• La scène est dramatique et tragique (guerre, destruction, effort physique d’Énée), alors que le texte devient joyeux et rassurant ;

• La sculpture est figée dans le marbre : elle montre un seul instant, un mouvement suspendu, alors que le texte raconte une évolution (de la peur au bonheur) ;

• Dans la sculpture, le personnage porté est un vieillard qui souffre, dans le texte c’est un enfant qui, au final, est « le plus heureux du monde ».

Conseil : pour obtenir les 6 points, il faut au moins deux ressemblances et deux différences, et parler précisément de la disposition des personnages (qui porte qui, qui est devant, qui est derrière, qui est plus haut).

III. Dictée (10 points)

Texte de la dictée

On n’avait pourtant rien annoncé de particulier pour cette nuit-là, à part une belle pluie d’août qui viendrait enfin dissiper cette horrible et collante humidité que nous avions eue à endurer sans relâche plusieurs semaines de suite. Un front froid s’avançait […]. Toute la maisonnée s’était préparée à cette pluie en soupirs de satisfaction et remarques désobligeantes pour le maudit été trop chaud, trop long, trop collant. Ma grand-mère prétendait soudain détester l’été, ma tante Robertine rêvait au mois d’octobre, mes frères parlaient déjà de hockey. Six mois plus tard, aux premiers frémissements du printemps, ils proféreraient des horreurs semblables au sujet de l’hiver.

Michel Tremblay, « Sturm und Drang », Bonbons assortis, 2010

Le signe […] marque une coupure du texte d’origine : il ne se dicte pas. Le lecteur dit la ponctuation (virgule, point, deux points…) lors de la dictée proprement dite. L’examinateur écrit au tableau les noms « Robertine » et « hockey ».

Barème et pièges d’orthographe

Barème proposé : on part de 10 points et on retire 1 point par erreur d’accord ou de conjugaison grave, 0,5 point par erreur d’orthographe lexicale ou de ponctuation, en plafonnant le retrait pour une même erreur répétée. Les noms écrits au tableau (Robertine, hockey) ne sont pas comptés. Les principaux pièges :

• « que nous avions eue » : le participe passé « eu » s’accorde avec le complément d’objet direct « que », qui représente « humidité », féminin singulier : eue. C’est le piège principal de la dictée ;

• « s’était préparée » : verbe pronominal, le participe s’accorde avec le sujet « toute la maisonnée » (féminin singulier), car le « se » est complément d’objet direct : préparée ;

• « viendrait » et « proféreraient » : conditionnels présents (futur dans le passé). « Viendrait » : 3e personne du singulier, terminaison -rait ; « proféreraient » : 3e personne du pluriel, terminaison -raient, avec « é » après « prof » ;

• « prétendait », « rêvait », « parlaient », « s’avançait » : imparfaits, avec les terminaisons -ait (« ma grand-mère », « ma tante », « un front ») et -aient (« mes frères »). « S’avançait » prend une cédille devant « a » ;

• « désobligeantes » : adjectif féminin pluriel qui s’accorde avec « remarques » ; « désobligeant » prend un « e » après le « g » pour garder le son [ʒ] ;

• « trop chaud, trop long, trop collant » : adjectifs qui se rapportent à « été », au masculin singulier. De même « maudit » ;

• « horrible et collante » : les deux adjectifs qualifient « humidité » ; « collante » prend un e au féminin, « horrible » ne change pas ;

• « soupirs » : pluriel, et « frémissements » : pluriel avec « mm » ; « dissiper » et « relâche » (avec l’accent circonflexe) ; « maisonnée » (« -ée », nom féminin) ; « semblables » pluriel avec « horreurs » ; « pourtant », « à part » ;

• « grand-mère » et « nuit-là » s’écrivent avec un trait d’union ; « d’août » prend une apostrophe ;

• la ponctuation : les virgules de l’énumération « trop chaud, trop long, trop collant » et celles qui séparent les trois propositions juxtaposées de la phrase sur la grand-mère, la tante et les frères.

IV. Rédaction (40 points)

Un seul des deux sujets est à traiter. Elle est notée sur 40 points : on évalue à la fois la maîtrise de la langue (orthographe, grammaire, vocabulaire, ponctuation) et le travail d’écriture (respect de la consigne, organisation, richesse des idées). Voici, pour chaque sujet, l’analyse, le plan et une production modèle.

Sujet d’imagination : analyse, plan et production modèle

Analyse du sujet. Il faut raconter un épisode heureux (un seul moment, circonscrit) de l’enfance, avec un adulte au rôle déterminant (parent, grand-parent, enseignant, entraîneur…). Trois contraintes : (1) raconter à la première personne, en suivant un récit autobiographique ; (2) insister sur la succession des sentiments (par exemple appréhension, peur, surprise, fierté, joie) ; (3) évoquer la leçon tirée de l’épisode. Le texte de Tremblay est un bon modèle : une peur transformée par la présence d’un adulte.

Plan. 1. Situation initiale (lieu, âge, adulte, sentiment de départ). 2. Événement déclencheur et progression des sentiments. 3. Moment de bonheur (la réussite, le dénouement). 4. Leçon tirée, avec un regard d’adulte sur le souvenir.

Critères. Cohérence des temps (passé simple et imparfait, ou passé composé et imparfait, sans mélange), description des sentiments par des mots précis et des images, dialogue court bien ponctué, longueur d’environ deux pages.

Production modèle.

J’avais huit ans et je n’avais jamais mis la tête sous l’eau. Cet été-là, mon grand-père m’avait emmené au bord du lac où il pêchait depuis toujours. Je regardais l’eau sombre avec méfiance, les bras serrés contre mon gilet gonflable orange.

— Viens, m’avait-il dit en s’avançant dans l’eau jusqu’à la taille. Je te tiens, tu ne risques rien.

Mon cœur battait si fort que je l’entendais dans mes oreilles. J’avais très envie de lui obéir et, en même temps, je rêvais de courir me cacher sous la serviette. Le fond de galets glissait sous mes pieds et chaque pas me paraissait plus dangereux que le précédent. Quand l’eau m’arriva au ventre, je crus que je ne pourrais plus avancer.

— Regarde-moi, pas l’eau, dit-il simplement.

Il me prit les deux mains et recula doucement. Son sourire calme, ses grandes mains rugueuses, tout en lui disait que je ne coulerais pas. Peu à peu, mes jambes cessèrent de trembler. Il me demanda de souffler dans l’eau, comme pour éteindre une bougie, puis d’y plonger le visage. Je fermai les yeux, j’inspirai, et je disparus un instant sous la surface.

Quand je ressortis, je toussais et je riais en même temps. Tout me parut soudain plus lumineux, comme si j’avais traversé un mur invisible. Mon grand-père criait de joie, les yeux brillants, comme si c’était lui qui avait réussi. Je n’avais plus peur : j’étais fier, et c’était une fierté pleine de soleil.

Ce jour-là, il n’a pas lâché mes mains avant que je lui demande de le faire. À la fin de l’été, je nageais seul jusqu’au ponton. Aujourd’hui encore, quand une épreuve m’impressionne, je repense à son regard et à ses mots : une peur affrontée avec quelqu’un qui croit en nous devient très vite un plaisir. J’ai compris qu’on ne grandit pas en évitant ce qui nous effraie, mais en acceptant de se faire aider pour l’oser.

Sujet de réflexion : analyse, plan et production modèle

Analyse du sujet. La question porte sur le rôle des parents dans l’éducation : « comment concevez-vous ? » appelle un point de vue personnel et argumenté. Il faut plusieurs arguments, chacun développé et illustré par un exemple (expérience, lectures, œuvres étudiées, comme le texte de Tremblay du corpus). On peut conclure par une ouverture.

Plan. Introduction (amener le sujet, poser la question, annoncer le plan). 1. Protéger et rassurer. 2. Transmettre des valeurs et des repères. 3. Apprendre l’autonomie en laissant l’enfant grandir. Conclusion (réponse à la question, ouverture).

Critères. Thèse claire, arguments distincts, connecteurs logiques (d’abord, ensuite, en outre, enfin, en conclusion), exemples précis, langue soignée, d’environ deux pages.

Production modèle.

Un enfant ne naît pas avec un mode d’emploi : c’est auprès de ses parents qu’il apprend ce qu’est le monde. Dans le texte de Michel Tremblay, un père transforme la terreur de son fils en émerveillement par sa seule présence. Comment concevoir, alors, le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants ? Je pense qu’ils doivent d’abord protéger, ensuite transmettre des valeurs, enfin apprendre à leurs enfants à devenir autonomes.

Tout d’abord, les parents ont pour mission de protéger et de rassurer. Un enfant a besoin de se sentir en sécurité pour oser découvrir. Dans le récit de Tremblay, le narrateur n’a plus peur de l’orage parce qu’il est « dans les bras de [son] père ». La sculpture du Bernin va dans le même sens : Énée sauve son père et son fils des flammes de Troie. Sans cette sécurité affective, il est difficile de grandir avec confiance.

Ensuite, les parents transmettent des valeurs et des repères. C’est auprès d’eux que l’on apprend le respect des autres, la politesse, l’honnêteté ou le courage. Un père qui affronte la tempête plutôt que de se cacher donne un exemple que son fils n’oubliera pas. Dans La Gloire de mon père, Marcel Pagnol montre un enfant qui admire son père et veut lui ressembler : l’éducation passe autant par l’exemple que par les mots.

Enfin, éduquer, c’est aussi préparer l’enfant à se passer de ses parents. Il faut savoir l’encourager à essayer, l’autoriser à se tromper, lui apprendre à décider seul. Un parent qui interdit tout ou qui fait tout à la place de son enfant l’empêche de devenir responsable. Le père de Tremblay prend son fils au bord du vide, mais il le laisse regarder le monde par lui-même.

En conclusion, le rôle des parents est triple : protéger, transmettre, puis laisser partir. C’est un équilibre délicat entre l’amour et la confiance. Peut-être faudrait-il se demander aussi quel rôle l’école et les autres adultes jouent pour compléter cette éducation.

Barème et conseils

Partie Points
Grammaire et compétences linguistiques (questions 1 à 5) 22
Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 7) 28
Dictée 10
Rédaction 40
Total 100

Échelle indicative pour la rédaction. De 1 à 12 points : le sujet n’est pas traité ou la langue est très défaillante. De 13 à 22 points : le sujet est traité partiellement. De 23 à 34 points : le sujet est traité de façon satisfaisante, avec une langue globalement correcte. De 35 à 40 points : le texte est riche, organisé, original et bien écrit. Pour l’ensemble de l’épreuve, un total de 50 sur 100 correspond à la moyenne et 80 et plus à une très bonne copie.

Conseil 1 : améliorer les questions, la grammaire et la dictée. Rédigez toujours des réponses complètes avec une citation précise, et révisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec les exercices correspondants. Pour la dictée et la réécriture au passé composé, travaillez la dictée et la réécriture et ses exercices.

Conseil 2 : soigner la rédaction. Si vous choisissez l’imagination, relisez le cours sur le sujet d’imagination et faites les exercices ; pour la réflexion, révisez le cours sur le sujet de réflexion et ses exercices.

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