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Le sujet est sur la page Brevet de français 2024 : Antilles-Guyane (septembre). Traiter le sujet d’abord, puis comparer avec ce corrigé.
Voici le corrigé du brevet français 2024 Antilles-Guyane septembre, série générale, session de remplacement du 19 septembre 2024 : une correction rédigée, détaillée et notée sur 100 points. Pour tirer profit de ce corrigé brevet français 2024 Antilles-Guyane septembre, traitez d’abord le sujet seul, puis comparez votre travail avec les réponses ci-dessous.
Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Corrigé de la question 1 (4 points)
Titre conseillé : titre 2, « Portrait d’un dictateur ». (1 point pour le choix, 3 points pour la justification : une réplique et une didascalie.)
La réplique « Je veux, vous entendez, je veux vous voir rire » montre un homme qui ordonne et qui ne supporte aucune résistance : c’est la parole d’un tyran. La didascalie « Avec une violente colère » (ou « L’œil mauvais ») révèle sa brutalité et ses changements d’humeur, qui rendent tout l’entourage prisonnier de ses caprices. Toute la scène tourne autour de Caligula : les autres personnages parlent peu et obéissent.
Le titre 3 pouvait être accepté s’il était bien justifié (les invités sont les « grands personnages de la cité », il s’agit d’une réunion du pouvoir), mais il reste moins précis, car la scène montre surtout un caractère. Le titre 1 est à écarter : il n’y a aucune amitié entre des hommes libres, seulement de la peur et de la soumission.
Erreur fréquente : choisir un titre sans citer à la fois une réplique et une didascalie, ou confondre les deux.
Corrigé de la question 2 (4 points)
Quatre adjectifs, chacun avec sa citation (1 point par adjectif justifié) :
- cruel : « Ne serait-ce que pour ton second fils » (ligne 11) : il menace de tuer un deuxième enfant de Lepidus, alors que le premier est déjà mort ;
- autoritaire (ou tyrannique) : « Levez-vous, riez » : il donne des ordres absurdes que tous doivent exécuter ;
- colérique (ou violent) : « Avec une violente colère », ou « Il frappe sur la table » ;
- cynique (ou sadique, pervers) : « Naturellement, ce n’est pas vrai. Drôle, n’est-ce pas ? » : il plaisante sur le meurtre qu’il a commis.
On acceptait aussi lunatique ou instable avec « Changeant de ton » (ligne 16), manipulateur avec « Il boit, puis dictant. Au…, au… Allons, Lepidus » (ligne 12), où il souffle la réponse à Lepidus, ou hypocrite avec « D’ailleurs, tu n’es pas de mauvaise humeur ». La citation doit venir des lignes 10 à 20.
Erreur fréquente : donner un adjectif sans citation, ou une citation en dehors des lignes demandées.
Corrigé de la question 3 (8 points)
a) (4 points : 2 par citation analysée). Pour Caligula, la peur est un sentiment tout-puissant et primitif qui fait plier les hommes.
- « Tout disparaît devant la peur » : le verbe « disparaît » et le pronom indéfini « tout » montrent que la peur anéantit toutes les valeurs morales et sociales, énumérées juste avant (« honnêteté, respectabilité, qu’en dira-t-on, sagesse des nations ») ;
- « un des rares qui tire sa noblesse du ventre » : le mot « noblesse » est mis en relation avec « ventre », siège des instincts. La peur est donc un réflexe du corps, instinctif, et non un sentiment réfléchi. Caligula la juge « pure » et « désintéressée » : ces adjectifs mélioratifs sont ironiques et traduisent son cynisme, car il trouve la peur « belle » parce qu’elle lui assure l’obéissance.
On acceptait aussi l’analyse de « ce beau sentiment, sans alliage, pur et désintéressé » (énumération d’adjectifs détournés de leur sens habituel : antiphrase).
b) (4 points). Le pouvoir de la peur est mis en scène par plusieurs procédés :
- le contrôle de la parole : Caligula distribue le droit de parler (« Voyons, Cherea, tu es bien silencieux », puis « Alors, tais-toi »). Cherea doit attendre la permission (« Dès que tu le permettras ») ;
- le contraste entre le ton et le sens : la didascalie « Sur un ton amical » cache une domination brutale. Les phrases courtes et les impératifs (« tais-toi ») sont des ordres ;
- la soumission des autres : Mucius répond « à contrecœur » mais obéit (« À tes ordres, Caïus »), expression militaire qui montre un homme réduit au rang d’exécutant. Les invités qui jouent « comme des marionnettes » (ligne 21) illustrent le même renoncement à toute liberté.
Erreur fréquente : raconter la scène sans relever de procédé précis.
Corrigé de la question 4 (6 points)
Les quatre interrogations des lignes 1 à 9 ne cherchent pas de réponse : ce sont des questions oratoires qui imposent la volonté de Caligula (1,5 point par interrogation : l’intention).
- « Serait-ce parce que j’ai fait mourir ton fils ? » : il provoque et humilie Lepidus en avouant son crime sous forme de plaisanterie, et le met au défi de réagir. Il le pousse à nier l’évidence ;
- « Mais ton cœur ? » : il pénètre dans l’intimité de Lepidus et veut contrôler jusqu’à ses sentiments, pas seulement son visage ;
- « Au contraire, n’est-ce pas, Lepidus ? » : la tournure « n’est-ce pas » dicte la réponse attendue. Lepidus doit répéter le mot imposé et mentir ;
- « Rions ensemble, veux-tu ? » : fausse demande de politesse qui est en réalité un ordre déguisé : refuser serait dangereux.
Ces questions marquent donc son pouvoir : il décide de ce qui est dit, de ce qui est ressenti et de la réponse. Lepidus, de son côté, n’a le droit qu’à des répliques courtes (« Au contraire, César »).
Corrigé de la question 5 (4 points)
Deux éléments justifiés (2 points chacun) :
- son rire est un instrument de domination : il force les autres à rire (« Je veux que tout le monde rie »), comme on dresse des marionnettes. Il ne rit pas avec eux, il rit d’eux ;
- son rire révèle sa cruauté et sa folie : il rit de la peur des autres et du deuil de Lepidus. Le « rire irrésistible » de la didascalie, qui le fait se renverser sur son lit, est incontrôlable, signe d’une instabilité : il passe de l’amitié à la colère puis au rire sans transition.
On acceptait aussi : le rire cynique d’un homme qui se moque de toutes les valeurs (« rien ne veut plus rien dire »), ou le rire solitaire d’un tyran qui n’a plus d’égal.
Corrigé de la question 6 (6 points)
Trois éléments de comparaison (2 points chacun : le constat sur l’image, le constat sur le texte et le lien) :
- La mégalomanie. Sur la photographie, le dictateur en uniforme tient un globe terrestre du bout des doigts : le monde lui appartient et il en joue. Dans le texte, Caligula dispose de la vie et de la mort de ses sujets et veut contrôler leur rire. Dans les deux cas, le pouvoir est sans limite ;
- L’aspect enfantin et capricieux. Le dictateur de Chaplin traite le globe comme un ballon ou un jouet, avec une moue rêveuse. Caligula, lui, passe de la gaieté à la colère comme un enfant gâté. Ces dictateurs sont immatures et dangereux ;
- Le grotesque et la satire. L’attitude du personnage (assis ou presque allongé sur un bureau, jambe tendue, un buste à côté de lui qui rappelle le culte de la personnalité) est ridicule et théâtrale. Chez Camus, le comportement de Caligula, qui ordonne de rire, relève de la même mise en scène caricaturale. Les deux œuvres dénoncent les dictateurs en les ridiculisant, tout en laissant percevoir la menace.
On acceptait aussi la posture dominante et décontractée (Caligula allongé sur son lit, le dictateur assis sur son bureau), ou l’isolement du tyran qui ne dialogue qu’avec lui-même.
Compétences linguistiques et grammaticales (18 points)
Corrigé de la question 7 (2 points)
« Rie » est le verbe rire (3e groupe) conjugué au subjonctif présent, à la 3e personne du singulier (1 point) : le subjonctif est exigé par la locution verbale « Je veux que » (verbe de volonté). Le sujet est « tout le monde » (3e personne du singulier) et la terminaison du subjonctif est -e (1 point). On ne peut pas écrire « rit » (indicatif présent) ni « ris » (impératif ou 1re personne).
Repère : on peut remplacer par un verbe du 1er groupe, « Je veux que tout le monde chante » (forme identique du subjonctif, terminaison -e).
Corrigé de la question 8 (6 points)
a) (2 points). Exemples acceptés : « Tais-toi parce que j’aimerais bien entendre notre ami Mucius. » ou « Comme j’aimerais bien entendre notre ami Mucius, tais-toi. » ou « Tais-toi puisque j’aimerais bien entendre notre ami Mucius. » Le second énoncé explique l’ordre donné dans le premier : la conjonction doit donc exprimer la cause.
b) (4 points). La subordonnée « parce que j’aimerais bien entendre notre ami Mucius » est une proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de cause introduite par la conjonction « parce que ». Elle est complément circonstanciel de cause du verbe « tais-toi » de la principale. Barème : 1 point pour la nature, 1 point pour la fonction et 2 points pour deux manipulations (1 point chacune) :
- la suppression : « Tais-toi. » reste une phrase correcte, donc la subordonnée est facultative, comme un complément circonstanciel ;
- le déplacement : « Parce que j’aimerais bien entendre notre ami Mucius, tais-toi. » ;
- on pouvait aussi la remplacer par un groupe nominal : « Tais-toi à cause de mon envie d’entendre Mucius », ou répondre à la question « Pourquoi dois-je me taire ? ».
Corrigé de la question 9 (4 points)
a) (2 points). « Irrésistible » est un mot dérivé formé de trois éléments : le préfixe négatif in- (devenu « ir- » devant le « r » du radical), le radical « résist- » (verbe résister) et le suffixe -ible, qui signifie « qui peut être… » et sert à former des adjectifs. Littéralement, « irrésistible » veut dire « à qui l’on ne peut pas résister ». Le suffixe -ible forme des adjectifs : c’est donc un adjectif qualificatif, ici épithète du nom « rire » (« un rire irrésistible »).
b) (2 points). Cet adjectif indique au comédien que le rire de Caligula doit être incontrôlable et violent : il l’emporte, le secoue, au point qu’il se renverse sur son lit. Le comédien doit jouer un éclat de rire excessif, presque hystérique, qui contraste avec la peur des autres et qui laisse voir le caractère déséquilibré du personnage.
Corrigé de la question 10 (6 points)
Réécriture attendue :
« Il était une fois de pauvres empereurs que personne n’aimait. Eux, qui aimaient Lepidus, firent tuer leur plus jeune fils (ou leurs plus jeunes fils) pour s’enlever cet amour du cœur. »
Barème indicatif : 1 point par modification correcte.
- « un pauvre empereur » devient « de pauvres empereurs » : le pluriel de l’article indéfini « des » devient « de » devant un adjectif placé avant le nom, et on accorde le nom et l’adjectif ;
- « Lui » devient « Eux » ;
- « aimait » (relative « qui aimait Lepidus ») devient « aimaient » : le sujet « qui » reprend « eux » ;
- « fit tuer » devient « firent tuer » ;
- « son plus jeune fils » devient « leur plus jeune fils » (un fils par empereur) ou « leurs plus jeunes fils » ;
- « que personne n’aimait » reste invariable : « personne » est singulier, et l’expression « Il était une fois » ne change pas.
Erreur fréquente : écrire « des pauvres empereurs » au lieu de « de pauvres empereurs » ou oublier d’accorder « fit » en « firent ».
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
« Ne désespérez pas [point d’exclamation] ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’avidité [virgule], de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’humanité [point]. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront [virgule], et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples [point]. Et tant que les hommes mourront pour elle [virgule], la liberté ne pourra périr [point]. Soldats [virgule], ne vous donnez pas à ces brutes [virgule], à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves [virgule], enrégimente toute votre vie et vous dit ce qu’il faut faire [virgule], penser et ressentir [virgule], qui vous dirige [virgule], vous manœuvre [virgule], se sert de vous comme chair à canon et vous traite comme du bétail [point]. »
Source : Le dictateur, Charlie Chaplin, 1940. Les mots « enrégimente » et « éphémère » sont écrits au tableau avant la dictée. Les indications entre crochets sont dites par l’examinateur lors de la dictée effective et ne sont pas écrites.
Barème de la dictée
La dictée est notée sur 10 points. Barème indicatif : on part de 10 points et on retire 1 point par erreur d’orthographe grammaticale ou lexicale grave (accord, conjugaison, mot mal écrit), 0,5 point pour une erreur moins grave (accent, ponctuation) ; la note ne peut pas être négative. Une même erreur répétée n’est comptée qu’une fois.
Les pièges de la dictée
- Les accords du verbe : « Ne désespérez pas » est un impératif à la 2e personne du pluriel (terminaison -ez, non « -é »). « Qu’accomplit l’humanité » : le verbe est au singulier, car le sujet « l’humanité » est inversé et placé après lui. « Ceux qui ont peur » : « ont », verbe avoir, et non « on ».
- Les futurs : « finira », « mourront » (deux r, comme « mourir »), « va retourner », « ne pourra périr ». Attention à ne pas écrire un conditionnel (« mourraient », « pourrait »).
- Les accents et les mots difficiles : « éphémère » (deux accents, écrit au tableau), « avidité », « amertume », « enrégimente » (écrit au tableau), « manœuvre » (le « œ » lié) et « méprise ».
- L’accord de « enrégimente » : le sujet est « une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente… » : le verbe est au singulier et prend un -e car il s’accorde avec « minorité » (3e personne du singulier du présent).
- Les accords des pluriels : « les dictateurs », « les peuples », « les hommes », « des esclaves », « ces brutes » (nom féminin pluriel, accord avec le démonstratif « ces »), « comme du bétail » (singulier).
- Homophones : « qui est sur nous » (verbe être) et « n’est que » ; « ce qu’il faut faire » (« ce » pronom) ; « tant que » (conjonction) et non « temps ».
- La ponctuation : les virgules de l’énumération (« faire, penser et ressentir », « vous dirige, vous manœuvre ») et le point final après « bétail ».
Rédaction (40 points)
Le candidat choisit un seul sujet. Critères communs : respect de la consigne, cohérence et organisation du texte (10 points environ), richesse et justesse de la langue, orthographe et ponctuation (environ 15 points), qualité de l’invention ou de l’argumentation (environ 15 points). Pour une copie de 2 pages environ, visez au minimum 300 à 400 mots.
Sujet d’imagination : la tirade de Lepidus
Analyse du sujet. « Tirade théâtrale » : un long monologue destiné à un public précis (les invités). « Convaincre et persuader » : il faut associer des arguments (raison) et des appels aux sentiments (peur, honte, courage). Lepidus est un homme qui a perdu un fils et qui a déjà dû obéir : sa colère doit se sentir. Il s’exprime « à la fin du banquet », en présence de Caligula.
Plan conseillé. 1. Prise de parole et rappel des faits (la mort du fils de Lepidus, l’humiliation). 2. Arguments : la peur qui rend esclave, le nombre qui fait la force. 3. Appel final à agir, en s’adressant directement à chaque invité.
Critères. Registre oratoire (apostrophes, anaphores, questions rhétoriques, impératifs), didascalies, vocabulaire de la tyrannie, rythme de la phrase, cohérence avec la scène lue.
Production modèle.
LEPIDUS, se levant lentement, la voix d’abord basse. – Messieurs, Caïus nous a ordonné de rire. Eh bien, riez, si vous le pouvez encore ! (Silence. Il regarde les invités un à un.) Moi, je ne le peux plus. Hier, j’ai perdu un fils. Et savez-vous pourquoi ? Parce qu’il a plu à un homme de s’amuser. Voilà votre empereur : un homme qui tue pour le plaisir et qui nous demande de sourire.
(Plus fort.) Qui, parmi vous, est certain de revoir ses enfants demain ? Toi, Mucius ? Toi, Cherea ? Chacun de nous est le prochain sur la liste ! Nous avons cru que se taire nous protégerait. Voyez où cela nous mène : on nous fait lever, rire, boire, comme des marionnettes. Et nous obéissons ! Où sont passés notre honneur, notre fierté, notre mémoire de Romains ?
(Il frappe du poing sur la table, comme Caligula l’a fait.) Caligula nous dit que la peur est un beau sentiment. Mais la peur n’est belle que pour celui qui la fait naître ! Il ne règne que parce que nous tremblons. Et il tremblerait lui-même, mes amis, s’il nous voyait ensemble, debout, unis, sans masque. Car nous sommes nombreux et il est seul avec ses gardes, qui sont des hommes comme nous, qui ont eux aussi des fils, des frères, des pères !
(Avec gravité, presque en murmurant.) Ne me répondez pas par des mots. Ceux qui m’approuvent n’ont qu’à rester debout. (Il balaie la salle du regard.) Je ne vous demande pas d’être des héros. Je vous demande de ne plus être des esclaves. Que nos enfants disent un jour : « À la fin, ils ont refusé de rire ! » Alors, relevons-nous. Rendons-lui sa peur. Que ce banquet soit le dernier de sa tyrannie !
(Un silence. Caligula, au fond, sourit froidement.)
Sujet de réflexion : les arts et la peur
Analyse du sujet. La question porte sur le rôle de « la littérature et des autres arts » pour « dépasser la peur ». Il faut répondre à la question « comment ? » : montrer par quels moyens les œuvres aident à vaincre la peur, avec des exemples précis (au moins un littéraire, un autre artistique). Les œuvres du sujet (Caligula, Le Dictateur) fournissent des pistes.
Plan conseillé. 1. Les œuvres donnent un nom et une forme à la peur, ce qui permet de la regarder en face. 2. Elles dénoncent ce qui fait peur, notamment par le rire et la satire. 3. Elles rassemblent et consolent, en transformant la peur individuelle en force collective.
Critères. Une introduction (amorce, problématique, annonce du plan), des paragraphes organisés par des connecteurs logiques, des exemples développés et non seulement cités, une conclusion qui répond à la question posée.
Production modèle.
La peur est un sentiment que chacun connaît : peur de la guerre, de la violence, de l’inconnu. Pourtant, depuis toujours, les hommes écrivent, peignent, filment ou dansent pour s’en libérer. Comment la littérature et les autres arts peuvent-ils nous aider à dépasser la peur ? Nous verrons d’abord qu’ils permettent de la regarder en face, ensuite qu’ils savent la dénoncer et la désarmer, enfin qu’ils unissent ceux qui la ressentent.
D’abord, une œuvre donne à la peur une forme que l’on peut observer. Ce qui est vague et informe nous paralyse ; ce qui est nommé devient plus facile à affronter. Picasso, avec Guernica, représente l’horreur du bombardement de 1937 : des corps brisés, un cheval hurlant, une mère portant son enfant mort. Le spectateur ressent la terreur, mais il la voit aussi à distance, dans le cadre d’un tableau, et peut ainsi en comprendre les causes. De même, la littérature fait vivre au lecteur des dangers sans qu’il les subisse : en lisant La Peste de Camus, on découvre comment des hommes ordinaires affrontent une épidémie, et l’on se sent moins seul devant sa propre angoisse.
Ensuite, les arts peuvent dénoncer ceux qui se servent de la peur pour régner, et la désarmer par le rire. Dans Caligula, Camus montre un tyran qui obtient l’obéissance par la crainte et qui oblige ses invités à rire. Le spectateur, lui, ne se laisse pas intimider : il voit la mécanique de la domination et la juge. Charlie Chaplin va plus loin dans Le Dictateur : en faisant danser son dictateur avec un globe terrestre, il le rend ridicule. Or on ne craint plus longtemps ce dont on rit. L’ironie est une arme contre la peur, et le célèbre discours final du film, « Ne désespérez pas ! », oppose l’espoir à l’intimidation.
Enfin, l’art rassemble. Les poèmes de la Résistance, comme « Liberté » de Paul Éluard, ont circulé sous l’Occupation : ils redonnaient du courage aux lecteurs en leur rappelant qu’ils étaient nombreux à espérer. Un chant ou une danse collective produisent le même effet : partager une émotion devant une œuvre transforme la peur individuelle en force commune.
Ainsi, la littérature et les autres arts aident à dépasser la peur parce qu’ils la montrent, la dénoncent et la partagent. Ils ne la suppriment pas, mais ils nous apprennent à la regarder avec lucidité et avec courage.
Barème et conseils
| Partie | Questions | Points |
|---|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation | 1 à 6 | 32 |
| Compétences linguistiques et grammaticales | 7 à 10 | 18 |
| Dictée | texte du film Le Dictateur | 10 |
| Rédaction (un sujet au choix) | imagination ou réflexion | 40 |
| Total | 100 |
Échelle de notes indicative : moins de 40 points sur 100 : à consolider ; de 40 à 59 : correct, avec des lacunes ; de 60 à 79 : bon niveau ; 80 et plus : très bon niveau. Pour convertir en note sur 20, divisez le total par 5.
Conseil 1 : améliorer la compréhension et la grammaire. Revoyez l’analyse d’une scène de théâtre et des propositions subordonnées avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec des exercices corrigés.
Conseil 2 : progresser en dictée, réécriture et rédaction. Pour l’orthographe et la réécriture, travaillez la dictée et la réécriture et les exercices de dictée ; pour la rédaction, consultez le sujet d’imagination et le sujet de réflexion.
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