Aller au contenu

Corrigé du brevet de français 2024 : Centres étrangers – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Centres étrangers : corrigé du brevet 2024, illustration Français PDF
Notez cette fiche

Gratuit. Ce corrigé du brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.

Le sujet est sur la page Brevet de français 2024 : Centres étrangers. Traiter le sujet d’abord, puis comparer avec ce corrigé.

Voici le corrigé brevet français 2024 centres étrangers (groupe 1), session du 10 juin 2024 : l’épreuve est notée sur 100 points et porte sur l’acte IV, scène 5, de Bérénice de Racine, avec une photographie de mise en scène. Chaque réponse est justifiée par le texte, avec un barème proposé, les réponses acceptables et les erreurs fréquentes. Les deux sujets de rédaction ont chacun une production modèle.

Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

Corrigé de la question 1 (4 points)

Le titre qui convient le mieux est le titre 2 : « Une rupture entre deux amants passionnés ». Le titre 1 est faux, puisque la scène est douloureuse et que rien ne s’y termine bien. Le titre 3 est faux aussi : le couple se sépare, mais il s’aime toujours.

Premier élément : la rupture. Titus annonce la séparation à plusieurs reprises : « Car enfin, ma Princesse, il faut nous séparer. » Bérénice le dit à son tour : « Il faut nous séparer ; et c’est lui qui l’ordonne ! »

Deuxième élément : la passion des deux personnages. Bérénice avoue qu’elle « ne vit plus que pour » Titus, et celui-ci est « malheureux », agité par « un trouble assez cruel » et par des « pleurs si chers ». On accepte aussi le vocabulaire des larmes et de la douleur.

Barème proposé : 1 point pour le bon titre, 1,5 point par élément justifié (3 points). Erreur fréquente : choisir le titre 3 parce que les personnages se séparent, sans voir que le texte parle sans cesse de leur amour.

Corrigé de la question 2 (4 points)

Bérénice ressent une douleur mêlée d’indignation, avec une stupeur qui confine au désespoir : elle refuse d’admettre que Titus la quitte.

La ponctuation traduit ce trouble. Les points d’exclamation (« Ah ! Seigneur, vous ici ! », « c’est lui qui l’ordonne ! ») marquent la surprise, puis la révolte. Le point d’interrogation de « Eh bien ? Il est donc vrai que Titus m’abandonne ? » exprime l’incrédulité, la question étant presque une plainte. Les phrases courtes et coupées montrent qu’elle parle sous le coup de l’émotion.

Les pronoms personnels disent aussi sa souffrance. « m’ » (« m’abandonne ») la place en victime de l’abandon. « nous » (« nous séparer ») rappelle le couple qu’on veut défaire. Enfin, « lui » (« c’est lui qui l’ordonne ») désigne Titus à la troisième personne, comme pour souligner qu’elle n’arrive pas à croire que c’est lui, l’homme aimé, qui décide.

Barème proposé : 1 point pour l’émotion, 1,5 point pour l’analyse de la ponctuation, 1,5 point pour celle des pronoms. Les mots « tristesse », « incompréhension », « colère » sont acceptés si la justification est solide.

Corrigé de la question 3 (6 points)

a) Les mots qui renvoient au rôle politique de Titus (quatre au choix) : « devoir » (« mon devoir »), « gloire » (« la gloire et la raison »), « raison », « empereur ». Les mots qui renvoient à ses sentiments (quatre au choix, dans les vers 8 à 24) : « attendrir », « trouble », « pleurs », « cœur », « faiblesse », « douleurs », « amour ».

Barème proposé : 0,5 point par mot exact (4 points). Chaque mot doit figurer dans les vers 8 à 24. Erreur fréquente : relever « reine », qui désigne Bérénice et non Titus.

b) Titus est déchiré entre son devoir d’empereur et son amour. Il souffre (« me dévore », « pleurs qui m’échappent sans cesse ») et se sent faible, mais il cherche à se contraindre au nom de la gloire et de la raison. Les deux champs lexicaux s’opposent donc dans ses propres paroles : il est un empereur tenu par sa fonction, mais aussi un homme qui pleure. Barème proposé : 1 point pour le conflit, 1 point pour l’appui sur les relevés.

Corrigé de la question 4 (6 points)

Titus emploie surtout des phrases déclaratives, souvent à la forme impersonnelle (« Il ne faut point ici nous attendrir tous deux », « il faut nous séparer »), et des phrases injonctives à l’impératif : « Rappelez », « Forcez », « Contemplez », « fortifiez », « Aidez-moi ». Il attend de Bérénice qu’elle soit raisonnable, qu’elle accepte la séparation et qu’elle l’aide à rester ferme, en maîtrisant son amour et ses larmes. La forme négative de « N’accablez point » est elle aussi une prière : il lui demande de ne pas aggraver sa peine.

Bérénice emploie surtout des phrases interrogatives (« Est-il temps de me le déclarer ? », « Qu’avez-vous fait ? », « À quel excès d’amour m’avez-vous amenée ? ») et des phrases exclamatives (« Ah cruel ! », « Hélas ! »). Elle attend de Titus qu’il s’explique et reconnaisse sa responsabilité : il l’a laissée aimer. Elle espère aussi qu’il se laissera toucher et qu’il reviendra sur sa décision, d’où les reproches et la plainte.

Barème proposé : 3 points pour Titus (1 pour l’attente, 2 pour les types et formes de phrases justifiés), 3 points pour Bérénice, sur le même modèle. Erreur fréquente : donner l’attente sans nommer les types de phrases, ce qui ne répond qu’à la moitié de la question.

Corrigé de la question 5 (4 points)

Une didascalie possible : (Elle s’avance lentement vers Titus, s’arrête face à lui, lève la main comme pour le retenir, puis la laisse retomber. D’abord d’une voix brisée et presque inaudible, elle élève peu à peu le ton pour lui reprocher sa cruauté.)

Justification du placement : Bérénice s’approche et se met face à Titus, car elle exige une explication, et c’est à lui qu’elle s’adresse. Du geste : la main levée puis retombée montre à la fois le désir de le toucher et le renoncement. Du ton : la voix brisée traduit sa douleur, puis la montée de la voix rend compte de l’indignation, que signalent « Ah cruel ! » et les questions qui suivent.

Barème proposé : 1 point par élément (placement, geste, ton), le dernier point récompensant la justification précise à partir du texte. Une didascalie à la forme correcte (entre parenthèses, en italique, au présent) est attendue.

Corrigé de la question 6 (8 points)

Premier élément : la distance et les corps. Titus et Bérénice se tiennent debout, de profil, tournés dans des directions opposées, au fond de la scène. Ils sont proches, mais ne se regardent pas. Pourtant, le bras de Bérénice est tendu vers lui : elle cherche à le retenir, à rester en lien avec lui. Titus, immobile et raide dans son costume sombre, incarne le devoir, la retenue, la « gloire » dont il parle (« Que la gloire du moins soutienne nos douleurs »). Ce geste de Bérénice, un bras qui s’accroche à l’autre, renvoie à son désespoir : « Ne vit plus que pour vous ».

Deuxième élément : le décor et la lumière. La scène est vaste et dépouillée : au premier plan, un lit vide, aux oreillers défaits, rappelle l’intimité du couple, mais il est à l’écart. Les personnages, petits dans ce grand espace, paraissent isolés. L’éclairage froid, les murs gris et le noir du haut de l’image soulignent la tristesse et le caractère tragique de la rupture. Le rideau clair, au contraire, attire le regard vers les comédiens. Le noir et blanc accentue l’opposition entre l’amour passé, symbolisé par le lit, et la séparation présente.

Troisième élément (facultatif) : la grande ombre projetée sur le mur de gauche est un signe énigmatique qui prolonge la présence de l’absent et donne à la scène une dimension inquiétante.

Relation complexe : la photographie montre à la fois un lien (le bras tendu, la proximité) et une rupture (le dos à dos, la distance), comme le texte où les amants s’aiment mais doivent se séparer. Barème proposé : 2 points par élément d’analyse précis (lumière, décor, placement ou gestes), jusqu’à 6 points, et 2 points pour les liens explicites avec le texte. Il faut au moins deux éléments.

Compétences linguistiques et grammaticales (18 points)

Corrigé de la question 7 (3 points)

« Ignoriez » est à l’imparfait de l’indicatif (verbe ignorer). Il exprime ici un état qui dure dans le passé : l’ignorance de Titus, au moment où Bérénice a avoué son amour. Dans la question, il sert aussi à reprocher : « Ignoriez-vous vos lois ? », autrement dit, « vous saviez ce que vous faisiez ».

« avouai » est au passé simple de l’indicatif (verbe avouer, 1re personne du singulier). Il exprime une action ponctuelle, achevée, située dans un passé révolu : un moment précis, l’aveu, qui s’oppose à la durée de l’imparfait.

Barème proposé : 0,5 point pour le temps et 0,5 point pour le mode de chaque verbe (2 points), puis 0,5 point par valeur d’emploi (1 point), soit 3 points au total. Erreur fréquente : confondre passé simple et passé composé, ou imparfait et conditionnel présent.

Corrigé de la question 8 (3 points)

a) « m’ » et « me » sont des pronoms personnels de la première personne du singulier, qui représentent Titus. Ils sont compléments d’objet directs des verbes « agite » et « dévore ». Barème proposé : 0,5 point par nature (1 point) et 0,5 point par fonction (1 point).

b) Deux manipulations possibles : la pronominalisation / le remplacement par un groupe nominal (« Un trouble assez cruel agite Titus et dévore Titus »), le pronom étant remplacé par un nom, et la transformation passive (« Je suis agité et dévoré par un trouble assez cruel »), qui fait du complément le sujet. On accepte aussi le test de la question « un trouble assez cruel agite et dévore qui ? », ou l’encadrement par « c’est … que ». Barème proposé : 0,5 point par manipulation nommée et exacte (1 point).

Corrigé de la question 9 (2 points)

a) « Infortunée » est un mot dérivé, construit à partir du radical « fortun- » (fortune), avec le préfixe in-, qui exprime le contraire, et le suffixe -é qui forme l’adjectif (« infortuné »), accordé au féminin par le -e final. Barème proposé : 0,5 point pour le préfixe, 0,5 point pour le radical, 0,5 point pour le suffixe.

b) Ici, « infortunée » signifie malheureuse, victime d’un mauvais sort : Bérénice imagine que Titus aurait dû l’appeler ainsi pour la mettre en garde avant qu’elle ne s’engage dans un amour impossible. Dans ce sens ancien, « fortune » signifie « sort, chance ». Barème proposé : 0,5 point.

Corrigé de la question 10 (10 points)

Version attendue :

« […] Forçons notre amour à se taire,

Et d’un œil que la gloire et la raison éclaire

Contemplons notre devoir dans toute sa rigueur.

Nous-mêmes, contre nous, fortifions notre cœur,

Aidons-nous, s’il se peut, à vaincre notre faiblesse,

À retenir des pleurs qui nous échappent sans cesse. »

Modifications à faire : « Forcez » devient Forçons (le ç garde le son [s] devant o) ; « votre amour » devient notre amour ; « Contemplez » devient Contemplons ; « mon devoir » devient notre devoir ; « Vous-même » devient Nous-mêmes (avec la marque du pluriel) ; « contre vous » devient contre nous ; « fortifiez » devient fortifions ; « mon cœur » devient notre cœur ; « Aidez-moi » devient Aidons-nous ; « ma faiblesse » devient notre faiblesse ; « m’échappent » devient nous échappent.

Points de vigilance : « éclaire » reste inchangé, car son sujet est « la gloire et la raison » et ne porte pas sur les personnes à modifier ; « un œil » et « des pleurs » ne changent pas non plus. Barème proposé : 1 point par modification correcte (onze modifications attendues, le total étant plafonné à 10 points), avec 0,5 point pour une forme à moitié juste (par exemple « Nous-même » sans le s). On retire 0,5 point par modification d’un mot qui ne devait pas changer, comme « éclaire ».

Dictée (10 points)

Texte de la dictée

Mots inscrits au tableau : Georgette, Bérénice. D’après Louis Aragon, Aurélien, 1944. Les indications de ponctuation, à dire à voix haute, sont données entre crochets.

Il aimait Georgette [point]. Mais Bérénice était son secret [point]. La poésie de sa vie [point]. Cette chose non accomplie [points de suspension]. Combien de fois [virgule], à des moments de décision [virgule], s’était-il demandé ce que Bérénice penserait de ce qu’il entreprenait de faire [point d’interrogation] Il convenait avec elle [point]. Il aurait craint de lui paraître au-dessous de cette très haute idée de lui-même qu’il lui prêtait [virgule], dans la légende de leur amour [point]. Georgette était l’amour de sa maturité [point]. Mais Bérénice était l’unité de sa vie [virgule], sa jeunesse [virgule], ce qui survivait en lui de sa jeunesse [point]. Quand il y réfléchissait [virgule], il s’apercevait qu’il ne l’avait connue [virgule], vue [virgule], qu’un peu plus de deux mois [point]. Ces deux mois-là pourtant étaient toute sa jeunesse [virgule], ils avaient chassé tout le reste de sa jeunesse [point]. Ils avaient régné sur tout le reste de sa vie [point].

D’après Louis Aragon, Aurélien (1944)

Barème proposé : la dictée est notée sur 10 points. On retire 0,5 point par erreur d’orthographe lexicale et 1 point par erreur grammaticale (accord, conjugaison), sans descendre sous 0. Une même faute répétée ne compte qu’une fois.

Pièges d’orthographe à connaître :

– « s’était-il demandé » : plus-que-parfait du verbe pronominal « se demander » ; le participe reste invariable, car le pronom « s’ » est un complément d’objet indirect (on demande à soi-même) ; trait d’union dans l’inversion « était-il ».

– « ne l’avait connue, vue » : le pronom « l’ » désigne Bérénice (féminin) et se place avant le verbe, donc les participes s’accordent : connue, vue.

– « Il aurait craint » : conditionnel passé, qui exprime une éventualité située dans le passé. « penserait » et « entreprenait » appartiennent aux temps du futur du passé et de l’imparfait, à ne pas confondre.

– « ils avaient chassé » et « avaient régné » : avec l’auxiliaire avoir, le participe reste invariable (le COD « tout le reste de sa jeunesse » est placé après, et « régné » n’a pas de COD).

– « lui-même » et « au-dessous » prennent un trait d’union. « mois-là » aussi (« Ces deux mois-là »). « prêtait » prend un accent circonflexe.

– « s’apercevait » : un seul p et un c devant e (apercevoir). « toute sa jeunesse » : « toute » s’accorde avec « jeunesse » (attribut), alors que « tout le reste » est au masculin singulier.

– Les noms propres « Georgette » et « Bérénice » étaient écrits au tableau : une erreur dessus doit être pénalisée.

Rédaction (40 points)

Sujet d’imagination : la lettre de Titus

Analyse du sujet : il faut écrire une lettre (Titus à Bérénice), à la première personne, à la fin de son règne. Quatre éléments sont exigés : la rencontre, l’histoire d’amour, la rupture, les sentiments de Titus. Le temps dominant est le passé, avec un regard d’aujourd’hui (présent). Plan possible : 1. introduction (date, lieu, formule d’adresse, raison de l’écriture) ; 2. la rencontre et l’amour ; 3. la rupture et le devoir ; 4. les sentiments actuels, regrets ou apaisement ; 5. formule finale. Critères : respect de la consigne, de la forme épistolaire et de la tonalité tragique, richesse du lexique des sentiments, correction de la langue (accords, concordance des temps), réutilisation des idées du texte (« devoir », « gloire », « pleurs »). Voir aussi le cours sur le sujet d’imagination.

Production modèle :

Rome, le dernier jour du mois, au crépuscule de mon règne

Ma chère Bérénice,

Les années ont passé et je me sens enfin le courage de vous écrire. Je me souviens de notre rencontre comme si elle datait d’hier. Vous étiez reine, étrangère à Rome, et vous aviez dans le regard une lumière que je n’avais jamais vue à la cour. Je vous ai aimée dès les premiers jours, et j’ai cru que rien ne pourrait nous séparer.

Nous avons connu des heures heureuses. Vous m’avez avoué votre amour, et je vous ai laissée croire que cet amour pouvait durer. Je sais aujourd’hui que ce fut ma faute : je savais que Rome ne vous accepterait jamais, et pourtant je n’ai pas eu la force de vous le dire à temps. Vous m’avez reproché ma cruauté, et vous aviez raison. Ce jour-là, j’ai senti mon cœur se déchirer, mais j’ai fait taire mes pleurs, car mon devoir d’empereur m’obligeait à renoncer à celle que j’aimais.

Depuis, j’ai gouverné avec justice, j’ai nourri le peuple, reconstruit des villes. On parle de moi comme d’un bon prince. Pourtant, personne ne sait ce que cette gloire m’a coûté. Chaque soir, quand le palais s’endort, je pense à vous, à votre voix, à la douceur de vos gestes. Je n’ai jamais cessé de vous aimer, et je n’ai jamais cessé de regretter.

Je ne vous demande pas de me pardonner. Je veux seulement que vous sachiez que ce sacrifice n’a pas été une victoire, mais une blessure que le temps n’a pas guérie. Si vous pensez parfois à moi, souvenez-vous de l’homme qui vous aimait, plus que de l’empereur qui vous a quittée.

Que les dieux vous protègent, où que vous soyez.

Titus

Sujet de réflexion : exprimer ses sentiments

Analyse du sujet : la question porte sur l’intérêt (pour le spectateur, l’auditeur, le lecteur) d’un personnage qui exprime ses sentiments. Il faut un développement organisé, avec des exemples précis, de préférence littéraires et artistiques. Plan possible : 1. cela nous touche et nous rapproche du personnage (émotion, identification) ; 2. cela nous fait comprendre les autres et nous-mêmes (connaissance de l’humain, empathie) ; 3. cela donne de la beauté à l’œuvre (poésie, musique, jeu des acteurs). Critères : réponse à la question posée, trois idées illustrées d’exemples exacts, connecteurs logiques, correction de la langue. Voir le cours sur le sujet de réflexion et le cours sur le texte argumentatif.

Production modèle :

Quand un personnage exprime ses sentiments, il cesse d’être une simple silhouette pour devenir un être vivant. Pourquoi est-il intéressant de voir, d’entendre ou de lire ces émotions ? Nous verrons d’abord qu’elles nous touchent, puis qu’elles nous aident à comprendre les autres et nous-mêmes, enfin qu’elles donnent à l’œuvre sa beauté.

D’abord, un personnage qui exprime ses sentiments nous émeut. Dans Bérénice, la princesse crie sa douleur avec des mots simples : « Ah cruel ! Est-il temps de me le déclarer ? » En lisant ou en écoutant ces vers, le public ressent la même tristesse qu’elle et s’attache à elle. De même, au cinéma, lorsqu’un héros pleure ou éclate de joie, le spectateur partage son émotion : c’est ce qu’on appelle l’identification.

Ensuite, ces sentiments nous permettent de mieux comprendre les autres et nous-mêmes. Dans Les Contemplations, Victor Hugo écrit « Demain, dès l’aube », un poème où il exprime son deuil après la mort de sa fille Léopoldine. Le lecteur n’a pas forcément vécu la même épreuve, mais il comprend ce que signifie un chagrin si grand. En découvrant des émotions que nous connaissons mal, comme la jalousie ou la honte, nous apprenons à reconnaître celles des gens qui nous entourent et à les accepter. L’œuvre devient alors une école d’empathie.

Enfin, l’expression des sentiments rend l’œuvre belle et mémorable. Jacques Brel, dans la chanson « Ne me quitte pas », supplie avec une telle intensité que sa voix, la musique et les mots forment un ensemble inoubliable. Au théâtre, le jeu des comédiens, leurs gestes et leurs silences donnent à la tragédie une force qu’un simple résumé ne peut pas rendre.

En conclusion, voir, entendre ou lire un personnage exprimer ses sentiments est intéressant, car cela nous touche, nous éclaire sur l’humanité et nous procure un plaisir esthétique. Grâce à ces œuvres, nous apprenons que dire ce que l’on ressent n’est pas une faiblesse, mais une force.

Barème et conseils

Partie Points
Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 6) 32
Compétences linguistiques et grammaticales (questions 7 à 10) 18
Dictée 10
Rédaction 40
Total 100

Échelle indicative : moins de 50 points, des bases à consolider ; de 50 à 69 points, un niveau correct à fiabiliser ; de 70 à 84 points, un bon niveau ; 85 points et plus, un très bon niveau, avec une rédaction maîtrisée et peu d’erreurs.

Conseil 1 : améliorer les questions. Si vous perdez des points sur les relevés, les types de phrases ou l’analyse de l’image, relisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et entraînez-vous avec les exercices sur les questions de compréhension et de grammaire.

Conseil 2 : sécuriser la dictée et la rédaction. Pour la dictée et la réécriture, travaillez le cours sur la dictée et la réécriture et les exercices sur la dictée et la réécriture ; pour la lettre de Titus, revoyez les exercices sur le sujet d’imagination, et pour le sujet de réflexion, les exercices sur le sujet de réflexion.

Retour au sujet : Brevet de français 2024 : Centres étrangers

Corrigé du brevet de français 2024 en PDF

À imprimer

Retrouve ce corrigé du brevet dans un PDF propre, prêt pour la classe ou la maison.

Télécharger le PDF