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Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle : cours de français 1ère

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Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle : cours de français 1ère, illustration Français PDF
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Ce cours sur le théâtre en 1ère te donne les outils pour lire, analyser et commenter une pièce du XVIIe au XXIe siècle : la double énonciation, les formes du dialogue, le comique et le tragique, la mise en scène, puis les attentes du bac pour l’écrit et pour l’oral.

Le théâtre en 1ère : un texte écrit pour la scène

Le texte de théâtre est un texte à jouer. Il se compose de deux éléments : les répliques, prononcées par les personnages, et les didascalies, indications de l’auteur sur les gestes, les lieux, le ton, les entrées et sorties. Lire une pièce, c’est donc toujours imaginer une représentation possible.

Définition

La double énonciation désigne le fait qu’au théâtre chaque réplique a deux destinataires : le personnage à qui elle s’adresse sur scène, et le spectateur, à qui l’auteur fait passer des informations, des émotions ou un sens que les personnages ignorent parfois. L’aparté et le monologue rendent cette situation particulièrement visible.

Schéma de la double énonciation : sur scène, deux personnages se parlent ; à travers eux, le dramaturge s'adresse au spectateur
Chaque réplique vise à la fois un personnage et le public.

Il faut connaître les formes de la parole théâtrale : la réplique (prise de parole d’un personnage), la tirade (longue réplique), le monologue (un personnage seul en scène se parle à lui-même), l’aparté (réplique que les autres personnages sont censés ne pas entendre), la stichomythie (échange rapide de répliques brèves, souvent d’un vers chacune). La pièce s’organise en actes et en scènes, avec une exposition, un nœud et un dénouement.

Quatre siècles de théâtre

Au XVIIe siècle, le théâtre classique impose des règles : unité de temps (une journée), de lieu et d’action, vraisemblance et bienséance (on ne montre ni la mort ni la violence sur scène). Boileau les résume dans son Art poétique (1674) : « Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli. » Corneille et Racine écrivent des tragédies, Molière des comédies. Avant le triomphe de ces règles, le théâtre baroque aime l’illusion, les changements et le théâtre dans le théâtre (L’Illusion comique de Corneille, 1636).

Au XVIIIe siècle, Marivaux explore les jeux de l’amour et du langage, Beaumarchais met en scène un valet qui conteste les privilèges (Le Mariage de Figaro, 1784), Diderot invente le drame bourgeois. Au XIXe siècle, le drame romantique rejette les règles : dans la Préface de Cromwell (1827), Hugo défend le mélange du sublime et du grotesque ; la première d’Hernani (1830) provoque une véritable bataille. Musset écrit un théâtre libre, d’abord destiné à la lecture.

Au XXe siècle, le théâtre interroge le langage et la condition humaine : le théâtre de l’absurde (Ionesco, La Cantatrice chauve, 1950 ; Beckett, En attendant Godot, 1953) montre des personnages qui parlent sans communiquer. Sarraute fait du théâtre avec les mouvements infimes de la parole, Lagarce avec les silences d’une famille. Le metteur en scène devient un créateur à part entière.

Frise de 1637 à 1990 : Le Cid, L'Avare, Phèdre, Le Mariage de Figaro, Hernani, En attendant Godot, Juste la fin du monde
Quelques repères pour situer une pièce.

Le comique et le tragique

La comédie vise à faire rire et, selon Molière dans la préface de Tartuffe, son devoir est de « corriger les hommes en les divertissant ». On distingue cinq formes de comique : de gestes (coups, chutes, poursuites), de mots (jeux de mots, répétitions, jargon), de situation (quiproquo, personnage caché), de caractère (un défaut grossi : l’avarice d’Harpagon) et de mœurs (la satire d’un milieu).

La tragédie met en scène des personnages de haut rang pris dans un conflit sans issue (le dilemme), écrasés par la fatalité ou par une passion. Selon Aristote, elle suscite chez le spectateur la terreur et la pitié et produit une catharsis, une purgation des passions.

Tableau comparant comédie et tragédie : personnages, ressorts, dénouement, effet visé
Deux genres, deux visées, que bien des pièces mélangent.

Règle

Ne confonds pas le genre (comédie, tragédie, drame) et le registre (comique, tragique, pathétique…). Une comédie peut contenir des scènes pathétiques ; un drame peut faire rire. Les pièces au programme jouent souvent de ce mélange : On ne badine pas avec l’amour commence comme une comédie et s’achève tragiquement.

Exemple

Dans L’Avare (IV, 7), Harpagon, à qui l’on a volé sa cassette, s’écrie : « Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au meurtrier ! » puis s’arrête lui-même : « Rends-moi mon argent, coquin… Ah ! c’est moi ! » Le comique de geste (il se saisit le bras) s’ajoute au comique de caractère : l’obsession de l’argent lui fait perdre la raison.

La mise en scène : du texte à la représentation

Le metteur en scène interprète le texte : il choisit l’espace et le décor (la scénographie), les costumes, les lumières, la musique, le jeu des acteurs, les déplacements, le rythme. Un même texte peut ainsi donner des spectacles très différents : une scène de Molière peut être jouée en farce bruyante ou en drame inquiétant. Les didascalies guident ces choix, mais elles sont parfois rares (au XVIIe siècle) et le dialogue contient alors des didascalies internes (« Tais-toi », « Voici mon père »).

Attention

  • Ne confonds pas le dramaturge (l’auteur de la pièce) et le metteur en scène (celui qui la monte).
  • Parle du spectateur ou du public, pas seulement du lecteur : le texte est fait pour la scène.
  • Un personnage n’est pas l’auteur : Dorante ou Harpagon ne disent pas ce que pensent Corneille ou Molière.
  • Cite les vers en respectant les barres obliques (/) et indique l’acte et la scène.

Les enjeux du théâtre pour le bac

Pour le bac 2027, l’objet d’étude propose trois œuvres : Le Menteur de Corneille (parcours « Mensonge et comédie »), On ne badine pas avec l’amour de Musset (parcours « Les jeux du cœur et de la parole ») et Pour un oui ou pour un non de Sarraute (parcours « Théâtre et dispute »). L’écrit propose une dissertation sur l’œuvre étudiée en classe et son parcours ; l’oral comporte l’explication linéaire d’un extrait.

Méthode

  1. Situe la scène : acte, scène, personnages présents, ce qui précède.
  2. Observe la répartition de la parole : qui domine, rythme des répliques, apartés, silences.
  3. Dégage les enjeux : information (exposition), conflit, sentiment, rapport de force.
  4. Pense la représentation : gestes, ton, déplacements, effet sur le spectateur.
  5. Conclus sur la visée : faire rire, émouvoir, dénoncer, faire réfléchir.

À retenir

  • Le texte théâtral associe répliques et didascalies ; il est fait pour être joué.
  • La double énonciation : chaque réplique s’adresse à un personnage et au public.
  • Formes de la parole : réplique, tirade, monologue, aparté, stichomythie.
  • Comédie (rire, mœurs, fin heureuse) et tragédie (dilemme, fatalité, terreur et pitié) ; genres et registres se mêlent.
  • Le metteur en scène interprète le texte ; une même pièce peut donner des spectacles très différents.

Pour aller plus loin

Entraîne-toi avec les exercices sur le théâtre et teste-toi avec le QCM sur le théâtre. Approfondis ensuite l’œuvre étudiée en classe : Corneille, Le Menteur, Musset, On ne badine pas avec l’amour ou Sarraute, Pour un oui ou pour un non.

Cours « Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle  » en PDF

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