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Voici le corrigé brevet français 2023 polynésie (session du 22 juin 2023, série générale) : nous rédigeons une réponse détaillée pour chaque question du sujet, la dictée avec son barème et une production modèle pour chaque sujet de rédaction. L’épreuve est notée sur 100 points. Les réponses proposées sont rédigées par nos soins ; d’autres formulations sont acceptées dès qu’elles sont justes et justifiées par le texte.
Grammaire et compétences linguistiques (20 points)
Corrigé de la question 1 (2 points)
Le temps le plus représenté est le présent de l’indicatif : « je sonde », « je déploie », « je vole », « je suis lâché ». Valeur : c’est un présent d’énonciation (ou présent de narration) : l’oiseau parle au moment même où il agit, ce qui donne l’impression que les actions se déroulent sous nos yeux. Les verbes d’action se succèdent et le lecteur vit le vol en direct. Le présent donne aussi une valeur de répétition, puisque le même parcours revient à la fin du poème.
Barème : 1 point pour le temps (présent de l’indicatif), 1 point pour la valeur (action en cours, narration au présent, effet d’immédiateté). Erreur fréquente : parler de présent de vérité générale, alors qu’il s’agit d’événements précis.
Corrigé de la question 2 (10 points)
a. Passage avec « nous » : « À la tombée du jour, nous sondons nos ailes, nous les déployons, nous les agitons, nous les replions. » On modifie le pronom sujet, la terminaison des quatre verbes (-ons) et le déterminant possessif (« mes » devient « nos »). Le pronom « les » ne change pas. (5 points : 1 point par modification juste : sondons, nos, déployons, agitons, replions.)
b. Passage au futur : « Je rechercherai ma vallée, je la verrai, je rejoindrai ma falaise, j’atteindrai la cime, j’y serai avant le jour. » Les verbes « voir » et « être » ont un radical irrégulier au futur (« verr- », « ser- »). Les terminaisons du futur à la première personne sont toutes en -ai. (5 points : 1 point par verbe juste.)
Erreurs fréquentes : écrire « je verrais » ou « je serais » (conditionnel présent) ; oublier de changer « mes » en « nos » ; écrire « nous sondont ».
Corrigé de la question 3 (2 points)
Dans « Je les déploie », le mot « les » est un pronom personnel (classe grammaticale), de la troisième personne du pluriel. Il reprend « mes ailes » (v. 1). Sa fonction est complément d’objet direct (COD) du verbe « déploie » : on peut poser la question « je déploie quoi ? – mes ailes ».
Barème : 1 point pour la classe, 1 point pour la fonction. Erreur fréquente : répondre « article défini » : un article se place devant un nom, ici « les » précède un verbe.
Corrigé de la question 4 (3 points)
a. On peut relever, au choix, trois verbes parmi : « je guette » (v. 14), « je scrute » (v. 15), « je vois » (v. 31). Le verbe « je cherche » (v. 14, 15) accompagne la recherche du regard, mais n’est pas un vrai synonyme ; il peut être toléré avec indulgence. (1,5 point, soit 0,5 par verbe juste.)
b. Le verbe le moins précis est « voir » : c’est un verbe très courant qui indique seulement qu’on perçoit quelque chose, sans dire comment ni avec quelle intention. « Guetter » ajoute l’idée d’attente et de vigilance ; « scruter » ajoute celle d’un regard attentif et approfondi. (1,5 point : 0,5 pour le verbe choisi, 1 pour la justification.)
Corrigé de la question 5 (1 point)
Le mot « atterrissage » est formé du préfixe at- (variante de « a- » devant « t »), du radical terr- (le même que dans « terre », « terrain »), du suffixe verbal -iss- et du suffixe -age. Le radical est donc « terr- ».
Barème : 1 point pour « terr- » (ou « terre »). La forme « atterriss- » est comptée juste si l’élève explique qu’il s’agit du radical du verbe « atterrir ».
Corrigé de la question 6 (2 points)
Dans la phrase « Je plonge dans l’eau, je pêche toute la nuit », il y a deux compléments circonstanciels :
- « dans l’eau » : complément circonstanciel de lieu (il répond à « où ? ») ;
- « toute la nuit » : complément circonstanciel de temps, plus précisément de durée (il répond à « combien de temps ? »).
Barème : 1 point par complément correctement relevé et identifié.
Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)
Corrigé de la question 7 (1 point)
Le titre en tahitien, « Te noha », ancre le poème dans la culture polynésienne : le lecteur comprend que le texte vient du fenua (le pays) et que la langue tahitienne y a une place. La note précise que « noha » désigne aussi « une personne compétente » : on est invité à lire le pétrel comme une image, peut-être celle du poète ou d’un être qui sait s’orienter et revenir chez lui. Le titre prépare donc une lecture symbolique, au-delà du simple récit animal.
Barème : 1 point pour une idée juste (dépaysement, ancrage culturel, double sens).
Corrigé de la question 8 (2 points)
L’environnement naturel du pétrel comprend, au choix : la mer (v. 10), les nuages (v. 12), les côtes (v. 13), les vallées (v. 13), la falaise et la montagne (v. 14), le soleil (v. 15), l’air et le vent. Quatre éléments justes suffisent.
Barème : 0,5 point par élément. Piège : le jardin et la maison ne sont pas l’environnement habituel du pétrel, ils sont liés à sa chute.
Corrigé de la question 9 (2 points)
L’exploit est l’envol : le pétrel réussit à décoller et à voler après avoir « sond[é] ses ailes » et surmonté son hésitation (« je m’envole », v. 4). Il sourit parce qu’il a réussi, et quelques vers plus loin il dit qu’il se libère de son « angoisse » (v. 7) : voler est pour lui une victoire sur la peur. Le mot « exploit » est repris au vers 27 : il s’agit, à ce moment-là, de reprendre son envol après l’accident.
Barème : 1 point pour l’envol, 1 point pour l’explication (peur surmontée, effort, fierté).
Corrigé de la question 10 (3 points)
a. L’oiseau s’envole à la tombée du jour pour pêcher. Le texte le montre : « Je plonge dans l’eau, je pêche toute la nuit » (v. 11), après qu’il a rasé la mer (v. 10). (1 point pour « pêcher », 1 point pour la justification avec le vers.)
b. Il revient vers la falaise au petit jour (v. 12), c’est-à-dire à l’aube, au retour de la nuit de pêche. (1 point.)
Corrigé de la question 11 (3 points)
a. La mésaventure est déclenchée par le soleil éblouissant : « Par un soleil éblouissant, je scrute, je cherche un lieu d’atterrissage » (v. 15). Aveuglé, l’oiseau « ne voi[t] rien », se croit perdu et tombe dans un jardin. (1 point.)
b. Deux dangers possibles : le chien de la maison (« j’échappe au chien de la maison », v. 18) qui peut l’attaquer ; les êtres humains (« j’attire l’attention », v. 19), qui peuvent le capturer ou le blesser davantage. On peut aussi citer l’aile brisée (v. 16), qui l’empêcherait de voler et de rejoindre sa falaise. (1 point par danger justifié.)
Corrigé de la question 12 (1 point)
Entre les vers 19 et 20, l’oiseau a pu être repéré, attrapé et recueilli par les habitants de la maison, qui ont compris qu’il était blessé et ont fait appel à des « spécialistes » (v. 20) pour le soigner. Toute réponse vraisemblable, qui explique le passage de « j’attire l’attention » à « j’attends mon sort », est acceptée.
Barème : 1 point pour une hypothèse cohérente avec la suite du poème.
Corrigé de la question 13 (2 points)
a. L’interjection « ouf » exprime le soulagement : l’oiseau est délivré d’un danger ou d’une inquiétude. (1 point.)
b. Au vers 26, le soulagement vient du fait que l’oiseau, lâché par les hommes, retrouve l’usage de ses ailes : « Ouf, je vole, je suis sauvé ». Il est sauvé grâce à l’aide extérieure. Au vers 33, il est soulagé d’être arrivé chez lui sans nouvel accident : « cette fois, je suis chez moi, je ne suis pas tombé ». Le premier « ouf » marque la fin de l’épreuve, le second celui d’un retour réussi qu’il accomplit seul. (1 point.)
Corrigé de la question 14 (2 points)
Plusieurs indices montrent qu’il s’agit d’un poème :
- le texte est disposé en vers (retour à la ligne, majuscule au début de chaque vers) et organisé en strophes ;
- on trouve des répétitions et des anaphores (« je » en tête de vers, reprise de « je rase motte », « au petit jour, j’angoisse ») qui créent un rythme ;
- le vocabulaire est imagé et le poème est signé d’un recueil de poésie (Au vent de la piroguière).
Barème : 1 point par indice juste. Il n’y a pas de rimes régulières : le poème est en vers libres, ce n’est donc pas un indice recevable.
Corrigé de la question 15 (6 points)
L’autrice nous fait ressentir ce que vit le pétrel par plusieurs procédés :
- La première personne et le présent. Le pétrel parle lui-même : nous sommes dans sa peau et nous voyons les événements à travers lui.
- Les verbes d’action qui se succèdent. L’accumulation (« tâté, mesuré, pesé, examiné », v. 21) et les phrases sans conjonction donnent une impression de rythme rapide, de vol puis de panique.
- Le champ lexical de la peur. « Angoisse », « j’ai peur », « je suis perdu », « je titube » traduisent le désarroi de l’oiseau blessé.
- Les sensations. « Je sens, je ressens l’air » (v. 3) fait percevoir le vent et la liberté du vol.
- La structure en miroir. Les vers 24 à 33 reprennent ceux du début, avec des variantes : le cycle de l’envol, de la pêche et du retour est répété, mais cette fois l’oiseau réussit. L’interjection « ouf » exprime alors le soulagement.
Barème : 6 points : 1 point par procédé expliqué et illustré par une citation, jusqu’à 5 points, plus 1 point pour la clarté et la qualité de la rédaction. Une réponse sans citation ne dépasse pas 3 points.
Corrigé de la question 16 (2 points)
Ce vers détaché peut se lire de plusieurs façons, qui se complètent. Le pétrel représente la poétesse : comme l’oiseau s’élève dans le ciel, elle s’envole grâce à sa langue maternelle, le tahitien (que rappelle le titre). Les mots sont pour elle des « lieux d’envol » : ils offrent un espace de liberté, de création, mais aussi un refuge, comme la falaise où l’oiseau revient. Écrire dans sa langue permet de se libérer de l’angoisse et de retrouver ses racines.
Barème : 1 point pour l’idée de la langue (tahitien) ou de l’écriture comme envol ; 1 point pour le lien avec le pétrel, la poétesse ou la liberté.
Corrigé de la question 17 (6 points)
L’image est une fresque murale peinte sur un mur à Moorea : on y voit un grand oiseau blanc, aux ailes largement déployées, qui tient un poisson coloré dans son bec. Un artiste, minuscule, travaille sur une nacelle devant l’œuvre. Plusieurs rapprochements sont possibles :
- Le même oiseau, les mêmes gestes. Les ailes ouvertes évoquent l’envol et le vol (« je déploie », v. 24), le poisson évoque la pêche : « je pêche toute la nuit » (v. 11).
- Le cadre polynésien. La fresque est à Moorea et le poème évoque Pamata’i, un lieu de Faa’a : les deux œuvres célèbrent la nature et la culture du fenua.
- L’art comme envol. L’artiste qui peint, tout comme la poétesse qui écrit, donne une forme à l’oiseau ; la fresque est un « lieu d’envol » pour l’imagination, comme les mots du vers 34.
- La taille de l’oiseau. Le pétrel géant dépasse l’homme sur la nacelle : on pense à la force et à la liberté du vol, mais l’image rappelle aussi la fragilité de l’oiseau, que les hommes prennent en main dans le poème (v. 21).
- Les matériaux recyclés. Ils rappellent le respect de la nature et de l’environnement, que le poème invite aussi à protéger.
Barème : 2 points pour une description précise de l’image, 3 points pour au moins trois rapprochements justes appuyés sur des citations du poème, 1 point pour l’organisation et la clarté.
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
Dans les collines, l’air est humide, comme si la brume du matin restait accrochée longtemps aux feuillages des arbustes [point]. Laure et moi [virgule], nous aimons bien nous asseoir dans une clairière [virgule], quand les arbres sortent à peine de l’ombre de la nuit [virgule], et nous guettons le passage des oiseaux de mer [point]. Quelquefois nous voyons passer un couple de pailles-en-queue [point]. Les beaux oiseaux blancs sortent des gorges de la Rivière Noire [virgule], du côté de Mananava [virgule], et ils planent longuement au-dessus de nous [virgule], leurs ailes ouvertes [virgule], pareils à des croix d’écume [virgule], leurs longues queues traînant derrière eux [point]. Laure dit qu’ils sont les esprits des marins morts en mer [virgule], et des femmes qui attendent leur retour [virgule], en vain [point]. Ils sont silencieux [virgule], légers [point]. Ils vivent à Mananava [virgule], là où la montagne est sombre et où le ciel se couvre [point]. Nous croyons que c’est là que naît la pluie [point].
Source : J.-M. G. Le Clézio, Le Chercheur d’or, 1985. Avant la dictée, l’examinateur écrit au tableau les mots « clairière », « pailles-en-queue » et « Mananava », et précise les majuscules de « Rivière Noire ». Le texte est lu une première fois, puis dicté avec la ponctuation, puis relu sans la ponctuation.
Barème et pièges d’orthographe
Barème indicatif : on part de 10 points. On retire 1 point par erreur grammaticale (accord, conjugaison, homophone), 0,5 point par erreur lexicale (mot mal orthographié) et 0,25 point par oubli ou erreur de ponctuation ; le total ne peut pas être négatif. Une même erreur répétée n’est comptée qu’une fois. Le barème exact est fixé par les correcteurs, nous donnons ici un barème d’entraînement.
- « restait accrochée » : le participe passé, employé avec « restait », s’accorde avec « la brume » (féminin singulier) : accrochée.
- « nous asseoir » : verbe du 3e groupe à l’infinitif (« nous aimons bien nous asseoir ») ; la graphie « assoir » est admise par les rectifications de 1990.
- « clairière », « Mananava », « pailles-en-queue » : ces mots sont écrits au tableau et doivent être recopiés avec soin. « Un couple de pailles-en-queue » : le pluriel porte sur « pailles », car ce sont plusieurs oiseaux.
- « Quelquefois » : adverbe en un seul mot (« parfois »), à distinguer de « quelques fois ».
- « voyons » : verbe voir au présent, avec le sujet « nous » : terminaison -ons.
- « les beaux oiseaux blancs » : « beaux » et « blancs » s’accordent avec « oiseaux » (masculin pluriel).
- « Rivière Noire » : nom propre, avec deux majuscules.
- « ils planent » : accord avec « ils » (-ent).
- « leurs ailes ouvertes » : « ouvertes » s’accorde avec « ailes » ; « leurs » prend un s car il y a plusieurs possesseurs (les oiseaux).
- « pareils à des croix d’écume » : « pareils » s’accorde avec « oiseaux » (masculin pluriel), pas avec « croix ».
- « leurs longues queues traînant » : le participe présent « traînant » reste invariable ; l’accent circonflexe est conservé (la graphie « trainant » est admise par les rectifications).
- « morts en mer » : « morts » s’accorde avec « marins ». La conjonction « et » qui suit relie « marins » et « femmes ».
- « là où » / « ou » : « là où » avec accent est un pronom relatif de lieu ; « où le ciel se couvre » : le verbe s’accorde avec « ciel » (singulier).
- « c’est là que naît la pluie » : « c’est » (cela est) ; « naît » prend un accent circonflexe sur le i.
Il n’y a pas de réécriture dans cette session : l’épreuve de grammaire et de compréhension contient déjà deux exercices de transformation (question 2).
Rédaction (40 points)
Sujet d’imagination : analyse et plan
Analyse du sujet. Il faut écrire la suite des vers 18-19 : l’oiseau est sur un perchoir de fortune, il a échappé au chien, mais il « attire l’attention ». Le récit est à la première personne, raconté par l’oiseau, en vers ou en prose. On reste cohérent avec le contexte : un pétrel blessé à l’aile, un jardin, une maison en Polynésie. Il faut éviter de recopier la suite du poème (transport vers les hauts de Pamata’i et libération) : on imagine une autre issue.
Plan possible : 1) la peur immédiate (le chien, les bruits, l’aile qui fait mal) ; 2) l’arrivée d’un humain qui se révèle bienveillant ; 3) la découverte d’un lieu nouveau (soins, nourriture) ; 4) la fin du récit : guérison et retour vers la mer.
Critères : respect de la consigne (narrateur-oiseau, point de départ précis), cohérence du récit, sensations et émotions de l’animal, richesse du vocabulaire, correction de la langue, présentation en paragraphes.
Production modèle (imagination)
Le chien aboie encore, mais il ne peut pas monter jusqu’à moi. Agrippé à la branche basse d’un hibiscus, je tremble de la queue jusqu’au bec. Mon aile gauche pend, lourde, comme un lambeau de tissu. Chaque fois que je tente de la replier, une brûlure me traverse. Autour de moi, tout est trop bruyant : les cris du chien, la musique d’une radio, les pas d’un enfant qui court sur la terrasse. Je ne reconnais rien. Ici, ni vague, ni falaise, ni vent salé.
Une petite silhouette s’arrête devant l’arbuste. C’est une fillette aux cheveux noirs, qui retient son souffle. Elle a vu mon œil, mon œil rond d’oiseau affolé. Elle s’accroupit, sans un geste brusque, puis elle dit à voix basse : « Tout doux, tout doux, petit. » Je ne comprends pas ses mots, mais sa voix ressemble au bruit d’une houle calme. Elle appelle quelqu’un. Un homme sort de la maison, attrape le chien par le collier et l’enferme derrière une porte. Le silence tombe d’un coup.
L’homme s’approche à son tour. Je voudrais m’enfuir, mais mes pattes refusent de me porter. Alors je ferme les yeux. Une serviette douce, qui sent le savon et le soleil, se pose sur mon dos. Des mains chaudes m’entourent, fermes et pourtant légères. Je suis soulevé, puis déposé dans une caisse tapissée de feuilles de bananier. Il y fait sombre, comme dans les creux de ma falaise. Mon cœur ralentit un peu.
Les jours suivants, la fillette me tend des morceaux de poisson au bout d’une pince. Au début, je les refuse, par fierté ou par peur. Puis la faim l’emporte. Une dame vêtue de blanc examine mon aile, la serre dans un bandage et me murmure que je guérirai. Chaque matin, j’entends la mer au loin, et j’essaie d’ouvrir mes ailes dans ma caisse. Chaque soir, la fillette me parle de l’école, de ses amies, du jour où je repartirai.
Ce jour arrive enfin. On me porte sur la plage, au lever du soleil. La fillette m’embrasse du bout du doigt, puis ouvre ses mains. J’hésite, j’abaisse mes ailes, je les lève, je les sens répondre. Alors, d’un battement, je m’élance vers l’horizon. Derrière moi, une petite voix crie mon nom : « Te noha ! » Et moi, la tête dans le vent, je comprends que, ce soir, je rentrerai chez moi.
Sujet de réflexion : analyse et plan
Analyse du sujet. La question est : « Pour atteindre ce que l’on désire, faut-il avoir surmonté des difficultés ? » Elle demande si la difficulté est une condition nécessaire à la réussite. Le vers cité montre le pétrel qui exulte après avoir surmonté son angoisse. Il faut une thèse nuancée, au moins deux arguments illustrés par des exemples précis (expérience, lecture, film), puis une conclusion.
Plan possible : I. Oui, les obstacles sont souvent nécessaires : ils forment, ils rendent la réussite plus précieuse. II. Mais ce n’est pas une règle absolue : on peut parfois réussir sans épreuve, et trop de difficultés peuvent décourager. III. (ou conclusion) Ce qui compte, c’est la persévérance plus que la souffrance.
Critères : thèse claire, arguments organisés, exemples variés et précis, connecteurs logiques, introduction (amorce, problème posé, annonce du plan) et conclusion, correction de la langue.
Production modèle (réflexion)
Lorsque le pétrel du poème « pousse le chant de son exploit », ce n’est pas seulement parce qu’il vole : c’est parce qu’il a survécu à sa chute et à son angoisse. Cette scène pose une question que chacun connaît : pour atteindre ce que l’on désire, faut-il avoir surmonté des difficultés ? Nous verrons d’abord que les obstacles sont souvent nécessaires, puis que cette règle connaît des limites.
D’abord, les difficultés nous construisent et donnent de la valeur à ce que nous obtenons. Un sportif qui rêve d’un titre doit passer par des mois d’entraînement, de fatigue et parfois de blessures. Dans Le Comte de Monte-Cristo, d’Alexandre Dumas, Edmond Dantès ne devient un homme capable d’accomplir sa vengeance qu’après avoir traversé quatorze années de prison et appris auprès de l’abbé Faria. Sans cette épreuve, il n’aurait ni la patience ni le savoir. Dans ma propre vie, j’ai appris à nager après plusieurs échecs et beaucoup d’eau avalée ; ma joie, le jour où j’ai traversé la piscine, était à la mesure de ma peur. Les difficultés enseignent donc l’effort, la persévérance et l’humilité.
Cependant, il serait faux d’affirmer que l’on doit toujours souffrir pour réussir. Certains désirs se réalisent sans épreuve particulière : recevoir un cadeau, rencontrer un ami, gagner à un jeu de hasard. De plus, les difficultés ne sont pas toutes formatrices : trop d’obstacles peuvent décourager et faire renoncer. Un élève qui échoue sans cesse, sans être aidé, risque de perdre confiance. Le pétrel lui-même ne s’en sort pas seul : il est sauvé par les mains qui l’ont soigné et lâché. L’entraide compte autant que le courage, et elle peut rendre les épreuves supportables.
En conclusion, surmonter des difficultés n’est pas une obligation pour atteindre ce que l’on désire, mais c’est souvent le chemin qui donne le plus de force et de fierté. Ce qui compte vraiment, c’est de ne pas abandonner et d’accepter de l’aide quand elle se présente, comme le pétrel qui finit par rentrer chez lui.
Barème et conseils
| Partie | Questions | Points |
|---|---|---|
| Grammaire et compétences linguistiques | 1 à 6 | 20 |
| Compréhension et compétences d’interprétation | 7 à 17 | 30 |
| Dictée | texte de Le Clézio | 10 |
| Rédaction (un sujet au choix) | imagination ou réflexion | 40 |
| Total | 100 |
Échelle de notes indicative : moins de 40 points sur 100 : à consolider ; de 40 à 59 : correct, avec des lacunes ; de 60 à 79 : bon niveau ; 80 et plus : très bon niveau. Pour convertir en note sur 20, divisez le total par 5.
Conseil 1 : améliorer les questions de grammaire et la compréhension. Revoyez les classes et fonctions grammaticales, les temps verbaux et l’analyse des poèmes avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec des exercices corrigés.
Conseil 2 : progresser en dictée et en rédaction. Pour l’orthographe, travaillez la dictée et la réécriture et les exercices de dictée ; pour la rédaction, consultez le sujet d’imagination et le sujet de réflexion.
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