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Voici le corrigé brevet français 2025 Nouvelle-Calédonie, session du 11 décembre 2025 : l’épreuve est notée sur 100 points et porte sur une tirade de Chrysale dans Les Femmes savantes de Molière, illustrée par une publicité Seb des années 1960. Chaque réponse est justifiée par le texte, avec le barème, les réponses acceptables et les erreurs fréquentes. Les deux sujets de rédaction ont chacun une production modèle.
Remarque sur le sujet officiel : la numérotation des questions saute de 6 à 9, et les questions annoncées pour la compréhension totalisent 30 points au lieu des 32 indiqués. Nous gardons la numérotation du sujet.
Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Corrigé de la question 1 (3 points)
Le texte appartient au genre théâtral et plus précisément à la comédie en vers. Plusieurs éléments le prouvent :
– la présence de répliques attribuées à des personnages : les noms « Chrysale » et « Philaminte » sont placés en tête de chaque réplique, et l’indication « Chrysale, à Bélise » est une didascalie qui précise à qui il s’adresse ;
– la forme versifiée : le texte est écrit en alexandrins (vers de douze syllabes) rimant deux à deux, comme dans « Il n’est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes, / Qu’une femme étudie et sache tant de choses » ;
– l’adresse directe à un interlocuteur : « C’est à vous que je parle, ma sœur », caractéristique d’une scène jouée devant un public ;
– la date et la source : Molière, Les Femmes savantes, 1672, pièce de théâtre du XVIIe siècle.
Barème : 1 point pour le genre (théâtre ou comédie), 1 point par élément justifié (2 points). Erreur fréquente : répondre « poésie » ou « récit » parce que le texte est en vers, sans voir qu’il s’agit d’un dialogue.
Corrigé de la question 2 (2 points)
Les trois personnages sont Chrysale, Bélise et Philaminte. Chrysale s’adresse à Bélise (« ma sœur ») : ils sont donc frère et sœur. Philaminte est la belle-sœur de Bélise d’après l’introduction ; elle est l’épouse de Chrysale, qui lui parle de « votre exemple » en évoquant les domestiques qui imitent les femmes de la maison. Philaminte et Bélise forment le camp des « femmes savantes », Chrysale est le mari et frère qui s’oppose à elles.
Barème : 1 point pour l’identification des trois personnages, 1 point pour les liens (frère et sœur, mari et épouse, ou belle-sœur). Réponse acceptable : « Chrysale est le frère de Bélise et le mari de Philaminte ».
Corrigé de la question 3 (8 points)
a) La thèse de Chrysale est qu’une femme ne doit pas étudier ni chercher à devenir savante : son rôle est de s’occuper de sa famille et de sa maison. Il le dit dès le début : « Il n’est pas bien honnête […] / Qu’une femme étudie et sache tant de choses ». Barème : 2 points (1 point pour l’idée que la femme ne doit pas s’instruire, 1 point pour son rôle domestique ou une citation).
b) Trois arguments au choix parmi les suivants (1 point pour le relevé, 1 point pour la reformulation, soit 2 points par argument) :
– Le rôle traditionnel de la femme (vers 5 à 8) : « Former aux bonnes mœurs l’esprit de ses enfants, / Faire aller son ménage ». Reformulation : une femme doit élever ses enfants, tenir la maison et gérer l’argent, voilà sa vraie « philosophie ».
– L’exemple des ancêtres (vers 9 à 16) : « Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ». Reformulation : autrefois, les femmes n’étaient pas instruites et pourtant la vie de famille était bonne ; il suffit de les imiter.
– L’inutilité des savoirs savants (vers 23 à 26) : « On y sait comme vont lune, étoile polaire ». Reformulation : l’astronomie est un « vain savoir » qui n’aide pas la maison, alors que l’on ne sait pas surveiller le pot dont il a besoin.
– Le désordre dans la maison (vers 27 à 34) : « Et j’ai des serviteurs, et ne suis point servi. » Reformulation : les domestiques imitent leurs maîtresses, lisent et rêvent, et ne font plus leur travail.
– L’absurdité du purisme de langue (vers 35 à 38) : « À cause qu’elle manque à parler Vaugelas. » Reformulation : on renvoie une bonne servante pour une simple faute de grammaire.
Erreurs fréquentes : recopier un vers sans le reformuler (la moitié des points seulement) ; confondre argument et exemple ; citer plus de quinze mots.
Corrigé de la question 4 (4 points)
Oui, le texte est comique. Deux éléments suffisent (2 points chacun, dont 1 pour la citation et 1 pour l’explication) :
– le comique de mots et de situation : « Et le raisonnement en bannit la raison… ! » est un jeu de mots sur « raisonnement » et « raison » ; de même « Et j’ai des serviteurs, et ne suis point servi » joue sur la répétition de « servir » et sur un paradoxe : un maître qui n’est plus servi ;
– le contraste entre le haut et le bas : Chrysale oppose les astres (« Vénus, Saturne et Mars ») à son « pot », vocabulaire trivial, ce qui fait rire ; la scène du « rôt » brûlé parce que le valet lit une histoire, ou la servante chassée à cause de Vaugelas, est une situation burlesque ;
– le comique de caractère : Chrysale, énervé, répète « à vous que je m’adresse », s’emporte et exagère (hyperbole : « tout ce train-là me blesse ») ; la réplique finale de Philaminte, « Quelle bassesse, ô ciel ! », rend l’opposition des deux camps comique.
Réponse acceptable : on peut aussi relever la satire de la mode des savantes ou les nombreuses énumérations. Erreur fréquente : répondre « oui » sans citer de procédé précis.
Corrigé de la question 5 (6 points)
La question demande un avis argumenté ; plusieurs positions sont admises si elles sont justifiées. Voici une réponse possible : Molière ne partage pas entièrement le point de vue de Chrysale.
D’abord, Chrysale est lui-même ridiculisé. Il défend une conception très étroite de l’instruction féminine : une femme en sait « toujours assez » quand elle sait distinguer « un pourpoint d’avec un haut de chausse ». Cette comparaison, qui limite le savoir féminin au linge de maison, est volontairement excessive. De plus, il pense surtout à son confort : son « pot », son « rôt », « à boire ». Le public rit de son égoïsme autant que des savantes.
Ensuite, Molière critique bien les excès des femmes savantes : les domestiques délaissent leur travail, la servante est chassée pour une faute de langue. Sur ce point, Chrysale a en partie raison, car Molière se moque du pédantisme, de la vanité de celles qui veulent « devenir auteurs » sans maîtriser ce qu’elles lisent.
Enfin, Molière défend un juste milieu. Dans l’ensemble de la pièce, il ne prône ni l’ignorance ni le savoir ostentatoire : il montre la sottise des deux excès. Philaminte répond par « Quelle bassesse », ce qui oppose deux caricatures. On peut donc conclure que Molière se moque de la prétention des savantes sans approuver l’idée que les femmes doivent rester ignorantes.
Barème : 2 points par élément d’argumentation appuyé sur le texte (3 éléments). Une réponse qui affirme que Molière approuve Chrysale mais le justifie solidement avec trois éléments peut obtenir tous les points. Erreur fréquente : donner son avis personnel sur la place des femmes sans parler de Molière.
Corrigé de la question 6 (7 points)
a) Présentation et description (3 points). Il s’agit d’une affiche publicitaire pour la cocotte minute Seb, datant des années 1960. Sur un fond jaune vif, une jeune femme brune, aux cheveux courts, vêtue d’un chemisier rouge, sourit au spectateur en se tournant vers lui et lève le pouce. Au premier plan, une cocotte en métal brillant. À gauche, le slogan « Monsieur vous qui aimez la bonne cuisine offrez-lui une super cocotte », le logo triangulaire Seb et, en bas à droite, « La cocotte de luxe à la portée de tous ». Barème : 1 point pour la nature et la date, 1 point pour la description du personnage, 1 point pour les éléments écrits et la cocotte.
b) Choix de l’image (4 points). Deux avis sont possibles. Voici un argumentaire en faveur du choix :
– le thème de la cuisine et du ménage : la cocotte renvoie au « pot » et au « rôt » de Chrysale et à la tâche domestique qu’il attribue à la femme (« Faire aller son ménage ») ;
– la permanence des stéréotypes : trois siècles après Molière, l’affiche présente encore la femme comme la responsable de la cuisine, qui doit plaire à « Monsieur » ;
– le sourire de la jeune femme qui semble heureuse de son rôle, comme le voudrait Chrysale.
On peut aussi nuancer : l’image n’a pas de lien avec la science ni avec les femmes savantes, et le ton léger de la publicité s’oppose à la satire de Molière ; l’époque (années 1960) est très éloignée du XVIIe siècle. Barème : 1 point par élément argumenté (3 éléments), plus 1 point pour la clarté du jugement.
Grammaire et compétences linguistiques (18 points)
Corrigé de la question 9 (4 points)
a) « Raisonnement » est un mot dérivé. Il est formé à partir du verbe raisonner, lui-même dérivé du nom raison, auquel on ajoute le suffixe -ment, qui forme un nom d’action à partir d’un verbe. Le mot signifie donc « l’action de raisonner », c’est-à-dire de se servir de sa raison pour développer des idées. Barème : 1 point pour la base « raison » ou « raisonner », 1 point pour le suffixe -ment et le sens.
b) « Raisonnement » est un nom commun (masculin singulier), précédé de l’article défini « le ». Dans « Et le raisonnement en bannit la raison », il est sujet du verbe « bannit ». Barème : 1 point pour la classe, 1 point pour la fonction. Erreur fréquente : répondre « verbe » à cause de la base « raisonner ».
Corrigé de la question 10 (2 points)
Dans les vers 17 à 22, le temps dominant est le présent de l’indicatif : « sont », « veulent », « est », « laissent », « sait », « faut ». Sa valeur est celle d’un présent d’énonciation : Chrysale décrit ce qui se passe maintenant dans sa maison. Ce présent s’oppose aux imparfaits des vers 13 à 16, qui évoquent le passé des « pères ». Le présent de description à valeur d’habitude (« l’on sait tout chez moi ») est également accepté. Barème : 1 point pour le temps, 1 point pour la valeur.
Corrigé de la question 11 (4 points)
Le passage comporte trois subordonnées, mais seules deux sont demandées. Chaque subordonnée correctement relevée et nommée vaut 2 points (1 point pour le relevé, 1 point pour la nature) :
– « Qui disaient […] » : proposition subordonnée relative, complément de l’antécédent « gens » ;
– « qu’une femme en sait toujours assez » : proposition subordonnée conjonctive complétive, complément d’objet direct de « disaient » ;
– « Quand la capacité de son esprit se hausse à connaitre un pourpoint d’avec un haut de chausse » : proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps (on accepte aussi une valeur de condition), introduite par « quand ».
Erreur fréquente : confondre « qui » relatif et « que » complétif, ou relever seulement une partie de la proposition.
Corrigé de la question 12 (8 points)
Il faut transformer les neuf verbes conjugués des vers 25 à 30, en gardant les infinitifs (« chercher », « plaire », « faire », « Raisonner ») :
« Et, dans ce vain savoir, qu’on allait chercher si loin, / On ne savait comme allait mon pot, dont j’avais besoin. / Mes gens à la science aspiraient pour vous plaire, / Et tous ne faisaient rien moins que ce qu’ils avaient à faire. / Raisonner était l’emploi de toute ma maison, / Et le raisonnement en bannissait la raison… ! »
Barème proposé : 1 point par verbe correctement mis à l’imparfait, le total étant plafonné à 8 points. Les erreurs d’orthographe de la terminaison (« -ait » au singulier, « -aient » au pluriel) sont comptées une seule fois. Pièges : « aspirent » devient « aspiraient » (3e personne du pluriel), « font » devient « faisaient » (radical « fais- »), « bannit » devient « bannissait » (radical « bannISS- »).
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
Un mois [virgule], trois mois que nous sommes mariés [virgule], nous retournons à la fac [virgule], je donne des cours de latin [point]. Le soir descend plus tôt [virgule], on travaille ensemble dans la grande salle [point]. […] [point]. La cocotte-minute [virgule], cadeau de mariage si utile vous verrez [virgule], chantonne sur le gaz [point]. Unis [virgule], pareils [point]. Sonnerie stridente du compte-minutes [virgule], autre cadeau [point]. Finie la ressemblance [point]. L’un des deux se lève [virgule], arrête la flamme sous la cocotte [virgule], attend que la toupie folle ralentisse [virgule], ouvre la cocotte [virgule], passe le potage et revient à ses bouquins en se demandant où il en était resté [point]. Moi [point].
Source : Annie Ernaux, La Femme gelée, 1981. Le PDF officiel imprime « arrêt la flamme » par coquille ; la forme correcte est « arrête ». Les mots « Bovary » et « reines-Claude » sont écrits au tableau avant la dictée. Les indications entre crochets sont dites par l’examinateur et ne sont pas écrites ; le signe […] signale un passage coupé du texte original, que l’examinateur dicte comme « points de suspension entre crochets ».
Barème de la dictée
La dictée est notée sur 10 points. Barème indicatif : on part de 10 points et on retire 1 point par erreur d’orthographe grammaticale ou lexicale grave (accord, conjugaison, mot écrit incorrectement), 0,5 point pour une erreur moins grave (accent, trait d’union, ponctuation) ; la note ne peut pas être négative. Une même erreur répétée ne compte qu’une fois. Les mots écrits au tableau ne sont pas sanctionnés s’ils sont recopiés correctement.
Pièges d’orthographe expliqués
- « mariés » : participe passé employé avec « sommes », accordé avec « nous », masculin pluriel ; même accord pour « Unis » et « pareils » ;
- « nous retournons » : terminaison -ons de la première personne du pluriel, avec un accent sur « à la fac » ;
- « cocotte-minute » : nom composé avec trait d’union ; « compte-minutes » : verbe « compter » à la forme « compte », avec un -s final à « minutes » (« un compte-minutes » reste invariable) ;
- « vous verrez » : verbe « voir » au futur de l’indicatif, à ne pas confondre avec « verrai(s) » ;
- « Finie la ressemblance » : « finie » est accordé au féminin avec « ressemblance » ;
- « se lève » : accent grave, verbe à la troisième personne du singulier ; « arrête » : -e final, verbe du premier groupe ; « ouvre » : même terminaison -e ;
- « attend que la toupie folle ralentisse » : « attend » prend un -d (verbe « attendre ») et « ralentisse » est au subjonctif présent (après « attend que »), avec la terminaison -isse des verbes du deuxième groupe, comme « finisse » ;
- « où il en était resté » : « où » avec accent grave (lieu ou situation), « était » à l’imparfait, « resté » au masculin singulier avec « il » ;
- « bouquins » : -s du pluriel après « ses » ; « stridente » : un seul d, terminaison -ente.
Rédaction (40 points)
Le candidat traite un seul des deux sujets. La rédaction est évaluée sur 40 points : 20 points pour le fond (respect du sujet, cohérence, richesse et exactitude des idées ou des exemples) et 20 points pour la langue (orthographe, syntaxe, ponctuation, lexique, tenue du style). Aucune longueur minimale n’est imposée dans le sujet ; visez environ deux pages, soit 300 à 450 mots.
Sujet d’imagination : analyse du sujet
Il faut écrire une lettre de Bélise à son frère Chrysale, en répondant à la tirade. Elle doit contenir des arguments qui s’opposent point par point à ceux de Chrysale (rôle de la femme, exemple des ancêtres, utilité du savoir, domestiques, langue). On respecte les marques de la lettre (lieu, date, formule d’appel, formule de politesse), la première personne et un ton à la fois poli et vif, adapté au XVIIe siècle et au caractère de Bélise, qui est précieuse et se croit toujours admirée.
Plan : 1) ouverture et reproche (ton piquant) ; 2) les arguments (le droit au savoir, le rejet de l’exemple des ancêtres, l’utilité des sciences, la défense de la langue) ; 3) conclusion et formule de politesse. Critères : forme épistolaire, arguments imaginés mais cohérents avec le texte, registre soutenu, emploi du présent, du futur et du passé composé, connecteurs logiques, orthographe.
Production modèle (sujet d’imagination)
Paris, le 3 mars
Mon frère,
J’ai écouté votre harangue avec toute la patience que mon rang de philosophe me commande. Je n’ai pu m’empêcher de sourire : vous parlez de « bonnes mœurs » et de « ménage », comme si l’esprit d’une femme n’était qu’un buffet qu’il suffit de bien ranger.
Vous prétendez d’abord que nos mères ne lisaient point et qu’elles vivaient bien. Mais vivaient-elles bien, ou seulement en silence ? Ce n’est pas la vertu qui les privait de livres, c’est l’orgueil des hommes, qui craignaient de trouver en elles des égales. L’ignorance ne fut jamais une qualité : elle est un fardeau que l’on fait passer pour une vertu.
Vous raillez ensuite notre goût pour les astres, et vous préférez votre pot à la lune et à Saturne. Qui vous empêche d’avoir l’un et l’autre ? Le savoir élève l’âme ; il ne vide pas la marmite. Si vos gens vous servent mal, ne l’imputez pas à Vénus : apprenez plutôt à les commander. Le désordre vient d’un maître qui gronde, non de servantes qui rêvent.
Quant à la pauvre Martine, vous m’affligez en la plaignant d’avoir été chassée. Ne comprenez-vous pas qu’une langue pure est la politesse de l’esprit ? Celui qui ne respecte pas les mots ne respectera bientôt plus les idées. Vaugelas n’est point un tyran, c’est un guide.
Je vous quitte, mon frère, en espérant que ces quelques lignes vous éclaireront. Le jour où vous aurez ouvert un livre, vous nous demanderez pardon.
Votre sœur affectionnée,
Bélise
Sujet de réflexion : analyse du sujet
La question porte sur le pouvoir de l’art (littérature, peinture, cinéma) pour dénoncer des défauts de la société : peut-il le faire, et avec quelle efficacité ? Il faut une introduction (amorce depuis Molière, problématique, annonce du plan), un développement en deux ou trois parties avec des exemples précis, et une conclusion.
Plan : 1) l’art est un moyen de dénonciation (Molière, Hugo, Picasso) ; 2) il agit en touchant l’émotion et en contournant la censure (humour, fables) ; 3) mais il a des limites (public déjà convaincu, effet limité, censure). Critères : thèse claire, paragraphes organisés, connecteurs logiques, exemples précis et exacts, nuance, orthographe.
Production modèle (sujet de réflexion)
Dans Les Femmes savantes, Molière se moque à la fois des femmes qui prétendent tout savoir et de Chrysale, qui voudrait les cantonner à la cuisine : le rire devient alors une façon de réfléchir à la condition féminine. On peut donc se demander si l’art est vraiment capable de dénoncer les travers de la société. Nous verrons d’abord que l’art peut éveiller les consciences, puis qu’il sait toucher un large public, avant d’examiner ses limites.
Tout d’abord, de nombreux artistes ont utilisé leur œuvre pour dénoncer l’injustice. Victor Hugo, dans Le Dernier Jour d’un condamné, fait entendre la voix d’un homme qui attend l’exécution, sans jamais dire son crime : le lecteur ne voit plus que la cruauté de la peine de mort. Pablo Picasso, avec Guernica (1937), montre en noir et blanc l’horreur du bombardement d’une ville espagnole : le tableau est devenu un cri contre la guerre. Ces œuvres ne se contentent pas de décrire ; elles prennent position.
Ensuite, l’art agit par l’émotion et par l’humour, ce qui lui permet d’atteindre le grand public. Charlie Chaplin, dans Le Dictateur (1940), ridiculise Hitler en imitant ses gestes et ses discours ; les spectateurs rient, mais comprennent le danger. Les caricatures de Daumier, au XIXe siècle, montraient avec trois traits la bêtise des puissants. La fable, chez La Fontaine, permet aussi de critiquer la cour sous couvert d’animaux. On retient plus facilement une leçon qui a fait rire ou pleurer qu’un discours.
Cependant, l’art ne suffit pas toujours. Il peut être censuré : Molière lui-même a vu Tartuffe interdit pendant plusieurs années. Il touche souvent un public déjà convaincu, et ses effets sont lents. Enfin, une œuvre trop caricaturale risque de simplifier la réalité : on peut rire des défauts sans rien changer à ses actes.
En conclusion, l’art peut dénoncer les travers de la société parce qu’il fait réfléchir par l’émotion et le rire, même s’il ne les corrige pas seul. C’est sans doute pourquoi Molière, comme Hugo ou Picasso, a pris la plume ou le pinceau : pour que chacun regarde enfin ce qu’il préférait ignorer.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 6) | 32 |
| Grammaire et compétences linguistiques (questions 9 à 12) | 18 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative : moins de 50 points, des bases à consolider ; de 50 à 69 points, un niveau correct à fiabiliser ; de 70 à 84 points, un bon niveau ; 85 points et plus, un très bon niveau, avec une rédaction maîtrisée et peu d’erreurs.
Conseil 1 : améliorer les questions. Si vous perdez des points sur les citations, sur l’image ou sur la réécriture, relisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et entraînez-vous avec les exercices sur les questions de compréhension et de grammaire. Pour la dictée, voyez le cours sur la dictée et la réécriture.
Conseil 2 : réussir la rédaction. Pour la lettre de Bélise, revoyez le cours sur le sujet d’imagination ; pour la réflexion, le cours sur le sujet de réflexion et les exercices sur le sujet de réflexion. Pour d’autres entraînements, consultez les exercices sur l’épreuve de français du brevet.
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