La phrase interrogative 1ère est l’un des points d’étude de la langue au programme de la classe de première, et une question fréquente à l’oral du bac. Ce cours distingue l’interrogation totale et partielle, directe et indirecte, présente ses constructions et ses valeurs, notamment la question rhétorique, puis propose une méthode d’analyse.
La phrase interrogative en 1ère : totale ou partielle
Définition
L’interrogation est l’un des types de phrase, avec la déclaration, l’injonction et l’exclamation. L’interrogation totale porte sur l’ensemble de la phrase : on y répond par « oui », « non » ou « si ». L’interrogation partielle porte sur un seul élément, désigné par un mot interrogatif (pronom, déterminant ou adverbe) : on y répond par une information.
Les mots interrogatifs ont une fonction dans la phrase : « Qui frappe ? » (pronom sujet) ; « Que veux-tu ? » (pronom COD) ; « Quel livre lis-tu ? » (déterminant) ; « Où vas-tu ? » (adverbe, complément de lieu) ; « Pourquoi pars-tu ? » (adverbe, complément de cause). Les formes renforcées (« Qui est-ce qui », « Qu’est-ce que ») sont courantes à l’oral.
Les constructions de l’interrogation directe
Règle
L’interrogation directe se termine par un point d’interrogation. Elle se construit de trois façons : par la seule intonation (« Tu viens ? »), par la locution est-ce que (« Est-ce que tu viens ? »), ou par l’inversion du sujet. L’inversion est simple quand le sujet est un pronom personnel, « on » ou « ce » (« Viens-tu ? ») ; elle est complexe quand le sujet est un groupe nominal, repris par un pronom après le verbe (« Ton frère vient-il ? »).
Quand le verbe se termine par une voyelle devant « il », « elle » ou « on », on insère un -t- euphonique : « Aime-t-il ? », « A-t-elle compris ? ». Dans un texte littéraire, la construction choisie renseigne sur le registre : l’inversion domine dans la langue classique, l’intonation seule signale une parole familière ou spontanée.
Exemple
« Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? » (Molière, L’Avare, IV, 7). Harpagon, qui vient de découvrir le vol de sa cassette, enchaîne des interrogations partielles par inversion. Leur rythme haletant traduit l’affolement du personnage, qui parle seul et n’attend aucune réponse.
L’interrogation indirecte
L’interrogation indirecte rapporte une question dans une subordonnée qui dépend d’un verbe comme demander, savoir, ignorer, se demander. C’est une subordonnée interrogative indirecte, le plus souvent COD de ce verbe.
| Interrogation directe | Interrogation indirecte |
|---|---|
| Viendras-tu ? | Je te demande si tu viendras. |
| Qui est là ? | Il demande qui est là. |
| Que veux-tu ? / Qu’est-ce que tu veux ? | Je me demande ce que tu veux. |
| Qu’est-ce qui se passe ? | Dis-moi ce qui se passe. |
| Où étais-tu ? | Elle voulait savoir où j’étais. |
Dans l’interrogation indirecte, il n’y a ni point d’interrogation (sauf si la phrase principale est elle-même interrogative), ni inversion, ni « est-ce que ». L’interrogation totale est introduite par « si », et les formes « que » et « qu’est-ce que » deviennent « ce que ». Si le verbe principal est au passé, les temps de la subordonnée suivent la concordance (« Elle voulait savoir où j’étais »).
Les valeurs de l’interrogation
Une phrase interrogative ne sert pas toujours à obtenir une information. Il faut identifier sa valeur dans le contexte.
- Demande d’information : « À quelle heure part le train ? »
- Requête polie (valeur injonctive) : « Pourriez-vous fermer la fenêtre ? »
- Question rhétorique (ou oratoire) : la réponse est évidente et le locuteur l’impose : « Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ? » demande l’Agneau au Loup chez La Fontaine, pour démontrer son innocence. Une question rhétorique positive équivaut à une affirmation négative, et inversement.
- Question délibérative : le personnage s’interroge lui-même avant de décider, souvent avec un infinitif (« Que faire ? », « Où courir ? »).
- Question indignée ou pathétique : « Pourquoi l’assassiner ? Qu’a-t-il fait ? À quel titre ? » lance Hermione à Oreste dans Andromaque de Racine.
Attention
Ne confonds pas « si » interrogatif (« Je me demande s’il viendra », interrogative indirecte COD) et « si » conditionnel (« S’il vient, je partirai », circonstancielle). De même, « qui » interrogatif indirect (« Je ne sais pas qui a appelé ») n’est pas un pronom relatif : il n’a pas d’antécédent. Enfin, la forme « Je me demande qu’est-ce qu’il veut » est fautive à l’écrit : on écrit « ce qu’il veut ».
À retenir
- Totale : réponse par oui ou non. Partielle : mot interrogatif portant sur un élément.
- Directe : intonation, est-ce que, inversion simple ou complexe (registres différents).
- Indirecte : subordonnée après un verbe de questionnement, sans point d’interrogation ni inversion ; « si » pour la totale.
- Valeurs : information, requête, question rhétorique, délibérative, indignée.
- À l’oral, termine toujours par la valeur et l’effet dans le texte.
Pour aller plus loin
Entraîne-toi avec les exercices sur l’interrogation, puis vérifie tes acquis avec le QCM sur l’interrogation. Pour une autre notion de grammaire du bac, consulte le cours sur l’expression de la négation.


