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Voici le sujet du brevet français 2025 Antilles-Guyane septembre, série générale, session de remplacement du 8 septembre 2025. L’épreuve dure 3 heures, vaut 100 points et comprend des questions sur un texte d’Alain Mabanckou et sur une image d’Eija-Liisa Ahtila, une dictée et une rédaction au choix.
Pour réviser avant de commencer : le cours sur l’épreuve de français du brevet, le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et le cours sur la dictée et la réécriture.
Partie 1 : Grammaire et compétences linguistiques, compréhension et compétences d’interprétation (50 points, 1 h 10)
L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite. Le candidat rend sa copie et conserve ce sujet en support pour l’épreuve de rédaction. Les repères [l. 5], [l. 10], etc. indiquent la fin des lignes 5, 10, etc. du texte officiel.
A. Texte littéraire
Dans ces Lettres, l’auteur répond au jeune Alioune qui souhaite devenir romancier et lui a écrit pour obtenir des conseils.
De l’autre côté, c’est-à-dire du côté de la fiction, tout paraît possible, sans exceptions et selon les caprices du créateur. C’est dans ce cercle magique que la vocation sera nourrie, et sa consistance dépendra de la capacité du futur écrivain à préserver cette « naïveté », et surtout à demeurer celui qui est sans cesse médusé, émerveillé et qui rejette sans voies de recours les frontières imposées par la raison ou la logique. [l. 5]
Le lecteur croira ce que l’écrivain croit ; le lecteur vivra ce que l’écrivain vit, et il doutera de ce qui lui semble superficiel, sans queue ni tête, parce que cousu avec de gros fils qui disséminent de la maladresse, détruisent ce qui est le plus essentiel pour un conteur : la capacité à détourner le lecteur de la vie réelle et à l’embarquer ailleurs, très loin, grâce à des personnages dans lesquels il se reconnaîtra et à qui il confiera ses propres obsessions. [l. 10]
Pour l’auteur, cher Alioune, il est question de persuader que ce qu’il crée est une autre version de l’existence — pas forcément la meilleure —, mais une version qui nous fait défaut au quotidien, parce que plus nous grandissons, plus nous doutons du pouvoir de l’enchantement, celui-là qui est substantiel1 pour la création artistique au sens le plus large…
Devrais-je t’avouer que je n’ai jamais mis en cause un seul instant toutes ces histoires [l. 15] que j’ai entendues pendant mon enfance ? Ce sont pourtant ces contes, ces récits qui ont nourri mon orientation vers l’écriture. Je rêvais d’inventer d’autres légendes, de varier les personnages, de refuser le dénouement que tout le monde attendait, de ne plus être un simple auditeur, mais celui qui, partant de ce qu’il avait entendu, ajouterait une bonne dose d’exagération, celle qui serait ma touche, ma petite marque de fabrique… [l. 20]
Je me souviens encore de ma stupéfaction devant ces légendes du Congo peuplées d’êtres macrocéphales2, de grenouilles géantes qui amusaient les bambins, de créatures nanties d’une seule patte et qui avançaient plus vite que les humains ou de ces bébés potelés qui marchaient dès leur naissance, parlaient immédiatement nos langues apprises depuis le ventre de leur mère et allaient au cœur de la brousse chasser du gibier pour le [l. 25] repas du soir !
Nous étions friands de ces aventures, et nous nous reconnaissions à travers ces personnages aux pouvoirs démesurés. Pour nous, le jour appartenait à la réalité, aux activités ordinaires ; la nuit, aux mystères, au règne des êtres dont nous enviions la puissance et l’immortalité. [l. 30]
Alain Mabanckou, Lettres à un jeune romancier sénégalais, Éd. Le Robert, 2023
1 Substantiel : fondamental. 2 Macrocéphale : qui a une grosse tête.
B. Image
Document : « The House » (la maison), Eija-Liisa Ahtila (2002). Il s’agit d’une photographie en noir et blanc : dans une forêt de grands arbres, vue d’en bas, une jeune femme en robe sombre, les bras écartés, flotte dans les airs, sans aucun appui.
Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Question 1 (4 points)
1. Parmi les phrases suivantes, laquelle correspond le mieux au texte ? Recopiez la phrase de votre choix et justifiez votre réponse.
a) L’auteur écrit un conte avec des personnages monstrueux.
b) L’auteur explique que l’émerveillement est nécessaire à la création littéraire.
c) L’auteur conseille d’aller chercher la source d’inspiration dans la raison et la logique.
Question 2 (4 points)
2. Que faut-il pour que le lecteur soit « embarqu[é] ailleurs » (ligne 9) ? Deux éléments de réponse expliqués sont attendus dans les lignes 6 à 14.
Question 3 (5 points)
3. Dans les lignes 15 à 30 :
a) Quel est le genre littéraire qui a marqué Alain Mabanckou en tant que lecteur et écrivain ? (1 point)
b) En quoi ce genre a-t-il contribué à sa formation ? Deux éléments de réponse justifiés par des citations sont attendus. (4 points)
Question 4 (4 points)
4. Quelle figure de style identifiez-vous dans les lignes 21 à 26 ? Nommez-la et précisez les effets produits. Deux effets sont attendus.
Question 5 (3 points)
5. Donnez deux caractéristiques des personnages des histoires évoquées dans les lignes 21 à 26.
Question 6 (6 points)
6. Comment comprenez-vous l’expression « cercle magique » (ligne 2) ? Deux éléments de réponse justifiés par des citations sont attendus.
Question 7 : Image (6 points)
7. Quels liens pouvez-vous établir entre le texte et cette image ? Vous développerez votre réponse en vous appuyant sur trois arguments. Chaque argument doit être justifié en vous référant au texte et à l’image.
Compétences linguistiques et grammaticales (18 points)
Question 8 (3 points)
8. « Le lecteur croira ce que l’écrivain croit » (ligne 6)
a) Donnez les temps et le mode des verbes conjugués. (2 points)
b) Justifiez l’emploi de chacune de ces formes verbales. (1 point)
Question 9 (3 points)
9. « Le lecteur vivra ce que l’écrivain vit » (ligne 6)
a) Identifiez la fonction de la proposition en gras. (1 point)
b) Nommez et réalisez deux manipulations grammaticales pour justifier l’identification de la fonction. (2 points)
Question 10 (2 points)
10. « démesurés » (ligne 28)
a) Identifiez et nommez les éléments qui composent ce mot. (1,5 point)
b) Donnez-en un synonyme. (0,5 point)
Question 11 : Réécriture (10 points)
11. Réécrivez le passage suivant en remplaçant « Je » par « Nous ».
« Devrais-je t’avouer que je n’ai jamais mis en cause un seul instant toutes ces histoires que j’ai entendues pendant mon enfance ? Ce sont pourtant ces contes, ces récits qui ont nourri mon orientation vers l’écriture. Je rêvais d’inventer d’autres légendes, de varier les personnages, de refuser le dénouement que tout le monde attendait. » (lignes 15 à 18)
Dictée (10 points)
Dictée (10 points)
Durée : 20 minutes. L’examinateur dicte le texte ; le texte figure dans le corrigé. La référence écrite au tableau est : d’après Amadou Hampâté Bâ, Lettre à la jeunesse, 1985, ainsi que le mot « baobab ». Le candidat compose sur la même copie que la partie 1 et écrit une ligne sur deux. Une version « dictée aménagée » existe pour les candidats concernés : le même texte, à compléter en choisissant le bon mot parmi trois propositions.
Rédaction (40 points)
Durée : 1 h 30. Le dictionnaire est autorisé, la calculatrice est interdite. Vous composez sur une copie distincte et vous traitez à votre choix l’un des sujets suivants. Le sujet officiel n’impose pas de nombre de lignes minimum. Afin de respecter l’anonymat de votre copie, vous ne devez pas signer votre composition, citer votre nom, celui d’un camarade ou celui de votre établissement. Pour vous préparer, révisez le sujet d’imagination, le sujet de réflexion et l’épreuve de français du brevet.
Sujet d’imagination (au choix)
« Je me souviens encore de ma stupéfaction devant ces légendes du Congo peuplées d’êtres macrocéphales, de grenouilles géantes qui amusaient les bambins, de créatures nanties d’une seule patte et qui avançaient plus vite que les humains » (lignes 21 à 23).
Imaginez un conte en vous inspirant d’une des créatures dont parle Mabanckou dans les lignes citées ci-dessus.
Votre conte mêlera le récit et la description.
Sujet de réflexion (au choix)
Attendez-vous d’un artiste qu’il vous embarque loin de la vie réelle ?
Vous répondrez à cette question dans un développement organisé, en vous appuyant sur des exemples pris dans les œuvres littéraires et artistiques que vous connaissez.

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