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Le sujet est sur la page Brevet de français 2026 : Antilles-Guyane. Traiter le sujet d’abord, puis comparer avec ce corrigé.
Voici le corrigé du brevet de français 2026 Antilles-Guyane, série générale, session du 26 juin 2026 : une correction rédigée, détaillée et notée sur 100 points. Pour tirer profit de ce corrigé brevet français 2026 Antilles-Guyane, traitez d’abord le sujet seul, puis comparez votre travail avec les réponses ci-dessous.
Partie 1 : compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Corrigé de la question 1 (6 points)
a) Le bon titre (2 points). Il fallait recopier : « La lecture est une demeure. » Le texte ne dit pas que lire est voyager : il le conteste (« Lire, ce n’est pas voyager »). Quant au premier titre, il ne correspond pas non plus au texte, qui présente les voyages comme une souffrance.
b) Justification (4 points : 1 point par élément précis). Quatre éléments possibles, tous pris dans le texte :
- Cristóbal « demeurait ainsi auprès de ses livres » : le verbe demeurer et le nom « demeure » appartiennent au même champ lexical de l’habitation.
- Pour lui, « lire c’était rester » : la lecture est une manière de s’arrêter, de s’établir, et non de partir.
- Les livres lui apportent « un apaisement plus rassurant » que les noms de pays : ils sont un lieu où il se sent en sécurité.
- Le lexique du refuge conclut le passage : « un havre sans départ ni exil », « la part de refuge où se reposer ».
On acceptait aussi : « les livres, eux, ne changeaient pas » (la stabilité d’une maison qui reste la même partout) ou « les romans sont une île ». Erreur fréquente : recopier le titre sans citer le texte, ou citer des passages sans les relier à l’idée de demeure.
Corrigé de la question 2 (4 points)
Dans les lignes 1 à 10, Cristóbal éprouve des émotions opposées.
- Une souffrance, un mal-être (tristesse, angoisse du déracinement) : ses voyages sont « un déchirement constant, un désordre dans son cœur » (l. 3) ; on pouvait aussi citer « la gorge serrée et les yeux humides » (l. 9), signe d’une émotion intense.
- Un émerveillement, un bonheur : la lecture le fait oublier « les aéroports et les gares » ; à la fin du roman, son âme est partagée « entre la jalousie et l’émerveillement » (l. 10).
Barème : 1 point par émotion correctement nommée et 1 point par élément précis qui la justifie. On acceptait aussi la jalousie, opposée à l’émerveillement, à condition de la justifier : Cristóbal envie l’auteur ou le monde du livre, tout en l’admirant. Erreur fréquente : donner deux émotions de même nature (tristesse et gorge serrée), qui ne sont pas contrastées.
Corrigé de la question 3 (4 points)
a) (1 point). Ce qui lui permet cette rencontre, c’est la lecture d’un roman : « Ce fut un roman. Il le commença lors d’un énième voyage ».
b) (3 points). Jusque-là, l’enfance de Cristóbal n’est faite que de « déplacements » et de « déracinements » : il n’a connu que le mouvement. Avec le roman, il découvre le contraire, l’immobilité, au sens d’un calme et d’une stabilité intérieurs. Le texte l’illustre : « plongé dans la lecture, sans lever les yeux », il « oublia les aéroports et les gares, les trains et les valises ». Le corps continue de voyager, mais l’esprit, absorbé par le livre, ne bouge plus ; il ne prête plus « attention aux gens autour » et ne sent même plus « la fatigue ». Cette immobilité est une première, d’où l’adjectif « première ».
Barème : 1 point pour l’explication du mot « immobilité » opposé au mouvement, 1 point pour le passage cité et 1 point pour le lien entre les deux.
Corrigé de la question 4 (6 points)
La phrase « Les romans sont une île entourée de terre » contient deux figures.
- Une métaphore : les romans sont assimilés à une île, sans outil de comparaison. Comme une île, le roman est un lieu à part, protégé du monde et où l’on se réfugie. Les lignes 19 à 26 le confirment : un « havre sans départ ni exil », « la part de refuge où se reposer du chaos ».
- Un paradoxe, que l’on pouvait aussi nommer oxymore : une île est normalement entourée d’eau et non de terre. L’expression détourne l’image connue pour dire que ce refuge n’a ni mer, ni traversée, ni départ. L’île du roman est immobile, solide, comme les « royaumes pétrifiés » et « l’immobilité du métal et de l’agate » évoqués plus haut.
Le sens est donc : le roman offre un abri où l’on peut s’établir, à l’inverse du voyage qui expose au « chaos ». Barème : 2 points pour l’identification d’une figure, 2 points pour l’explication de l’image, 2 points pour l’appui sur les lignes 19 à 26. Une seule figure correctement analysée suffit pour le maximum.
Corrigé de la question 5 (6 points)
Cristóbal préfère la lecture. Deux effets comparés :
- Le trouble contre l’apaisement. Les voyages sont « un déchirement constant, un désordre dans son cœur » (l. 3) ; les livres, eux, lui apportent « un apaisement plus rassurant » que les noms de pays (l. 19-20).
- Le changement contre la stabilité. En voyage, « les villes changeaient, les langues se multipliaient, les cultures défilaient » (l. 13-14) et il est sans cesse déraciné ; les livres « ne changeaient pas » et restent les mêmes à Lisbonne comme à Caracas : ils forment un foyer qu’il emporte partout.
Barème : 3 points par élément justifié (1 point pour l’effet du voyage, 1 point pour l’effet de la lecture mis en regard, 1 point pour la citation). La réponse doit être organisée en comparaison, par exemple avec des connecteurs d’opposition (« alors que », « tandis que », « en revanche »).
Corrigé de la question 6 (6 points)
Description (2 points). Le tableau d’Edward Hopper montre une jeune femme assise dans un compartiment de train, au premier plan. Elle porte un chapeau à larges bords et une robe sombre ; les jambes croisées, elle tient sur ses genoux un livre ouvert, la tête baissée vers les pages. Elle est installée dans un fauteuil capitonné. À gauche, une grande fenêtre laisse deviner un paysage flou, et une lampe est fixée au mur, près de la fenêtre. Le décor est silencieux, presque vide, et la lumière est douce.
Premier lien (2 points) : le voyage et la lecture. Comme Cristóbal, qui lit « lors d’un énième voyage », la femme lit dans un moyen de transport. Le train est le lieu du déplacement, comme « les aéroports et les gares, les trains et les valises » du texte.
Second lien (2 points) : l’immobilité intérieure. Malgré le mouvement du train, la lectrice semble immobile et concentrée, « sans lever les yeux » comme Cristóbal. Elle ne regarde pas le paysage qui défile, de même que lui « oublie » les lieux traversés. Le livre est son refuge, son « havre » à l’abri du monde extérieur ; l’intimité du compartiment rappelle la « part de refuge » du texte.
On acceptait aussi le lien entre la solitude des deux lecteurs. Erreur fréquente : décrire sans relier, ou relier sans décrire précisément.
Partie 1 : grammaire et compétences linguistiques (18 points)
Corrigé de la question 7 (1 point)
« déchirement » est un nom commun (masculin singulier, précédé de l’article « un »). « rapidement » est un adverbe (invariable, formé avec le suffixe -ment sur l’adjectif « rapide »). Il faut les deux natures pour obtenir le point.
Corrigé de la question 8 (3 points)
a) (1 point). Le groupe « comme on serait resté auprès de bêtes » est une proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de comparaison : elle contient un verbe conjugué (« serait resté ») et elle est introduite par la conjonction de subordination « comme ». On acceptait « proposition subordonnée circonstancielle de comparaison ».
b) Deux manipulations (2 points, 1 point par manipulation expliquée et effectuée).
- La suppression : « Il demeurait ainsi auprès de ses livres » reste une phrase correcte ; le groupe est donc facultatif, c’est un complément circonstanciel.
- Le déplacement : « Comme on serait resté auprès de bêtes, il demeurait ainsi auprès de ses livres » est correct ; ce groupe est mobile.
- On pouvait aussi proposer le remplacement par un adverbe ou un groupe équivalent : « Il demeurait ainsi auprès de ses livres de la même façon ».
La présence d’un verbe conjugué, « serait resté », avec son sujet « on », est l’argument décisif pour distinguer une proposition d’un groupe nominal ou prépositionnel.
Corrigé de la question 9 (4 points)
a) Formation et sens (2 points). « déracinements » est un mot dérivé : le préfixe dé- (qui marque la séparation, la privation), le radical racine et le suffixe -ement (qui forme un nom à partir du verbe « déraciner »), plus la marque -s du pluriel. Le mot signifie littéralement l’action d’arracher quelqu’un à ses racines. En contexte, il désigne les départs successifs de Cristóbal, arraché à chaque fois au pays où il commençait à vivre, sans attaches stables.
b) Mots de la même famille (2 points). Par exemple : racine, enraciner, déraciner, enracinement, racinaire. Deux mots justes suffisent ; « arracher » n’est pas de la même famille.
Corrigé de la question 10 (10 points)
Passage réécrit : « Ce furent des romans. Je les commençai lors d’un énième voyage avec mes parents et, rapidement, plongé dans la lecture, sans lever les yeux, j’oubliai les aéroports et les gares, les trains et les valises, car je les avais lus jusqu’à la fin sans m’en rendre compte, sans prêter attention aux gens autour. »
Points de vigilance :
- « Ce furent des romans » : le verbe être s’accorde avec le nom pluriel (consigne donnée).
- « Je les commençai » : passage de la troisième à la première personne du singulier ; le pronom « le » devient « les » puisqu’il reprend « des romans » ; passé simple en -ai, avec la cédille de « commençai » devant a.
- « mes parents » : le déterminant possessif suit la première personne.
- « plongé » : participe passé adjectif, qui reste au masculin singulier, accordé avec « je » (on acceptait « plongé(e) »).
- « j’oubliai » : passé simple, première personne, terminaison -ai.
- « je les avais lus » : plus-que-parfait ; le complément « les » (pluriel masculin) est placé avant l’auxiliaire, donc le participe s’accorde : lus.
- « sans m’en rendre compte » : « s’en » devient « m’en ».
Barème indicatif : 10 points, avec environ 1 point par transformation correcte (je / les / commençai / mes / plongé / j’oubliai / je les avais / lus / m’en / ensemble du texte recopié sans erreur). Les erreurs de recopie non attendues sont également pénalisées.
Partie 2 : dictée (10 points)
Texte de la dictée
Mots écrits au tableau : Cristóbal, salamandres, bougainvilliers. Les indications de ponctuation sont entre crochets.
Cristóbal n’avait pas cinq ans quand il sut lire [point]. Cette découverte canalisa son énergie [point]. À dix ans [virgule], il était toujours enfoui jusqu’aux épaules dans un livre [virgule], le regard baissé [virgule], le menton collé au torse [virgule], absorbé par sa lecture [point]. Il se fascina pour les récits des aventuriers qui avaient autrefois débarqué en Amérique [point].
Sa voracité l’incita à en apprendre davantage sur un monde qu’il croyait être le sien [virgule], celui de ses ancêtres [virgule], celui de son sang [point]. Ces lectures le poussaient vers des plaines et des rivières qui ont la forme des salamandres [virgule], vers des marais où l’on disait que les poissons avaient des écailles en or et où les arbres poussaient à l’envers [point].
Mais quand il levait les yeux [virgule], Cristóbal ne voyait qu’un pavillon de banlieue [virgule], une arrière-cour de pierres [point]. Ses livres sentaient la mangue et les bougainvilliers [virgule], sa vie avait l’odeur du platane de la rue [point].
D’après Miguel Bonnefoy, Le rêve du Jaguar, Rivages, 2024
Barème (indicatif). La dictée est notée sur 10 points : on retire 1 point par erreur d’orthographe grammaticale (accord, conjugaison, homophone) ou lexicale, 0,5 point pour une erreur d’accent ou de ponctuation, jusqu’à 0. Les trois mots écrits au tableau ne sont pas comptés en faute.
Pièges d’orthographe
- « sut » : passé simple de savoir (à ne pas confondre avec « su » ou « sue »). « canalisa », « se fascina », « incita » : passé simple en -a, troisième personne du singulier.
- « enfoui », « baissé », « collé », « absorbé » : participes passés à l’accord masculin singulier avec « il » (ou « Cristóbal ») ; on se trompe en écrivant « enfouit » ou « baisser ».
- « avaient débarqué » : plus-que-parfait, avec « aventuriers » pour sujet ; le participe de débarquer est invariable avec l’auxiliaire avoir sans complément placé avant. Attention à la terminaison -aient de l’auxiliaire.
- « davantage » en un mot (adverbe), à ne pas séparer en « d’avantage ».
- « croyait », « poussaient », « levait », « voyait », « sentaient » : imparfait ; la terminaison est -ait avec un sujet singulier et -aient avec un sujet pluriel (« Ces lectures le poussaient », « Ses livres sentaient », « les poissons avaient », « les arbres poussaient »).
- « qui ont la forme » : le verbe « ont » s’accorde avec « plaines et rivières » (le pronom relatif « qui » reprend un antécédent pluriel) ; ne pas écrire « a ».
- « des écailles » (avec -s et le son [ɛ] en « ai »), « en or », « à l’envers » (-s final non prononcé).
- « une arrière-cour » : mot composé avec trait d’union ; « pavillon » (deux l), « banlieue », « mangue », « platane », « bougainvilliers » (donné au tableau), « salamandres » (donné au tableau).
- « ce qu’il croyait être le sien » : « sien » s’écrit sans -s au masculin singulier. « celui de ses ancêtres » : « ancêtres » prend l’accent circonflexe et un -s pluriel.
Cette session ne comprend pas de réécriture dans la partie dictée : la réécriture est la question 10 du sujet, corrigée plus haut. Pour travailler ces accords, voyez le cours sur le participe passé.
Partie 3 : rédaction (40 points)
Sujet d’imagination : la lettre de Venezuela
Analyse du sujet. Il faut écrire une lettre (énonciation à la première personne, marques de la correspondance : lieu, date, formule d’appel, formule de politesse) dont la narratrice est Venezuela. Trois contenus sont imposés : le comportement de son fils (plongé dans ses lectures), ses sentiments et ses questions, enfin sa propre relation à la lecture. Le texte de Bonnefoy sert d’appui : déracinements, déchirement de l’enfant, formule « Lire, c’est voyager », émotion de la fin du roman.
Plan. 1. Salutations et circonstances du voyage. 2. Le comportement de Cristóbal et la scène de la fin du roman. 3. Ses sentiments (fierté, inquiétude) et ses questions. 4. Sa relation personnelle à la lecture. 5. Conclusion et formule de politesse.
Critères. Respect de la forme de la lettre ; cohérence avec le texte (ne pas contredire les faits) ; richesse des sentiments et de l’expression ; correction de la langue (temps, accords, ponctuation) ; longueur d’environ deux pages (au moins une page et demie).
Production modèle.
Aéroport de Buenos Aires, le 14 mars
Ma chère Rosa,
Je t’écris dans une salle d’attente bruyante, au milieu des valises, et pourtant tout est calme autour de moi, car Cristóbal lit. Tu me demandais comment il supportait ces déménagements incessants. Je crois que je viens enfin de comprendre sa façon de les traverser.
Hier encore, dans l’avion, il a ouvert un roman avant le décollage. Il n’a pas levé les yeux une seule fois : ni pour le plateau-repas, ni pour la nuit qui tombait, ni pour moi. À l’atterrissage, il tournait la dernière page, la gorge serrée, les yeux brillants de larmes. Je lui ai dit : « Lire, c’est voyager. » Il m’a regardée sans répondre, avec un air que je n’oublierai pas.
Je ne sais plus ce que je ressens, Rosa. Je suis fière, bien sûr, de voir mon fils si avide de livres, si grave et si sensible. Mais je suis aussi inquiète : pourquoi ne regarde-t-il plus ni les villes ni les gens ? Est-ce que ces années de départs ont déchiré quelque chose en lui, et le livre ne serait-il qu’un abri où il se cache ? Parfois, je me demande si c’est ma faute, nous qui l’emmenons sans cesse d’un pays à l’autre.
Moi-même, je lis depuis l’enfance, mais autrement. Pour moi, un livre est une fenêtre : il m’emporte loin de mon quotidien, vers des rivages que je n’ai jamais vus. Lui semble y trouver une maison. Nous ne lisons pas de la même manière, et c’est peut-être cela qui me trouble le plus : je croyais lui offrir le monde, et il y cherche un lieu où s’arrêter.
Alors je le laisse faire, et je m’assieds à côté de lui, sans rien dire. Peut-être qu’un jour il me racontera ce qu’il y trouve.
Écris-moi vite, j’ai besoin de tes conseils.
Je t’embrasse affectueusement,
Venezuela
Sujet de réflexion : la littérature et l’art permettent-ils de voyager ?
Analyse du sujet. La question est fermée (« permettent-ils de… ? ») mais appelle une réponse nuancée. Il faut définir le verbe « voyager » : se déplacer dans l’espace, mais aussi dans le temps et dans les esprits. Les mots clés sont « littérature » et « art » (peinture, cinéma, musique…).
Plan. I. Oui, les œuvres nous transportent ailleurs : dans d’autres lieux et d’autres époques. II. Elles ouvrent aussi un voyage intérieur, vers d’autres façons de penser et de sentir. III. Mais ce voyage a ses limites : il ne remplace pas l’expérience réelle. Exemples tirés de la culture générale (littérature, cinéma, musique, peinture).
Critères. Une introduction (amorce, problématique, annonce du plan), des paragraphes organisés par des connecteurs, chacun avec un argument et un exemple précis, une conclusion qui répond à la question ; une langue soignée ; environ deux pages.
Production modèle.
Qui n’a jamais fermé un livre en ayant l’impression de rentrer de loin ? Depuis toujours, les œuvres nous emmènent dans des lieux que nous ne connaissons pas. On peut donc se demander si la littérature et l’art permettent vraiment de voyager. Nous verrons d’abord qu’ils nous transportent dans d’autres mondes, puis qu’ils nous font voyager en nous-mêmes, avant d’en examiner les limites.
D’abord, la littérature et l’art font franchir les distances. En lisant Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, le lecteur parcourt les océans à bord du Nautilus sans quitter son fauteuil. Le cinéma procède de même : un film d’animation comme ceux de Hayao Miyazaki emporte le spectateur dans des pays imaginaires aux paysages fabuleux. La musique n’est pas en reste : en écoutant la Symphonie du Nouveau Monde de Dvořák, on croit entendre les grands espaces de l’Amérique. Ces œuvres nous font ainsi découvrir des lieux et des époques, et le voyage s’effectue réellement, par l’imagination.
Ensuite, ce voyage est aussi un voyage intérieur. Xavier de Maistre a intitulé l’un de ses livres Voyage autour de ma chambre : il montre qu’il suffit de regarder autrement les objets familiers pour partir. De même, un roman nous met dans la peau d’un personnage différent de nous et nous apprend à comprendre d’autres vies. Baudelaire, dans « L’Invitation au voyage », décrit un pays idéal où tout est « luxe, calme et volupté » ; le poème devient un lieu où l’on peut se réfugier. Le tableau d’Edward Hopper représentant une lectrice dans un train montre d’ailleurs qu’on peut voyager en restant immobile, absorbé par sa page.
Pourtant, ce voyage a ses limites. Lire un récit sur la Polynésie ne remplace ni la chaleur du soleil, ni l’odeur de la mer, ni la rencontre d’un habitant. L’art propose une image du monde, jamais le monde lui-même ; celui qui ne fait que lire risque de se couper des autres, comme un enfant qui préférerait toujours ses livres à la réalité. L’œuvre donne alors envie de partir pour de bon : c’est souvent elle qui éveille la curiosité du voyageur.
En conclusion, la littérature et l’art sont bien des moyens de voyager, dans l’espace, dans le temps et en soi, mais ils complètent le voyage réel plus qu’ils ne le remplacent. Chacun peut ainsi, à sa manière, faire de ses lectures et de ses émotions un voyage qui ne finit jamais.
Pour s’entraîner à ces deux exercices : exercices sur le sujet d’imagination et exercices sur le sujet de réflexion.
Barème et conseils
| Partie | Détail | Points |
|---|---|---|
| Compréhension et interprétation | Questions 1 à 6 | 32 |
| Grammaire et compétences linguistiques | Questions 7 à 10 | 18 |
| Dictée | Texte de Miguel Bonnefoy | 10 |
| Rédaction | Un sujet au choix | 40 |
| Total | Épreuve de français | 100 |
Échelle de notes indicative : de 85 à 100 points, très bonne copie ; de 70 à 84, bonne copie ; de 50 à 69, copie correcte à consolider ; en dessous de 50, reprendre les méthodes de base.
Conseil 1 : la compréhension et la grammaire. Relisez toujours le texte en cherchant des citations courtes pour justifier chaque réponse. Pour progresser, travaillez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire puis les exercices correspondants.
Conseil 2 : la dictée et la rédaction. Entraînez-vous à la dictée en soulignant les accords, et gardez dix minutes pour vous relire en rédaction. Consultez le cours sur la dictée et la réécriture et les exercices sur la dictée et la réécriture.
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