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Corrigé du brevet de français 2019 : Polynésie française – session de remplacement (septembre) – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Polynésie française – session de remplacement (septembre) : corrigé du brevet 2019, illustration Français PDF
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Voici le corrigé brevet français 2019 polynésie septembre, rédigé question par question pour l’épreuve de la série générale du 9 septembre 2019, notée sur 100 points (50 points de compréhension et de grammaire, 10 points de dictée, 40 points de rédaction). Les réponses sont justifiées par le texte d’Alexis Jenni, extrait de L’Art français de la guerre, et par l’affiche de 1931 ; chaque barème est détaillé.

I. Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)

Corrigé de la question 1 (3 points)

Barème : 0,5 point par terme exact, 3 points pour six termes. Il faut relever des mots ou expressions appartenant au champ lexical de la guerre. On peut choisir parmi : « l’équipement » (ligne 17), « des armes » (ligne 17), « ceux que l’on chasse » (ligne 20), « piégée » (ligne 20), « explose » (ligne 21), « des pointes de bambou » (ligne 22), « un coup de feu » (ligne 22), « un homme tombe » (ligne 23), « le claquement sec » (ligne 27), ou encore « le porter », qui renvoie au transport d’un blessé ou d’un mort.

Erreur fréquente : relever des termes sur la boue, qui évoquent la nature hostile mais pas la guerre en elle-même. Les mots « guerre » et « soldat » n’apparaissent pas dans le passage ; c’est le chapeau introductif (« Vétéran de la guerre d’Indochine ») qui les donne, et il ne compte pas comme terme du texte.

Corrigé de la question 2 (2 points)

En comparant l’Indochine à « la planète Mars » ou à « Neptune », le narrateur en fait un monde inconnu, étrange et hostile, aussi éloigné de la France qu’une planète lointaine. L’expression « un autre monde qui ne ressemble à rien d’ici » le confirme : le dépaysement est total, l’Indochine paraît irréelle, inhabitable et déroutante pour un soldat européen. L’incertitude (« Je ne sais pas ») montre qu’il n’a aucun repère pour la décrire.

Barème : 1 point pour l’idée d’un monde étrange, étranger ou extraterrestre ; 1 point pour la justification (la comparaison, le caractère inhospitalier, le manque de repères).

Corrigé de la question 3 (5 points)

a) (2 points). L’ennemi est presque absent du texte parce que, pour les soldats, il est invisible et insaisissable : il tend des pièges, tire depuis un buisson et disparaît (« il ne reste rien, pas une trace »). C’est une guerre de guérilla. Le narrateur insiste ainsi sur l’impuissance des soldats, qui ne voient jamais celui qu’ils combattent. L’auteur choisit aussi de mettre en avant le combat contre un environnement hostile, la boue, plutôt que contre des hommes.

b) (3 points, 1 point par indice). Les indices de la présence de l’ennemi sont : « ceux que l’on chasse » (ligne 20), qui désigne les adversaires ; la boue « piégée » (ligne 20) et les « pointes de bambou » qui « empalent le pied » (lignes 21-22), qui sont des pièges posés par l’ennemi ; « un coup de feu part d’un buisson […] ou de derrière une diguette » (lignes 22-23), qui montre un tireur caché ; « il ne reste rien, pas une trace » (ligne 25), qui prouve qu’il a fui. Trois indices exacts suffisent.

Corrigé de la question 4 (5 points)

a) (2 points). Le soldat mort est comparé de façon implicite à une marionnette (un pantin), dont le fil aurait été coupé. Justification : il « tombe » d’un coup, « tout seul », exactement comme une marionnette s’effondre quand on rompt le fil qui la « tenait debout ». 1 point pour la marionnette (ou le pantin), 1 point pour la justification.

b) (3 points). Cette image invite à penser que les soldats sont des pions manipulés, dirigés par d’autres (les chefs, l’État) et sacrifiés sans que leur sort leur appartienne. Leur vie ne tient qu’à un fil, elle est fragile, et leur mort est brutale, sans gloire, presque banale : on « reste con » et il faut seulement « le porter ». La réponse doit être personnelle, argumentée et développée en quelques lignes : on peut parler de la dépendance, de la fragilité de la vie, de l’absurdité de la guerre ou de l’anonymat du soldat.

Corrigé de la question 5 (6 points)

La nature apparaît comme hostile, envahissante et oppressante. Les éléments à développer sont les suivants.

  • La boue est l’élément principal : elle « englue », « colle », « pue », « aspire les pieds », monte « jusqu’aux genoux ». Elle ralentit les soldats et rend toute action pénible, voire impossible (« on n’avance pas »).
  • Les insectes et le soleil agressent les sens : les insectes « vrombissent », « grésillent » et « tous piquent » ; le soleil « pèse » et ses reflets sont « blessants ». La nature est une souffrance physique constante.
  • Une nature dangereuse et complice de l’ennemi : la boue est « piégée », « explose », « se dérobe », et les buissons cachent des tireurs.
  • Une nature démesurée et étrangère : le riz « pousse à une vitesse qui fait peur », « un ciel trop grand pour nous » écrase les hommes. L’homme semble minuscule face à elle.

Barème : 2 points pour l’idée générale d’une nature hostile ; 3 points pour des exemples précis cités (au moins trois relevés exacts) ; 1 point pour la clarté et la qualité de la rédaction.

Corrigé de la question 6 (3 points)

La figure de style est une personnification (on accepte aussi « métaphore animalisante » ou « comparaison implicite avec un reptile »). La boue, inerte, est présentée comme un être vivant : le verbe « ramper » convient à un serpent ou à un animal qui s’approche pour attaquer.

Effet produit : la boue paraît vivante, menaçante et dégoûtante ; elle semble poursuivre les soldats, qui sont réduits à subir. Le lecteur éprouve du dégoût, de l’angoisse, le sentiment d’une invasion sournoise. Barème : 1 point pour le nom de la figure, 1 point pour son explication, 1 point pour l’effet justifié.

Corrigé de la question 7 (6 points)

La vision est totalement différente, voire opposée.

L’affiche, éditée par le ministère de la Guerre pour recruter, présente une image séduisante et paisible de la guerre coloniale. L’officier, en uniforme blanc impeccable et casque colonial, se tient droit, détendu, au premier plan : il domine la scène. Le fleuve est calme, le ciel dégagé, les couleurs vives et chaudes. Les habitants, plus petits et placés derrière lui, vaquent à leurs occupations : un homme porte des paniers, une mère tient son enfant par la main sous une ombrelle rouge. Aucune arme, aucune violence : le dépaysement est un charme, un exotisme à découvrir, et le colonisateur apparaît comme protecteur.

Le texte, au contraire, décrit une expérience pénible et dangereuse : la boue sale, les insectes, la chaleur, les pièges et la mort d’un camarade. Le soldat y est épuisé, impuissant et désabusé. Le dépaysement est une souffrance et la guerre n’a rien d’héroïque.

L’affiche est un document de propagande qui cache la réalité des combats pour donner envie de s’engager, alors que le texte, écrit par un romancier, en dénonce la dureté. Barème : 1 point pour la réponse nette (« non »), 2 points pour l’analyse de l’affiche, 2 points pour la confrontation avec le texte, 1 point pour la précision de la rédaction.

II. Grammaire et compétences linguistiques (20 points)

Corrigé de la question 8 (4 points)

a) (2 points). Proposition subordonnée relative : « que nous avions entendu » (complète le nom « claquement ») ou « qui le tenait debout » (complète le nom « fil »). Proposition subordonnée circonstancielle : « avant qu’il ne tombe ». 1 point par proposition.

b) (2 points). « avant qu’il ne tombe » est complément circonstanciel de temps du verbe « avions entendu ». Elle est introduite par la conjonction de subordination « avant que » et son verbe est au subjonctif. Erreur fréquente : écrire « complément du nom », alors qu’elle exprime le moment du claquement.

Corrigé de la question 9 (4 points)

a) (2 points). Le mot « le » est un pronom personnel (complément d’objet direct du verbe « porter »). Attention à ne pas le confondre avec l’article défini « le ».

b) (2 points). Il remplace « cet homme couché », c’est-à-dire le soldat qui vient de tomber. Il faut dire qui est désigné : écrire « un homme » ne suffit pas.

Corrigé de la question 10 (2 points)

Le verbe « devait » a pour sujet le groupe nominal « le claquement sec que nous avions entendu avant qu’il ne tombe ». Le noyau en est « claquement ». On accepte « le claquement sec » ou « le claquement ». Le pronom « il » de « il ne tombe » est le sujet de « tombe », pas de « devait ». 2 points si le groupe est correctement délimité ; 1 point si seul le mot « claquement » est donné.

Corrigé de la question 11 (5 points)

Passage au passé composé : « La boue de la rizière a collé aux jambes, a aspiré les pieds, elle s’est répandue sur les mains, les bras, on en a trouvé jusque sur le front […] ».

Barème : 1 point par verbe correctement conjugué (quatre verbes), plus 1 point pour l’accord. Les pièges : « s’est répandue » est un verbe pronominal conjugué avec l’auxiliaire être et son participe s’accorde avec le sujet féminin « elle » (« boue ») ; « a collé », « a aspiré » et « a trouvé » prennent l’auxiliaire avoir et restent invariables, car il n’y a pas de complément d’objet direct placé avant le verbe (« en » est complément, il ne fait pas varier le participe). Pour réviser, voir le cours sur le participe passé des verbes pronominaux.

Corrigé de la question 12 (5 points)

Réécriture : « Et en plus d’être naturellement toxiques, ces eaux sont piégées par ceux que l’on chasse. Parfois elles explosent. »

Barème : 1 point pour « toxiques » (adjectif attribut du sujet implicite, accordé au pluriel) ; 1 point pour « sont » ; 1 point pour « piégées » (accord au féminin pluriel) ; 1 point pour « elles » ; 1 point pour « explosent » (terminaison -ent). Le groupe « ceux que l’on chasse » ne change pas, car il désigne les ennemis. Erreurs fréquentes : oublier le -s de « toxiques » et de « piégées », ou écrire « explose » sans la marque du pluriel.

III. Dictée (10 points)

Texte de la dictée

Écrire au tableau : « Martiens ». Texte lu par l’examinateur, avec la ponctuation à dire entre crochets :

Les types là-bas ne nous disent rien [point]. Ils sont plus petits que nous [virgule], ils sont souvent accroupis [virgule], et leur politesse déconseille de regarder en face [point]. Alors nos regards ne se croisent pas [point]. Quand ils parlent [virgule] c’est avec une langue qui crie et que nous ne comprenons pas [point]. J’ai l’impression de croiser des Martiens [point-virgule] et de combattre certains d’entre eux que je ne distingue pas des autres [point]. Mais parfois ils nous parlent [deux-points] des paysans dans un village [virgule], ou des citadins qui sont allés tout autant à l’école que nous [virgule], ou des soldats engagés avec nous [point]. Quand ils nous parlent en français [virgule] cela nous soulage de tout ce que nous vivons et commettons chaque jour [point]. [Ouvrez les crochets, points de suspension, fermez les crochets : passage coupé.] Nous regardons leurs femmes qui sont belles comme des voilages [virgule], comme des palmes [virgule], comme quelque chose de souple qui flotte au vent [point]. Nous rêvons qu’il soit possible de vivre là [point].

Alexis Jenni, L’Art français de la guerre, Éditions Gallimard, 2011.

Texte corrigé, sans les indications de ponctuation : Les types là-bas ne nous disent rien. Ils sont plus petits que nous, ils sont souvent accroupis, et leur politesse déconseille de regarder en face. Alors nos regards ne se croisent pas. Quand ils parlent c’est avec une langue qui crie et que nous ne comprenons pas. J’ai l’impression de croiser des Martiens ; et de combattre certains d’entre eux que je ne distingue pas des autres. Mais parfois ils nous parlent : des paysans dans un village, ou des citadins qui sont allés tout autant à l’école que nous, ou des soldats engagés avec nous. Quand ils nous parlent en français cela nous soulage de tout ce que nous vivons et commettons chaque jour. […] Nous regardons leurs femmes qui sont belles comme des voilages, comme des palmes, comme quelque chose de souple qui flotte au vent. Nous rêvons qu’il soit possible de vivre là.

Barème et pièges d’orthographe

Barème indicatif (10 points) : on retire 1 point par erreur grammaticale ou d’accord grave, 0,5 point par erreur d’orthographe lexicale ou de ponctuation, sans descendre en dessous de zéro. Une même erreur répétée n’est comptée qu’une fois. L’énoncé « Martiens » écrit au tableau n’est pas décompté.

  • Accords du participe et de l’adjectif : « accroupis » (accord avec « ils » au masculin pluriel), « allés » (avec « citadins »), « engagés » (avec « soldats »), « belles » (avec « femmes »), « petits » (avec « ils »).
  • Verbes : « déconseille » (un seul n), « se croisent » (-ent), « comprenons » (première personne du pluriel), « commettons » (deux t), « distingue », « soulage », « flotte ».
  • Le subjonctif : « Nous rêvons qu’il soit possible », à ne pas confondre avec « soie » ni « soi ».
  • Homophones : « là-bas » avec accent grave et trait d’union ; « à l’école » (préposition) ; « tout autant » ; « d’entre eux » ; « des autres ».
  • Mots difficiles : « politesse », « voilages », « palmes », « citadins », « paysans », « accroupis ».
  • Ponctuation : le point-virgule après « Martiens », les deux-points après « nous parlent » et les points de suspension entre crochets.

Pour s’entraîner, voir le cours sur la dictée et la réécriture et les exercices correspondants.

IV. Rédaction (40 points)

Sujet d’imagination : analyse, plan et critères

Analyse du sujet. Il faut raconter un moment vécu (ou plausible) à la première personne, comme l’indique « vous aussi, vous vous êtes retrouvé(e) ». Deux notions sont à traiter : un dépaysement (un lieu inconnu, des repères perdus) et un sentiment de malaise (peur, gêne, solitude). Le récit doit faire ressentir ces deux sensations par les sens (odeurs, bruits, lumière), et montrer une évolution.

Plan conseillé. 1) Situation initiale : qui, où, pourquoi ; 2) arrivée dans le lieu et premières impressions, décalage avec le connu ; 3) montée du malaise (un événement précis) ; 4) dénouement : le malaise s’apaise ou se transforme ; 5) courte chute ou réflexion. Alternez récit au passé composé ou au passé simple, descriptions à l’imparfait.

Critères. Respect du sujet et cohérence (14 points environ), richesse du vocabulaire et des sensations (10 points), correction de la langue (10 points), présentation et paragraphes (6 points).

Production modèle (sujet d’imagination)

Ce jour-là, mon père avait décidé de m’emmener avec lui à Papeete, puis sur une île dont je n’avais jamais entendu le nom. J’avais quatorze ans, je n’avais jamais quitté ma ville de province, et je pensais que le voyage serait une belle aventure.

Dès que nous avons quitté l’aéroport minuscule, un air épais et humide m’a collé à la peau. Je ne reconnaissais rien : les odeurs de fleurs et de poisson grillé, les voix qui chantaient plus qu’elles ne parlaient, les maisons sur pilotis, les routes sans trottoirs. Les gens nous souriaient, mais je ne comprenais pas un mot de ce qu’ils se disaient, et chaque éclat de rire me semblait dirigé contre moi. Mon père, lui, avançait avec assurance. Je l’ai suivi, le ventre noué.

Le soir, la nuit est tombée d’un seul coup, sans crépuscule. Dans la chambre que l’on nous avait prêtée, un ventilateur grinçait au plafond et des insectes inconnus crépitaient dehors. Je me suis allongé, les yeux grands ouverts. Il me semblait que le sol bougeait encore, comme sur le bateau. J’ai pensé à ma chambre, à mon lit, à la lumière familière du couloir, et la gorge m’a brûlé. Jamais je ne m’étais senti aussi petit.

Vers minuit, un bruit sourd m’a fait sursauter : des tambours, très loin, qui battaient comme un cœur immense. Je suis sorti sur la véranda en tremblant. Dans le noir, des silhouettes dansaient autour d’un feu, et leurs ombres étiraient des formes que je ne savais pas nommer. J’ai voulu rentrer ; mes jambes refusaient de bouger. C’est alors qu’une vieille femme s’est approchée sans bruit et m’a posé une fleur blanche dans la main. Elle m’a dit quelques mots dans sa langue, avec une telle douceur que mes épaules se sont détendues sans que je sache pourquoi.

Je ne me suis pas endormi tout de suite, mais la peur avait changé de nature. Elle ne me serrait plus la gorge : elle me laissait simplement attentif. Le lendemain, j’ai appris à dire « bonjour » dans leur langue. Ce malaise, que je croyais insupportable, était le premier pas vers un monde que je n’avais jamais regardé.

Sujet de réflexion : analyse, plan et critères

Analyse du sujet. La question « L’inconnu fait-il nécessairement peur ? » appelle une réponse nuancée : l’adverbe « nécessairement » invite à montrer que ce n’est pas toujours le cas. Il faut une réflexion organisée (introduction, parties, conclusion), appuyée sur des exemples littéraires, historiques et personnels. On peut s’appuyer sur le texte de Jenni, mais l’exemple doit être plus large que le seul texte du sujet.

Plan conseillé. I. L’inconnu inquiète souvent (perte des repères, peur de l’étranger, de la maladie). II. Mais il attire aussi (curiosité, découverte, aventure, progrès). III. Tout dépend de la manière de l’aborder (choisi ou subi, éducation, dialogue). Chaque partie est introduite par un connecteur et contient au moins un exemple.

Critères. Pertinence et organisation de l’argumentation (14 points), qualité et variété des exemples (10 points), correction de la langue (10 points), clarté de la présentation (6 points). Pour approfondir, voir le cours sur le sujet de réflexion et le cours sur le texte argumentatif.

Production modèle (sujet de réflexion)

Quand on ouvre une porte sur laquelle on n’a jamais frappé, on hésite toujours un peu. Pourtant, les explorateurs, les voyageurs et les curieux ont toujours franchi le seuil. Faut-il en conclure que l’inconnu ne fait pas nécessairement peur ? Nous verrons d’abord pourquoi l’inconnu inquiète souvent, puis comment il peut au contraire attirer et enrichir.

Il est vrai que l’inconnu est d’abord source de crainte. Ne pas savoir ce qui nous attend nous prive de repères : l’élève qui entre en sixième, le voyageur qui arrive dans un pays dont il ignore la langue, le patient qui attend un diagnostic ressentent tous la même appréhension. La littérature en témoigne. Dans le texte d’Alexis Jenni, le soldat compare l’Indochine à « la planète Mars » et la terre qui se dérobe sous ses pas nourrit son angoisse. Dans l’histoire aussi, la peur de l’étranger a nourri la méfiance, voire le rejet, comme le montrent les récits de rencontres entre peuples qui ne se connaissaient pas. Ce que l’on ne comprend pas, on est tenté de le redouter, parfois de le haïr.

Cependant, cette peur n’a rien d’inévitable, car l’inconnu stimule aussi la curiosité. Les enfants se jettent sur les jouets nouveaux, les adolescents rêvent de voyages, et les scientifiques consacrent leur vie à explorer ce que l’on ne sait pas encore. Sans cette attirance, Christophe Colomb ne serait pas parti, Marie Curie n’aurait pas cherché l’inexploré, et les romans d’aventures, comme Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, n’auraient pas passionné des générations de lecteurs. Mieux, la rencontre peut transformer la peur en estime : dans la dictée de Jenni elle-même, les soldats se laissent émouvoir par la grâce des femmes et ils rêvent « qu’il soit possible de vivre là ». Connaître l’autre fait tomber les préjugés.

Il faut donc nuancer : ce n’est pas l’inconnu en lui-même qui fait peur, mais notre manière de l’aborder. Le contexte compte beaucoup. Un inconnu choisi, comme un voyage, une lecture, une amitié nouvelle, enthousiasme, alors qu’un inconnu subi, comme la guerre du récit de Jenni, effraie. L’éducation et le dialogue peuvent aussi transformer la crainte en confiance.

En conclusion, l’inconnu inquiète quand on le subit et fascine quand on le choisit. Plutôt que de le fuir, mieux vaut apprendre à l’apprivoiser, car c’est en acceptant d’être un peu dépaysés que nous grandissons.

Barème et conseils

Partie Points
Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 7) 30
Grammaire et compétences linguistiques (questions 8 à 12) 20
Dictée 10
Rédaction 40
Total 100

Échelle indicative pour la rédaction. De 1 à 12 points : le sujet n’est pas traité ou la langue est très défaillante. De 13 à 22 points : le sujet est traité partiellement. De 23 à 34 points : le sujet est traité de façon satisfaisante, avec une langue globalement correcte. De 35 à 40 points : le texte est riche, organisé, original et bien écrit. Pour l’ensemble de l’épreuve, un total de 50 sur 100 correspond à la moyenne, et 80 et plus à une très bonne copie.

Conseil 1 : améliorer les questions et la grammaire. Rédigez toujours des réponses complètes avec une citation précise, et révisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec les exercices correspondants. Pour la figure de style de la question 6, consultez le bilan sur les figures de style. Pour la dictée, travaillez la dictée et la réécriture.

Conseil 2 : soigner la rédaction. Si vous choisissez l’imagination, relisez le cours sur le sujet d’imagination et faites les exercices ; pour la réflexion, révisez le cours sur le sujet de réflexion et ses exercices.

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